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Ne force pas le cheval à t’obéir.
Bien !
Détends-toi davantage.
Si tu es trop tendue, le cheval le sentira.
D’accord…
Lunoa. Relax, OK ?
Oui…
Oh, ça y est, on l’aperçoit !
Voici le centre névralgique de l’empire,
sa capitale.
A LIVID LADY’S GUIDE TO GETTING EVEN
ÉPISODE 4 : UNE NOUVELLE CAMARADE ET LA SOIRÉE MONDAINE
Mireille. Une fois trouvé où loger, je te prie de contacter sieur Lucas.
Il doit avoir rejoint la résidence qu’il a ici.
Très bien.
C’est ici que je vous dis au revoir.
Ellie, Mireille, Lunoa, merci pour tout.
Merci à toi d’avoir égayé notre voyage.
Attention à ne pas trop boire.
Je suis en formation, après tout ! Je vivrai modestement.
Portez-vous bien.
Je passerai dans ton magasin quand tu l’ouvriras, Ellie.
Que la grâce de Dieu soit avec vous toutes !
Voilà une chambre très sympathique.
Mireille, peux-tu me servir à boire ?
Tout de suite.
Mme Ellie…
Nous sommes dans un hôtel plutôt luxueux, n’est-ce pas ?
En effet. Ta chambre est à côté.
C’est trop pour moi ! Un gîte plus modeste me suffit…
– Lunoa. – Oui ?
On s’apprête à faire des affaires dans cette ville.
Si on t’aperçoit dans une auberge bon marché,
on ne prendra pas notre société au sérieux.
Vous croyez ?
Retiens bien ça, il faut t’y habituer.
D’accord…
– Entrez. – Navré de vous déranger.
Cela faisait longtemps,
dame Elisabeth,
ou plutôt devrais-je dire dame Ellie.
Arnaud ! Nous nous retrouvons enfin.
Ravi de vous voir en forme…
Qui est-ce ?
Arnaud Langley.
Dans notre ex-société,
il assurait l’intendance de notre comptoir commercial.
Sachez que j’ai achevé la sélection de votre future demeure,
ainsi que du bâtiment destiné à devenir le comptoir.
Vous pourrez les visiter dès demain, si vous le souhaitez.
Je ne t’avais même pas informé de notre date d’arrivée…
Tu agis toujours aussi vite.
C’est là mon travail, après tout.
Dans ce cas, allons les voir demain matin.
J’aime beaucoup, d’autant que c’est bien situé.
Il dépasse légèrement le budget…
Ce n’est pas grave.
Je préfère ne pas risquer de ne jamais retrouver un tel bien.
C’est décidé, je vais signer le contrat.
Oh… très bien ! Je vais de ce pas procéder aux formalités.
Mme Ellie,
si vous comptez en faire un comptoir, je suggère de le réaménager…
Malgré le prix, elle a tranché sur-le-champ !
Elle n’a pas hésité pour son logement non plus.
Malgré son jeune âge, elle sait ce qu’elle veut…
Je te confie les démarches pour la rénovation du comptoir, Arnaud.
Très bien.
Quant à votre demeure, je ferai en sorte qu’elle soit prête demain.
Merci, je compte sur toi.
Sur ce, je prends congé.
Voilà qui nous laisse l’après-midi de libre.
Dans ce cas, je souhaiterais chercher du personnel.
Du personnel ?
Il est tôt pour agrandir les rangs de la société.
Je veux plutôt parler de domestiques,
notamment d’une personne entièrement à votre charge.
Je ne pourrai rester à vos côtés
si nous continuons à développer nos activités au rythme actuel.
Certes,
tu devras t’occuper de nombreuses tâches pour la société…
Exact.
Peut-être devrait-on recruter à la guilde marchande, alors…
Non, il me semble risqué d’engager quelqu’un d’ordinaire
pour vous accompagner.
Tu as raison…
Après tout, je suis une exilée du royaume.
Il faut absolument éviter que cela s’ébruite.
Pourquoi pas une esclave ?
Hum, je vois…
Il existe deux types d’esclaves avec lesquels un pacte
peut être conclu en échange d’argent.
Les criminels et les endettés.
Dans les deux cas, le pacte sert de sort les empêchant de trahir leur maître.
C’est plutôt une bonne idée.
Allons de ce pas chez le marchand.
