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Jérémy, merci d'être venu.
Tu veux pas savoir comme ça me fait plaisir de te voir.
Ça me fait vraiment de la peine. Je l'aimais beaucoup, vous savez.
Oui, je sais. Viens.
Tu veux le voir ?
Tiens.
Enfant du pays, fils de paysan,
Jean-Pierre est parti tôt apprendre le métier de boulanger.
Il a consacré sa vie à nous donner du pain.
Il aimait à me dire que c'était son sacerdoce à lui.
Jean-Pierre vous aime, et je parle au présent,
car l'amour, ne l'oubliez jamais, est éternel.
Nous, les chrétiens, nous croyons que la mort n'est pas une fin.
Nous croyons qu'elle n'est qu'un passage vers ce royaume d'amour et de lumière.
Frères et sœurs bien-aimés, merci d'être venus si nombreux.
Merci Jean-Pierre, toi qui es maintenant devant notre Seigneur,
intercède pour ta chère épouse, pour ton cher
fils, et intercède pour notre communauté.
Nous avons tellement besoin d'amour.
Merci Jean-Pierre.
Bon, bah je vais y aller.
Allez.
Au revoir.
Bonne soirée.
Au revoir.
Bah nous non plus on va pas tarder hein.
Tu as fini ton jeu ?
Kylian ?
Et tu redescends à Toulouse ?
Ouais.
Tu vas pas prendre la route maintenant ?
Avec ce que tu as bu ?
Ça va, je peux rentrer à Toulouse hein.
Bon bah ça fait quand même de la route.
Tu dois à tout prix rentrer ce soir, quelqu'un t'attend.
Il y a toujours la chambre de Vincent, tu peux dormir ici.
Bah, c'est-à-dire, je veux pas déranger.
Si tu crois que j'ai envie de rester seul à me morfondre, tu te trompes.
Ça a pas changé ta piole.
Tu t'es marié ?
Non.
T'as pas d'enfant ?
Non plus.
Mais t'as une copine, non ?
Ouais, mais y a de l'eau dans le gaz, on est en train de se séparer.
Enfin, ça fait quelques jours qu'elle dort plus à la maison.
Ça va ?
Mais ça dure pas depuis très longtemps.
Combien de temps ?
Trois ans.
Enfin, presque quatre.
Tu te rappelles quand j'étais toute la nuit à Yams ?
Oh, c'était pas toute la nuit.
Ça nous arrivait d'y rester tard.
Ça te dit, on fait une partie et puis j'y vais ?
Non, j'ai pas très envie.
On va peut-être redescendre voir ta mère ?
Regarde comme il était beau là.
C'était quand ?
Il y a un an.
La maladie s'était pas encore déclarée.
Bonjour.
Bonjour.
Ça va ?
Ça va, merci.
Tu as bien dormi ?
Oui, très bien.
Et vous ?
J'ai pas fermé l'œil.
Qu'est-ce que tu prends comme petit déjeuner ?
Je veux bien un café.
Y'a quelqu'un ?
Qu'est-ce qu'il fallait ?
J'avais envie de te revoir tranquille.
Pourquoi tu voulais me revoir ?
On se voyait un peu à l'époque.
On se fréquentait pas beaucoup.
Faut dire que t'étais plutôt solitaire.
Et moi je t'appréciais.
Tu veux pas qu'on aille boire un verre un de ces jours ?
Ah, pourquoi pas.
Maintenant ?
C'est qu'il est déjà 11h, là j'ai une course à
faire, il faut que j'y aille avant que ça ferme.
On peut boire un coup après ta course.
Je préfère une autre fois.
Bon, bah d'accord.
Tu restes longtemps dans le coin, là ?
Je sais pas.
J'aime bien être ici.
Tu sais si les cèpes sortent ?
Ah, ouais.
Ça devrait y en avoir pas mal, hein.
De ce qu'il a plu.
Je vais peut-être y aller cet après-midi.
Bon bah, à plus.
Allez.
T'en trouveras pas des cèpes aujourd'hui.
Tant que la lune n'aura pas changé.
C'est quand qu'elle change ?
Je sais pas, j'ai pas regardé.
T'as déjà fini de bosser ?
