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Le Sheriff Le juge Fayard dit Le Sheriff 1977 fr
A Commentary by TheSamurai4861

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Published on: 2025-12-14
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The first 200 lines.

Le Sheriff

Allez, allez, la justice n’attend pas, Pichon.

- Ça va, Pichon ? - Oui, votre honneur.

EN GRÈVE

Ouvrez la porte, s’il vous plaît.

Mais c’était un accident du travail.

Cet accident a fait un mort, et c’est le quatrième en quatre ans.

Mais bon sang, je ne suis pas un négrier !

Mon père était mineur.

J’ai commencé avec lui comme pousseur à 14 ans. J’étais ouvrier aussi.

S’il vous plaît.

Allez chercher M. Suster et appelez le bureau des ingénieurs.

Ne bougez pas, ce sera bien mieux pour tout le monde.

M. Camus, à partir de maintenant, tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous.

- Très bien, arrêtez-moi. - Suivez-moi de votre plein gré, s’il vous plaît.

C’est un abus de pouvoir.

Entrez.

Entrez, Fayard.

Vous devez savoir pourquoi je vous ai demandé de passer me voir.

- Non, monsieur le procureur. - Asseyez-vous.

Savez-vous que les cadres de l’usine Camus

s’apprêtent à manifester pour demander la libération de leur directeur ?

Alors... où en êtes-vous du dossier ?

Encore quelques auditions demain. Les cadres de l’usine.

Et vous pensez que l’arrestation de M. Camus est indispensable ?

Au moins jusqu’à l’audition des cadres, oui.

Je veux éviter que leurs déclarations ne soient dictées par leur patron.

C’est un chef d’entreprise, pas un parrain de la mafia.

- Je m’en rends compte, monsieur le procureur. - Asseyez-vous.

Vous avez arrêté un directeur d’entreprise,

un homme important pour la vie économique de la région.

Et puis, rien dans son passé ne justifie des mesures exceptionnelles.

- C’est un homme honnête. - Exceptionnelles...

Je vous demande pardon, monsieur le procureur, mais...

Écoutez, Fayard, ne faites pas semblant de ne pas comprendre.

Si j’ai l’air d’empiéter sur votre terrain, c’est que moi aussi, j’ai des responsabilités.

Le garde des Sceaux a trouvé cette arrestation surprenante.

Le Conseil national du patronat français est intervenu.

Le député Chalabert s’est déplacé en personne.

Bien sûr, c’est votre dossier,

et vous êtes seul juge, mais j’espère que vous avez du solide.

C’est très solide, monsieur le procureur.

C’est le quatrième accident mortel en trois ans à l’usine Camus.

Et puis, tous les rapports de l’inspection du travail

prouvent que, depuis plusieurs années, rien...

Épargnez-moi le catalogue.

Ce que je trouve inacceptable, c’est la garde à vue.

Je ne fais qu’appliquer la loi.

Chaque année en France, trente-six mille personnes sont placées en garde à vue,

et ça ne choque personne, surtout quand ce sont des Nord-Africains

qu’on relâche après six mois faute de preuves, classement sans suite.

Que le dossier soit classé ou non,

vous ne garderez pas M. Camus six mois en prison.

Je te tiens.

Merci.

- Alors, il t’a passé un savon ? - Oui, il a sorti le grand jeu.

Le CNPF, le député Chalabert, le garde des Sceaux...

Tu crois que tu pourras obtenir une mise en examen ?

S’ils veulent que j’arrête, il faudra qu’on me retire le dossier.

Tu as raison. Continue.

Cache-moi.

- Qu’est-ce qu’il y a ? - Non, ne regarde pas, ne regarde pas.

La fille dans la voiture : il ne faut pas qu’elle me voie. Ne regarde pas !

Qu’est-ce que tu as fait à cette fille ?

- C’est grave ? - Très grave.

- On m’espionne. - On t’espionne ?

J’ai dragué une fille affreuse qui m’espionne.

Je te jure que c’est vrai.

