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MILLIONNAIRES D'UN JOUR
Sous-titres par: Pierre Janssen 25-09-2020.
Voyons voir, l'affaire Jules Flamand contre Philippe Dubreuil.
Dubreuil, vous êtes accusé d' abus de confiance...
à l'encontre de M. Jules Flamand et d'avoir causé un préjudice moral et
un dommage subi à cause du grand quotidien "Reflay du Monde".
Monsieur Dubreuil, que répondez-vous?
Monsieur le président...
Je vous assure que... en réalité... je suis aussi une victime...
Et surtout une victime d'amour.
Voici comment ça s'est passé: comme
journaliste pour le journal "Reflay du Monde",
un soir je suis resté dans un des bureaux de l'imprimerie.
Je travaillais comme d'habitude à cette heure-là et
pensais à un article très élégant.
Une jeune rédactrice, Sylvia, dont j'étais amoureux...
est entrée et a brutalement interrompu mes pensées.
Entrez! Oh! Et moi... je travaille.
Les affaires pénales ne vous inspirent pas! - Hélas...
Soyons sérieux. Je reviens de la Loterie Nationale.
Voici mes notes et la liste des numéros gagnants.
Tu peux tout réécrire? - Bien sûr.
Je suis pressé. - Tu m'aides!
Et je pensais que tu revenais pour moi...
Idiot! - Tu sais trouver des mots touchants...
Au revoir! - Au revoir...
Lorsqu'elle partit, j'ai jeté un œil à la liste des numéros gagnants.
Ce jour-là, j'avais seulement acheté un dixième de billet, et le numéro en haut de la liste,
celui qui a remporté le gros lot, ressemblait beaucoup au mien.
Je vérifiai mon ticket et j'eus l'impression que mon cœur se gelait.
Mon dixième de billet était le 022-056.
Hélas, le gagnant avait le 022-059.
Déprimé et découragé, je commençai à copier la liste.
Je pensais: si ce chiffre fatal avait été inversé,
toute ma vie aurait changé,
et ma vie, en réalité,
probablement aussi ma chance aurait apporté beaucoup de bien.
Je rêvais... et je rêvais encore
et je fis quand même une liste avec...
le numéro de mon ticket pour le gros lot.
Et j'ai porté la liste à l'imprimerie pour publication dans le journal du matin.
Le lendemain matin, quand je remarquai mon erreur,
il était déjà trop tard et je ne pouvais rien changer.
D'une manière ou d'une autre, vous avez trompé des gens,
et c'est une bêtise.
Que ce soit par frivolité ou non, il y a eu des victimes!
Des billets ont été vendus et plusieurs personnes ont été trompées.
Avez-vous réfléchi aux conséquences, jeune homme?
La première conséquence, je peux vous la montrer, monsieur le président.
Mme Sylvia Dubreuil est ma femme.
La charmante rédactrice dont je vous ai parlé.
Deuxième conséquence. M. Jules Flamand m'a licencié, comme je m'y attendais.
Assez!
Nous allons maintenant entendre les témoins.
Les victimes!
Appelez le premier témoin!
M. Antoine Bergas.
M. Antoine Bergas?
C'est moi. - Suivez-moi!
Mais comment... et moi... - Pas maintenant!
Bonjour, entreprise honnête!
Silence!
Pourquoi le deuxième témoin entre-t-il?
Chassez-le!
Monsieur le juge, c'est mon ami. Nous sommes toujours ensemble.
Allez là-bas. - Dois-je aller au comptoir?
Au comptoir! Ici ce n'est pas un bistrot.
C'est dommage... - Votre chapeau.
Donnez votre prénom, nom et profession!
Bergas, Antoine-Fernand-Hippolyte.
Profession. - Quelle...
En avez-vous d'autres?
Oh oui, selon la saison...
Et aussi par inspiration... vous comprenez, président?
Appelez-moi "monsieur le président".
D'accord, monsieur le président.
Ça ne sert à rien. Jurez-vous de dire la vérité,
seulement la vérité et rien que la vérité?
Levez la main et jurez. - D'accord... Oh, pardon!
Je jure.
Je vous écoute. - Mais je n'ai rien dit.
Alors, dites-le! - Quoi?
Que savez-vous? - Je suis innocent.
Vous n'êtes pas accusé, mais témoin. - Je n'ai rien vu, je n'étais pas là!
Mais vous avez bu?
Eh bien, c'est vrai.
Imaginez, aujourd'hui c'est la fête de Jules.
Et Julot, c'est un gardien de rivière... Vous comprenez.
Et fête est fête.
Oui, mais pas pour ça.
Vous êtes un plaignant contre M. Jules Flamand.
Un autre Jules? - Bravo.
Félicitations, Jules.
Assez, assez, ça suffit! - Ce n'est pas le moment.
Vous souvenez-vous de la lettre de protestation que vous m'avez écrite?
Avec votre ami marin, il y a six mois.
Vous? Je ne vous connais pas.
