Mistari 200 ya kwanza.
FILM AYANT REÇU L'APPUI DE
AVEC L'APPUI DE
AVEC L'APPUI DU FONDS DE SOUTIEN AU TOURISME ET AU CINÉMA
DAVID & GOLIAS PRÉSENTE
UN FILM DE JOÃO MAIA
Village de Fiscal, Amares, 1956
VARIAÇÕES - Ange gardien
Viens, Toninho. On s'en va.
Peuple qui lave à la rivière
Qui taille à la hache
Les planches de mon cercueil
Certains peuvent te défendre...
Au travail.
Tu ne partiras pas avant d'avoir fini ces pièces et balayé le sol.
Dépêche-toi !
Peuple qui lave à la rivière
Qui taille à la hache
Les planches de mon cercueil
Certains peuvent te défendre
Certains peuvent acheter ton sol sacré
Mais pas ta vie.
Je ne veux pas aller à la fabrique, maman.
- Je veux aller à Lisbonne ! - Arrête de parler de Lisbonne.
Tais-toi et mange !
Plus souple, allez.
Prends correctement ton cavaquinho.
Plus souple, avec un seul doigt.
Lisbonne, 1983
Moi seul sais que je suis herbe
Mauvaise herbe qui se répand...
Moi seul sais que je suis herbe
Mauvaise herbe qui se répand
Moi seul sais que je suis herbe
Mauvaise herbe qui se répand
Grain de blé, tonnerre...
Grain de blé menacé par la foudre
Dans les herbes sucrées et écœurantes
Je ne sais pas non plus si je veux fuir cet animal
Cet animal que je recherche
Donnez ce que vous voudrez pour l'interprétation
Je ne sais pas marchander
Je ne sais pas si je veux recevoir davantage
Parce que je ne sais pas Parce que je ne sais pas
Parce que je ne sais pas si je veux me polir
Et je ne sais pas si je veux me limer
Je ne sais pas non plus si je veux fuir cet animal
Cet animal
Et je ne sais pas si je veux me polir
Et je ne sais pas si je veux me limer
Je ne sais pas marchander
- C'est Variações ? - Oui !
Un bisou, ma beauté.
- Enchantée. - Bonne journée.
- Merci. - Merci.
Moi seul sais que je suis herbe...
- M. Variações ? - Un autographe ?
- Ton nom ? - Guilherme.
"Guilherme... Amicalement, António Variações."
Tu restes combien de temps à New York ?
Huit jours.
Je reviens vendredi, j'ai des concerts prévus ce week-end.
À New York ?
Non, ce serait trop beau.
Je vais chanter où, Matilde ?
À Vila Franca et à Tomar.
Matilde est mon agenda.
- Tu ne vas pas prospecter là-bas ? - Non...
- Te trouver un agent ? - Non, je vais me reposer.
En vue de l'été. j'ai 80 concerts de prévus !
Et tu vas te reposer à New York ?
Je peux me promener tranquillement, personne ne me reconnaîtra.
Tu en as déjà assez de la célébrité ?
Non,
mais parfois c'est bien d'être anonyme.
1977, six ans auparavant
Ce sont les vieilles prophéties du voyant pour nous effrayer
Je vois la vie qui s'en va
La force de résister
Qui ne peut reprendre son souffle
Du ciel je vois descendre
La fin dans des chariots ardents
J'entends la terre exploser
Ah, je suis en plein délire
Zé.
Zé António !
- Quoi ? - Écoute ça.
Qu'est-ce que tu en penses ?
C'est très...
C'est qui ?
Je ne sais pas.
Pas encore...
Tu vas au concert des Sex Pistols ?
Il te demande si tu vas voir les Sex Pistols au Paradiso.
Oui, on a des billets.
Pardon, je croyais que tu parlais néerlandais.
Pas encore.
Ça ne saurait tarder.
Je te l'avais dit, António.
T'as une belle voix.
Pardon ?
Il dit que tu as une belle voix.
- Il va chanter ce soir au Freeks pub. - Tais-toi !
António, offre-lui ta cassette.
Tiens.
C'est vrai ? Tu es chanteur ?
- Oui. - Quel genre de musique ?
Je peux vous offrir à boire ?
Non, merci. De l'eau, s'il vous plaît.
Tu es Portugais, n'est-ce pas ?