- Qui est là ? - C’est moi.

Allez, ouvre la porte.

Maintenant je sais qui tu es. C’est vraiment pas beau.

Michelle... Ouvre, bon sang !

Non, votre honneur. Vous avez un mandat de perquisition ?

Soyons clairs : je compte jusqu’à trois, et je défonce la porte.

Un... deux... trois !

Tu te crois drôle ?

C’est encore plus drôle de dehors.

Je te le ferai un jour, si tu veux.

- Pourquoi tu m’as menti ? - Je t’ai menti ?

Pourquoi tu ne m’as pas dit que tu étais juge d’instruction ?

Oui, je t’ai menti.

Parce que tu comptes pour moi.

Et avec tes idées, évidemment, je suis bien obligée de mentir.

Mais je n’ai pas de place dans ma vie pour quelqu’un qui envoie les gens à la chaise électrique.

Et vous, les profs ? Vous ne bossez pas pour la répression, vous aussi ?

- Tu sors ça d’où ? - Bien sûr que si, bien sûr.

C’est un peu facile, parce que d’abord, tu ne sais pas comment je fais mon boulot.

- Et puis ? - Et puis... - Oui, et puis ?

Et puis j’avais envie de te voir, alors je suis venue, et me voilà. Bonjour.

Non. Lâche-moi.

Ce serait une déclaration, par hasard ?

Le type qui était avec toi. C’était qui ?

Écoute, j’en ai marre.

On devrait vivre ensemble, ce serait plus sympa.

Tu ne crois pas ?

Dernièrement, j’ai pris une décision sérieuse : je vais déménager.

Je vais louer un appart plus grand.

Ce serait idiot que tu n’en profites pas, non ?

Ça ne sert à rien de te déshabiller, ma copine va rentrer.

Eh bien, ta copine n’aura qu’à venir au lit avec nous.

Allez, allez. Il faut que je fasse tout, moi ?

Je fais tout. Je me déshabille. Tu te déshabilles.

Non, arrête. Arrête. Ma copine...

Quoi...? Oh, bon sang ! Ton mari.

Hé ! Y a quelqu’un, là-dedans ?

Merde ! Merde ! Tu vas réveiller tout le quartier.

Je vous fais le plein, messieurs ?

La caisse ! Elle est où, la caisse ?

- Vous voulez un coup de main ? - Elle est où, la caisse ?

Je l’ai. Hé, pas si vite, enfoiré.

- Merci... - Ça s’est bien passé ?

M. Camus ? Je suis du "Courrier du Centre".

- Votre réaction ? - Je n’ai rien à dire.

La chambre d’accusation a décidé de ma libération.

Je retourne à mon poste à l’usine.

Le juge d’instruction qui vous avait fait arrêter a été dessaisi.

Votre avis ?

M. Fayard pensait faire son travail. Ce n’est pas à moi de le juger.

Ses supérieurs l’ont fait.

Je veux juste remercier tous ceux qui m’ont soutenu pendant cette épreuve.

- Comment ça s’est passé en prison ? - Les gardiens ont été plutôt corrects.

Ce n’est pas pire que le service militaire, vous savez.

Ça va, Pichon ?

Allez. Ce n’est pas la première fois qu’on dessaisit un juge.

En tout cas, la démonstration est faite :

un patron n’est plus intouchable désormais. Enfin... un peu moins.

- Tu ne crois pas ? Tu ne crois pas ? - Si, si, bien sûr.

Tu vas te retrouver tout seul.

Je sais ce que je fais et je ne suis pas seul.

Tu crois que les juges rouges du syndicat vont...

Pichon, ne me casse pas les pieds, y a pas de juges rouges.

Il n’y a que des juges qui essaient de... de faire leur boulot.

Alors, votre honneur, c’est fini les mondanités ?

- Retour aux petits voyous ? - Il est où, votre type ?

Là.

On vous a gâté : un pauvre type dans une sale affaire.

Vous êtes Paul Lecourtois, alias Paulo ?

