Van Gogh

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Опубликовано: 2014-04-26
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Первые 200 строк.

- Vous les emportez? - Non.

Le Dr Gachet, c'est où?

Vous le trouverez pas. Il n'arrive qu'au train de 7 h.

Vous connaissez une pension pas chère?

Ravoux. Y a que chez Ravoux.

Mais vous auriez dû descendre à la prochaine, c'est plus près d'Auvers.

- On va boire un canon? - Je bois pas.

Ben attendez.

Partez pas comme ça. Vous prenez pas une valise?

Je mets tout ça à la consigne et puis je vous accompagne.

- Pas bavard. - Si, beaucoup.

- Qu'est-ce que vous venez faire ici? - Rien.

C'est pas fatiguant.

Vous venez à Auvers pour vous mettre au vert.

Je suis le préposé de la Compagnie des chemins de fer du Nord,

à Chaponval.

On travaille tous dans les chemins de fer chez moi. Les trains...

ils ont bercé toute ma jeunesse.

Mon père était chef de gare. Moi, j'ai pas pu passer l'instruction.

C'est là, chez Ravoux.

Si y a quelque chose de libre, elle vous prend.

- Mais, c'est simple, hein. - Je suis pas difficile.

J'ai un copain qui cherche quelque chose.

C'est 3, 50 francs la pension, sans la boisson.

- Non, mais je bois pas. - Dis pas ça, il se rattrape là-dessus.

Vous voulez voir la chambre?

Le pain et le vin.

Voilà le palace! C'est propre.

On change les draps chaque semaine, mais vous faites votre lit.

Un grand placard, pour vos affaires. Pratique.

Avec vue sur la mer?

- Penchez-vous, vous verrez la plage. - Joli p'tit port de mer.

Vous verrez, Auvers-sur-Oise est une ravissante petite bourgade.

- Rue des Vessenots, s'il vous plaît. - Bien, docteur.

Tiens, v'là Gachet! Radin comme il est, il a pris un fiacre.

Un fiacre allait trottinant

Cahin-caha, Il y a, hop-là!

- Ça colle? - Oui, ça va.

- Vous allez chez Gachet? - Il habite où?

- Rue des Vessenots. Et les valises? - Je te les fais prendre demain matin.

Toujours la main droite. C'est très lyrique.

Change bien ta pédale.

Vas-y, lâche pas.

Voilà. Et après, complètement autre chose.

C'est bien. Main droite.

Voilà.

Et on laisse retomber, tout doucement...

C'est très bien, Marguerite.

Vraiment, tu as de belles qualités. C'est dommage que tu aies arrêté.

J'ai arrêté quand ma mère est morte.

- Je vais continuer. - J'espère.

- Joue-moi Lakmé. - Je sais pas jouer Lakmé.

Joue-nous Lakmé, Marguerite.

Tu ne veux pas jouer Lakmé?

Non, ça me fait pleurer. J'avais une guenon qui s'appelait comme ça.

Et alors?

- Tu ne l'as plus? - Ben, non.

On l'a mise dans un zoo, mon père disait que ça faisait trop de saletés.

- Que madame le joue, alors. - Non.

C'est drôle d'aimer une guenon.

Elle était toujours sur moi.

- Ça pue. - Je la lavais tous les matins.

Comme un bébé.

Bon, continuons.

On fait des staccatos.

- Vous arrivez tard. - J'ai pris le train de 15 h.

Je veux dire tard dans la saison. Déjà, le lilas défleurit.

Entrez.

Asseyez-vous.

Je vous attendais à Paris, dans mon cabinet.

À Auvers, je ne consulte pas.

- J'ai une lettre de mon frère. - Merci.

Oui, mais ici, je ne suis pas installé.

Enfin, nous allons nous arranger...

avec les moyens du bord.

Déshabillez-vous.

- J'enlève aussi le caleçon? - Vous pouvez garder le caleçon.

Tu veux une serviette, papa?

Mmm, ça sent bon. Marinade?

- C'est pas pour ce soir. - Non, pour demain.

Allongez-vous sur le divan.

Asseyez-vous sur la table.

Fixez-moi.

Parlez-moi de vos crises.

Allez-y.

C'est pas toujours pareil.

Souvenez-vous des plus fortes.

- La dernière fois. - Y a combien de temps?

Presque trois mois.

À quelle heure?

La nuit. Deux, trois heures du matin. Je venais de m'endormir.

Depuis combien de temps?

Une demi-heure environ. J'ai été réveillé par une forte douleur à la tête.

À quel endroit?

Là. Je n'avais jamais eu de douleur aussi forte.

Ça a duré au moins 20 minutes.

J'ai mis une compresse froide, ça m'a soulagé.

- Et après, elle a reparu? - Pas complètement.

Supportable, donc.

- Et maintenant? - J'ai gardé la même douleur sourde.

Parfois, elle disparaît, pendant un certain temps.

Pas de douleur derrière l'œil? Dans la nuque?

C'est toujours du même côté, comme vous m'avez montré?