Qu’en dites-vous ? Elle a quelques blessures, mais enfin,
il vous suffira d’en racheter une autre lorsqu’elle sera fichue.
Je peux vous faire un prix.
Merci bien.
Je vais y réfléchir de mon côté.
Il n’y avait pas de perle rare.
Non.
Dans la plupart des cas,
on trouve des enfants abandonnés ou des commerçants ayant fait faillite.
Exceptionnellement, il arrive qu’on vende des gens avec un vrai talent…
Passons à la suite.
Oui.
Lunoa ?
Qu’y a-t-il ?
– Tout va bien ? – Oui…
Je ne te dirai pas de t’habituer à ceci,
mais c’est aussi la réalité.
Tu dois en être consciente.
Entendu…
Nous y voici.
L’atmosphère tranche avec celle des autres marchands.
Bonsoir. Bienvenue au comptoir de Cedric.
Puis-je vous aider ?
Nous aimerions voir vos esclaves.
Très bien.
Veuillez me suivre.
« Cedric »…
Je vois, voici donc le commerce de l’Éducateur.
« L’Éducateur » ?
As-tu entendu parler du Conseil de la guilde impériale de commerce ?
Oui, mais seulement de nom…
C’est une organisation majeure qui contrôle les marchés de l’empire.
On dit qu’elle influence même la politique nationale.
Si l’on souhaite commercer dans ce pays, on y a forcément affaire.
Le Conseil est composé de sept grands marchands,
dont l’un surnommé « l’Éducateur » qui traite des esclaves
et qui fournit même la cour en personnel.
Il s’agit du propriétaire de ce comptoir.
Je vous en prie.
Je vous souhaite la bienvenue.
Enchanté, je suis Cedric Ruins, le responsable de ce comptoir.
– Je vous présente… – La présidente de Traitor,
Ellie Leis. C’est un honneur de vous rencontrer.
Vous connaissez mon nom ?
Eh bien, il faut dire que vous dirigez
une société à la croissance fulgurante.
Normal que j’aie entendu parler de vous.
Oh, c’est vrai ?
Ça m’étonnerait qu’un grand marchand de la capitale s’intéresse
à une simple société d’un vicomté de campagne.
Il connaît sans doute mes origines.
Je ne m’attendais pas à être reconnue par quelqu’un de votre statut.
C’est un honneur.
Le Conseil de la guilde impériale de commerce…
Je devrai être attentive à son égard.
Je vois.
Vous cherchez donc quelqu’un pour assurer les tâches du quotidien ?
Oui. De sexe féminin. Sa race n’a pas d’importance.
Comme nous voyagerons souvent d’un fief à l’autre,
il serait préférable qu’elle soit robuste.
C’est entendu.
– Emmène Misha en salle de réception. – Bien.
Je pense avoir précisément celle qu’il vous faut.
J’ose espérer qu’elle vous plaira.
Bien, on passe au calcul suivant.
Combien font 2 fois 100 plus 3 fois 10 ?
Euh…
Ils sont en plein cours de mathématiques.
Vous dispensez des cours ?
L’enseignant est lui-même un esclave endetté,
mais étant donné son talent pour le calcul,
il aide aujourd’hui le comptoir en tant que professeur.
Et cela ne s’arrête pas là.
Un ! Deux !
Ici, nous tâchons de donner une éducation à tous nos esclaves.
Cela va des sciences aux arts martiaux ou ménagers,
les cours étant adaptés aux aptitudes de chacun.
Ça n’a rien à voir avec le traitement des esclaves d’autres marchands.
Tout le monde ici semble en très bonne santé.
C’est tout à fait normal.
Il est monnaie courante dans les autres établissements
de réduire les coûts pour dégager plus de bénéfices.
Leur choix me semble peu judicieux sur le long terme,
car les esclaves valent bien mieux que de simples outils.
Ils peuvent réellement s’épanouir avec l’éducation adéquate,
en veillant à leur santé et à les laisser exploiter pleinement leur potentiel.
En contrepartie,
leur prix est nettement plus élevé chez nous.
Ce n’est certainement pas un achat peu cher.
Pour autant, c’est à mes yeux une perspective fort attrayante.
Plus je vous écoute, plus j’ai envie d’acquérir l’une de vos esclaves.
Je suis ravi de l’entendre !
C’est grâce aux gens à l’œil aussi avisé que vous
que nous pouvons poursuivre notre activité.
Oh, vous me flattez.
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