The first 200 lines.
Merde.
Allez au marché à 14h
Je rentre enfin chez moi, je passais voir si ça allait.
Sacrée journée !
C'est sûr.
Tout va bien ?
Vous vous en êtes bien sortie, au conseil.
C'est le début d'une belle aventure.
Ça sent le brûlé, chez vous.
J'ai pas aimé la soupe.
Du coup... je me suis réchauffé de la pizza.
Alors, bonne nuit.
Bonne nuit.
En soi, le message
n'a rien de très préoccupant,
contrairement à sa décision
de vous le cacher.
Le médicament n'efface que le passé.
Si elle se méfie du nouveau récit,
le problème est tout autre.
À vous, Camille, de lui inspirer confiance.
Je ne m'explique pas pourquoi c'est si long.
Vous parliez d'un mois. De deux, maximum.
Les données recueillies sur 352 ans démontrent
l'efficacité du protocole.
La plupart du temps.
S'il est correctement appliqué.
Six Silos ont déjà été complètement réinitialisés,
dont le vôtre, il y a 140 ans.
Certains individus ont parfois été neutralisés.
J'ai bien noté votre impatience.
La méthode a fait ses preuves, à quelques exceptions près :
des cas à part, comme Juliette Nichols, nécessitant un traitement prolongé.
C'est ce à quoi vous êtes confrontée, Camille.
Ça me rassure tellement.
Son rêve prouve qu'elle garde un souvenir inconscient de son retour.
Poursuivez le traitement pendant encore deux semaines.
Renforcez sa surveillance et redoublez d'efforts
pour persuader Nichols que vous êtes sa meilleure alliée.
À 48 km de Cartersville.
Vue imprenable du coucher de soleil sur Pine Mountain.
Oui, on avait...
des chevaux, des canards, des chèvres...
Et deux bouledogues...
Les plus teigneux au monde.
Ils nous coursaient jusqu'à la maison chaque fois qu'on descendait du car.
Quand je t'ai dit qu'on m'avait choisi
comme mascotte des Georgia Bulldogs à la fac...
Non, laisse tomber.
Quoi ?
T'as tellement rigolé que...
tu t'es fait pipi dessus.
J'étais pas très sympa, comme sœur.
Maman...
s'appelait
Grace.
Papa...
William.
Pardon, je suis désolée.
Donald, je...
- Je sais pas quoi dire. - Mais non...
T'as pas à t'excuser. C'est moi.
Fait chier !
- Ça va ? - J'insulte rarement les distributeurs.
Y a pire, pour se défouler.
Il l'a bien cherché, il débloque depuis des mois.
Laissez.
C'est pas grave.
Tout va bien ?
Ma sœur est ici.
Son corps, tout au moins.
C'est quelqu'un à qui je parle tous les jours depuis 30 ans
et elle me regarde comme si j'étais chauffeur VTC.
Vous êtes Daniel.
On vous attendait. Je suis Victor Crnkovich.
Je soigne Charlotte.
Bonjour.
Enchanté.
C'est hélas à cause de moi qu'elle vous a oublié.
D'APRÈS LA SAGA "SILO" DE HUGH HOWEY
Ce médicament...
crée une sorte de pont-levis entre sa mémoire et elle.
Une zone tampon entre le conscient et l'inconscient.
Relevé trop longtemps, le pont ne s'abaisserait plus,
et elle ne recouvrerait jamais la mémoire.
Dès qu'elle ira mieux, le traitement sera suspendu,
ce qui abaissera le pont-levis et nous permettra de sélectionner
les souvenirs à garder et ceux à jeter.
Je vous embrouille avec l'histoire de pont-levis ?
Non.
Enfin, je ne sais pas. Si.
Ce n'est pas la discussion à laquelle je m'étais préparé.
Quand le pont-levis s'abaisse, comment récupérer ses souvenirs ?
- On lui ressasse son histoire. - Son histoire ?
Pourquoi les maîtres du monde sont les humains
et pas les singes ?
Je l'ignore. Ils ont un pouce opposable ?
Une meilleure motricité ?
Un plus gros cerveau ? Moins de poils ?
Je reformule. Que faites-vous toute la journée ?
Là, j'appelle des inconnus pour quémander de l'argent.
Voilà. Vous contactez vos semblables pour leur conter une histoire.
