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RIZ NOUVEAU
Tiens ?
Ce champ n’aurait pas jauni ?
Il était bien plus vert dans mon souvenir.
Regarde mieux les épis.
Les épis ?
C’est du riz.
Du riz ?
– Ces grains ? – Eh oui !
Ça me fait penser que j’ai mis du riz nouveau à tremper.
Tu voudras y goûter ?
Avec plaisir !
Comment des grains peuvent-ils autant changer ?
Le raffinage du riz est un long processus
qui ne tolère pas la moindre approximation.
Bon, pour le cuire, on le met dans une cocotte avec de l’eau.
– Sans rien mesurer ? – À force, ça devient instinctif.
Cui ! En règle générale,
on conseille 500 ml d’eau pour 300 g de riz,
mais vous pouvez ajuster selon vos goûts
ou vous fier à votre expérience !
Tu as un cuiseur à riz, non ?
Pourquoi ne pas l’utiliser ?
Je préfère la cocotte.
Un riz d’une telle qualité mérite une cuisson toute particulière.
Pose la cocotte sur la gazinière.
D’accord !
Fais attention.
Maintenant, on va enrouler un linge humide autour.
Ça sert à retenir la vapeur.
Qu’y a-t-il de si tordant ?
Elle a de la barbe !
On fait cuire à feu moyen.
– Tends l’oreille, à présent. – Ah oui ?
BLOUP BLOUP BLOUP
Ça fait du bruit !
Bien. C’est en train de bouillir.
Laissons mijoter 15 minutes à feu doux.
Il va falloir patienter un peu.
Un verre de jus de prune ?
Oh oui !
BLOUP BLOUP BLOUP
Après 15 minutes, coupe le gaz et laisse reposer 10 minutes.
Fastoche.
Au fait, Suzume, connais-tu la vieille comptine du riz qui cuit ?
Oui ! Je l’ai déjà lue quelque part.
Ça sonnait comme de la magie noire.
Euh…
« Eloïm, essaïm, eloïm, essaïm,
eloïm, essaïm… »
Arrête. Tu vas nous invoquer un mauvais esprit.
– Tu crois ? – Va-t’en, toi !
« Tout doux, d’abord, puis presse le pas.
Même si bébé pleure, surtout n’ouvre pas. »
Une véritable formule magique.
Inutile de l’appliquer, cela dit. Elle vaut pour la cuisson au four.
Grand-mère ?
Cui ! Cette comptine daterait, paraît-il, de l’époque d’Edo.
Après avoir fait cuire le riz à feu « tout doux »,
on « presse le pas » en l’attisant.
Dès que la vapeur se met à s’échapper,
on laisse retomber le feu, puis on le relance à nouveau
pour que le riz gonfle bien.
Et surtout, il ne faut pas soulever le couvercle. Cui !
C’est le moment d’ouvrir.
Quelle blancheur !
Il est magnifique.
Vite ! Mélange-le. Mais pas trop fort, sinon tu vas l’écraser.
C’est normal qu’il y ait des parties dures ?
Tu as remarqué ? Donne-moi la spatule.
– Goûte. – Hein ? Tout de suite ?
Le cuisinier a droit à la première bouchée.
Je me lance, alors.
Il y a des grains moelleux, d’autres croustillants.
Ces parties dures s’appellent la croûte de riz.
C’est l’avantage de cuire le riz dans une cocotte.
Les grains se tiennent bien et sont délicatement parfumés.
Nous l’avons bien réussi.
Je suis rentré.
Oh ? Ça sent le riz tout chaud.
Où sont les plats d’accompagnement ?
On fera sans.
Why ?
Un si bon riz se suffit à lui seul !
J’ai l’impression que l’été est derrière nous.
Avant toute chose,
je vous remercie d’avoir répondu favorablement à mon invitation.
Qu’est-ce qu’elle mijote, exactement ?
Mes amies, la météo se prête mieux aux balades
depuis quelque temps, n’est-ce pas ?
On va bientôt le savoir.
Oui, le temps s’est rafraîchi.
On peut sortir l’après-midi sans craindre la chaleur.
Ouais. Et le soir, on n’entend plus les cigales.
Les supermarchés commencent à proposer d’autres produits, aussi.
Ça n’a pas l’air de lui faire plaisir.
Ce n’est pas ce qu’il fallait dire ?
En automne, c’est bien plus agréable de se promener.
Mais malgré mon envie d’en profiter,
je regrette déjà énormément l’été.
Je suis prise en sandwich entre ces deux saisons.
AUTOMNE - ÉTÉ
Ça a l’air dur.
Pour y voir plus clair, il me faut des saveurs estivales
et un plat qui rend tout délicieux, oui…
préparons un curry d’adieu à l’été !
Un curry d’adieu à l’été ?
Je m’attendais à une édition spéciale, mais c’est du curry normal.
Ce sont les légumes qui vont être différents !
On va pas se marcher dessus, à trois dans ta cuisine ?
Effectivement…
Je vais l’aider ! Elle ne me rassure pas.
Installez-vous dans le salon.
Moi ?
Super…
Vide de chez vide.
Merci d’avoir patienté !
Curry d’adieu à l’été !
Cui ! Si le curry est un plat indien, la version japonaise
TOMATE, GOMBO, MAÏS, AUBERGINE, COURGETTE, FÈVES DE SOJA
vient de l’adaptation britannique, introduite au Japon
à la fin du XIXe siècle.
Oh ! Je vois le genre. Tu as rajouté des légumes d’été.
On va pouvoir en profiter une dernière fois.
Merci !
BOUBOUM BOUBOUM BOUBOUM
Bon, voyons voir ce que ça donne !
Trop bon !
Ouf, elle aime !
Ça déchire tellement, le curry fait maison !
Les légumes sont encore colorés. Vous les avez rajoutés à la fin ?
Si seulement j’avais une bière pour…
Et de l’eau ?
Voici.
Ça suffit, mangez avec moi ou je vais finir par prendre mes aises !
Le métier me colle à la peau.
De même.
Quel sens du devoir !
Il y a une myriade de goûts, c’est marrant.
L’acidité des tomates sublime le tout.
Le piquant contraste bien avec la douceur des légumes.
L’été !
Savourons-en chaque bouchée.
Mais bon, l’automne a d’autres délices en réserve.
C’est bien aussi.
En effet.
Au revoir, l’été.
Oh ? Cette bière est une édition « automne ».
Eh ouais !
Jamais entendu parler de ça.
L’automne s’est incrusté dans ma fête d’adieu.
On remercie l’été et on accueille l’automne du même coup.
UN VRAI RÉGAL !
PATATE DOUCE RÔTIE
J’ai presque fini, grand-mère. Il ne reste que la pharmacie.
J’entends une chanson. On dirait que ça vient de par là.
Patates douces rôties à petit prix
PATATE DOUCE RÔTIE À LA PIERRE
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