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Bandits à Orgosolo
Cette histoire se déroule aujourd'hui, en Sardaigne, dans le village d'Orgosolo.
Ce sont des bergers d'Orgosolo.
Leur temps est mesuré selon les migrations saisonnières,
et la recherche de pâturages et d'eau.
Les âmes de ces hommes sont encore primitives.
Ce qui est bien selon leur loi,
ne l'est pas pour le monde moderne.
Pour eux, seul compte le lien de la famille, de la communauté.
Tout le reste est incompréhensible, hostile...
même l'état, représenté par la police et les prisons.
De la civilisation moderne ils connaissent surtout les fusils de chasse.
Ils les utilisent pour la chasse, pour se défendre, mais aussi pour attaquer.
Ils peuvent se transformer en bandits d'un jour à l'autre,
sans même s'en rendre compte.
Par là.
Tu n'as pas vu qu'il en manque une ?
Tu dormais ! Combien de fois Je t'ai dit de ne pas rester à l'écart ?
Viens vite ! Comment faire pour la retrouver dans ce brouillard ?
Viens !
Tu vois vois ce que tu as fait ? Elle a une jambe cassée.
Allons !
Allons !
Prends l'agneau.
Tiens-la bien.
Laisse faire.
Fort. Tire très fort.
- C'est ton troupeau ? - Oui.
Es-tu seul ici ?
Non.
Il y a mon frère.
Où est-il maintenant ?
Là.
Salut.
Je ne vous ai jamais vu ici. D'oú venez-vous ?
Nous venons de loin.
Et ces porcs qui sont cachés ? Ce sont les votres ?
Ecoutez, je ne veux pas de problèmes.
Quand allez-vous partir ?
Il ne peut pas marcher.
Si il est blessé, il faut l'emmener.
- Viens manger. - Non.
Viens t'asseoir.
Toujours pas partis ? Vous prenez vos aises.
Vous avez tué le cochon.
- Viens ! - Non. Je ne mange pas la viande volée.
Si quelque chose arrive, Je ne veux pas être blâmé.
Et que veux-tu ? Nous ne pouvons pas partir avant la nuit tombée.
Evidemment. C'est toi le patron ici !
Puis-je avoir de l'eau ?
Donne-moi du feu.
Écoute, mieux vaut ne pas se battre avec celui-là,
sinon, tu vas dérouiller.
Ne t'inquiéte pas, Je me sens déjà mieux.
Une fois la nuit arrivée, nous partirons.
- Et comment ça va cette année ? - Mauvaise, très mauvaise.
Les brebis, ce sont les tiennes ?
Oui, ce sont les miennes. Je ne les ai pas encore payées.
D'oú je viens, c'est aussi une mauvaise année.
Nous avons perdu beaucoup.
- Alors... tu t'arranges... - Qu'est-ce que je peux faire ?
La police ! Allons, allons-y !
- Que fais-tu ici ? - Je prends soin des brebis.
Donne-moi tes documents.
- Quel est ton nom ? - Michele Jossu.
- D'Orgosolo ? - Oui, Orgosolo.
Jette un œil à l'intérieur. Prends.
- Tu es seul ici ? - Avec mon frère.
- Où est ton frère ? - Avec les brebis.
- Seulement des brebis ici ? - Oui.
- Tu n'as pas vu quelqu'un passer par ici ? - Non, non.
Tu es sûr ?
Oui, bien sûr.
- J'ai trouvé ça. - Laisse-moi voir.
C'est le tien ?
Oui, c'est le mien.
- Mais tu n'as pas dit que tu avais seulement des brebis ici ? - Je l'ai acheté pour manger.
Tu te soignes bien, toi !
Aucune marque d'Orgosolo.
- Où l'as-tu acheté ? - Au marché.
"Au marché"... Prends-ça.
Allons faire un tour.
Je dois aller voir les brebis.
Non, tu restes ici.
Mon frère est jeune. Il peut les perdre.
Mais non, il ne va pas les perdre.
Malédiction !
Tu ne savais pas qu'il y avait des porcs ?
Bien sûr, ils ont été également achetés au marché. Allons les voir.
Que fais-tu ?
Viens avec nous !
Marche !
Maintenant, ils viennent tous.
Partons
Allons ! Cours !
Qui tire ?
Cours !
Ne charge pas trop le feu.
- Tu veux du pain ? - Non, mange-le toi.
Le pain est terminé.
Écoute, je vais aller en ville. Je reviens tôt demain matin.
- Tu ne retournes pas à la bergerie ? - Non.
Pourquoi ?
Maintenant on ne peut pas. Toi, tu dors ici.
Ne t'éloigne pas des brebis.
Tu gardes les yeux ouverts, tu comprends ?
- Si je suis de retour, laisse-les paître ici. - Oui.
Si quelqu'un me demande, tu ne sais pas où je suis, d'accord ?
- Je dois te parler. - Attends une minute.