Oui, votre honneur, mais c’était pas moi... j’ai pas fait le coup.

Je n’arrête pas de le dire à monsieur l’inspecteur.

C’était pas vous ? Et ça, c’est quoi ?

Je vous l’ai déjà dit : je suis tombé dans l’escalier chez moi.

Je ne comprends pas ce qu’on me veut, votre honneur.

Les flics sont venus me chercher alors que j’étais tranquillement chez moi.

- Il est où, le témoin ? - Là-bas.

M. Lacaze, vous étiez de service avant-hier, la nuit ?

C’est lui, commissaire, pas besoin de chercher plus loin.

Ce type est dingue.

M. Lacaze, vous êtes certain que cet homme

est celui qui a braqué la station-service l’autre nuit ?

C’est lui, je vous dis. Je mettrais ma tête à couper.

L’autre était grand, brun, avec une moustache.

Ils sont arrivés dans une Peugeot 504 blanche.

J’étais seul, ce qui est normal pour le service de nuit.

Ils m’ont demandé de faire le plein et juste après, ils m’ont braqué.

- C’est lui qui tenait le revolver. - C’était pas moi.

Et merde ! Avant-hier, je bossais de nuit.

Deux collègues vous le diront, ils étaient avec moi.

On vérifiera.

- Vous connaissez un homme qui s’appelle... - Julien Nouvel.

- ... Julien Nouvel, alias Juju ? - Oui, vaguement.

Non, pas vaguement. Vous étiez inséparables.

Avant-hier, la nuit, M. Lacaze a été agressé

par deux hommes dans une Peugeot 504 blanche, une voiture volée.

Une heure plus tard,

la voiture a été retrouvée encastrée dans un arbre avec un mort à l’intérieur : Julien Nouvel.

Oui, Juju est mort, j’ai lu ça dans le journal. Et alors ?

Malheureusement, M. Lacaze vous identifie formellement.

Oui, oui, formellement. Oui, vous pouvez noter “formellement”, mademoiselle.

Mais puisque c’est faux ! Qu’est-ce qu’il me veut ? Me nuire ?

- Vous le regretterez, je vous préviens. - Ça suffit, ça suffit. Pas de menaces.

Emmenez-le.

De toute façon, c’était pas moi. Et je m’en fous : j’ai un alibi.

Hé ! On ne peut rien contre un alibi.

C’est quoi, l’alibi ?

Les deux veilleurs de nuit qui travaillaient à l’usine textile avec Paulo.

- Enfin, c’est ce qu’ils disent. - Donc Paulo est veilleur de nuit ?

Oui. Pour une boîte de sécurité. Le Cerbère.

Mais ne vous laissez pas impressionner : c’est juste des gros bras.

- Le Cerbère. - Oui, monsieur.

Ils gardent des usines, des grands magasins,

mais ils servent aussi de milices patronales, commandos anti-grève,

enfin, des menteurs et compagnie.

- Vous ferez convoquer les deux témoins. - D’accord.

Je plaisantais tout à l’heure, mais je trouve ça dégueulasse qu’on t’ait retiré le dossier Camus.

Certains de tes collègues trouvent ça très bien.

Notre milieu est comme le vôtre :

plein de mauvaises habitudes, un bon coup de balai serait nécessaire.

Eh bien, passe le balai, mon vieux. Passe le balai...

Paulo et moi, on a fait notre ronde de 23 h à minuit,

puis on a joué aux cartes dans la loge jusqu’à 1 h avec Keller.

Ensuite Keller a fait une ronde avec Paulo, et ainsi de suite.

- Donc Paulo n’est jamais parti ? - Si, quand même.

Il a dû aller pisser pendant la partie.

D’accord...

Asseyez-vous, je vous prie.

Je vous ai entendus séparément, tout a l’air de coller,

sauf que vous, M. Cécel, dites que la partie était entre minuit et une heure,

et vous, M. Keller, entre une heure et deux. C’est tout.

Oh non, rappelez-vous : minuit,

juste après ma ronde avec Paulo.

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