The first 189 lines.
J’aimerais bien qu’on ait une discussion entre mecs.
Vas-y, je t’écoute.
Mizuki et toi.
Je croyais que vous sortiez ensemble, mais on dirait que non.
En fait, t’aimes juste jouer les preux chevaliers protecteurs.
Pas touche.
T’es venu me l’arracher des mains, l’autre jour.
Du coup, je préfère demander.
Je peux lui mettre le grappin dessus, M. le chevalier ?
J’ai pas mon mot à dire sur sa vie sentimentale.
Mais toi, c’est carton rouge direct.
Tu peux pas me saquer, ma parole !
J’ai quand même une question.
C’est le chevalier qui parle, là ?
Ou ça venait du cœur ?
Dis, Mizuki…
Oui, Tamami ?
Je trouve que je fais vachement d’efforts.
J’essaie toujours d’être super mimi.
Je mets des vêtements qui plaisent aux garçons.
Et pourtant…
J’ai beau me plier en quatre, j’ai zéro réaction !
Izumi est bouché ou quoi ?
Euh…
Bref, je voulais te demander conseil, vu que tu es un garçon.
Moi ?
En fait…
J’ai l’intention de lui faire ma déclaration.
T’en penses quoi, Mizuki ?
Pourquoi tu me demandes ?
Bah, t’es le chouchou d’Izumi.
« La seule personne qui me saoule pas à la longue, c’est Mizuki. »
Quoi ?
Ah OK, Sano a dit ça !
Une déclaration, hein ?
Ça m’avait même pas effleuré.
Si j’étais une fille normale,
je pourrais sortir avec Sano, ce serait pas impossible.
Sauf que si j’étais une fille normale, on ne serait pas aussi proches.
Je sais pas si j’arriverais à lui faire ma déclaration, comme Tamami.
ÉPISODE 9 TU VAS TE CONTENTER DE ÇA ?
Je me demande ce que Sano pense d’elle.
J’ai plié le ménage, de mon côté.
Pareil. On se prend une pause ?
Ouais.
Vous tombez à pic.
Tu peux me tenir ça ?
Kagurazaka ?
J’ai un date avec une fille que j’ai draguée hier. Gérez Kyômi.
Salut !
Tu parles d’un frangin pourri.
Ah ouais, pas mal !
Kyômi, tu aimes ?
Voui.
Tu connais, ça ?
C’est un canon à eau !
Tu veux essayer ? Allez, je te montre.
Il a beau ronchonner,
il est doué avec les petits.
Tu me fais quoi, Kyômi ?
J’en ai plein le nez, maintenant.
Te marre pas comme une baleine, Mizuki !
Pardon !
Hé, mais c’est Makita !
Salut les gars.
Ben alors, tu fais des courses ?
Ouais, pour le taf.
Au fait, et ta meuf ? Celle de l’an dernier, aux cheveux longs.
Laisse tomber, il change de copine tous les quatre matins.
Sérieux ? Donc c’est fini ?
C’est pas glorieux.
Ouais, mais je vise mieux, cette année.
Ah ouais, t’as une nouvelle cible ?
Ouais.
– La pauvre, je la plains. – T’as vraiment pas de face, mec.
L’ordure…
C’est froid !
T’es coriace, la gamine !
Hé !
Quoi ? Sano ?
Espèce de débile. T’as fait un malaise, l’autre jour.
Chope pas froid, en plus.
L’eau rend ton t-shirt transparent.
Il fait grand soleil, aujourd’hui.
Je veux pas d’excuse.
Pas besoin d’être désagréable.
Ouais, bien dit !
Garde la serviette et va te sécher !
Même ma culotte est trempée.
Sano avait raison, je vais m’enrhumer.
Sano, tu es là ?
L’ampoule du couloir du 1er…
Mizuki ?
Catastrophe… Je suis repérée !
Mizuki, tu…
Mme Io, pitié !
Ne dites rien aux autres !
Je vous en supplie.
