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Ouf, il va bien.
Messire Seichirô ! Ouvrez les yeux !
Qu’est-ce qu’il a ? Vous l’avez protégé, non ?
Messire Ist, que se passe-t-il ?
Sa barrière s’est entièrement dissipée.
J’aurais essayé.
Messire Ist !
Ce comportement est déplacé en ce lieu !
Il faudrait que ça vienne de vous.
En plus, vous avez beaucoup de mana.
Que racontez-vous là ? Emmenons-le au dispensaire !
Je vous le déconseille.
S’il reçoit des soins magiques, il mourra.
Il faudrait plutôt que vous couchiez avec lui, grand prêtre.
Vous avez lancé un sort de barrière autour de vous deux, non ?
Oui.
Vous ne saviez pas que Kondô était intolérant au mana ?
Il est maintenant en proie à une fièvre magique.
Familiarisez-le avec votre mana, ou son corps ne le supportera pas.
C’est pour ça que vous…
Oui.
Mais par un simple baiser, ça n’a pas suffi,
et ça fonctionne mieux avec celui qui a lancé le sort.
Allez vite lui inoculer votre mana.
Mais… je…
Très bien.
Ça sera pas nécessaire !
UN COMPTABLE À LA COUR
11 – L’HOSPITALISATION
Aresh !
Je vais m’occuper de lui. Rendez-le-moi.
Vous le rendre ?
Messire Seichirô n’est pas un objet.
De plus, il est actuellement très faible.
Je refuse.
Aresh ?
Messire Seichirô ! Vous êtes réveillé ?
Seichirô !
Quelle joie !
Vous allez bien.
Shiegvold.
Votre Altesse !
C’est généralement Aresh qui lui prodigue les soins.
Tu peux lui faire confiance.
Remets-le-lui.
Entendu.
Messire Seichirô va-t-il s’en sortir ?
Je pense que oui.
Aresh a l’habitude.
Cuerbas !
J’ai besoin d’une chambre.
C’est un dispensaire, pas une auberge.
Il a bien une fièvre magique, mais c’est peut-être pire.
Je préfère être près de quelqu’un qui connaît la situation.
Vraiment ?
Aresh,
combien tu as bu de potions de mana, aujourd’hui ?
Une seule.
Ne mens pas !
Tu en as bu en chemin pour le stabiliser.
Si tu as besoin de potions,
un soin complet coûteux en mana sera néfaste pour ta santé.
Je sais. C’est pour ça que je suis venu ici.
Ne t’inquiète pas.
Je connais mes propres réserves mieux que quiconque.
Ne te mets pas en danger, s’il te plaît.
J’ai chaud.
J’ai mal à la tête. Tout mon corps est douloureux.
J’ai déjà été dans cet état. On dirait une grippe carabinée.
MÉDICAMENTS
Une fois, j’ai travaillé malgré la fièvre,
envoyant mes rapports depuis chez moi,
et elle a dépassé les 40 °C.
Quoique, cette fois-là, j’étais bien plus dans les vapes.
Je ne ressens pas d’inconfort, et la chaleur est agréable.
C’est presque comme si j’étais dans une source chaude.
Je crois reconnaître cette sensation.
Aresh ?
Tu te réveilles enfin. Ce n’est pas trop tôt.
On en a encore pour un moment. Ton imprudence te perdra !
Quand êtes-vous rentré ?
Ce matin.
Quand j’ai appris que tu étais à l’église,
j’ai accouru, et je suis arrivé pile à temps.
Tu m’exaspères !
Tu n’écoutes rien
et tu ne prends pas soin de toi.
Je ne suis parti que quelques jours.
Le pire, c’est que tu n’as pas répondu à mes lettres
et que tu allais même finir dans le lit d’un autre !
Si ça s’était produit, je ne te l’aurais peut-être pas pardonné.
Aresh…
heureux de vous retrouver.
Moi aussi.
C’est bon, il est tiré d’affaire.
Je rentre au manoir.
S’il se réveille, surveille-le.
Pardon ? Attends, Aresh !
Après ça, on m’a confiné au dispensaire pendant trois jours.
C’est le deuxième jour,
et je n’ai pas revu Aresh.
J’ai tellement eu peur quand j’ai appris ce qui s’était passé !
Il y a plus important. Ton rapport.
Je viens voir comment vous allez, pas vous donner du travail !
Quelqu’un d’autre était venu juste après mon réveil.
Messire Seichirô, je vous présente mes excuses !
Mais enfin, vous n’avez rien fait de mal !
Relevez-vous, s’il vous plaît.
Non.
Je savais très bien que vous étiez intolérant au mana.
Je vous ai encore plus mis en danger.
J’étais mal en point à cause d’un manque de sommeil,
et je vous ai suivi en connaissance de cause.
Si vous n’aviez pas érigé une barrière, je serais mort sur le coup.
Je vous remercie de m’avoir sauvé la vie.
À ce propos, en réalité…
Kondô, tu as de la visite.
Je vous laisse, alors. Reposez-vous bien.
Valtom.
Comment vous sentez-vous, messire Kondô ?
Je suis entièrement rétabli, grâce à Aresh.
Je reste en observation jusqu’à demain, au cas où.
Vous m’en voyez rassuré.
Maître Aresh a dit qu’il viendrait vous chercher.
Vraiment ?
Il est actuellement en convalescence au manoir.
Pour être exact, il a bu trop de potions de récupération de mana,
ce qui l’a rendu malade.
Après l’expédition, puis la battue,
il a dû utiliser une grande quantité de mana,
et malgré ses réserves hors norme,
ça a été une charge excessive.
Je comprends mieux.
Je trouvais bizarre
qu’il m’ait soigné ici plutôt qu’au manoir.
D’habitude, il m’emmène chez nous et ne me lâche pas.
Messire Kondô.
Je connais le jeune maître…
je connais maître Aresh et je m’occupe de lui depuis son enfance,
en tant que majordome de sa famille, bien entendu,
mais je le considère également comme mon fils.
Aussi, messire,
je suis attentif à ce qui pourrait lui nuire.
Préserver la santé de mon maître est ma priorité.
Bien sûr.
Il a changé depuis qu’il vous a rencontré.
Lui qui était si apathique, il est aujourd’hui plein d’entrain.
Je suis extrêmement heureux qu’il ait réussi à trouver l’amour,
et à mes yeux, vous êtes comme son sauveur,
vous qui lui avez offert la joie de vivre.
Toutefois, tout cela est insignifiant si cela menace sa santé.
J’accorde de l’importance à sa vie amoureuse,
mais sa condition physique passe avant tout.
Peut-être sont-ce là les divagations d’un vieil homme.
Non, vous avez raison.
J’ai conscience que je me suis trop reposé sur lui.
J’ai tendance à trop travailler, sans écouter les besoins de mon corps.
Aujourd’hui, ça impacte aussi la santé d’Aresh.
La battue n’a certes pas aidé,
mais si Aresh s’est retrouvé en difficulté,
c’est entièrement ma faute, je l’admets.
Toutes mes excuses. Je reconnais mon erreur.
Ce n’est pas à moi que vous devez dire ça.
Le jeune maître
a certainement ordonné la battue pour vous offrir un monde plus sûr.
Néanmoins, je suis prêt à tout pour le maintenir en bonne santé,
même à ce qu’il me déteste.
Messire Kondô, quand vous tombez malade,
vous entraînez quelqu’un avec vous.
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