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INFIRMERIE
On va chez moi ?
Finalement, ce sera non.
Pourquoi ?
Docteur !
Le trublion de service est de retour, on dirait.
Quoi, encore ? J’ai bouclé ma journée, je te signale.
Vous avez un invité ?
Toutes mes excuses !
Laisse tomber. Je rentre.
Désolé, hein, Misaki. On se rappelle ?
Ouais, ouais.
Ah, et Hokuto ? Touche pas au gamin.
Je risque pas !
C’était votre petit-ami ?
Disons plutôt mon plan cul.
Les adultes font peur.
Je résume : tu viens me voir, moi, un homme dans sa glorieuse 27e année,
pour que je te prête des vêtements de jeune fille ?
J’ai bien suivi ?
Oui.
Pourquoi j’aurais ça, andouille ?
Tu t’es mise dans le pétrin toute seule, débrouille-toi.
Je sais que c’est beaucoup demander,
mais vous êtes mon seul espoir !
Vous m’ignorez ?
Pardon de vous avoir embêté. Je rentre.
Bouge pas.
Qu’est-ce qu’elle mijote ? Elle cache un truc, depuis hier.
Ça faisait longtemps, la jupe !
J’ai même un joli bandeau.
Ma petite sœur, Rio.
Super ! Ça te va nickel, on dirait.
Désolée du dérangement.
Mais non ! Hokuto m’a expliqué ta situation.
Je me demande ce qu’il lui a raconté…
Bonne chance !
Merci, Rio !
L’heure tourne !
Quand elle est habillée comme ça,
elle fait vraiment fille.
ÉPISODE 6 : MON FRÉROT DÉBARQUE !
Merci bien.
Frérot !
Mizuki !
Bienvenue au Japon, Shizuki !
Espèce de garçon manqué, va !
Quand les parents m’ont dit que tu étais partie au Japon,
ça m’a collé un sacré choc !
Pardon…
Pas grave, tant que tu as la forme.
Montre-moi ta frimousse.
Shizuki…
Regarde autant que tu veux, mais repose-moi.
Désolé ! Sorry !
Qu’est-ce que je fous ?
Au fait, Mizuki…
C’est quoi, cette coupe ?
J’ai fait ça avant de venir ici.
Pourquoi ? Ils étaient si beaux, tes longs cheveux !
Au fait, tu vas rester combien de temps au Japon ?
C’est un échange entre mon service et une fac de médecine japonaise.
Deux semaines environ.
Deux semaines ?
Il faut que j’arrive à garder mon secret tout ce temps.
Alors ? Il te plaît, ton lycée japonais ?
Oui, je m’amuse beaucoup.
Quoi ?
Rien,
je réalise que tu es grande maintenant, tu as l’âge de prendre ta vie en main.
Frérot…
Eh oui.
Tu n’as même pas consulté ton frérot qui faisait son internat,
tu es partie sans rien dire !
Au fait, tu as pu rencontrer l’athlète de saut que tu idolâtrais ?
Oh non !
Oui ! Je suis drôlement contente d’être venue au Japon.
Il faut que je rentre.
Je te ferai visiter Tokyo, la prochaine fois !
Il n’a jamais approuvé ma passion pour Sano.
Évitons de nous étendre sur le sujet.
Le lycée Ôsaka…
Oh là là…
– C’est la lose, Ashiya. – Mais trop.
Ben alors ? Depuis quand ils sont potes, eux deux ?
– Bonne question. – J’ai rien vu venir non plus.
Nanba est tellement distant.
J’ai pris mon courage à deux mains pour lui souhaiter une bonne journée,
et lui il me balance juste : « Ah, ’lut. »
Ça me pourrit le moral.
Je comprends !
Quand notre crush nous colle un vent,
ça peut vraiment nous gâcher la journée.
Le pire, c’est que les garçons, ça m’intéressait même pas.
C’est juste que Nanba est tellement exceptionnel…
On est les seuls à savoir ce que ça fait !
Désolée, mon cas est un peu différent.
Hé ! C’est quoi ces messes basses, depuis tout à l’heure ?
Nakatsu ?
– Je veux papoter, moi aussi. – Sauvée !
Hors de question. C’est réservé aux garçons mignons.
