As primeiras 200 linhas.
Je ne te plais pas.
Pourquoi es-tu venu avec moi,
si tu ne m'aimes pas ?
Il me suffit d'être avec toi.
J'ai trouvé une lettre de ton père. Je l'ai lue.
Laquelle ?
Celle où il écrit que tu dois retourner à Catane
et penser au mariage.
L'écriture de mon père, même moi, je ne puis la lire !
Tu n'es pas obligé de m'épouser.
Je veux seulement être près de toi.
Reste ici.
Ne pars pas !
Je n'exige rien de toi. Absolument rien.
Avec moi, tu n'auras pas de chagrin.
Je ne suis pas comme les autres.
Oh si, tu es comme les autres.
Pourquoi ?
Tu sais...
que je voulais tout te donner.
Je t'aime.
Je suis encore une jeune fille !
Le plus mesquin de tes compatriotes
ne regretterait pas de m'épouser.
Les femmes de Sicile, durant la nuit de noces,
se répandent en lamentations.
Pas moi, même si tu me tuais.
Mon chéri, qu'est-ce que tu as ?
Reste avec moi.
Reste avec moi.
Pourquoi t'humilier ?
Je ne peux pas.
Antonio, pourquoi ne peux-tu pas ?
LE BEL ANTONIO
Comment vas-tu ?
Bien.
Le fils Dipaola est mort.
Tante Santina a trop de pression.
Mais selon le médecin, elle sera centenaire !
Ne prononce pas le mot "cornes"
quand tu parleras avec l'avocat Palermo.
Tu es comme ton père !
Pourquoi ?
Sa femme l'a quitté.
Le fils Zuccarello est mort en l'espace de deux jours.
Réjouissantes nouvelles !
Viens, parlons entre hommes.
Tu veux des biscuits ?
Ou du café ?
Je te prépare un oeuf.
Et encore !
Le professeur Callara ne mange plus depuis une semaine.
Tout a un goût de charogne pour lui.
S'il continue, il va mourir.
Tu as bonne mine.
Je crois que j'ai une angine de poitrine.
Encore une nouvelle réjouissante.
Peut-être pas.
En tout cas, je suis diabétique.
J'ai plus de sucre qu'un verre de miel.
Mais je ne suis pas encore enterré.
Je me porte encore bien.
Ça se voit.
Ta mère exagère...
Mais je me sens encore un homme.
Ne baisse pas les yeux comme une fillette.
Tu n'as pas à te gêner de moi.
Voudrais-tu voir ton père...
Voudrais-tu que ton père soit aussi débile...
que ton grand-père ?
Il payait une femme pour la voir
se déshabiller. Puis il s'en allait.
Certes, il avait 80 ans.
Mais venons-en au fait.
Tu dois te marier.
Si tu n'épouses pas cette...
comment s'appelle-t-elle... Barbara Puglisi...
c'est que tu veux ton malheur.
Je n'ai jamais vu cette Barbara Puglisi.
Justement. Tu ne regardes jamais les jolies filles.
Tu es un imbécile.
Elle est bien faite, cette Barbara.
Elle est sage et riche.
Que veux-tu de plus ?
Je voulais encore attendre quelques années.
Tu as presque 30 ans. Je ne peux plus
t'entretenir à Rome.
Tu es devenu pauvre ?
Dans 10 ans, mon orangerie vaudra...
50 millions.
Mais pour le moment,
ta mère emprunte de l'argent au portier.
J'ai tout vendu pour acheter ce jardin.
Il est magnifique.
Plus beau que toi.
Qu'as-tu fait à Rome ?
Tu as dépensé un tas d'argent.
Ce n'est pas ma faute.
Certains ont pu entrer dans la carrière diplomatique.
On ne m'a fait que des promesses.
Et ton ami au parlement... Il ne t'a pas aidé ?
Ce type n'a-t-il pas bougé le petit doigt ?
C'était le pire de tous.
Tu as couru après sa femme.
C'est faux.
Je ne veux rien savoir.
Jusqu'ici, il n'a rien remarqué.
Il a plus de cornes qu'un panier d'escargots.
Mais il faut justement
que ce soit mon fils qui excite sa jalousie.
Il n'est pas jaloux et sa femme m'est indifférente.
Antonio est de retour de la capitale ?
L'avocat te croit l'amant
de la femme du sous-secrétaire d'Etat.
Ne nie pas, sinon il le croira.
Cordiale bienvenue !
Comment ça va dans ces écuries que le Saint-Père devrait brûler ?
Nous autres, Siciliens, sommes mal vus
parce que nous pourrions revendre du génie
aux Romains et à d'autres.
Avez-vous vu ses longs cils ?
Comment se fait-il qu'ils soient si longs ?
Ce sont des éventails, non pas des cils.
Donnez-lui un baiser.
Un baiser sur les paupières.
Oui, là.
Plus bas. Peut-être est-il chatouilleux.
Je vais dans ma chambre. Je suis fatigué.
Qui es-tu ?
Santuzza, la nouvelle bonne.
Un jour, je te laissai, égaré par mes sens
et m'en allai.
Je partis pour l'étranger,
à la recherche de l'amour.
Eté comme hiver, je cherchai l'amour.
Je cherchai encore.
Je cherchai plus loin
mais ne trouvai point d'amour.
Le coeur malade, je rentrai à la maison.
Jolies filles !
A te rendre fou.
Celle de Milan
est une véritable Vénus,
avec des hanches à faire rêver.
Chic. Je veux m'amuser.
Qui donne cette fête ?
L'avocat Spano.
Avocat, il ne l'est pas plus que moi.
Le député Calderara l'aurait fait nommer
président de l'association culturelle.
De sorte que les vedettes de la revue qui viennent à Catane
sont à la disposition de ses amis.
Il y a Calderara qui est venu de Rome
pour l'élection de Spano au parlement.
Qui est-ce ?
Mon cousin Antonio.
- Je ne l'avais jamais vu. - Il était à Rome.
Tout le monde l'aime.
Les danseuses ne l'intéressent pas.
Les femmes sont sûrement folles de lui.
Sois le bienvenu !
Est-ce vrai ce qu'on dit de toi ?
Que tu as du succès auprès des femmes ?
Qu'en penses-tu ? Qui préfères-tu,
lui ou moi ?
Toi, on ne te prend pas pour une femme !
Demande à ton père ce que nous avons réussi en 1922 !
A une brillante carrière politique
de notre nouveau député,
que Catane regarde avec fierté et espoir.
Fais-moi l'honneur.
Dès demain, tu siégeras au parlement de Palerme.
Mais tu dois être un homme !
Passons-la à l'avocat Spano.
Voyons ça !
Profitez-en car demain elle part.
J'en doute.
Montre ce que tu sais.
Donnons-la à Spano. Il y a de quoi rire.
Spano ne semble pas...
C'est vrai ?
Est-ce vrai que vous...
Jamais.
Savez-vous ce qu'on raconte sur vous ?
Défendez-vous donc !
Ce ne sont que des ragots.
J'irais me noyer.
- Mourir vaudrait mieux. - Mille fois mieux.
Un million de fois mieux.
Va avec lui. Je te ferai un cadeau.
- Je te dirai ce que je veux. - C'est ça.
Allons, Maître !
Applaudissons !
La photo de sa cousine.
C'est Barbara Puglisi,
dont tu devrais faire ta femme.
Tu es un ange.
Veux-tu aller à Palerme comme secrétaire de notre association ?
Il y a plus de femmes que t'en voudrais.
Réfléchis bien jusqu'à demain.
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