Oui, je suis Portugais. Et toi ?
Je suis Brésilien, mais je vis à Lisbonne depuis longtemps.
Ah oui ? Moi aussi, j'y ai vécu longtemps.
- Une cigarette ? - Non, non.
Tu ne bois pas, tu ne fumes pas...
Pardon, je ne me suis pas présenté. Luís Vitta.
Je suis journaliste musical. Je travaille à Radio Renascença.
- Enchanté. António. - Je sais.
Je trouve que tu as beaucoup de talent.
Je suis peut-être le seul à penser ça à la radio,
mais je n'arrête pas d'écouter tes cassettes.
Tu es venu exprès pour me voir ?
J'aimerais bien...
Non, je suis venu couvrir le concert des Sex Pistols.
- Je peux te poser une question ? - Bien sûr.
Pourquoi tu ne chantes pas en portugais ?
Ici ? J'ai déjà essayé, ça ne marche pas.
Tu vis de quoi ?
Je suis barbier.
Vraiment ?
- Et tu fais quoi, à la radio ? - J'ai un programme, Meia de Rock.
- Tu connais peut-être... - Oui, tout à fait.
C'est ce que je voudrais faire.
Du rock ! Du vrai rock !
C'est ce dont ta musique a besoin.
Écoute, je connais du monde dans l'édition.
Je crois qu'on peut facilement te décrocher un contrat.
Mais d'abord, il faut passer tes chansons à la radio.
Où tu les enregistres, tes cassettes ?
Chez moi. Dans la salle de bain, j'aime entendre ma voix qui résonne.
Ça la rend plus forte, plus belle.
Mais pour la radio, ça ne marchera pas.
Tu ne connais pas de musiciens ? De rock, pour enregistrer avec toi...
J'ai déjà cherché, mais je ne parle pas néerlandais.
Je ne lis pas la musique.
Les Hollandais qui savent lire la musique
ne me comprennent pas.
Je crois que je peux t'aider,
mais faudra venir au Portugal.
D'accord ?
Pour ma musique, j'irai jusqu'au bout du monde.
Si je dois rentrer au Portugal, je rentrerai.
Allô ?
António !
Qu'est-ce qui s'est passé, maman ?
Regarde, maman, des mûres !
Ça faisait longtemps !
Comment s'est passée la cueillette des cerises cette année ?
Plutôt faible.
Aussi parce que ton père n'a pas arrêté d'en manger.
Ah bon ?
Et les olives ?
On n'en a pas ramassé beaucoup.
Et sans ton père, maintenant, comment on va faire ?
Tu lui ressembles beaucoup, tu sais.
Il était si fier de toi. Mais il était si têtu
qu'il ne te l'a jamais dit.
Il a toujours pensé que, le jour venu, tu t'occuperais de ta famille.
Moi ?
Pourquoi ?
Peut-être à cause de ta façon différente de voir les choses.
Ah, maman, parfois, j'ai l'impression de n'être jamais parti.
Tous les jours, je repense aux fêtes de Pâques,
à notre rivière, aux pierres...
Et à toute cette verdure, maman, j'y repense si souvent !
Qu'est-ce qu'il y a, Toninho ?
Ça ne se passe pas bien, là-bas ?
Si, maman, si.
Je suis barbier, j'ai des amis...
Tout va bien.
Mais tu es heureux ?
Je ne sais pas si je suis fait pour être heureux.
Tu sais, maman, j'aime autant tout ceci que cela.
C'est quoi, cela ?
La Hollande, ou n'importe quoi d'autre.
Et tu vas à l'église ?
Les églises ne sont pas pareilles là-bas. Ils sont protestants.
- C'est quoi, ça ? - Ce sont des chrétiens différents.
Les églises, là-bas, n'ont pas de Vierges, ni de saints.
Et c'est ce que je préfère, quand je vais à l'église.
Rester là à les regarder...
Mais comment tu fais, alors ?
Tu ne pries pas ?
Tu pries pour moi, maman.
J'en suis sûr.
Tous les soirs, pas vrai ?
Monsieur António, il y a un monsieur au téléphone qui veut vous parler !
Il dit que vous êtes musicien ?
António, c'est moi, Vitta.
Je te présente les musiciens dont je t'ai parlé, qui vont jouer avec toi.
Zé António.
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