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Le rôle de ma fiancée et méchante autoproclamée,
la marquise Bertia, consiste à…
… me faire ridiculiser à la cérémonie de fin d’année !
Affirme-t-elle. Dans sa vie précédente,
elle aurait joué à un « jeu de drague » se déroulant dans ce monde.
Elle souhaite donc m’accointer avec l’héroïne de ce jeu,
comme dans le scénario, afin de garantir mon bonheur.
J’ai cependant déjoué chacune de ses tentatives
et l’ai persuadée de ne pas s’éloigner de moi.
Ainsi, nous avons coulé des jours heureux.
Et aujourd’hui, nous voici à la cérémonie de fin d’année.
C’est le jour où, selon elle,
je révélerai les crimes de Bertia devant tous les élèves de l’académie,
causerai sa débâcle…
et finirai en couple avec l’héroïne, heureux.
La remise des diplômes de l’académie Halm va maintenant commencer.
Pour commencer, quelques mots de la part de Sa Majesté.
Jeunes filles et jeunes hommes, félicitations.
Mettez à profit ce que vous avez appris et montrez-nous vos talents avec fierté.
J’ai hâte de voir ce que vous deviendrez.
Ensuite, quelques mots du représentant des diplômés,
Son Altesse Cecil Glo Alphasta. C’est un honneur.
Merci d’être réunis ici en ce jour pour nous autres diplômés.
Si nous avons pu finir notre cursus sans encombres, c’est grâce à Sa Majesté,
ainsi qu’à nos chers professeurs et nos précieuses familles
qui ont veillé sur notre quotidien.
Désormais, nous nous consacrerons à notre pays,
et en tant que prince héritier,
je ferai tout mon possible pour devenir un bon roi.
Vive l’académie Halm, et vive le royaume d’Alphasta !
Vive l’académie Halm !
Vive le royaume d’Alphasta !
AN OBSERVATION LOG OF MY FIANCEE WHO CALLS HERSELF A VILLAINESS
8e RAPPORT : LA GRANDE DÉBÂCLE ET LA MÉCHANTE AUTOPROCLAMÉE.
Notre fils a bien grandi.
Oui, tout à fait.
Cela dit, j’aurais préféré qu’il soit un peu plus direct.
Je ne peux pas m’empêcher
de me sentir nerveuse quant au déroulement de cette cérémonie.
Je dois reconnaître que ses manigances me surprennent aussi.
Mais le connaissant, tout devrait bien finir.
Peut-être bien,
mais je m’inquiète pour Bertia. Elle va tomber des nues…
Vous avez raison, Votre Majesté !
Malgré les apparences, ma chère Bertia est très sensible…
Ah… L’inquiétude me ronge !
Du calme, Douglas… Vous avez accepté de jouer le jeu, hein.
Quant à la fameuse demoiselle…
ce serait donc elle ?
Pourquoi personne n’a voulu m’accompagner ?
J’ai dû jouer des coudes dans la foule !
Ensuite, la passation du conseil des élèves.
Je demande au président actuel, Son Altesse Cecil Glo Alphasta,
et à son successeur, Courtgain Deles Vladir, de s’avancer.
Oui.
Moi, Cecil Glo Alphasta,
je confie la direction du conseil
à Courtgain Deles Vladir, mon successeur.
J’accepte cet honneur avec respect.
Votre Altesse, merci pour tout votre travail.
Désormais, nous reprenons le flambeau. Nous jurons de vous faire honneur.
Merci beaucoup.
– Tout est prêt ? – Comme prévu.
Bien, j’aimerais en profiter pour faire une annonce supplémentaire.
Ne prenez pas cet air enthousiaste. Vous risquez d’être déçue.
Dame Bertia Ibil Noches. Pouvez-vous me rejoindre ?
Dame Bertia !
Tout… tout va bien !
Je vois. Elle était si concentrée pour cacher sa nervosité
qu’elle a marché sur le bas de sa robe…
Je suis Be… Bertia Ibil Noches. C’est un honneur.
