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LA MALÉDICTION D'ARKHAM De Edgar Allan Poe
Ezra, viens t'asseoir.
Que veux-tu qu'il se passe par une nuit pareille ?
Bois un coup.
Non. C'est ce qu'il souhaite. Ne le voyez-vous pas ?
- Par cette tempête... - Au diable la tempête.
Viens, Micah.
Viens boire un coup avec nous.
Regarde !
Va prendre nos chapeaux.
Dis aux autres d'attendre. Vite !
Viens.
Maintenant, tu me crois, Micah Smith ?
Tu me crois quand je te dis
que c'est la demeure de Satan en personne ?
Oui, oui.
Alors, viens.
Allez chercher du foin !
Et de l'huile ! Allons-y !
Mort au sorcier !
Ouvrez la porte ! Ouvrez la porte !
Curwen !
Alors ?
- Où est-elle ? - Qui ?
La fille Fitch. Niez-vous qu'elle soit ici ?
Pas du tout. Elle nous rend visite parfois.
N'est-ce pas vrai, Mlle Fitch ?
- Oui. - De votre propre gré ?
Oui.
- Voilà, Weeden... - Un instant.
Comment t'appelles-tu ?
- Cela n'a aucun sens ! - Taisez-vous !
Ton nom, mon enfant.
Il s'est emparé de son esprit, de son âme...
et Dieu seul sait de quoi d'autre !
Que fait-on ?
On le laisse faire ou on le renvoie en Enfer ?
- On l'y renvoie ! - Allons-y !
Non, pas la femme. Laissez-la. Elle est ensorcelée.
Tout ira bien entre nous quand il sera parti. Hester !
- Qu'il retourne aux enfers ! - Brûlez-le !
Qu'il retourne d'où il vient !
Brûlez-le ! Brûlez-le !
Vous n'avez rien à dire, sorcier ?
Seulement ça...
Aussi vrai que le village d'Arkham
s'est révolté contre moi,
je reviendrai d'entre les morts pour me venger d'Arkham.
Chacun de vous !
Ezra Weeden, Micah Smith...
Benjamin West...
Priam Willet...
Gideon Leach...
vous tous, vos enfants, vos petits enfants...
regretterez ce qui s'est passé ici ce soir.
Car, à partir de ce soir...
vous porterez ma malédiction.
Brûlez le démon.
Brûlez-le !
ARKHAM CENT DIX ANS PLUS TARD
"Et les voyageurs, maintenant dans la vallée
"Voient par les rougeâtres fenêtres
"De vastes formes s'agitant fantastiquement
"Sur une mélodie discordante."
Doucement, cheval.
Vous voilà arrivée, Madame. Attention.
Merci, Monsieur Carmody. Ce fut un agréable voyage.
Merci.
Ce n'est pas tous les jours que j'ai des passagers pour Arkham.
Excusez-moi, Monsieur...
- Comptez-vous rester longtemps ? - Pourquoi ?
Arkham est la maison du diable. Le village est maudit.
Vous ne seriez pas superstitieux, par hasard ?
Pas du tout. Je ne suis pas poltron non plus,
mais je ne passerais pas une seule nuit ici.
Pourquoi ? Y a-t-il des fantômes ? Des esprits ?
Peut-être.
Pardon, Monsieur,
mais nous ne croyons pas au surnaturel.
Et vous non plus, d'ailleurs. Au revoir.
- Au revoir, Monsieur. - Au revoir.
Et bonne chance.
Ça a l'air maudit, je le reconnais.
Où est tout le monde ?
Je n'en ai pas la moindre idée.
Regarde. "La Taverne de l'homme qui brûle".
N'est-ce pas pittoresque ?
Oui, très pittoresque.
Oui.
Il n'existe nulle par ailleurs une taverne avec un tel nom.
Nous cherchons une certaine maison,
et vous pourriez nous aider à la trouver.
- La maison de qui ? - La nôtre.
C'est ridicule, je sais.
Elle appartenait à la famille Curwen.
Nous l'avons héritée.
- Vous avez dit Curwen ? - C'est exact.
Je ne connais pas cette maison.
Entendu. Merci quand même.
Un instant.
Pourquoi la résidence Curwen vous intéresse-t-elle ?
Parce qu'elle nous appartient.