Encore en route, c'est à quelle heure que j'embauche ?
Non, je sais pas, quelle heure ?
Cinq heures.
Ah ouais, ça fait tôt.
Je suis passé chez Walter, là, il m'a dit que t'étais allé le voir.
Tu l'aimais bien Walter, toi.
Ok, j'avais plutôt l'impression que tu le méprisais.
Qu'est-ce qui te faisait penser ça ?
Je sais pas, ça te plaisait pas trop que j'aille le voir ?
Tu comprenais pas pourquoi je passais autant de temps avec lui.
Ah bon ?
Ouais.
Je sais pas, c'est peut-être que t'étais un peu jaloux.
Qu'il voulait me garder pour toi tout seul.
T'as pris, hein ?
Montre-moi voir si t'es toujours aussi leste.
C'est comme ça que vous cherchez les champignons ?
Non je cherche rien moi, j'ai pas le temps, c'est lui là.
Regardez un peu ce que j'ai trouvé.
Oh qu'est-ce qu'ils sont beaux, n'est-ce pas ?
Bon je vous laisse, je vais aller récupérer Kylian.
Pourquoi vous vous battiez ?
C'était pour rien, on s'amusait.
Mais ça n'avait rien à voir avec Walter, j'espère.
Qu'est-ce qui vous fait penser ça ?
Vous allez rester longtemps parmi nous ?
Je sais pas.
Martine est contente que vous soyez là.
Elle a peut-être aussi envie d'être seule.
Je pense pas, c'est pas son genre.
Elle vous aime beaucoup.
T'aurais pas envie de reprendre ?
J'ai passé pas mal de temps dans la boulangerie industrielle.
Je suis un peu perdu la main.
Je t'embête avec mes histoires.
T'as sûrement envie de redescendre à Toulouse.
Je peux rester.
Ce soir ?
Même quelques jours.
J'ai toujours aimé ce village. J'ai envie de rester un peu.
Et je vais réfléchir à la boulangerie.
Ça fait trois mois que c'est fermé.
Les gens ils ont pris l'habitude d'acheter le pain à Villeneuve maintenant.
Mais j'ai entendu dire qu'il n'est pas très bon.
Et puis quinze kilomètres pour aller chercher son peintre en compte.
Bah oui, il l'achète carrément à Leclerc, même tant que le reste.
Tu crois pas ?
Non.
Bah c'est fini, le temps où chaque village a sa boulangerie.
On n'a même plus de café, alors.
Tu travailleras un peu l'été ?
Bah tu bricoleras.
Bon, enfin, tu fais ce que tu veux, hein.
Est-ce que tu peux être négatif, toi ? C'est pas possible.
Ouais.
Bon, Kylian, on y va ?
Oh !
Tu viens ?
Au revoir.
Et tu dis au revoir ?
Bon.
On va peut-être manger, nous.
Ça vous dérange vraiment pas que je reste ?
Pas du tout.
Jérémy ? C'est toi ?
Oui ?
Qu'est-ce que tu fais ?
J'avais soif.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Rien.
J'avais envie de te voir avant d'aller au boulot.
Tu veux vraiment reprendre la boulangerie ?
J'en sais rien. Non, je crois pas.
Alors ça serait bien de pas trop donner d'illusions à ma mère, d'accord ?
J'ai rien dit, moi, c'est...
Pourquoi tu restes ici ?
Ça n'a rien à voir.
Ah ouais ?
Tu l'aimes bien, ma mère ?
Ouais. Ouais, mais...
Faut que j'aille au boulot, moi.
Bonjour.
Vincent, j'ai juste de partir. Tu l'as loupé de pas grand-chose.
C'est surtout toi que je viens voir.
Tu m'offres l'apéro ?
Allez, entre.
Pastis ça ira ou tu préfères une bière ?
Non, un pastis très bien.
Ben entre.
Oh là.
Tu vis tout seul dans cette grande maison ?
Ouais.
Tu t'es jamais marié ?
Non.
Moi, tu sais, ça a toujours été compliqué avec les femmes.
T'as toujours tes parents ?
Ils sont morts il y a presque 5 heures.
Ils sont morts jeunes ?
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