À partir de données, vous tissez un récit.
C'est ce qui définit l'humain. Il conte, il donne du sens.
Son seul superpouvoir.
Vous, moi ou Charlotte sommes les récits que nous nous racontons.
La mémoire est notre biographe.
Elle interprète les informations pour construire notre identité.
Le traitement a effacé le récit de Charlotte.
Mais je le répète,
quand on le suspendra,
vous pourrez reconstituer son récit souvenir par souvenir.
- Souvenir par souvenir ? - C'est ça.
Ses attentions de sœur,
ses exploits à l'aéronavale...
Jusqu'à sa mission en Iran. Mais là, vous aurez le choix.
Empêcher ou non la vérité de lui laisser des séquelles.
Le traumatisme de sa mission catastrophe pourra être gommé.
Je peux lui mentir ?
Elle me croira ?
Pourquoi lui mentir ?
Pour qu'elle oublie le mal qu'elle pense parfois de moi.
Vous pourriez lui implanter un faux souvenir.
Ça demanderait beaucoup de temps et d'effort.
Les vrais se rallument plus vite, car ils sont déjà là, dormants.
Il vous faudra des accessoires pour raviver sa mémoire.
Des objets qui évoquent sa vie, son enfance.
La mémoire est aussi corporelle, pas juste cérébrale.
Elle se niche dans les parfums d'autrefois,
le sens que l'on confère aux objets de notre enfance.
Ils nous servent de raccourcis
pour stimuler nos neurones.
On a perdu nos parents très jeunes.
Notre tante nous a recueillis. Il reste peu de traces de notre enfance.
Je suis désolé,
mais ce n'est pas seulement une série de zéros et de uns.
Il y a autre chose que les neurones et les axones.
Quelque chose qui tient du mystère...
comme une âme.
Que ni moi ni personne ne pourrons contrôler.
Il peut donc arriver, disons, une fois sur dix,
que ça ne fonctionne pas.
Mais comme son état s'améliore,
il y a des raisons d'espérer.
LE PACTE
Désolé de vous déranger, chef.
Cette dame a signalé une disparition ordinaire,
mais elle insiste pour vous voir.
Cette disparition n'a rien d'ordinaire.
Nom de la personne ?
Orla Kent.
C'est ma sœur.
L'ombre de la chef des Fournitures ?
Je l'ai vue hier au conseil du Silo.
Je lui ai même parlé.
Elle a disparu ?
Elle passe me voir chaque soir après le service. Mais hier, rien.
Elle sera rentrée dormir.
Elle aurait fait porter un message.
Mes parents sont âgés. Ça les inquiète.
On a un accord.
Depuis qu'on est jeunes, on ne s'absente jamais sans explication.
Écoutez, je sais que vous devez régler d'autres problèmes
bien plus cruciaux pour le Silo, mais c'est pas normal.
Je le sens dans mes tripes.
J'ai menti à mes parents.
J'ai dit qu'Orla avait dormi chez moi, cette nuit.
Je veux pas continuer.
À : Carla McLain Fournitures
Merci.
Besoin d'infos sur Orla Kent.
Elle doit contacter sa sœur.
Un apprenti Frankenstein, quoi !
Crnkovich ?
Non, moi. Il m'a demandé de...
faire mon marché dans le cerveau de Charlotte
pour choisir de quoi reconstruire son âme.
Cela dit...
on n'est jamais que la somme de nos souvenirs,
non ?
Faut croire.
J'aimerais aller la voir, si vous êtes d'accord.
Je n'ai pas fait l'armée.
Mais je peux offrir des friandises à une militaire blessée.
D'accord.
Daniel.
Helen.
On vous a présenté Anna Thurman ?
Helen Drew.
Pas dans les règles.
Votre mère a une rhétorique imparable depuis qu'elle vous a recrutée.
Helen et moi, on a eu un date, sans faire exprès.
C'était pas un date.
À votre bureau, j'ai appris, pour votre sœur.
- Je suis... navrée pour elle. - Merci.
Hospitalisée à Walter Reed ?
Non, ils l'ont transférée à la Heidi Stensen Clinic.
Elle a dû bénéficier d'un joli passe-droit.
Je vois mal une pilote se payer ça toute seule.
Sachez que le Dr Crnkovich
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