Oui, là.

Des fois, j'en ai d'autres, comme tout le monde, mais c'est pas pareil.

Qu'en savez-vous?

Qui c'est, ce type-là?

On ne me dit pas tout. Un peintre, je crois.

Ah bon?

Il vient se soigner et en repos, quoi.

Pourquoi il reste pas à la maison? Y a de la place.

Tu veux que je te fasse un dessin?

C'est un grand papier, hein?

Premier tirage.

Vous avez vu ces noirs, comme ils sortent bien? Superbe.

Si on enlève le personnage du milieu, ça devient une gravure banale.

Pardon. Je vous dis ça à vous.

Ah, Meryon. Pauvre Meryon.

J'aurais aimé le soigner, mais lui, il était vraiment malade.

- Je t'ai piqué tes bouquins de chimie. - Mon fils, Paul ou "Coco".

Je préviens votre frère?

- Combien ça fera? - Je m'arrangerai avec lui.

- Mon frère n'est pas... Combien? - C'est... Je prends 7 francs.

- Je vous indique une pension? - C'est fait.

- Où êtes-vous, si c'est pas indiscret? - Au café de la mairie, près de la gare.

Chez Ravoux. C'est simple.

- Combien? - 3, 50 francs.

Oui, je comprends.

Bon, allez. À table.

Et ta sœur n'est pas là, comme d'habitude.

- Etrange. Je lui montre mon Renoir... - Qu'est-ce qu'on mange, ce soir?

Du lapin.

- D'où y vient, ce vin-là? - De chez Vidal.

En général, il est pas terrible, le Vidal.

Donc, je lui montre mon Renoir et il ne l'a même pas regardé.

Quand on va chez le médecin, on ne parle pas de peinture.

- Tu devrais penser à autre chose. - Comment ça?

- Vous n'avez pas mangé? - Non, non.

- Je peux vous servir une soupe. - Je veux bien, oui.

Ici, on dîne à 7 heures.

Installez-vous de l'autre côté. Vous serez plus tranquille.

- T'es encore là, toi? - J'ai pas bougé.

Je bois pas.

Voilà votre rond de serviette. J'ai choisi le plus joli.

Tu fais pas chabrot?

Les gens croient que c'est mettre du vin dans la soupe et puis le touiller.

Non. Faut juste garder un peu de bouillon au fond de l'assiette

et puis mettre une bonne cuillerée de vin.

Enfin, moi c'est comme ça que je fais.

On dit "chabrot" du côté de ma mère, mais "champoreau" chez mon père.

Pourtant, c'est pas loin, 40 km.

Et mon père, pour "entonnoir", il dit "enfougne".

Et dans la pleine, du côté de ma mère, on dit "intonadu".

Elle est d'où, ta mère?

Ma pauvre mère, elle est morte et enterrée à Vic-le-Comte.

C'est marrant, la vie.

Mon frère, son premier poste, c'était au Penglon...

Eh ben, le Penglon, c'est la gare de Vic-le-Comte.

La grande courbe des martres, juste avant de passer l'Allier.

Y a le passage à niveau.

Y a l'express de Clermont qui arrive à toute allure. Ben tous les ans...

y en a un qui passe dessous.

Non, non, laisse.

- Je croyais que tu dormais. - Non, de l'air. C'est pour respirer.

- Qu'est-ce que je fais de ça? - Tu verras.

- Vous avez du savon? - Non.

Bon, ben alors, en voilà.

Mais c'est plus pratique d'aller se laver à la pompe dans la cour.

Vous avez compris ce que j'ai dit ou vous lisiez?

Oui, oui. J'ai compris.

- Je m'appelle Adeline. J'ai 13 ans. - Moi, c'est Vincent.

C'est quoi que vous écrivez?

- Là, j'écris à mon frère. - Vous écrivez beaucoup?

- Je peux lire? - Non.

Bon, ben... Tant pis.

- Mon petit-fils voudrait te parler. - Hein?

Mon petit-fils voudrait te parler.

Je voudrais que vous fassiez mon portrait.

- Quoi? - Voudriez-vous faire ma peinture?

Vas-y, pépé. Rentre.

Venez boire un coup avec nous.

- Allez! Santé! - À la tienne, l'ami.

Santé! On la finit.

- Prospérité. - Prospérité.

- Au boulot! - Allez, on y va.

Tiens, v'là l'autre zig!

Qu'est-ce qu'y a?

Quoi?

Mon portrait.

Ça te plaît, la toile? Le bleu, comme ça?

Tu voudras ton portrait en bleu?

Souris.

Les hommes, y ont bien fait la vie. Dans un village,

y a de la place pour tout le monde, même pour l'idiot.

Voilà, c'est deux sous.

Je les ai pas.

Bon, allez, tire-toi.

Tire-toi.

Cézanne, il a jamais pu me blairer. Il nous appelait "Gauguin et Gogue".

- Entre artistes, c'est pas méchant. - Je l'appelle pas "Seize-ânes", moi.

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