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LE DIABLE À TROIS
Entrez, monsieur.
Suis-je en retard ? Où sont les autres ?
Au salon. La démonstration est déjà commencée.
Merci.
Mesdames et messieurs,
vous allez assister ce soir
à une démonstration
du vivifiant pouvoir de l'électricité galvanique.
Je me présente : professeur Montgomery.
Mon assistante, la charmante Jennifer.
Nous sommes morts depuis 2 ans
et nous devons notre parfaite forme physique
à l'électricité à haute fréquence
qui parcourt nos corps.
L'électricité.
Cette force éternelle.
Vous.
Tenez ceci.
J'éprouve des picotements. J'ai eu peur.
Pas ce genre d'électricité, baronne.
Partagez avec nous une vie éternelle !
30 000 volts.
10 000 pour chaque année de mariage.
À la santé de Jennifer et de Paul !
À votre troisième année de mariage.
En effet, ce n'est pas une fête comme les autres.
Et ces machines bizarres ?
Les charlatans s'en servent pour guérir.
Paul et Jennifer les collectionnent. Ça fait bien.
Je n'apprécie guère son goût.
- Le sien ? - Il les choisit, elle paie.
Merci.
Non, merci.
Bonjour, Norman.
Ils font encore la foire ?
Encore ces cinglés ?
Heureusement, c'est la dernière fois.
Demain, je pars en vacances.
Pour trois semaines !
C'est vous, Norman ?
Nora, montez-nous encore un peu de champagne.
Oui, madame.
Ma parole, ça doit être une orgie.
Ça vous plairait, pas vrai ?
Le Dr Pamplemousse a écrit son livre
dans une soucoupe volante.
Hesse, Hermann Hesse.
H-E-S-S-E.
Et voilà.
Moi aussi.
Ça y est !
Trois spectateurs inoffensifs à descendre.
Plus près.
Ça me donne la chair de poule.
Qui a inventé ce lieu charmant ?
Terry.
Pourquoi ?
Pourquoi ?
Monsieur ?
Harry Gordon.
Vous êtes l'avocat de Jennifer,
- Harry ? - Oui.
Nos vies ressemblent à des flippers.
Des appareils très compliqués.
Pleins de vrombissements, de cliquetis
et qui, au mieux, remboursent la mise.
Les choses insignifiantes... Nous les prenons trop au sérieux.
Et les choses sérieuses
telle la mort
trop à la légère.
Voilà ce que je voulais dire.
J'ai gagné !
TU ES MORT !
Tu as devant toi
la première victime connue des flippers.
Aimee McPherson a exigé un téléphone dans son cercueil.
Pourquoi ?
Sait-on jamais.
Ce n'est rien.
Ça chatouille.
C'est ridicule.
Des générations de femmes ont vécu avec des moustachus.
Et il n'y avait pas de divorces.
Ça chatouille quand même.
Même comme ça.
Ça chatouille agréablement.
Il était une fois
une méchante reine qui empoisonna Blanche-Neige.
Tout le monde la crut morte.
Un téléphone dans son cercueil.
Sauf
le Prince Charmant.
Il sut la réveiller.
Madame Montgomery ?
Oui ?
Si je me présente à l'improviste,
c'est une habitude.
On m'avait dit que vous étiez jolie,
mais on était en deçà de la réalité.
Bonjour, Jennifer.
Bonjour.
Valentino n'est pas chez vous ?
Je ne l'ai pas vu.
Mon Dieu, Valentino ?
Qui vous a parlé de moi ?
Deirdre, ça vous dit quelque chose ?
Deirdre Saint-James ?
Wolfglade, soixante-trois...
À présent : Madison Wisconsin.
Entrez donc.
Est-elle mariée ?
Elle a deux enfants. Un garçon et une fille.
C'est elle qui m'envoie.
Je suis Lisa Schindler.
Attendez ici, je vous prie.
Ton petit déjeuner.
Charmant, ce miroir.
Tout ici est absolument fascinant.
- Vous vivez ici depuis longtemps ? - Oui.
Après la mort de maman, j'ai voulu la vendre.
Puis j'ai rencontré Paul, mon mari.
Dites-moi, Mlle...
Madame Lisa Schindler.
Vous êtes très amie avec Deirdre ?
J'étais même un peu plus que son amie.
J'étais...
Comment dire...
J'étais sa conseillère.
Je ne comprends pas.
Venez vous asseoir à côté de moi.
Regardez.
J'ai connu des jeunes femmes comme Deirdre
qui craignaient
l'approche de la quarantaine.
Pourtant, le présent, le passé et l'avenir d'une belle femme
ne font qu'un.
Personne n'ignore
que c'est grâce à sa vie intérieure
qu'une femme reste jeune.
Déjà, les anciens Égyptiens savaient
qu'il fallait entretenir
la beauté.
- Vous êtes une démarcheuse ! - Si on veut.
Comme Hélène de Troie et Mme du Barry.
Leur réussite est d'autant plus étonnante qu'elles ignoraient
les secrets de l'Institut Magique.
Deirdre est tout au plus... votre cliente.
Vous ne la connaissez pas du tout.
Non ?
À vrai dire, je ne la connais pas.
Nous travaillons avec le Bulletin annuel
des anciennes élèves.
"Jennifer Scott Taylor, boute-en-train de la classe.
"Réactrice du journal du collège.
"Un avenir assuré.
"Présidente de la Société théâtrale d'amateurs."
Vous devez donc apprécier cette petite comédie.
- Un malaise ? - Non, ça va.
C'est l'esprit qui contrôle le corps.
Mais le corps l'ignore.
Votre main est toute froide.
Votre fluide me fait du bien.
J'ai une légère tendance au mysticisme.
Les gens sont trop matérialistes.
Il faut être matérialiste pour survivre.
Non ?
J'aime cette eau de Cologne.
Vraiment ?
Vous la connaissez ?
Je l'ai déjà sentie.
Dans ce cas, vous aimerez nos savonnettes.
Elles coûtent cher. 5 $ les trois.
Pures et limpides.
C'est très extravagant.
Notre crème.
Et notre huile de bain.
Toujours ce même parfum désespérément exotique.
Je prends le tout.
Ce ne sont que des échantillons. Je vais remplir un bon de commande.
Livraison dans deux semaines.
- Restez assise. - Je dois me lever.
Il me faut établir un bon de commande.
Il me faut vos nom et adresse.
Et votre signature.
S'il vous plaît.
Il faut l'établir.
Il faut un bon de commande.
La crème, l'huile...
Il me faut des arrhes.
Je dois faire un certain chiffre.
Nous sommes toutes obligées de faire un certain chiffre.
C'est le règlement. Tout est basé là-dessus.
Et moi qui aimerais tant...
vous en faire cadeau.
Mme Schindler !
Paul !
Il s'agit d'un état dépressif.
Il lui faut du repos, de la suralimentation.
Des piqûres n'y feraient rien.
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