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INSPIRÉ DE FAITS HISTORIQUES
- C'est quoi ? - Rien.
Fais voir.
Dans tes rêves !
Reviens !
- C'est à moi. - Menteur !
- Faites gaffe, les morveux ! - Désolé, l'ancien.
Arrête, je vais t'avoir !
Hé, revenez !
C'est mon vélo !
Un vrai Maradona.
- Maman voulait du lait. - Plus tard !
Malek ?
- Bonjour, ma tante. - Noor.
- Je laisse mon sac, d'accord ? - Pas de problème.
Où est Malek ? Pourquoi t'es pas en cours ?
On est sortis plus tôt.
- Reste déjeuner. - Une autre fois.
Viens voir !
Je t'ai toujours dit que tu pouvais pas me la faire.
Attention, jeune homme.
T'es chiant.
Détends-toi.
Il se passe quoi ?
Aucune idée.
Ils arrêteront jamais de nous emmerder ?
- On devrait rentrer. - Pourquoi, t'as peur ?
Non, mais...
CAMP DE RÉFUGIÉS, CISJORDANIE OCCUPÉE
On sacrifie notre âme et notre sang pour la Palestine !
Intifada !
Là ! Viens te cacher !
Monte !
Tu dois te demander pourquoi on est là.
Tu ne nous connais pas.
Mais je ne suis pas là pour te juger.
Je suis là pour que tu saches qui est mon fils.
Mais pour comprendre,
je dois parler de ce qui est arrivé à son grand-père.
Que Dieu vous apporte de la force.
- Que Dieu soit avec vous. - Et avec vous.
- Qu'est-ce qu'on dit ? - Merci, Papa.
À votre service, Lord Salim.
Que t'ai-je appris hier ?
"Je suis la mer, en mes entrailles la perle sommeille."
"A-t-on seulement interrogé le plongeur sur mes coquilles ?"
Est-ce comme ça que l'on récite de la poésie ?
Non.
"Malheur à vous ! Je dépéris, et mes grâces s'éteignent avec moi."
"De vos mains vient ma blessure, et le rare remède est..."
- Magnifique ? - Non.
- Précieux ? - Recommence.
"Malheur à vous ! Je dépéris, et mes grâces s'éteignent avec moi."
"De vos mains vient ma blessure, et le remède n'est qu'en vous."
C'est bien. Je t'enseignerai le reste plus tard.
"Ne me livrez pas au temps"...
"Car si mon heure devait venir"...
"C'est sur vous que se porterait ma crainte."
Toi qui es si malin, de quoi parle le poète ?
De la mer.
Faux.
- Mais il dit "Je suis la mer" ! - C'est une métaphore.
Encore ?
- C'est une image... - Symbolique.
Il compare la langue arabe à la mer.
Pourquoi ne pas le dire comme ça ?
C'est de la poésie, on dit pas ce qu'on pense.
- Qui t'a dit ça ? - Papa !
Mon champion.
- Seigneur, la poésie est ennuyante... - Je suis d'accord.
Dis Papa, tu vas nous donner encore combien de leçons ?
Quand ira-t-on à l'école ? Mes copains me manquent.
Moi aussi.
Vous y retournerez plus vite que vous ne le pensez,
et les leçons de poésie de Papa à la maison vous manqueront !
C'est vrai.
Où est-il...
Je sens l'odeur d'un humain...
Je suis une goule affamée...
Je veux manger. Où est-il ?
Au secours, une goule ! Ne me mange pas !
Je vais manger un bout par ici.
Alors, on va se coucher maintenant ?
Allez, sous les couvertures.
Mets-toi dessous.
Et on dort.
- Bonne nuit. - Papa ?
C'est quoi, Deir Yassin ?
- Où as-tu entendu ça ? - À la radio.
Deir Yassin est un joli petit village proche de Jérusalem.
- Il y a eu un massacre, là-bas... - Quoi ?
Pas besoin d'y penser. Tu sais pourquoi ?
Pourquoi ?
Parce que rien de mal ne se passera ici.
- Comment tu sais ? - Je le sais.
Et tant que ton Papa est là, tu n'as pas à t'inquiéter.