Va voir ailleurs si on y est.
Je suis grave mignon, d’abord !
Tu es le niveau zéro de l’élégance, mon pauvre.
De quoi ?
– Nakao, saleté ! – Filons.
– Sano ! Où t’étais ? – Je devais voir le responsable sport.
D’accord.
C’est vrai qu’il participe au Critérium.
Salut.
Bon entraînement !
Il faudrait qu’il arrive à sauter d’ici là.
Il y arrivera, je le sais ! Je le sens.
Mizuki !
Frérot ?
Qu’est-ce que ça signifie ?
C’est un lycée pour garçons !
Attends, je peux tout t’expliquer.
Je ne veux rien entendre.
– Tu vas venir avec moi, on s’en va. – Frérot !
Aïe ! Arrête, Mizuki !
Je reste !
Tu veux bien lui lâcher le bras ?
C’est évident que ça ne lui plaît pas.
T’es qui, toi ?
Sano !
Sano ?
C’est donc toi le corrupteur de Mizuki, le terrible Izumi Sano ?
Il a corrompu personne !
Cette posture… C’est bien la même famille.
Parfait, tu vas nous montrer comment tu sautes.
Frérot ?
Tu es venue juste pour le voir sauter, pas vrai ?
Allons observer ça, que ce soit réglé.
Non !
Sano a eu un accident, il est encore convalescent…
Convalescent ? C’est quoi, cette histoire ?
Je comprends mieux.
J’ai une proposition.
Si Izumi arrive à passer la barre durant mon séjour ici…
j’accepterais que Mizuki reste au Japon.
Pardon ?
C’est décidé. Gardez bien ça en tête.
Ashiya.
Occupe-toi de promener Yûjirô dans les jours qui viennent.
Il faut que je me concentre sur l’entraînement.
D’accord.
Je ne peux pas l’aider.
Je ne sers vraiment à rien.
Mizuki ?
Nakatsu ? Tu rentres du sport ?
Ouais. Y a un souci ? T’as l’air d’avoir un petit moral.
Non, c’est rien.
– T’es sûr ? – Oui, promis.
Dis, quand t’auras fini avec Yûjirô, ça te dirait de m’accompagner ?
Et c’est prêt !
MAÏDO
Ouah, c’est mon premier okonomiyaki !
C’est bien chaud. Allez, je t’invite ! Fais-toi péter le bide.
Ça marche.
C’est trop bon !
Pas vrai ? C’est approuvé par un expert !
Tu viens souvent ici ?
De temps en temps. Je viens toujours seul, d’habitude.
J’ai un peu le mal du pays, parfois.
Depuis que je suis monté à la capitale,
j’ai croisé personne d’Osaka.
Je me sens grave seul, parfois.
Quand ça m’arrive, je viens manger ici !
« Reprends-toi, mon gars ! T’es pas tout seul ! »
Un bon okonomiyaki, ça me rappelle chez moi.
Nakatsu…
Merci.
Tâchons de ne pas le réveiller…
Ça sent la bouffe.
Sano ! Tu ne dormais pas ?
Tu veux une part d’okonomiyaki ?
Carrément.
Au fait, Sano…
Je ne sais pas si j’ai le droit de te dire ça, mais…
Vas-y.
Accroche-toi !
Je l’ai dit !
Qu’est-ce que j’aurais eu du mal à les sortir, ces deux mots !
Si j’ai personne pour m’encourager, j’ai aucun intérêt à sauter.
Te méprends pas.
Le Critérium, j’y vais parce que Kagurazaka m’a saoulé.
Toi, c’est du bonus. D’accord ?
Donc arrête de te torturer et reprends-toi un peu.
Il avait remarqué ?
Ça m’a mis en appétit, ton truc.
On va dîner ?
Sérieux ? Tu viens de manger.
Banane. Ça me suffira pas, ton truc.
Je grille de l’énergie.
Une bête à l’étrange pelage s’est perdue par chez moi.
Un athlète de saut qui ne saute pas, quel intérêt ?
Il va se vautrer le jour J, obligé. Mon pari est gagné d’avance.
Et même s’il réussit,
je dirai à Mizuki qu’elle a eu ce qu’elle voulait en le voyant sauter,
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