Gad Elmaleh: American Dream

Gad Elmaleh: American Dream

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Gad Elmaleh American Dream WEBRip Netflix LiBERTAD Van73
A Commentary by Van73
IMDB mauvais pour créer la fiche ! https://www.themoviedb.org/movie/506767-gad-elmaleh-american-dream Sous titre de Netflix !

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Published on: 2018-03-06
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The first 200 lines.

UN SPECTACLE ORIGINAL NETFLIX

Mesdames et messieurs, merci d'accueillir Gad Elmaleh !

New York !

Merci.

Merci d'être là ce soir.

C'est un grand soir pour moi.

Mon rêve se réalise.

Merci beaucoup.

Merci.

Je suis comique en France depuis 23 ans.

Je viens de m'installer ici. Je recommence à zéro.

Je suis sûr que vous avez déjà entendu l'histoire

du gars qui est arrivé en Amérique avec un dollar en poche.

Il a bossé dur et il a fait fortune.

Moi, je suis arrivé avec une fortune !

Même histoire.

Mais à l'envers.

C'est plus dur, d'ailleurs.

Si je veux garder le même train de vie qu'à Paris

et que je me plante en Amérique,

je vais retourner à Paris avec un dollar en poche !

Quand je dis aux Américains que je viens de France,

ils me font des commentaires étranges.

"Oh, tu viens de France ?

L'an dernier, mon cousin est allé en Italie."

Quelle coïncidence !

Mais ils adorent Paris.

Les Américains adorent Paris.

Quand j'entends un Américain parler de Paris,

j'ai l'impression de n'y être jamais allé.

Je veux aller là-bas !

Je veux voir ce Paris-là. Jamais vu.

Surtout les femmes. Les Américaines,

quand elles parlent de Paris... Le romantisme, le rêve.

"Je veux aller à Paris.

Ça va être génial. Emmène-moi à Paris.

C'est si romantique.

Je veux marcher dans les petites rues au clair de lune."

C'est dangereux !

"Je veux voir un vieil homme sur un banc, jouant de l'accordéon."

Il est roumain !

J'adore la France. J'y ai vécu, mais je suis né au Maroc.

Y a des Marocains dans la salle ce soir ?

Là, les Américains se disent : "C'est qui, ces gens ?"

Et les Francais : "Merde, le spectacle est en anglais."

J'ai toujours mon passeport marocain.

Non, je ne m'en sers pas...

pour des raisons évidentes, de nos jours,

ce n'est pas le moment de se pointer à la douane américaine

avec un grand document vert couvert de lettres arabes dorées,

tout en leur disant que je suis comique.

Le douanier m'a dit :

"Vous êtes né au Maroc ?"

Je lui ai répondu : "Oui." Il m'a dit : "Pourquoi ?"

Et puis : "Quel est le but de votre voyage aux États-Unis ?"

Moi : "Je suis là pour vivre le rêve américain."

Lui : "C'est fini, ce temps-là."

Oh non !

Mais c'est ça, le rêve américain ! Allez !

C'est mon rêve américain.

Quand j'étais gamin au Maroc,

mon père m'emmenait voir l'océan.

Face à l'océan, il me montrait l'horizon et disait :

"Mon fils, si tu prends un bateau et que tu vas tout droit,

tu atteindras l'Amérique !"

Je me suis toujours demandé si de l'autre côté de l'océan,

il y avait un père américain avec son fils...

qui lui parlait du rêve marocain.

"Papa, y a quoi, là-bas ?" "Aucune idée."

Donc je fais des spectacles en anglais.

Je suis obligé, les Américains ne parlent aucune autre langue.

Si vous leur demandez s'ils parlent français, ils disent tous :

"J'ai fait deux ans de français au lycée.

Mais j'ai tout oublié."

C'est pas grave. Je parle pas vraiment anglais.

Je mémorise tout le spectacle.

Je sais même pas ce que je dis, là.

Je fais des blagues, vous riez. J'attends, et je continue.

Voilà.

Ça marche.

Mais je peux pas interagir avec les spectateurs.

Les comiques américains parlent au public.

Ils improvisent. Ils échangent avec le public. Moi, je peux pas.

J'ai essayé.

J'étais dans un club, ici à New York,

et je dis à un type au premier rang : "Vous êtes d'où ?"

Il me dit : "Denver."

Je lui dis : "D'accord."

"Attendez un peu. Denver ?

L'an dernier, mon cousin est allé au Canada."

Parler dans une autre langue, c'est fatigant.

Vous me suivez, les immigrés ?

C'est épuisant, peu importe la langue.

Si c'est pas votre langue maternelle, c'est dur.

Ça doit beaucoup vous arriver, à New York.

Vous allez à une réunion avec des anglophones,

et pendant dix minutes, tout se passe bien.

"Comment ça va ? Quoi de neuf ?

Oh non. Oui. Super !"

Dix minutes plus tard...

Vous êtes super à l'écoute, tout à coup.