Vous vous appelez Curwen ?
Non, notre nom c'est Ward.
Alors ?
Joseph Curwen était mon arrière grand-père.
Pouvez-vous nous dire où est la maison ?
Oui, mais je ne vous le dirai pas.
C'est ce qui me fascine chez les gens du New England...
leur hospitalité.
Viens, Ann...
Monsieur Ward ! N'y allez pas.
C'est le palais d'un aliéné aussi vieux que le péché.
Un palais ? En Amérique ?
Les pierres ont été importées.
D'où ?
Quelque part en Europe, on ne sait exactement d'où.
Mais si vous tenez à votre vie, n'y allez pas.
Pourquoi pas ?
Au fait, Edgar Weeden veut dire que...
le palais est en ruine.
Il n'a pas été occupé depuis plus de 100 ans.
Est-ce bien ce que vous voulez dire ?
- Quel homme étrange. - Oui.
Un peu beurré, mais il a dit la vérité.
Monsieur Ward, Madame Ward, s'il vous plaît...
faites-vous une faveur.
Retournez chez vous...
et oubliez Arkham.
Et que voulez-vous que je fasse du titre ?
- Que je le déchire ? - Oui.
Déchirer le titre pour un palais que j'ai hérité
et l'oublier sans même voir la propriété.
- C'est votre conseil ? - C'est plus qu'un conseil.
Viens, Ann.
Monsieur Ward...
Prenez la route qui mène en dehors du village.
Au carrefour, tournez à gauche, après le cimetière.
Vous n'aurez aucun problème à le trouver.
Je vais vous montrer.
Voici le palais des Curwen, là au-dessus de la falaise.
Nous vous remercions de votre gentillesse, Monsieur...
Willet. Je suis médecin.
Mon bureau est tout près d'ici, si vous avez besoin de moi.
Notre séjour ne sera pas long, docteur.
Vous l'avez déjà décidé ?
Il parait qu'on l'a décidé pour nous.
Merci. Viens, Ann.
Qu'est-ce que vous en pensez ?
- C'est lui, le diable en personne. - Cela n'a aucun sens.
- Et vous l'avez aidé. - Comme n'importe quel étranger.
Il n'est pas un étranger, et vous le savez.
Je ne sais rien de ces choses, vous non plus.
Êtes-vous aveugle ?
Soit, la ressemblance est frappante,
mais c'est de l'hérédité, pas de la magie.
Appelez-le comme vous voudrez. Une chose est certaine,
Joseph Curwen est revenu à Arkham.
- Pourquoi as-tu dit ça ? - Quoi donc ?
Qu'on ne restera pas longtemps.
Tu as envie de rester dans ce village d'abrutis ?
Le Dr Willet ne l'est pas.
D'accord. Bon, le Dr Willet n'est pas un abruti...
La pauvre.
Oui.
Finissons-en avec ça.
Charles, c'est toi !
C'est tout à fait fantastique !
Mon chéri, ça va pas ?
Non.
Finissons-en avec la visite de ce mausolée.
La cuisine est par là.
Attends.
Ça ne mène nulle part. Par là.
- Comment le sais-tu ? - Je le devine.
Je vais ouvrir les rideaux.
Bonsoir.
- Qui êtes-vous ? - Je m'appelle Simon.
Que faites-vous ici ?
Je suis le gardien. Je préparais votre chambre.
Dans le noir ?
Ici, on finit pas s'habituer au noir.
Désolé de vous avoir fait peur, Madame Ward,
mais je ne savais pas que vous viendriez si tôt.
Un instant.
Comment saviez-vous que nous venions ?
Votre avocat, M. Hutchinson, m'a contacté.
Depuis lors, je prépare le palais pour votre arrivée.
Vous m'excuserez, je vais prendre les valises.
Non ! Ce ne sera pas nécessaire. Nous ne resterons pas.
Mais où passerez-vous la nuit ?
Après tout, M. Ward, c'est chez vous, ici.
Va prendre les valises.
Très bien.
Le dîner est servi à 20 h si cela vous convient.
Merci.
Nous n'allons pas passer la nuit ici, tout de même ?
Certainement pas, mais...
Mais le vieil homme a raison.
Il faut bien passer la nuit quelque part, non ?
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