- Allez, endors-toi. - Bonne nuit, Maman.
Bonne nuit, Papa.
Bonne nuit.
Papa !
- Que se passe-t-il ? - Où tu es ? Viens là !
Viens, mon ange.
Où est Layla ? Ahmad !
Tout le monde va bien. Restons ici.
C'est tombé loin, très loin.
C'est loin.
C'est loin.
N'ayez pas peur.
N'ayez pas peur.
Jouons au Gouverneur.
Sharif.
Chacun prend un morceau de papier.
Allez.
Prenez.
Choisissez.
- Qui est l'enquêteur ? - Moi !
Je suis le gouverneur.
Bien, l'enquêteur doit trouver le voleur.
- Es-tu le voleur ? - Non, mon fils, je ne le suis pas.
Quel est ton alibi ?
Je suis ton père, jamais je ne te mentirais.
Je ne suis pas le voleur.
Es-tu le voleur ?
Non.
Quel est ton alibi ?
Hier, je gardais le château.
Le château !
Je suis le gouverneur.
- Ces salopards veulent nous buter ! - Reste poli, Ahmad !
Il a raison.
Où sont les armées arabes ?
Pourquoi les Européens croient-ils que nos terres leur appartiennent ?
La situation a changé, Sharif. Ils ont pris Haïfa.
- On a dit qu'on resterait. - Je ne veux pas sortir du pays.
Naplouse n'est qu'à une heure d'ici.
On ne leur donnera pas ce qu'ils veulent.
Oublie-les, ce n'est pas le sujet.
Alors, quoi ?
Ils veulent nous faire fuir pour tout nous prendre.
Ça n'arrivera pas.
Les Britanniques ont promis d'intervenir.
Les Britanniques ?
C'est la source de tous nos maux.
Ils nous ont poignardés dans le dos.
Ils ne nous ont pas protégés.
Pense aux enfants.
Je pense à eux, Munira.
C'est chez eux, ici.
Juste pour deux semaines.
Jusqu'à ce que les armées sécurisent la zone.
On n'ira pas chez ton frère.
Tout ira bien.
Fais-moi confiance.
Fais-moi confiance.
Les bombardements ont tué des centaines d'Arabes
au centre du pays
et ont conduit la population à fuir la Palestine.
Les bombardements brutaux ont décimé le nord de Jaffa,
la transformant en ville fantôme.
- Ils ont bombardé mon orangeraie. - Idem pour les vergers d'Abu Issa.
- Passe le bonjour aux autres. - Ce sera fait, mon frère. Au revoir.
Les milices sionistes sont bien entraînées et équipées.
Nous n'avons rien, ni armée, ni défenses.
Alors quoi, on se rend ?
J'énonce les faits. Chacun fait comme il le souhaite.
Si vous restez, je vous conseille de vous rendre.
Comment pouvez-vous dire ça ?
On les laisse prendre notre pays ?
- C'est chez moi, je suis furieux aussi. - Donc vous pensez rester ?
Ils ne nous laisseront pas.
C'est pour ça que je pars pour Beyrouth avec ma famille demain.
C'est ça, le souci. Vous faites partie du problème.
Trop de gens ont fui. Qui va rester pour nous défendre ?
Autant leur donner les clés de chez nous, alors.
Messieurs.
Je n'ai jamais voulu partir.
J'ai résisté autant que j'ai pu.
Mais c'est devenu trop dangereux.
C'est mon droit et mon devoir de protéger ma famille.
Si vous pensiez faire pareil,
je vous le dis,
n'hésitez plus.
Quelle honte.
Honte à vous !
Tu parles d'un maire...
Tu sais où je t'emmènerai quand cette folie sera terminée ?
Où ?
Devine.
- À Gaza ? - Non.
- Damas ? - Non.
Beyrouth ?
Au cinéma.
Où on allait se cacher de mes parents ?
Ils ne nous ont jamais trouvés.
Sinon, tu ne serais pas ici avec moi.
Mon père t'aurait tué.
Cette époque me manque.
- Les enfants ! - Ça va ?
- Je sais pas. - Reste ici.
Où es-tu, mon cœur ? Ça va ?
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