The first 175 lines.
Altesse, les Voiles noires est de retour.
Elles ont intercepté une flotte marchande de Valencia.
Et la pêche a été bonne.
Nous avons de quoi équiper toute une armée.
Pas mal.
Comment s’appelle le capitaine des Voiles noires, déjà ?
C’est le capitaine Drake, Votre Altesse.
Fais-le chevalier.
Que tout le butin soit attribué à sa flotte.
Je suis certain que Drake et ses hommes seront comblés
par votre générosité,
Votre Altesse.
Par ailleurs, Martin-pêcheur nous a rapporté l’échec de sa mission.
Le prince Roland a bien bu le vin empoisonné,
mais il s’est réveillé l’air de rien après une courte sieste.
Je ne veux pas d’excuses. Ça reste un échec.
J’en suis conscient.
Donne-lui une dernière chance.
Envoie-lui une possession de sa sœur.
Ça la remotivera.
Va.
À vos ordres, Altesse.
Tant que j’y pense,
c’est bien Enbis, le maître alchimiste, qui a fourni le poison ?
Il m’avait assuré que sa pilule
lui ôterait la vie à coup sûr.
Exécutez-le.
La construction du rempart avance bien.
M. van Bate nous a garanti qu’il serait fini à temps.
Et nos relations commerciales ?
Tout va bien. Les céréales sont arrivées de Saule aujourd’hui.
Exactement la quantité commandée.
Comme vous le voyez, nous aurons assez pour tenir l’hiver.
Après avoir déduit le coût des vivres, il nous restera des fonds.
Même si nos échanges commerciaux sont fructueux,
notre situation économique reste très critique.
Ce n’est pas une solution à long terme.
Vous couvrez nos dépenses avec vos fonds propres.
À cette allure, on ne tiendra que jusqu’au printemps.
Ce n’est rien.
Je trouve qu’on s’en sort déjà bien.
Sans compter qu’on pourra vendre nos minerais.
Grâce au rempart, nous pourrons nous établir ici
et en produire sans interruption.
Je ne m’inquiète pas pour cela.
Altesse, nous avons privé Longchant de minerai.
Le duc Ryan ne restera pas sans réaction.
Et s’il…
Entrez.
Un émissaire de Longchant s’est présenté.
Barov,
tu me confirmes que les vivres sont arrivés de Saule ?
Oui, Altesse.
Demande aux cuisines de s’en servir
pour préparer un festin digne de notre hôte.
Je vous en prie, M. Hull, servez-vous.
Merci, Altesse.
Puis-je savoir ce que vous avez en main ?
Ceci, vous voulez dire ? Ce sont des baguettes.
À Frontière, les couverts sont un luxe.
En revanche, ces baguettes de bois sont hygiéniques et peu onéreuses.
Je compte promouvoir leur utilisation.
Mais évidemment,
la nourriture est peu abondante, ces derniers temps.
D’où cette frugalité.
Non, non, ne vous excusez pas.
Même à Longchant, nous avons rarement de tels festins.
Nous avons mis les petits plats dans les grands.
Tout nous est parvenu de Saule aujourd’hui même.
De Saule ?
Oui.
Mangez, M. Hull.
Je vous en prie. Nous discuterons après le repas.
Merci pour votre accueil, Altesse.
J’ai été envoyé par Longchant
pour signaler
que le délai de livraison a expiré.
Comme chaque année, Longchant avait préparé vos vivres.
Cependant,
nous n’avons pas reçu de minerais.
Je peux tout expliquer.
Nous avons eu quelques déboires, ces derniers temps.
Un éboulement nous a contraints à suspendre l’extraction.
Oh, zut !
Nous n’avons que deux mois de production en stock.
– C’est loin de la quantité requise. – Je suis au courant.
Nous nous satisferons de ce que vous avez.
Les vivres que nous recevrons en échange ne suffiront pas à nous nourrir.
Nombre d’habitants de Frontière sont morts de faim, il y a deux ans.
Je refuse que cette tragédie se reproduise.
Et pour cela, je vais devoir mettre un terme…
à notre accord.
Qu’entendez-vous par là ?
À vrai dire,
j’ai déjà vendu nos minerais à Saule,
et acheté assez de provisions pour tenir l’hiver.
En plus d’avoir acquis toute notre production,
Saule nous fournira en vivres au prix du marché.
Ils vendent de tout à qui peut payer.
C’est pourquoi
commercer avec Saule est plus avantageux pour nous.
Décidément…
Mais alors,
les navires de Saule qui étaient au port…
Je comprends ce que vous voulez faire, Altesse.
Cela dit, votre plan a des failles.
Lesquelles ?
Pour autant que je sache, Saule n’est pas friand de minerais.
Il ne doit donc pas vous les acheter à bon prix.
À mon avis,
ce sera à 50 % de leur valeur.
Vous vendrez à perte.
C’est le marché qui fixe les prix.
Nous traitons avec Frontière depuis 100 ans.
Seule une forteresse de notre ampleur utilise autant de minerais.
Nous surpassons Saule en termes de développement
et de volume d’achat.
Frontière devrait privilégier le commerce avec Longchant
dans notre intérêt à tous les deux.
À 70 %.
Longchant achètera vos minerais à 70 % du prix du marché.
C’est du gagnant-gagnant.
J’avais entendu parler
de votre réputation de négociateur, M. Petrov Hull.
Elle n’est pas usurpée.
Merci, Altesse.
À vous écouter, ce serait mutuellement très bénéfique.
Cela dit,
pouvez-vous me garantir que les six grands clans accepteront ?
Eh bien…
Je n’en suis pas certain.
C’est moi qui gère le commerce extérieur.
Je ferai de mon mieux pour convaincre les autres,
si vous acceptez ma proposition.
Je reviendrai vers vous dès le premier jet du contrat rédigé.
Très bien.
J’attendrai de vos nouvelles.
Altesse,
il ne reste que deux mois avant l’arrivée de l’hiver.
Saule, ce n’est pas la porte à côté.
Vous risquez de faire de mauvaises rencontres sur la route.
Je vous conseille de vous ranger du côté du duc Ryan.
Certaines réalités sont à prendre en considération.
Vous vous méprenez.
Je ne compte pas envoyer mes sujets à Saule.
Mais alors…
Et pas chez vous non plus.
Nous n’irons nulle part. Je ferai construire un rempart.
Ma ville deviendra alors la nouvelle frontière de Châteaugris.
Je comprends,
mais un dernier conseil :
votre décision affectera toute votre population.
Si vous échouez, vous pourrez fuir, mais pas eux.
Merci pour votre sollicitude. J’en ai bien conscience.
D’accord. J’ai bien noté vos conditions.
Barov,
prépare les vivres, comme prévu.
Bien, Altesse.
Pardon ?
Qu’a-t-il dit ?
Le prince m’a informé qu’il avait vendu tout son minerai à Saule.
Et qu’il avait…
assez de provisions pour tenir l’hiver.
Mais encore ?
Il m’a expliqué
qu’il ne demandera pas l’asile durant les mois démoniaques.
Il restera à Frontière,
où il construit un rempart.
Et ce n’est pas tout.
Quoi encore ?
Il a dit qu’il prendrait la tête de son peuple face aux monstres.
Ainsi, Frontière deviendrait la nouvelle frontière de Châteaugris.
Où se croit-il ?
Dans la capitale ?
Il pense qu’un rempart se construit en un jour,
No comments yet. Be the first to leave one.