Commence par enfiler quelque chose.
On ne peut pas discuter, là.
Et j’aimerais qu’on parle.
D’accord.
Incroyable.
Donc tu es venue des États-Unis pour courir après Sano ?
Et tu mens à tout le monde ?
Ce qui est fou, c’est que personne ne t’a démasquée.
Pas tout à fait. Le Dr Umeda sait, mais il garde mon secret.
Et puis…
Je cache toujours ma poitrine avec mes combinaisons.
Ah, d’accord.
C’est à cause de ça que tu étouffais, l’autre jour.
Je ne te dis pas bravo.
Tes parents doivent déjà être inquiets parce que tu es à l’étranger,
imagine s’ils savaient que tu es dans un lycée pour garçons !
Je réalise bien…
Mais malgré tout, je veux rester aux côtés de Sano.
Je ne changerai pas d’avis.
Bien dit !
À l’instant, c’était mon cœur de maman qui parlait.
Mon cœur de femme, lui…
Il t’encourage !
Qu’une femme aille aussi loin pour lui… C’est un chanceux, ce mec.
Donc vous ne direz rien ?
Bien sûr que non, nunuche !
Si tu as un souci, n’hésite pas ! Viens voir ta grande sœur Io.
La seule fleur s’épanouissant dans une prairie masculine !
Ah ! Quelle délicieuse situation !
Je donnerais cher pour être à ta place.
C’est le rêve de toute jeune fille, ce jardin des délices !
Ah, j’oubliais.
C’est la sœur du Dr Umeda.
Blague à part, Mizuki.
Oui ?
Tu es une fille, tu ne dois pas l’oublier.
Tu as beau te déguiser en garçon et donner le change,
tu restes une fille au milieu de garçons, il y a des risques.
Et puis…
Ça ne peut pas durer éternellement, si ?
Ça ne peut pas durer ?
Eh oui !
Tu vas prendre de la poitrine, ta veste ne la cachera pas toujours.
Tu as réussi à noyer le poisson jusqu’ici, mais bon.
Et tu aimes Sano, n’est-ce pas ?
Raison de plus pour réfléchir.
Tu vas te contenter de ça ?
Sano. Tu dors ?
Non.
Dis…
Je ressemble à une fille ?
Quoi ? C’est Makita qui t’a dit ça ?
Mais non.
Pourquoi il revient encore sur le tapis ?
Je voulais juste savoir…
Tu vas te contenter de ça ?
Non, rien. Oublie. Pardon.
Bonne nuit.
T’es encore en train de te faire des nœuds au cerveau.
Tu es toi, point.
Si tu te mettais à faire du Nakatsu, ce serait glauque.
Tu me veux quoi, face de raie ? Gare à ta gueule !
Tu vois ? Allez, dors.
On a du boulot, demain.
Tu sais, Sano…
Je me disais que la situation actuelle m’allait.
Tant que je suis à tes côtés, ça me va.
Mais si ça ne peut pas durer, alors…
Je sais pas quoi faire.
Je vais pas faire un esclandre, hein,
mais pourquoi on écosse des pois avec l’autre pélot ?
J’en sais rien.
Kagurazaka,
t’avais pas un rencard, hier ? Ça a donné quoi ?
Le lance pas là-dessus, il s’est fait jeter.
Tamami !
T’es une bonne petite, Kyômi !
– Tu nous aides bien. – Oui.
C’est vrai. Kyômi est un trésor.
Moi aussi, je vais aider !
Sano, t’es sûr de pouvoir te payer le luxe d’avoir l’air si serein ?
De quoi tu parles ?
Ashiya et l’autre faux jeton de Makita se sont barrés.
Ils sont partis en caisse.
Et ?
Y a de quoi s’inquiéter, non ?
Ils font les courses, y a rien de mortel.
Bah…
C’est pas grand, une voiture… On est vite les uns sur les autres.
Ils en mettent du temps, tous les deux.
Ça va être l’heure de préparer le dîner.
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