The first 200 lines.
Ce film, inspiré de la vie de Stelios Kazantzidis,
comporte une part de fiction
Un film de Tanweer Productions
En coproduction avec
Et avec le soutien de
CHRISTOS MASTORAS
AGORITSA ECONOMOU -KLELIA RENESI
ASIMENIA VOULIOTI -DIMITRIS KAPOURANIS
ANNA SIMEONIDOU -YORGOS GALLOS
Casting Makis Gazis ICDN
Maquillage -Coiffure KATERINA VARTHALITOU -CHRONIS TZIMOS
Mixage Son -Conception Sonore Y.ANTIPAS -K.VARIBOPIOTIS -A.LOUZIOTIS
Directeur de production -Producteur délégué YANNIS YAKOVIDIS -NANCY KOKOLAKI
Montage YANNIS TSITSOPOULOS
Musique originale MINOS MATSAS
Décor -Costumes ANTONIS DAGLIDIS -MARIA KONTODIMA
Direction de photographie YANNIS DRAKOULARAKOS
Producteurs exécutifs DIMITRIS MICHALAKIS -YORGOS XANTHAKIS
Producteurs exécutifs FAYE TSITSIPI -STATHIS KAMVASINOS
Coproducteur DIMITRIS MELISSANIDIS
Producteur DIONISIS SAMIOTIS
Scénario KATERINA BEI
Réalisé par YORGOS TSEMBEROPOULOS
STELIOS
Je vous l’ai dit.
Quand il est sur sa barque, il perd la notion du temps.
- Merci. -À quelle heure était le rendez-vous ?
Il y a deux heures et vingt minutes, Mme Vasso...
Bon allez, viens.
Je t’emmène.
Il vous a appris à pêcher ?
Dès le premier jour !
Je m’étais faite toute belle...
et je me suis retrouvée à pêcher à la ligne !
La méthode « Kazantzidis » !
C’est sa passion, c’est bien connu.
Sa passion... et son refuge.
Il t’en parlera lui-même.
Puisqu’il a accepté une interview... Témoignage de première main !
Mais d’abord, c’est mes oreilles qui vont chauffer...
Enfin, Vasso...
Qu’est-ce qui t’a pris ? Tu as fait fuir les poissons.
Mon garçon !
Tu es trempé jusqu’aux os...
Attends, je t’aide.
- Où est papa ? - Il va bientôt rentrer.
Il distribue des vivres.
- Pour nous aussi ? - S’il y a des restes...
Mon prince, c’est toi. Tu m’entends ?
Un prince aux souliers troués...
Ce ne sont pas des beaux souliers qui feront de toi un honnête homme, mon garçon.
Yesthimani, prépare mes affaires ! Je dois rejoindre le maquis.
Les miliciens ont arrêté Leonidas.
Et nous, Babis ? Qu’est-ce qu’on va devenir ?
Non !
Sale communiste ! Tu t’es pris pour qui ?
On ne t’avait pas dit de t’occuper de tes oignons ?
Pourquoi tu les ravitailles ? Laisse-les crever de faim !
Papa !
Stelios...
Veille sur ta mère...
Toi et moi, on peut soulever des montagnes.
On est des pontiques ! D’Anatolie !
Ton nom, c’est quoi ?
Stelios.
Kazantzidis, enfin !
On est des Kazantzidis ! Une famille de travailleurs.
On va s’en sortir.
Toi et moi.
Et le petit !
À Athènes, le temps qu’on prenne nos marques, il sera à l’orphelinat.
Non !
Ce n’est pas toi qui décide !
Toute l’histoire de ma vie,
une charge dont je suis fier,
même si elle me prend tout
et ne donne rien en retour.
Toute l’histoire de ma vie,
La pêche, ou la chanson ?
une charge dont je suis fier...
Vous en avez bavé, n’est-ce pas ?
Comme tout le monde.
Une époque difficile.
Gamin, je ne t’ai pas demandé de me tutoyer ?
Je vais essayer.
Plus tard, service militaire à Makronissos, entre autres.
En guise de représailles, pour votre père.
Je veux dire, ton père.
