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L'AUDITION
1re partie
Ah, s'il n'y avait pas ces guinguettes
Ta, ta, ta... Comme ça.
Essayons de bien commencer.
Accompagner quelqu'un, voyez-vous,
c'est une question d'élégance.
Chacun d'entre vous doit
entendre le soliste.
Et l'entendre parfaitement.
Sinon, c'est qu'il joue mal.
Et toi, Mach, si possible,
ne flanche pas.
Sinon, on renforcera ici.
Monsieur Stela jouera un peu plus fort.
Vous dormez, ou quoi ?
Quoi ?
Vous êtes allés cueillir des champignons ?
Ah, une fête !
Certes, on a sommeil après une fête.
Moi-même j'avais sommeil jeudi... vendredi matin.
Je n'arrivais pas à m'ôter
ce goût de la bouche.
Après tout ce que j'avais vu !
Le pire, c'était les types bourrés
le matin. Dégoûtants.
Bien, allons-y.
Un "orgue" !
Soyez prêts ! Tu n'as pas... ?
On commence.
Attendez.
La Sérénade de Lachie.
Vous savez où se trouve la Lachie ?
Je pense que c'est là qu'est né...
- Janacek. - Janacek. La région de Hukvaldy.
Qu'est-ce qu'il a composé, Janacek ?
En rapport avec cette pièce.
Les Danses de Lachie, non ?
Celle-ci est la Sérénade
de Lachie, composée par...
Josef Lastuvka,
qui vit à Ostrava, m'a-t'on dit.
Il enseigne dans une école
d'art ou une académie.
Je lui ai envoyé le programme,
il sera heureux.
Alors jouons-le bien.
On joue pour nous.
Ici, chaque instrumentiste est un soliste.
Arrêtez.
Les basses...
Une belle tonalité ronde, cultivée.
Stop.
Un peu plus doucement, le début.
D'accord ? Encore une fois.
Stop.
J'entends quelqu'un jouer
du peigne, pas de la clarinette.
On reprend.
Essayez de jouer l'accompagnement,
qu'ils puissent se reposer.
Pour ce passage, la mélodie
ne devrait pas vous poser de problème.
La mélodie est plutôt facile.
Vous devez jouer
directement après seconda volta.
Un temps plus tôt. Je compte : un, deux !
Non ! Rappelez-vous qu'il ne faut pas
toujours faire "esta, esta, estatarata".
Pas à chaque fois, attention.
Encore une fois, non ? L'accompagnement...
La mélodie dans ce passage.
Un, deux !
Stop. L'un d'entre vous
est trop impatient !
Vous y étiez presque,
je ne veux pas épuiser le soliste.
La flûte doit sonner comme un violon,
douce comme du beurre.
Voyez-vous, on ne peut rien faire
sans y mettre son cœur.
On ne peut même pas couper
du pain sans y mettre son cœur.
Et donc encore moins
jouer du cor de chasse.
Chaque musicien a le cœur jeune.
- C'est vrai, hein, Kasik ? - Oui.
On aime encore les jeunes filles,
même si... même si on a moins de cheveux.
C'est bien égal.
On a des charmes cachés.
Y compris les trombones.
Les trombones, dans les bords.
Il y a deux quarts, n'ayez pas peur.
Et jouez juste, de préférence...
Gardez à l'esprit ce que
dit le camarade Nornes :
"Mieux vaut ne pas jouer
"que jouer faux."
Votre collègue va le jouer,
si vous êtes deux ou trois à jouer,
il y arrivera peut-être mieux.
C'est bien vrai. Mieux vaut ne pas jouer
que jouer faux.
Tu mens. Tu mens.
Je ne peux pas te pardonner,
je ne connais pas ta foi,
mais ce que tu dis est faux.
Tu ne peux pas dormir !
Oui, bon, je sais.
Allez, Kucera ne tient pas en place.
Là, c'est...
Ne baissez pas vos notes.
Vous ne pouvez pas faire
"vau-vau-vau" sur ces notes.
Comme nous sommes arrêtés, messieurs,
je vous ai déjà souvent dit que
pour travailler collectivement,
il faut penser collectivement.
J'entends partout les gens dire :
"Vous avez encore ces vieux,
"mais qu'est-ce que vous faites ?"
Je ne veux pas en rajouter,
vous êtes tous au courant,
mais je voudrais rappeler aux jeunes
que les musiciens de premier ordre,
les plus dévoués...
Machacek fait 25 km,
Solar en fait 10.
Certains parcourent
plusieurs kilomètres à vélo,
d'autres viennent à pied du travail.
Depuis la coopérative ou la fabrique.
Et un jeune ne vient pas répéter
et va traîner quelque part !
Je ne sais pas
quel genre d'attitude c'est...
vis-à-vis du collectif.
Et on a de tels cas ici.
Il faut y mettre de l'ordre,
car les temps ont changé.
Et vous voulez tous jouer, c'est sûr.
On a tous un dada pour
se distraire après le travail, non ?
Mais celui-ci est le plus
beau dada du monde. La musique.
La musique ennoblit l'homme.
Surtout si on la fait bien.
Et si on laisse de côté la bière
et tout le reste.
Rythme, rythme,
rythme et intonation. Les deux conditions.
Avec ça, la technique
vient facilement.
Vous savez pourquoi on joue demain ?
Le festival de Kolin !
Notre priorité.
On est l'orchestre de Kmoch,
on incarne sa tradition.
Notre réputation est en jeu.
On est un peu désavantagés
car on n'a pas de tradition.
Alors on doit absolument
faire de notre mieux.
Notre bonne exécution
nous fera entrer dans le cercle
des orchestres qui ont, ou auront,
une bonne réputation.
Cela signifie que
l'orchestre des pompiers...
Ils pourront jouer comme ils voudront,
nous allons nous représenter.
Et chacun de nous
doit le reconnaître :
quand il y a des absents aux répétitions,
on ne peut pas jouer comme avant.
Ou comme on jouait d'habitude.
Ça ne va pas.
Donc s'il vous plaît, je répète :
avant et après, seulement de la limonade !
Des esprits clairs et sains.
Et pour terminer...
Vos esprits doivent être clairs.
Et il ne doit pas trop y en avoir là-dedans.
D'accord ? Encore une chose.
Personne ne manque
de répétition, personne n'arrive en retard.
Même s'il faut sortir
d'un lit d'hôpital, on vient.
On vient, sinon
j'irai vous chercher.
Surtout aujourd'hui, car vous savez
combien les temps sont durs pour les orchestres à vent.
Et tant d'idiots voudraient
qu'on disparaisse.
On leur montrera qu'on est bien là.
À eux de disparaître.
Je m'adresse à vous
du fond de mon cœur
en disant que vous le faites
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