Mistari 200 ya kwanza.
Je pouvais m'exprimer grâce au cinéma,
mais personne ne fait de films là d'où je viens.
L'industrie se trouvait en Californie. Alors, j'y suis allé.
J'avais la vingtaine bien tassée quand je suis parti pour Hollywood.
Jeune, Marty n'en démordait pas,
il était déterminé à y faire son trou.
Ça l'obsédait. Il avait décidé d'y percer,
quitte à en mourir.
Ça le rendait parfois désagréable.
Je pensais m'installer
à Los Angeles, en Californie, à Hollywood.
Mais ce milieu me rejetait.
J'en étais exclu.
Je voulais travailler avec certaines personnes,
mais elles refusaient.
Certains thèmes...
SCÉNARISTE ET AMI
...reviennent souvent. Desquels s'agit-il ?
Les gens qui réussissent contre toute attente.
Une fois de plus, Wall Street n'a fait qu'une bouchée de moi.
Qu'il s'agisse d'un drogué qui flambe à la bourse,
Le Loup de Wall Street.
D'un gangster qui veut percer.
De l'enfant dans Kundun.
Tous réussissent alors que rien ne le laissait prévoir.
- Devenez mon agent. - Non.
Dis au revoir à ton père.
Ils sont prêts à tout pour réussir.
Ça parle de lui.
C'est lui, l'inconnu qui veut devenir réalisateur.
Voilà.
Quel prix a-t-il payé, socialement et personnellement,
pour sa carrière de réalisateur ?
Je l'ignore. Mais il y a toujours un prix à payer.
2. "FILMER TANT, CE N'EST PAS SAIN"
À terre, et fissa.
J'ai filmé Bertha Boxcar à l'automne 1971.
J'ai dit : "À terre."
J'ai montré le film à des amis proches,
mais il ne leur a pas plu.
J'étais devenu pestiféré.
Je l'ai montré à Cassavetes, il était stupéfait.
RÉALISATEUR
"Tu devrais faire autre chose."
Alors, Marty a renoncé à I Escaped from Devil's Island.
Il a préféré réaliser un film qui lui tenait à cœur.
On pourrait développer mes personnages.
Leurs côtés sombres.
"Et si je pouvais raconter une histoire en repoussant les limites ?"
Marty était tourmenté.
Pour lui, le cinéma, c'était...
RÉALISATEUR
...une façon d'évacuer tout ça. De se purger.
En 1972, j'ai tenté de développer Mean Streets.
Mean Streets était...
Dans les limbes.
MEAN STREETS - SCÉNARIO ORIGINAL
Ce n'était pas vraiment un film, plutôt une représentation
de mes amis et moi, de notre univers.
Ma femme, Verna, a présenté Marty à un mec
qui a financé Mean Streets, Jon Taplin.
Il avait arrêté ses études
pour suivre Janis Joplin and The Band en tournée.
Il avait un ami riche...
...qui voulait financer un film indépendant.
Mais Marty avait besoin d'un acteur connu.
Il avait un ami
intéressé par ce rôle, Bruce Dern.
L'agent de Bruce lui a dit : "Jamais de la vie.
C'est un film indépendant. C'est un bide assuré."
Seul John Cassavetes réalisait des films indépendants.
Le reste, c'était du porno.
Marty devait trouver un acteur.
Ma femme, Verna, jouait dans une pièce
avec un jeune acteur formidable.
Elle a dit : "Tu dois le rencontrer."
J'ai demandé : "Qui ?"
J'avais joué
dans quelques films,
dont Greetings et Hi, Mom!, de De Palma.
On a organisé une fête dans notre appartement.
Un acteur, un réalisateur, ils devraient s'entendre.
Marty était fidèle à lui-même.
Il plaisantait. Bob était assis dans un coin
et observait Marty.
On sentait qu'il se passait un truc entre eux.
On était dans le salon, après le dîner,
et De Niro m'a dévisagé et a dit :
"Je sais que tu traînais avec Curti."
Robert Uricola. "Et aussi avec Joey."
Je lui ai demandé comment il savait ça.
Il a répondu : "Je suis Bobby, de Grand Street."
Il semblait différent.
J'ai dit : "Incroyable, c'est toi !"
Tu t'occupes des deux ? Madonna...
