Mistari 200 ya kwanza.
Erika !
Rentre les cochons dans la porcherie !
Erika, les cochons !
Rentre ces cochons, enfin !
Vous pouvez y aller.
Berta ?
Fripouilles !
Gare à vous !
Dépêche-toi, ils sont tous là.
C'est pour moi ?
C'est Mère qui l'a choisie pour toi.
Pour le jour des défunts.
Allez, habille-toi !
Je dois faire quoi ?
Fais comme les autres.
Dieu saint et éternel,
aujourd'hui nous nous souvenons de nos défunts
que Vous avez rappelés à Vous
et nous nous souvenons
qu'un jour, nous aussi, nous allons mourir.
Mère a encore son hoquet. Son estomac n'en fait qu'à sa tête.
Tous l'entendent dans le silence,
mais ils font semblant de ne pas remarquer.
Un clignement signifie : je t'aime.
Deux clignements : je t'aime très fort.
Entre nous, on compte à qui Mère envoie le plus de clins d'il.
C'est généralement Hedda qui gagne.
Parce que c'est notre petite infirme.
Que Ton règne vienne
que Ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel
Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien
Pardonne-nous nos péchés
comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous induis point dans la tentation,
mais délivre-nous du malin...
Alors ?
Tu penses que l'an prochain ta photo sera sur le buffet aussi ?
J'ai pas peur.
- Inutile d'avoir peur de la mort. - Non.
J'ai pas peur.
Mais j'irai pas dans une boîte, je vous le dis.
Qui sait...
ce qui s'y passe, ce qu'on subit.
Personne peut dire
ce qu'on ressent, ce qu'on fait de nous.
Je les ai tous vus mourir.
Je leur ai tous survécu.
À ta mère aussi.
- À ma Fanni. - Je sais bien, je sais bien.
Au revoir.
Passe-lui un sac sur la tête, à Trudi,
et honore la patrie.
On dirait Mère.
C'est Mère.
C'est qui, la fillette ?
Alma.
C'est pas vrai !
Si.
C'est Alma.
C'est moi, Alma !
Elle te ressemble.
Si ça se trouve, son esprit est entré en toi.
T'es peut-être pas toi, mais elle.
Moi, je crois qu'elle dort. Elle n'a pas l'air morte.
Ils ont cru qu'elle était morte et l'ont enterrée vivante.
Elle a volé de la betterave à sucre à la cave.
Et maintenant, elle la boulotte dans son cercueil.
À quel âge elle est morte ?
À sept ans.
Pourquoi si tôt ?
Je sais pas.
Elle était souffreteuse.
Et puis un jour,
elle ne s'est plus réveillée.
Lia ?
Comment ça, elle s'est plus réveillée ?
Dors, Alma.
Il se passe quoi, quand on est mort ?
Rien.
C'était un cauchemar.
Maman ?
Dis-moi.
- C'est vraiment bizarre. - Quoi donc ?
Quand je fixe une poignée de porte,
je sais exactement le goût qu'elle a,
alors que j'en ai jamais léché aucune.
Je trouve ça bizarre.
C'est sûrement parce que bébé, tu mettais tout dans la bouche.
Des mégots ramassés par terre, des crottes de chien...
- C'est pas vrai ! - Si !
Comment j'aurais pu attraper la poignée, j'étais bébé !
Il faut dormir.
Tu as commandé les bennes ?
Merde.
J'ai oublié de rappeler.
Commande cette fois deux petites, au lieu d'une grande.
Et fais-les déposer sous la fenêtre.
On y balancera les gravats, directement.
C'était qui ?
Cette fille,
en bas de la rue.
C'est la fille de...
attends...
Sa mère est morte.
C'est chaud.
Pousse-toi, Nelly, c'est lourd.
Attends, comme ça.
Je t'ai eue !
Maintenant, couvre l'il droit.
- Comme ça ? - C'est ça.
Fixe la croix avec ton il gauche.
Et maintenant, avance-toi lentement.
Lorsque tu vois plus le O, tu as trouvé ton point aveugle.
- Ça a marché ? - Il avait disparu, incroyable !
- Disparu, comme ça ? - C'est littéralement le point aveugle.
- D'après l'opticien. - Tu veux essayer ?
- Drôle de phénomène. - Je fais comment, l'il gauche ?
Ferme cet il et ensuite... attends !
- Comme ça ? - Montre les lunettes que t'as choisies.
Y a rien qui disparaît !
Parce que tu t'y prends mal. Je t'explique plus tard.
Très chic.
C'est dingue quand même,
en réalité le monde est à l'envers.
C'est l'opticien qui le dit.
Le cerveau remet tout à l'endroit
avant que ça arrive à la caboche.
Pas sûr que ça marche pour tout le monde.
On voit ce que ça donne chez toi.
Vas-y.
Donne !
- Tu fais quoi ? - Essaie toujours !
Fais pas cette tête, y a pire que de porter des lunettes.
T'as remercié oncle Uwe de t'avoir amenée ?
Inutile, c'était un plaisir.
Ça suffit, assieds-toi.
C'est quoi ?
Montre un peu, ces lunettes !
Très chic.
C'est de la tarte au sucre ?
- Donne-m'en un morceau. - Entre plutôt.
Angelika...
Dis, Uwe,
j'ai un problème avec les vérins.
C'est quoi encore ?
Tu peux venir jeter un il ?
Tu mets des miettes partout !
Développe jusqu'aux cuisses.
Rainer, allez !
La pause est devant toi.
Plus que deux semaines.
C'est faisable.
T'as intérêt.
Les autres ne dorment pas.
Avec un peu de dynamisme, ça va le faire.
Débrouille-toi pour en trouver.
Fais tes enchaînements tous les jours.
Tu as le temps, là, pique une tête chaque jour.
Toi, c'est top.
Mais ça manque encore d'efficacité.
Des mouvements très longs, en tirant à fond.
Tu vas pas tenir la distance.
Vous devez être conscients des enchaînements.
Passez-les en revue tous les soirs avant de dormir.
Je faisais semblant de ne pas remarquer qu'ils me mataient.
J'affectais d'être perdue dans mes pensées.
En fait, c'était moi
qui les regardais en douce me regarder.
Maman, regarde, je sais le faire avec un seul bras. Regarde !
Maman, t'as pas regardé !
Si, ma chérie, c'était super.
C'est pas vrai, tu regardais pas.
Comment tu veux savoir, t'étais sous l'eau.
Vas-y, recommence.
Super !
Regarde !
Un et deux et trois et quatre,
Un chapeau, un bâton, un parapluie
Un pas en avant, en arrière, de côté, et un et deux...
Nelly ?
Nelly !
J'adore quand ma peau sent la vase de la rivière.
L'odeur de cave.
J'adore l'odeur de cave, je suis accro.
- Et le vernis à ongles. - Mais pas autant que l'odeur de cave.
D'abord la cave.
C'est papa.
Puis la vase sur ma peau et ensuite, le vernis à ongles.
Putain que c'est beau ici.
C'est pas beau, les enfants ?
Oui !
Je sais faire l'équilibre sur une main sous l'eau.
Elle fait ça bien.
Et j'ai trouvé du sable noir.
Du sable vaseux !
Tu as faim ?
On a du pain, du fromage, du saucisson, et du vin !
J'ai vu une sauterelle.
Une grosse sauterelle verte.
Que fais-tu ?
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