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Me voilà rassuré.
Votre esprit n’est pas brisé.
Il est juste délicatement scellé, n’est-ce pas,
Pamela Francis ?
Ne désirez-vous pas vous venger ?
De celle qui vous a infligé cela.
De Constance Grail.
Constance Grail !
Comment va Kimberly, Votre Excellence ?
Elle va bien.
Elle s’est blessée au bras, mais elle sortira sous peu.
Quel soulagement !
Le carnet de comptabilité noire a permis d’arrêter Simon Darkian
pour falsification de documents officiels.
Sa femme, Deborah,
soupçonnée d’être liée au trafic d’humains et à la contrebande d’Eden,
a été envoyée au monastère Rudolph.
Daeg Gallus devrait dorénavant avoir perdu ses plus grands appuis.
Bien le bonjour, mesdames !
Bonjour, Lucia.
Est-ce que tu sors ?
Oui.
Je vais acheter à grignoter pour Abi, qui est très occupée en ce moment.
Sur ce, je vous laisse !
Dire que les Darkian participaient à la contrebande…
Debby n’était pas comme ça, autrefois.
Et sinon, Simon savait-il où se trouve Son Altesse Ulysses ?
Non.
La délégation de Faris quittera la capitale dans quelques jours.
Si nous ne le retrouvons pas d’ici là…
La guerre éclatera…
Quelqu’un possède-t-il un port, parmi les alliés de Daeg Gallus ?
Un port ?
Le ravisseur est un marchand
d’une couleur de peau rare en Adelbide, n’est-ce pas ?
Pourtant, personne ne l’a vu.
Par conséquent,
il doit le cacher là où ses mouvements n’éveilleraient aucun soupçon.
Voilà ce qu’elle vient de dire.
Mais oui… Chiara Grafton !
Il y a une jetée chez elle.
Ah, cette femme !
Elle a aussi un entrepôt qui serait la cachette parfaite.
Je vais aller voir.
Je viens avec vous !
Abi !
Tout va bien ? Rien à signaler ?
Qu’y a-t-il ?
Ça vient de tomber.
Deborah Darkian se serait échappée du monastère.
Êtes-vous en colère parce que je voulais absolument vous suivre ?
Non, je me suis fait une raison.
Je préfère garder un œil sur vous, plutôt que de vous laisser agir seule.
En effet.
Cela dit,
je n’aurai bientôt plus besoin de vous surveiller.
Si on retrouve Son Altesse Ulysses et qu’on tire cette affaire au clair,
vos objectifs seront également atteints.
Par conséquent…
Je ne veux pas l’entendre.
Par conséquent,
je ferai en sorte de rompre nos fiançailles à ce moment-là.
Sans aucun dommage pour vous, bien sûr.
Et vous, qu’allez-vous faire ?
Vous ne vous marierez pas ?
Non.
Je doute de pouvoir rendre heureux quelqu’un.
Quel idiot, celui-là…
Nous en avons pris beaucoup, Mlle Lucia.
En effet. Ça fera sûrement très plaisir à Abi.
Dis donc, toi !
Je vais les récupérer.
Vous êtes…
Si tu hausses la voix, je lui tranche la gorge.
Mlle Lucia…
Laissez-la partir, dame Deborah.
C’est moi que vous voulez, non ?
Ça doit être ici.
C’est étrangement calme.
Je vais aller jeter un œil.
Connie ?
Euh, d’accord.
Courez !
– Ça va ? – Oui.
Connie !
D’où tirent-ils ?
De là-bas !
De ce toit, apparemment.
Ils attendaient en embuscade ?
Il y avait des traces de précipitation. Ils ont été prévenus.
Je vais attirer leur attention. Profitez-en pour fuir.
Scarlett, je te confie Mlle Grail.
Votre Excellence !
Calme-toi !
Tu ne peux rien faire !
Mais il…
Que dois-je faire, Scarlett ?
Ils ne lâchent pas.
J’espère qu’elle a pu s’en tirer saine et sauve.
Voilà qui est étrange.
Je ne me soucie que de sa sécurité, dans une situation pareille.
Dois-je y aller ?
Scarlett ?
Mais je lui ai demandé de…
Ma foi, elle n’est pas du genre à écouter les autres.
Il est là ! Par ici !
Merci.
Je te jure, tu fais une de ces têtes…
Scarlett ? Tu vas bien ?
Évidemment. Pour qui est-ce que tu me prends ?
Quel soulagement !
Votre Excellence !
Est-ce que ça va ?
Je vous ai demandé de fuir.
Espèce d’idiot d’Excellence !
Jamais je ne vous abandonnerais dans une situation pareille !
Espèce de… de…
Espèce d’idiot d’Excellence !
Idiot d’Excellence ?
Oui. Vous êtes un idiot, donc un idiot d’Excellence !
Avez-vous une objection ?
Pourquoi rigolez-vous ?
Pourquoi
pleurez-vous ?
– Parce que j’avais peur. – Il fallait donc fuir.
Mais non ! J’avais peur que vous mouriez !
Vous ne comprenez même pas ça ?
Espèce d’énorme idiot d’Excellence !
Moi aussi,
j’ai eu peur.
Peur de vous perdre.
On est pareils, Connie.
N’allez pas imaginer qu’un sourire suffira à vous faire pardonner.
Si vous me pardonniez…
Si vous me pardonniez…
j’aimerais qu’on affronte la vie ensemble.
Dans ce cas…
je vous pardonne.
Je vous pardonne, moi.
Même si d’autres, ou même les dieux, ne vous pardonnaient pas…
moi, je vous pardonne tout.
Il n’y a donc plus rien qui mérite de vous tracasser.
Si quelqu’un venait à vous le reprocher…
je lui en mettrais une !
Voilà un argument massue.
Vous ne mâchez pas vos mots, parfois.
J’essaierai de faire attention.
Oui, s’il vous plaît.
Ce n’est pas moi qu’il faut haïr, mais Abigail.
Abi n’a rien fait de mal.
Ah oui, c’est vrai qu’elle est toujours juste.
Je ne peux vraiment pas l’encadrer.
Si je lui envoyais ta tête,
je me demande comment cette hypocrite réagirait.
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