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Harasho !
Ashirpa !
C’est qui, cette folle ?
Va chercher des renforts. Les autres ne doivent pas être loin.
Et avertis aussi le gros des troupes à Otaru.
Cette femme
a crié quelque chose en russe.
Ces deux-là ne sont pas japonais,
et leurs fusils sont de marque suisse.
C’est elle qu’on a vue à la clinique d’Otaru.
Si je comprends bien,
ils nous suivent depuis la prison d’Abiko ?
Ils ne veulent pas seulement Ashirpa.
Ils ont aussi une dent contre nous.
On la tue avant qu’elle se réveille ?
Non, chargez-la sur la carriole. Je dois l’interroger.
Si ce sont les alliés de Kiroranke, ils ne sont sûrement pas seuls.
Le trajet jusqu’à la caserne de Tsukisappu est long et risqué.
Changement de tactique !
On va d’abord mettre Ashirpa en sécurité près d’ici.
Dépêchez-vous !
OSSELETS
Sugimoto ! Grimpe !
C’est bon, Shiraishi ! Vas-y !
Allez, fonce !
À quoi tu joues ? On se fait doubler par un chat !
Passe derrière ! Je prends le volant !
Tu sais conduire ?
Comment on fait pour accélérer ?
Essaie de tirer ce levier et appuie sur la pédale de gauche.
Désolé, Bôtarô.
Shiraishi, tu sais qui était le type
avec les deux flingues ?
Non, sa tête me dit rien du tout.
Et Bôtarô, il t’a parlé, avant de rendre l’âme ?
Il m’a demandé de ne pas l’oublier
et de raconter sa légende à mes enfants.
Il avait ce projet délirant de devenir roi.
Au fond, ce qu’il voulait,
c’était se reconstruire une famille et avoir un endroit à lui.
Finalement, on ne saura jamais ce que les Aïnous lui avaient révélé.
Détrompe-toi, il m’a mis dans la confidence.
Koito, Tsukishima et Kikuta, allez chercher
les soldats qu’on a laissés derrière nous.
Et ne revenez pas avant d’avoir éliminé tous nos poursuivants.
Il s’agit de terroristes ayant défié l’empire de Russie.
Alors, ne les sous-estimez pas.
Sofia…
Mon lieutenant,
j’ai trouvé ceci sur cette femme.
Les quatre fantassins sont au rendez-vous.
Les trois cavaliers auraient dû arriver bien avant eux.
Cherchons-les séparément.
Sous-lieutenant Koito, vous devriez rester ici.
Les cavaliers pourraient débarquer.
Vous êtes indemne, M. Hijikata ?
Il faut qu’on récupère Ashirpa.
Débusquez-moi la 7e division.
On suit la trace de Sofia.
Qu’est-ce que tu fabriques ici ?
Tu espionnes le lieutenant Tsurumi ?
Je vous retourne la question.
Vous m’appeliez à suivre le lieutenant sans réserve, mais vous-même,
vous ne lui faites plus confiance.
Bien sûr que si ! Je t’interdis d’en douter !
Alors pourquoi, tout à l’heure…
Il y avait un fuyard tatoué, au sous-sol,
mais il nous a échappé.
… vous lui avez parlé moins vite, et sans votre accent de Satsuma ?
Sans vous en rendre compte, vous avez perdu foi dans le lieutenant,
et votre cœur s’est détourné de lui.
Nikaidô !
Va te trouver un poste de guet,
assez loin pour ne pas te faire repérer.
À vos ordres.
Si Koito et les autres reviennent, retiens-les
et défendez le bâtiment tous ensemble.
Il a pourtant déjà vérifié qu’il n’y avait personne.
Il s’apprête donc à tenir une réunion secrète ?
C’était bien le sous-lieutenant Koito ?
Oui, il est entré dans cette église.
Ça doit être là qu’ils planquent Ashirpa.
On y pénètre pour la délivrer ?
Non, mieux vaut avertir Hijikata et ses amis.
Avec un seul fusil, on est mal.
On est pris par le temps.
Des aveux obtenus par la torture ne valent rien.
Le lieutenant mènera l’interrogatoire avec patience.
Je n’en suis pas si sûr.
À Sakhaline, il m’a paru complètement cinglé.
Désolé, Sugimoto.
C’est toi qui dois avoir le plus envie de foncer dans le tas.
Allez, on se grouille de rameuter les renforts !
Ashirpa !
Je vais te retirer ton bâillon, mais ne hurle pas, d’accord ?
Évitons toute violence inutile.
C’est magnifique. Je retrouve la brave petite Aïnou
à qui son foulard va si bien.
Je regrette que notre discussion à Sakhaline ait été si brève, Ashirpa.
Et toi,
Sofia Goldenhand.
« Main d’or », hein ? Tout est question de point de vue.
Aux yeux du peuple, tu passes pour une résistante
qui lutte pour la justice.
Mais en vérité,
tu es la main maudite qui a fait couler le sang de maints innocents
au nom de la révolution.
J’avais le pressentiment que nos routes se croiseraient à nouveau.
Qui es-tu, à la fin ?
Tu ne pouvais pas me reconnaître.
Nous avons trop changé, tous les deux.
Ça fait combien ?
Dix-sept ans ?
Te souviens-tu seulement de moi,
Zoïa ?
Et ma famille, tu l’as oubliée, elle aussi ?
Malheureusement, toutes les photos que j’avais d’elle ont brûlé ce jour-là.
Ces osselets sont l’unique preuve matérielle
du passage en ce monde de ma famille.
De ma fille, Olga…
et de mon épouse, Fina.
M. Hasegawa ?
Tu as fait l’effort de t’en souvenir. Merci.
Sur cette photo,
c’est acha et Kiroranke ?
Elle a été prise en Russie ?
Le lieutenant Tsurumi avait une femme et une fille ?
Nous avons trouvé dans les affaires de Kiroranke
les lettres qu’il échangeait avec toi pendant ta détention à Ako.
Et si nous mettions en commun ce que je sais et ce tu as appris
dans cette correspondance,
afin de tout révéler à Ashirpa ?
Qui a assassiné les Aïnous ?
Pourquoi Wilk a-t-il été tué à son tour ?
Apportons-lui des réponses
pour la délivrer de cette douleur qui la ronge.
VLADIVOSTOK
AN 30 DE L’ÈRE MEIJI (1897)
Savez-vous ce que signifie « Vladivostok » ?
« Qui domine l’Orient », me semble-t-il.
Le seul port militaire russe d’Asie qui ne gèle pas…
Accessible toute l’année,
il constitue un enjeu stratégique majeur, même pour le Japon.
C’est pourquoi
j’alerte toujours la hiérarchie sur la nécessité absolue
d’occuper cette ville en cas de guerre.
Vous êtes japonais ?
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