Maintenant qu’on y est, faites-le bien ! Soyez ferme et direct !
… doit-elle se dire.
Moi-même, je me sens étrangement nerveux.
C’est un tournant critique de ma vie.
Dame Bertia Ibil Noches. Vous avez commis un terrible crime…
De… de quoi parlez-vous ?
Tia, ne me coupez pas la parole. Ça m’arrangerait…
Je n’ai commis aucun crime !
Si. Vous avez commis un crime extrêmement grave.
Celui d’être née deux années après moi.
De ce fait, je devrai attendre deux ans que vous finissiez vos études
avant de pouvoir vivre avec vous.
C’est un terrible crime.
Afin de l’expier,
j’aimerais que dans deux ans, vous deveniez ma femme.
Cette bague scellera notre promesse.
Qu’est-ce que ça signifie ?
Montrez-moi votre main. Vous n’avez pas à être gênée.
Mais… ma débâcle… Il faut… me rabattre le caquet…
Je pense qu’il a bien été rabattu, là.
On pourrait presque dire qu’elle a accompli sa mission.
Ma débâcle !
À vous qui nous avez accompagnés
et avez veillé sur nous durant ces années, je vous le promets :
dans deux ans, nous nous marierons
et guiderons ensemble ce royaume !
Je m’y oppose !
Et voilà, comme prévu.
Baronne Heronia Inderon, vous êtes une belle imbécile.
Et pour quelle raison, dites-moi ?
Cette femme, Bertia… Elle vous manipule !
Elle abuse de son statut social,
et a persécuté de nombreux élèves, moi incluse !
Pas plus tard qu’hier, elle a essayé de me pousser dans les escaliers !
Hier ? Vous avez bien dit hier ?
Euh, oui…
En tant que fiancée du prince héritier de ce royaume,
elle est constamment observée, durant la journée.
Hier, elle a passé la soirée avec moi. Après le dîner,
comme elle se sentait malade, je l’ai raccompagnée au dortoir.
J’ai même demandé à la surveillante de me tenir au courant.
Elle m’a rapporté qu’elle se reposait et n’avait pas quitté sa chambre.
Dans ce cas, elle a dû demander à quelqu’un de me…
Ce n’était donc pas Bertia.
Afin de laver notre honneur, j’enquêterai à ce sujet.
Pouvez-vous me dire qui vous a poussée ?
Je ne suis pas sûre…
Vous ne savez pas ?
Pourquoi accusez-vous Bertia, alors ?
Mais tant qu’à faire, parlez-moi de ces persécutions.
Avez-vous des preuves ?
Je ne suis pas la seule à en avoir fait les frais !
Avec moi ! Tous !
Je ne vois personne d’autre.
C’est impossible !
Vous m’avez souvent dit qu’elle vous avait causé du tort !
Ce n’est pas très surprenant.
Accuser la fiancée du prince héritier devant tout le monde,
c’est mettre en péril son statut.
J’ai aperçu quelques demoiselles détourner les yeux avec dédain,
mais je devine
qu’elles ne faisaient que s’en plaindre pour alimenter leurs commérages.
Mais enfin, pourquoi ? Vous avez pourtant tant souffert…
Bon, sur ce…
Vous annulez votre objection, n’est-ce pas ?
Non !
J’aurais préféré éviter de révéler ceci en public…
Je n’ai pas rêvé. Elle l’a sorti de son jupon.
L’absence de sac ne justifie pas de le ranger dans un endroit indécent !
Votre Altesse, tenez.
Je ne veux pas le toucher…
Je vais le prendre.
Tenez.
Je vois, oui.
– Zeno. – Oui.
Comme prévu, il s’agit d’informations sur le marquis Noches.
Je savais déjà qu’elle menait sa petite enquête.
Mon père…
C’est ce que Tia souhaitait.
Cela dit, même en y étant préparé, il est naturel d’avoir peur
de perdre quelqu’un qui nous est cher.
Pour ma part…
désolé, mais j’avoue apprécier cette situation.
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