Eh bien, dans mon journal... "Reflet du Monde".
Cette histoire de loterie? - Exact.
Alors tu m'as appelé pour ce destin.
Monsieur le président, je pense que nous pouvons gagner du temps.
Appelons tout de suite le client suivant.
Peut-être... Appelez le prochain témoin!
Hé, matelot!
Viens au comptoir!
Oh, matelot - au rayonnage, comme au gouvernail.
Hé Jules, tu connais cet endroit?
Pas de plaisanteries, s'il vous plaît!
Oh, monsieur le président, je pensais que vous le faisiez exprès pour rire!
Ça suffit maintenant, asseyez-vous!
Non, non, non, pas ensemble!
Vous vous asseyez et le matelot reste au comptoir.
J'espère que ça ira plus vite maintenant.
Jurez-vous de dire la vérité, toute la vérité
et rien que la vérité? Levez la main et jurez-le.
Klya... Klya... - Vous bégayez?
Oh non.
Tant mieux.
Ce ne sont que des nerfs, monsieur le président.
Oui, et il est timide. Et par peur, il ne peut pas parler.
Ça... ça... Lui, ça... ainsi...
Ok, retour au comptoir!
Qu'est-ce qui t'a pris?
Il ne va pas te dévorer!
Voyez, monsieur le président, comme il est inquiet?
Et pourtant... - Quoi?
Rien... rien...
Ma patience s'épuise! Allez-vous me raconter votre histoire ou pas?
Drôles de types!
Bon, je t'écoute.
Alors, monsieur le président...
À ce moment-là, j'étais en train d'ouvrir les portes...
Je travaillais dans des quartiers chics...
Hé, toi là-bas!
Quoi, moi!
Bonjour, entreprise honnête!
Quoi, pas un sou? Tu comptes sur la générosité de quelqu'un?
Eh bien, il n'y a encore rien...
Hé, et si tu me donnais encore un verre de rhum?
Combien je te dois alors?
Tu as déjà assez bu.
Assez bu, assez bu. Comment pourrais-je oublier cette vie de chien autrement?
Verse un peu de rhum... j'ai soif.
Vieil homme, dis-lui de servir!
Ce n'est pas bien de boire ainsi.
Que vas-tu faire de ton foie, hein?
Mon foie ne te regarde pas.
Allez, un petit verre de rhum, mec. - Non, je te l'ai dit.
Peut-être que je me suiciderai ce soir!
Et tu refuses le dernier verre pour mon suicide.
Je l'ai déjà entendu. Tu me prends pour un idiot?
Tu veux te suicider?
Je le fais depuis un an déjà.
Je me tue en secret si je bois toutes sortes de cochonneries...
Fais-le ailleurs.
Ne me parle pas ainsi! Avec un client comme moi...
J'exige des excuses!
Bon... voilà... oui...
Si tu me fais ça... je vais vraiment me suicider...
Tu vas vraiment te donner la mort? - Euh, oui...
Très bien! - Pourquoi?
J'en ai assez d'ouvrir ces portes...
La vie est belle après tout...
Et tu oses en parler à un neurasthénique?
Qui est ce neurasthénique? Toi? - Oui, monsieur.
Je suis un névrosé. Pourquoi le serais-je soudainement?
Donc tu trouves la vie belle?
Oui, et comment!
Alors pourquoi es-tu ivre? - Aujourd'hui c'est samedi!
Aujourd'hui ce n'est pas samedi, mais dimanche.
Déjà? Waouh...
Et tu bois seul, tout seul? - Oui.
Quoi, t'es fou? - Pourquoi?
Parce que c'est mauvais de s'enivrer seul! Tu t'empoisonnes?
Tu me plais.
Alors tu peux m'acheter un verre de rhum?
Tu es un vrai ami?
Oui, moi?
Allez, patron! Deux petits verres de rhum, bien remplis?
Que fais-tu quand tu ne bois pas?
Je suis matelot.
Tu as vu beaucoup de pays... - Bien sûr.
De Paris à Rouen, il n'y a aucun secret pour moi en France.
Je suis ouvrier fluvial...
Alors, à la santé des ouvriers fluviaux. Aux ouvriers fluviaux.
Je transporte des briques. - Des pierres?
En général, la vie est belle! - Tu m'étonnes par ton optimisme!
Pourquoi? - Oui, car je n'ai jamais eu de chance.
Alors prenez une décision, messieurs. Testez votre chance!
Je ne gagne même pas à la loterie!
Tu achètes souvent des billets? - Jamais.
Bien... - C'est terrible, oui!
Pour gagner à la loterie, il faut acheter un billet.
Pour acheter un billet, il faut de l'argent!
Alors prenez une décision, messieurs!
Allez, pas de blagues!
Nous en achetons chacun un!
Désolé, mon ami, j'ai oublié d'aller à la banque.
Peu importe, je paie.
Faites votre choix, messieurs. Faites votre choix, voici les billets gagnants.
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