The first 165 lines.
Vous êtes invitée à une réunion ?
Oui.
De Deborah Darkian…
Je vous invite
à la réunion qui sera tenue dans la salle étoilée du Grand Merillian.
Ceci n’a aucune valeur juridique.
Vous n’êtes pas obligée d’y aller.
Vous y allez quand même ?
Il y a encore beaucoup de choses que je me dois de connaître.
Sais-tu comment on appelle les réunions de Deborah ?
Elles sont connues, mais personne ne sait ce qu’il s’y passe.
Personne ne dit rien à leur sujet.
On les appelle…
les réunions des dames muettes.
Bienvenue, Constance Grail.
Je vois que votre tête est encore attachée.
Vous le savez sûrement déjà,
mais gardez ce qui se passe ici pour vous.
Est-ce que vous acceptez ?
Oui.
Ces trois-là roulent pour elle.
Le saviez-vous ? J’ai reçu une lettre
de votre amie, Pamela Francis.
De Pamela ?
La pauvre, il paraît que ses cheveux sont devenus tout blancs.
Cela dit, ce que vous avez fait n’est pas considéré comme un crime.
Il faut donc que quelqu’un statue sur votre péché à votre place.
Mon péché ?
Cela veut dire que nous sommes là pour vous juger.
J’imagine que vous ne voulez pas finir comme Scarlett Castiel.
Scarlett ?
C’était terrible.
Son visage d’habitude arrogant jonchait le sol tel un jouet.
Voyez-vous, tous les gens présents,
même les roturiers, applaudissaient, rigolaient et la méprisaient.
C’était une fin pitoyable.
S’il m’arrivait une telle disgrâce, je ne le supporterais pas.
Qu’est-ce que tu fais ? Tu veux me tenir la main ?
C’est toujours elle qui m’aide.
Mais cette fois…
Nous combattrons ensemble !
Voilà une bien mauvaise farce, mais je vais participer.
Qu’avez-vous dit ?
Vous n’avez pas entendu ? Écoutez bien. J’ai dit que je…
J’ai dit que nous étions là pour vous juger.
Oh…
La soirée du comte John Doe s’est mal terminée, Deborah Darkian.
Vous parlez de ces filles ?
C’est moi-même qui ai informé la maréchaussée.
Quelle idée de faire du trafic d’humains ?
Rien qu’y penser me donne des frissons.
Je me demande pourquoi il n’y avait que des gens liés aux Darkian.
Comme celui qui parlait gaiement au marchand d’esclaves, le marquis McLain.
Je parle de votre mari, Esther.
Il n’échappera pas à la prison. Toutefois,
si vous dénoncez le cerveau, sa sentence pourrait être allégée.
Vous devez connaître le métier de mon fiancé.
Nous pourrions nous arranger, en fonction de votre témoignage.
Bien.
Puisqu’elles sont acculées…
Je te laisse la suite.
Merci, Scarlett.
La marquise McLain
doit savoir que Deborah Darkian trempait dans ce trafic.
Avec son témoignage…
Mesdames…
avez-vous entendu quelque chose ?
Oh, ça me revient !
Le marquis McLain ne devait-il pas partir immédiatement pour l’étranger ?
N’est-ce pas, Esther ?
Il ne reviendra pas de sitôt, alors.
Non…
Qu’est-ce qui se passe ?
N’avez-vous pas encore compris ?
Croyez-vous qu’une simple fille de vicomte
puisse détruire la maison Darkian ?
Bien, et si nous passions au vote ?
Qui de nous deux sera jugée ? Vous ou moi ?
Oh non, si ça part comme ça…
Cela dit, si vous m’obéissez jusqu’à vous prosterner devant moi,
on imputera cette affaire à une confusion de Pamela.
Quelle garce !
Alors, qu’avez-vous à dire pour votre défense ?
Je…
Comment ?
Je ne…
Je n’approuve pas du tout votre façon de faire !
Qu’importe ce qu’elle fera. Je ne reculerai pas maintenant !
Écoute-moi bien…
Bonjour ! Permettez-moi de vous déranger.
J’ai pris beaucoup de retard à cause de toutes ces procédures.
C’est impoli de se présenter sans invitation, Abigail O’Brian.
Il y a quatre grandes maisons à Adelbide. Castiel, Richelieu, Darkian
et enfin…
Enchantée, mademoiselle.
Cette femme est une O’Brian ?
Euh, ce siège est…
… celui de Suzanna Neville ? Je suis sa remplaçante.
Voici ma procuration.
Mais alors, le compte rendu…
Je n’ai qu’une chose à dire.
Esther, Janine,
Caroline.
Suivez-moi, si vous voulez garder votre statut.
Allons bon, Abigail.
Il s’agit là de menaces.
Si vous menacez mes chères amies, je devrai saisir la justice.
Tu ne peux pas faire ça, Debby.
Nous devons garder ce qui se passe ici pour nous.
N’est-ce pas ta propre règle ?
Veuillez m’excuser.
Je ne me sens pas bien. J’en reste là pour aujourd’hui.
Ne tentez pas des choses périlleuses sans réfléchir, voyons.
Ces dames ne sont pas à prendre à la légère.
Euh… merci pour votre aide.
C’est plutôt Randolph Ulster qu’il faut remercier.
Son Excellence ?
Il est venu chez moi, hier soir, pour me demander de l’aide,
car sa fiancée allait se mettre en danger.
Il a même obtenu la procuration en enquêtant sur les participants.
C’est bizarre… ça me fait…
chaud dans la poitrine.
Constance Grail ?
J’avais vu juste !
Vous voulez bien m’accorder quelques minutes ?
Euh, qui êtes-vous ?
Depuis quand admirez-vous Scarlett Castiel ?
Ou bien, est-ce une façon de se rebeller contre votre devise ?
Fatiguée de jouer la gentille ?
Étiez-vous frustrée que Teresa Jennings fasse toutes les unes, à sa mort ?
Qui est Teresa ?
Tu as oublié ? Celle qui a pris un coup à la soirée d’Emilia.
Ah, elle !
Quoi, vous l’ignoriez ?
Elle a tenté d’entraîner son amant dans la mort, après qu’il l’a quittée.
Je ne savais pas…
Mais passons ! Au sujet de votre fiancé…
Tu devrais t’arrêter là, Amelia.
Aldous ?
L’éditeur en chef t’a dit que tu serais rétrogradée, si tu continuais de…
On se reverra, Constance Grail !
Je sais que vous agirez avec intégrité, à ce moment-là !
C’est une journaliste ?
Celle-là, je vous jure…
Désolé pour ma collègue.
Non, ce n’est rien.
Je suis Aldous Clayton, du Mayflower.
Si Amelia vous embête encore, n’hésitez pas à me contacter.
Merci.
C’était quoi, ça ?
Ma foi, voyons ça comme un petit aléa.
« La fille du vicomte, Mlle C, imite la criminelle Scarlett Castiel,
consomme des psychotropes interdits
et s’adonne quotidiennement à des orgies. »
Ce ne sont que des mensonges. De terrifiants mensonges !
En effet.
C’est dommage. Moi qui voulais prendre Amelia Hobbes comme modèle…
Comme modèle ? Elle ?
Je ne t’ai pas dit ?
Je pensais rester célibataire et devenir journaliste.
Ah bon ?
Tu me l’as suggéré toi-même.
Comme j’ai toujours couru après les rumeurs,
tu m’as soumis l’idée de le devenir.
Personne ne m’avait dit ça, même pour plaisanter.
No comments yet. Be the first to leave one.