The first 200 lines.
C'est une histoire vraie.
Elle s'est passée ici, dans ma ville, il y a deux ans.
Plein de gens meurent bizarrement, dans cette histoire.
Mais on n'en parle ni aux infos ni ailleurs.
La police et les chefs de la ville
ont honte de ne pas avoir résolu le mystère,
alors ils ont tout camouflé.
Mais si vous interrogez les gens d'ici,
ils vous raconteront tous la même chose que moi.
Cette histoire commence dans mon école.
Maybrook Elementary est une école primaire.
Ce mercredi-là
était un jour d'école comme les autres.
Et il y avait une nouvelle maîtresse.
Elle s'appelait Justine Gandy.
Ce jour-là,
elle est allée dans sa classe, comme tous les matins.
Mais ce jour-là était différent.
Ce jour-là, aucun de ses élèves n'était présent.
Dans les autres classes, tous les élèves étaient là.
Même l'autre classe de CE2, celle de Mme Belt, était remplie.
Mais la salle de Mme Gandy était complètement vide.
Enfin,
pas complètement.
Il y avait un petit garçon
et il s'appelait
Alex Lilly.
C'était le seul des 18 élèves de la classe
qui était venu à l'école ce jour-là.
Vous savez pourquoi ?
Il était le seul présent,
parce que la nuit d'avant, à 2 h 17 du matin,
tous les autres enfants se sont réveillés,
sont sortis de leur lit,
ont descendu l'escalier,
ouvert la porte d'entrée
et traversé la pelouse pour disparaître dans la nuit.
Et ils ne sont jamais revenus.
ÉVANOUIS
Les parents et les gens de l'école étaient tristes et inquiets.
La police a su
que les enfants étaient partis à 2 h 17,
parce que les alarmes se sont déclenchées
quand ils sont sortis.
Certains avaient même été filmés par les caméras des maisons.
Mais on les voyait seulement s'enfoncer dans le noir.
On ne voyait pas où ils étaient allés.
Les policiers ont beaucoup parlé à Alex.
Pourquoi ses camarades avaient fait ça ?
Il n'en savait rien.
Est-ce qu'ils avaient un plan ?
Si c'était le cas, il n'était pas au courant.
Est-ce qu'il y a une émission
où quelqu'un s'enfuit comme ça ?
Si c'était le cas, il ne l'avait pas vue.
Ils ont aussi beaucoup parlé à Mme Gandy.
Mais elle non plus n'avait aucune information utile.
Ils ont fermé l'école pendant presque un mois
pour leur grosse enquête.
Mais au bout d'un moment, ils ont dû tout rouvrir
pour que les enfants restants puissent retourner en classe.
Le soir d'avant,
ils ont fait une grosse réunion dans l'école.
Il y avait tout un tas de conseillers
pour aider les gens à sentir leurs émotions
et être tristes tous ensemble.
C'est là que l'histoire commence vraiment.
L'essentiel est de ne pas juger notre chagrin.
Nos émotions peuvent nous déplaire.
Des émotions autres que la tristesse.
Accordons-nous le droit de ressentir des émotions
telles que la colère.
La colère est une étape saine du processus de deuil.
Elle peut être forte dans des cas d'abandon.
- Il arrive souvent... - Ça veut dire quoi ?
Forte dans des cas d'abandon ?
On devrait en vouloir à Matthew ?
Ce ne serait pas anormal...
Pour vous, c'est peut-être un abandon,
mais pas pour moi.
Pour moi, cette histoire n'a aucun sens.
Il est question de 17 enfants d'une même classe.
Que s'est-il passé ?
Pourquoi uniquement sa classe ?
Je vous sens bouleversé, c'est naturel.
Je n'ai pas spécialement envie de continuer à vous écouter.
Je veux entendre Justine Gandy.
Elle est ici.
Je veux savoir ce qu'elle faisait dans sa classe.
Tout d'abord,
j'aimerais simplement vous dire
que je suis sincèrement désolée
pour tout ce qui s'est passé.