Tu t'en occupes ? Il y aura des conséquences.
Tu sais comment t'y prendre ?
Tu t'approches, et une balle dans la tête.
On l'appelait "Bobby the Hat".
Il avait plein de chapeaux. Il en portait toujours.
AMI D'ENFANCE
On est devenus amis. On traînait ensemble.
C'est intéressant, car vous étiez fils d'artistes.
Mais j'ai fini par traîner
avec ces types quand j'étais adolescent.
Je traînais avec eux, rien de plus.
Curti, on était de l'autre côté de la rue,
tu t'asseyais sur la rambarde.
On était souvent fourrés à l'Alto Knights.
L'Alto Knights est là-bas.
C'était un club à l'angle de Kenmare et Mulberry.
C'était notre territoire.
Votre territoire à vous ?
Non, c'est une expression.
- D'accord. - C'est tout.
On jouait aux cartes.
- Avec le jukebox à fond. - Oui.
On jouait au billard...
On a traîné là-bas deux ans.
Oui, c'est long.
Tu t'es battu avec Frank Pisano à la salle de billard.
- On s'est battus à Kingston... - Oui.
- Et... - À la salle.
Plein de mecs sont sortis de nulle part.
On a dit : "Bobby, laisse tomber, ils sont trop nombreux."
Ils avaient des battes, alors on a filé.
Je n'étais pas loin de chez Marty. Robert était un ami commun.
Il traînait avec nous et avec les potes de Marty, alors...
Je connaissais Marty. Enfin, on se connaissait de vue.
Il connaissait tous les gens...
- Oui. - ...de ce film.
Lors du tournage, Marty m'a dit s'être inspiré de Sally Gaga.
Bon sang.
Le frère de Robert Uricola ?
Oui.
- Votre frère, Sally... - Oui.
...c'était un sacré numéro.
Oui, il a joué un rôle important dans Mean Streets.
Johnny Boy s'inspire de lui.
Sarah Klein, c'est ça ?
Sarah Klein, voici Tony.
- Et toi, tu t'appelles ? - Heather.
Heather Weintraub, pas vrai ?
Johnny Boy est basé sur mon oncle
et sur un autre jeune qu'on connaissait.
Mais il était remarquable.
Son attitude était remarquable.
Je voudrais laisser ça au vestiaire.
Mais je garde...
C'est un adolescent rebelle.
Cravate neuve, une chemise. Elle te plaît ?
Faut pas flamber quand t'es endetté.
Tu devrais pas.
- Quoi ? - T'as combien ?
Charlie, je le paierai la semaine prochaine.
Te bile pas.
C'est presque une satire.
- C'est quoi ? - Quoi ?
- Ça ? - Quoi ?
À ton avis ?
Quoi ?
- Ça sort d'où ? - Quoi ?
- Ça sort d'où ? - D'où ?
- Ça ? - Quoi ?
Il jouait les cow-boys.
Il était imprévisible.
Il se demandait pas s'il fallait obéir.
Il y a des règles, mais...
il était pas du genre à les respecter.
Il avait fait un choix de vie...
- Johnny ! - ...et s'y tenait.
C'est moi, Charlie !
Regarde. Je vais dégommer la lumière de l'Empire State Building.
Arrête, imbécile. C'est moi !
On appréciait cette rébellion.
Pour moi, c'était impensable.
Je ne savais que me réfugier à l'église.
- Il s'est tiré... - Oui.
...de situations inextricables.
- Allez. - Me touche pas, sac à merde.
J'adore Sally. On avait un pigeonnier sur Elizabeth Street.
AMI D'ENFANCE
Un type en avait un sur Mott Street.
Un mafieux.
Sally Gaga a collé un pétard à un pigeon.
Il l'a lâché. Le pigeon a explosé en vol.
Putain...
Incroyable qu'il ait survécu.
PAS DE JEUX D'ARGENT
On dit que c'est vraiment arrivé.
- J'aimerais le rencontrer. - Je peux l'appeler.
Oh, il n'est pas mort ?
- Salvatore ? - Salut.
Tu vas devenir célèbre.
Ils veulent te rencontrer.
La réalisatrice, Rebecca Miller, elle veut te parler.
À quel sujet ?
Quoi ?
Qu'est-ce qu'elle me veut ?
Ce qu'elle te veut ?
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