C'est tellement dur ! Et la grammaire est complexe.

C'est perturbant, pour nous.

Le passé, avec " had, have, have gone, had, had.'

"Had you... Had you have had already had... Should..."

"Should we have had already eat... Eaten... yet ?"

Et si vous demandez aux Américains : "On dit ' have had ' ou ' had have '",

ils vous disent toujours : "Peu importe."

Parce qu'ils ne savent pas !

"Ça se prononce ' Either way ' ou ' Either way ' ?"

"C'est du pareil au même."

Le plus dur en anglais pour les francophones,

c'est de savoir où mettre l'accent tonique.

On connaît les mots, on les a appris. Pas de problème.

On sait qu'il y a une syllabe à viser, mais...

on ne sait pas laquelle.

On voit le mot : "Bon sang, la première, la deuxième. Comment savoir ?"

Mon prof d'anglais me dit toujours :

"Il faut savoir comment accentuer les mots."

Et moi : "Accentuer, ça ve me tuer !"

Je ne sais pas si on dit...

Et si vous mettez pas l'accent sur la bonne syllabe,

les Américains vous comprennent pas. Ils savent pas de quoi on parle.

Un jour, je dis à un type :

" I was on va-cation ." Il me dit : "Quoi ?"

Moi : "Enfin. Va-cation ."

Il me dit : "Oh, on vaca - tion ."

C'est ça.

Juste pour le faire marcher, je lui dis : " No, va-cation ."

Ils ne vous aident pas.

Parfois, c'est si on change une lettre.

Si je prononce mal une seule lettre,

je n'ai pas de seconde chance.

Je suis monté dans un taxi l'autre jour, à New York,

et j'ai dit au chauffeur : "Emmenez-moi à G...

FK Airport."

Je sais.

G au lieu de J. C'est pas une si grosse erreur.

Il aurait pu être indulgent.

Il n'avait aucune idée de ce que je voulais dire.

"Combien de lieux y a-t-il à New York

qui ont un F, un K et 'Airport' ?"

Si j'étais taxi et que vous me demandiez de vous amener à KFC Airport,

je vous emmènerais à JFK.

Ce chauffeur n'arrêtait pas de corriger mon accent.

Et il était indien.

Je lui dis : "Soit dit en passant, vous maîtrisez le J de JFK,

mais vous avez dit Airput ."

Je les respecte, ils bossent dur, les chauffeurs indiens de New York.

Je sais pas ce qu'ils ont, comme forfait téléphone.

Ils peuvent rester au téléphone des heures.

À parler à un type qui apparemment ne dit jamais rien.

Ça doit être un forfait spécial, gratuit

pour les monologues. Va savoir.

On est assis à l'arrière et on entend une petite voix.

Je sais qu'il est en train de se moquer de moi.

Je ne parle pas la langue, mais j'entends...

"JFK... JFK."

Comme je viens de Paris, je suis fasciné. Pour avoir un taxi à New York,

on lève la main, le taxi s'arrête.

Deux mains, deux taxis.

À Paris...

vous pouvez lever tout ce que vous voulez.

Vous pouvez sauter, faire de la danse classique...

Il est disponible, il vous a vu, il ne s'arrête pas. On sait pas pourquoi.

Au Maroc, c'est encore plus dingue.

Il n'est pas disponible, et il s'arrête !

Y a déjà huit personnes dans la voiture.

Je crois qu'UberPOOL a été inventé au Maroc.

Vous montez, vous vous serrez, et c'est lui qui vous dit où vous allez.

C'est pas vous qui lui dites.

Quand je suis arrivé à New York,

c'était génial d'être anonyme.

C'est intéressant, d'être très célèbre

dans une partie du monde,

et totalement inconnu à New York.

Les premiers jours, j'en ai profité

pour me balader dans la rue. "Super.

Je peux faire ce que je veux. Personne va m'embêter."

Trois jours plus tard : "Qu'est-ce qui se passe ?"

Je tapais mon nom sur Google le soir.

Ils ne captent même pas mon nom, ici.

Ils comprennent pas. Parfois, ils n'essayent même pas.

J'étais à l'aéroport.

Cette employée de la compagnie aérienne saluait tout le monde par son nom.

Ils font ça souvent.

"Bon voyage, M. Smith", ou "Bonjour, Mme Robinson."

Elle a pris ma carte d'embarquement :

"C'est bon, allez-y."

Je ne suis personne ici.

J'ai voulu louer un appartement.

Ils m'ont demandé sept lettres de recommandation.

Je ne rigole pas. Sept !

Je ne connais même pas sept personnes en Amérique.

J'ai dit à l'agent : "Pouvez-vous me faire une lettre ?"

Je me suis souvenu que j'avais un cousin à Brooklyn.

Je ne l'ai jamais rencontré, mais j'ai appelé ma mère à Paris.

"Maman, je lui demande ?"

Elle me dit : "Non, il est vieux et schizophrène."

J'ai dit : "Super. Ça fera plus de personnes !"

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