Je sais
que mes paroles ne soulageront pas votre douleur.
En fait, je voudrais une explication, tout comme vous.
Menteuse !
J'aime ces enfants.
Je sais...
Je sais que ce n'est pas...
Enfermez-la pour qu'elle s'explique !
Ce genre de remarques ne sert à rien.
Je suis sérieux.
Mme Gandy souffre au même titre que nous tous...
Vous êtes aveugle ou complice !
Où sont nos enfants ?
Ça suffit. Reculez, s'il vous plaît.
La soirée a été longue.
Allons dormir, on sera plus lucides demain.
Un ami peut vous accueillir ?
Alors rentrez et restez chez vous.
Ça pourrait...
Je dois prendre le bus pour voir mon frère...
Non, désolée.
Numéro inconnu
Allô ?
- C'est qui ? - Méfie-toi.
Ce soir, je vais...
Je dois prendre le bus pour voir mon frère.
- Désolée. - Merci.
Y a quelqu'un ?
Oui ?
Putain de merde ! Quoi ?
C'est qui ?
Fait chier !
SORCIÈRE
Vous garderez votre mutuelle
et si je peux me permettre,
un suivi psychologique est prévu.
Certains thérapeutes...
Je veux seulement travailler.
J'ai besoin d'occuper mes journées...
J'ai besoin de travailler.
Les débordements d'hier soir prouvent que les parents sont bouleversés.
Vous feriez mieux de vous tenir à distance de l'école.
Le temps qu'ils retrouvent leurs esprits.
- Et Alex ? - Il se porte bien.
Il est avec Mme Belt.
On nous a conseillé de ne pas changer ses habitudes.
Sa vie doit rester normale.
J'aimerais lui parler.
Nous en avons déjà discuté. C'est hors de question.
Je me sentirais mieux si je pouvais lui parler.
Précisément. Voilà le problème.
Ce serait pour vous.
La presse ne le lâche pas.
La police a retourné sa maison.
Il est traumatisé.
Privilégions son bien-être.
Si vous insinuez
que je me soucie pas d'Alex...
Le problème n'est pas là.
Le problème est que vous avez tendance à outrepasser vos fonctions.
Et c'est reparti... C'est faux.
On ne câline pas ses élèves.
J'ai câliné un enfant en larmes. Enfermez-moi !
Raccompagner des élèves n'est pas professionnel.
- Elle avait raté son bus ! - C'est déplacé.
Vous dérogez aux règles car vous tenez à eux.
Je sais que vous êtes inoffensive.
Mais vous n'êtes pas leur mère, vous êtes leur maîtresse.
C'est différent. Et par conséquent,
je vous interdis de parler à Alex Lilly.
C'est que...
Il ne reste que nous deux.
Oui,
c'est bien incrusté.
Et j'ai reçu des appels anonymes.
Des menaces.
Ce serait la même personne ?
Je ne sais pas, peut-être.
Le mieux est de déposer une plainte.
C'est sûrement des gamins.
En tout cas,
je faisais les mêmes bêtises.
Je balançais du PQ,
je sonnais aux portes...
J'ai jamais tagué une voiture,
mais un ami a déjà étalé...
Un câlin ?
Oui, évidemment. Quand même !
T'as quoi, à la main ?
Un bête accident au boulot. Rien de méchant.
Un verre ?
Bien sûr.
Tony !
Il arrive.
T'inquiète pas.
Je suis pas pressé.
Je pensais pas que tu viendrais.
Je suis content que tu m'aies écrit.
J'ai beaucoup pensé à toi et je voulais t'appeler,
mais j'avais pas envie de remuer le couteau...
Je suis pas une petite fleur fragile
qui va se flétrir si elle voit ton nom.
J'ai pas dit ça.
Tony ! Mon ami voudrait à boire.
Vas-y.
- Ça va ? - Bonsoir.
Je vais prendre un coca.
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