Viens.
Entre.
- Il y a eu un problème. - Oui je sais.
- Que sais-tu ? - Ils ont tué un policier à proximité de ta bergerie !
- Tout le monde en parle dans le village. - Est-il mort ? - Oui, il est mort.
Tu peux tout me dire.
Qu'est ce qui s'est passé ?
- Tu peux avertir ma mère ? - Je vais envoyer quelqu'un.
Mintonia !
- Quand es-tu arrivé ? - Maintenant.
- Ecoute, va à la maison de Michele. - Oui.
Dis à sa mère qu'il va bien, de ne pas s'inquiéter.
- Demande-lui si la police est venue. - Oui.
Et puis reviens ici.
Soit prudente, et ne te fais pas voir.
- As-tu vu quelqu'un ? - Non, je ne pense pas.
- Attends une minute. - Où vas-tu ? - Attends.
Donne-moi le vin.
Comment ça va ?
Tu me connais, hein ?
Tu jouais ?
Avec qui tu joues ?
Va au lit.
Allons. Il est tard.
Tante Malena !
Tante Malena !
Tante Malena !
Le problème est que je me suis échappé. Si ils m'avaient pris au moins ! Les misérables !
- Tu étais bien avec la police ? - Oui. - Ils savent que tu n'as pas tiré.
Ils ont trouvé la viande près de la bergerie.
Ils diront que j'étais d'accord avec les voleurs.
Ils vont les prendre ceux-là. Tu verras, c'est une question de temps.
Oui, mais en attendant je fais quoi ? Je dois me cacher.
C'est moi, Mintonia.
- Tu y as été ? - Oui, je l'ai vue. - Qu'est-ce qu'elle a dit ? - Elle a pleuré.
Les policiers venaient de la quitter. Ils ont fouillé partout.
Ils ont dit qu'ils doit se présenter tout de suite, sinon ça sera pire.
- Tu as vu les flics ? - Oui, ils font des patrouilles dans tout le village.
Maintenant, va là-bas. Si quelqu'un appelle, fais nous savoir tout de suite.
- Ne pas ouvrir à ne importe qui. - Ouais, d'accord. - Fais attention !
- Que feras-tu ? - Je retourne voir mes brebis.
- Où sont elles ? - Là-bas dans la colline, avec mon frère.
Tu ferais mieux de les laisser. Sinon, ils vont t'attraper très bientôt.
Non, je ne les laisserai pas.
- Tous ceux qui ont fait ainsi les ont perdues. - Tu peux les vendre.
- Même si tu perds de l'argent, tu devrais faire ça. - Je ne les vends pas.
Ils peuvent venir me chercher en haut de la colline si ils me veulent.
Tu ne veux tout de même pas rester à jamais un fugitif.
Il y a peu de différence avec ma vie jusqu'à présent,
je suis toujours en campagne.
Tu es de retour au village ?
Oui.
- Tu vas bien ? - Oui.
J'ai trop profité. Il se fait tard, je dois partir.
Non, reste. Nous allons faire le pain. Nous allons travailler toute la nuit.
Faisons comme ça. Écoute...
Je vais à Nuoro voir un avocat.
Je vais lui dire ce qui est arrivé. Il pourra peut-être nous aider.
Si tu veux, vas-y.
Mais je ne me livre pas.
Je sais comment les choses se terminent.
Jusqu'à ce que le procès commence et tout le reste...
qui sait combien de temps il se passera.
Et la famille qui la garde ? Eux ?
Ils sont toujours là.
Tous les efforts que j'ai fait...
depuis que j'étais un enfant...
pour avoir mes brebis.
Et je n'ai pas fini de les payer.
Et maintenant... Je dois passer par ce gâchis.
Tu dois être un berger, allez !
L'année dernière était si mauvaise que la moitié de mes brebis sont mortes.
Et maintenant que je sortais la tête de l'eau...
Même les bandits me poussent à la ruine.
Serait-ce que nous sommes nés désespérés ?
- Tu as tout apporté ? - Oui, même le vêtement et le manteau.
Tiens-le.
- Personne ne t'a vu ? - Non.
Laisse. Dis-moi Gonario que je vais à Punta Sulitta.
- Que si il a besoin, je suis là-bas. - Oui.
- S'il te plaît, va voir maman. - Oui, je le ferai.
Tiens, c'est pour toi.
Fais attention en mangeant, il y en a peu.
Tu dois prendre soin tout seul des brebis. De là, nous surveillons la route.
Si les policiers arrivent, nous les verrons et nous pourrons partir. Je serai dans les parages.
- Quand reviendras-tu ? - De temps en temps, pour t'aider.
Tu ne m'as pas vu, tu ne sais rien, et tu ne dis pas oú je suis allé.
Voici les documents. Si ils les demandent pour les brebis, tout y est.
- Bien compris ? - Oui.
Maintenant, mets-le dans le moule.
Prends l'autre. Vite.
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