Tu ne crois pas si bien dire !
Passages à tabac, jours au mitard...
On m’a aussi envoyé à Trikala, comme muletier.
Une sacrée épreuve, là aussi...
J’étais tout seul, et j’avais quarante mules à surveiller !
L’histoire du coup de sabot, c’est vrai ?
Pfff... J’aurais pu rester handicapé.
Je préfère ne pas y repenser !
Et la chanson ?
Tu as commencé quand ?
Au camp de réfugiés, ma grand-mère aimait chanter un amané, du pays.
Et moi, encore môme, je battais la mesure contre une poêle avec une spatule en bois.
Les douleurs de l’exil
me rongent l’âme.
Les douleurs
de l’exil
me rongent l’âme.
Sans père ni mère,
sans frère ni sœur,
comme un oiseau orphelin...
Cela ne se reproduira pas, monsieur.
- J’ai besoin de ce travail. - Non, mon garçon.
Toi, ce n’est pas ta vocation.
Je la gratouille depuis un moment.
Sans résultat.
J’ai beau aimer la musique, la musique ne m’aime pas !
Mais par contre, j’ai l’oreille.
Toi, tu en feras bon usage.
Les douleurs
de l’exil...
de l’exil...
Me rongent l’âme...
rongent l’âme...
Sans père ni mère...
sans frère ni sœur...
comme un oiseau orphelin...
Sans père ni mère,
sans frère ni sœur,
comme un oiseau orphelin
Ô maudite terre étrangère
où les rires sont rares
Ô maudite terre étrangère...
Bonsoir, madame.
Qui chante ?
Mon fils.
Je peux lui parler ?
Excusez-moi : Manthos Venetis.
Je suis musicien.
Une minute.
Stelios ?
Un monsieur demande à te voir.
Il dit qu’il est musicien.
Qu’il entre.
Entrez.
Bonsoir.
J’ai un groupe de musique, et on cherche un chanteur.
Je passais dans la rue, je vous ai entendu chanter...
Vous avez une très belle voix.
On joue à la taverne de Voutsas, à Kalogreza.
- Tous les samedis. - Il a un travail.
Maman !
Il touchera combien ?
Ses frais de transport et un bon repas.
Ragoût de bœuf et patates frites !
Mais c’est une bonne scène, connue des gens du métier.
Des musiciens.
Tu vas rencontrer du monde.
Entendu.
Stelios.
Manthos.
Kazantzidis.
Une brûlure, une flamme
se sont logés dans mon cœur,
à croire que tu m’as jeté un sort,
ô ma douce Francosyriote,
à croire que tu m’as jeté un sort,
ô ma douce Francosyriote.
J’irai te retrouver sur les
rivages où tu te promenais, >
me rassasier à tes côtés de caresses et de baisers.
Me rassasier à tes côtés de caresses et de baisers.
J’espère que ce n’est pas un nabot.
Mais non, il est grand. Et beau garçon.
Stelios ! C’est ton jour de chance.
Tsantas et Chryssinis, le compositeur, veulent te parler !
- Qu’est-ce qu’ils veulent ? - Savoir si le ragoût est bon !
Enfin, arrête de manger et viens ! Ils veulent faire ta connaissance.
Ce soir tu m’as laissé tomber,
comment ton cœur l’a supporté ?
La bonne hauteur !
On articule en fin de vers !
Et dans la nuit
j’entends tes pas
lentement s’effacer
Tu siffles trop les « S » !
Et profite des respirations ! Vas-y franchement !
Tes poumons, ce sont des haut-parleurs... Remplis-les ! !
Moi, je veux entendre ton timbre, ta propre couleur.
Mon salaud, n’essaie surtout pas de ressembler à un autre ! !
Bon, c’est reparti.
Je peux te poser une question ?
Allez, accouche !
La musique... on l’entend autrement ?
Comment ça, autrement ?
Quand on ne voit pas...
On la ressent autrement ?
On l’apprécie autrement.
Comme tout le reste.
Toi, comment tu la ressens ?
Dans tout mon corps !
Parfois, jusque dans mes ongles.
- Salut, Babis. - Salut, Yannis.
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