முதல் 200 வரிகள்.
Vous vous souvenez de moi, Monsieur?
Cherchez bien.
Ai-je donc tant changé?
Rappelez-vous.
Le Marquis de Pa-ta-tras!
Vous y êtes! J'étais tombé en dansant.
Pa-ta-tras! C'est d'un piquant!
Je ne m'en suis jamais relevé.
Où est-il, votre bel esprit?
Envolé?
Fâcheuse perte pour les salons.
Mais j'ai vu...
bien des pays, depuis...
avec des moeurs plus rudes.
Mais j'y pense encore.
Mais je vous fatigue, Monsieur.
J'attendrai Mme de Blayac au salon.
Elle est à sa toilette.
J'ai peur que, dans sa joie, M. De Blayac ne se soit oublié.
- Rentre chez toi. - Mais...
Tu trembles, tu as les yeux brillants.
Ne bouge pas.
C'est qu'on manque de bras...
Le père a la fièvre.
Le roi - dit-on - guérit ceux qu'il touche.
On peut tous faire des miracles.
Tu ne me crois pas?
Je te fais une promesse.
Nous chasserons le mal des marais.
En faisant dire des messes?
Non.
Avec des digues et des canaux.
En plantant des arbres, en semant.
Ce pays deviendra beau, tu verras.
Te voilà chez toi.
Quand tu verras le roi, fais-lui bénir ma médaille.
Promis, Léonard.
Il te faut ma bénédiction.
Ta mère s'inquiète de ce voyage.
Il faut garder espoir.
Oui, en Dieu.
Versailles a été assaini par la volonté d'un homme.
Par la volonté d'un roi!
Je remuerai Versailles.
Le roi m'entendra.
A genoux!
Le chapeau, voyons.
In nomine Patri et Filii... Amen.
A bientôt.
Un de nos plus beaux esprits.
Et quelle bonne mine!
Milletail!
Rentré d'Amérique?
Versailles me manquait, M. De Bellegarde.
Votre présence m'étonne.
J'aurais préféré I'enterrer vivant.
Mais Dieu dispose de nous.
Messieurs! Nous nous recueillons!
Venez plutôt souper.
Nous serions mieux devant une volaille.
La Blayac va traverser une crise d'austérité.
C'est la maison de M. De Blayac?
Oui. Vous êtes de la famille?
Je lui suis recommandé.
Vous tombez bien. Il reçoit...
Vous le reconnaitrez facilement à sa veuve.
Son esprit nous éclairait.
Mon mari vous estimait.
L'Académie est en deuil.
Il lui était si dévoué.
Quelle perte!
Mon Dieu!
Condoléances. C'était un ami de mon père.
Du mien aussi.
Je viens des Dombes.
Jamais venu à Versailles?
J'y suis né par hasard.
Ah, courtisan de naissance!
On peut naître dans une écurie sans se croire cheval.
Dieu seul peut nous juger.
- Que dis-tu? - Dieu seul...
Dieu pardonne aux voleurs...
quand leurs enfants ont faim.
De nos deux rencontres...
laquelle est la plus plaisante?
Qui ai-je I'honneur de saigner?
Grégoire Ponceludon de Malavoy.
Marquis de Bellegarde.
Charlotte, ma gouvernante.
Et son fils Paul.
Paul est sourd-muet. Idiot, mais pas méchant.
Les voyageurs ne sont pas assez prévenus...
contre le brigandage qui règne près de Versailles.
Le médecin juge un sang...
comme le gourmet goûte un vin.
Beau rouge vif. Fluidité mais... consistance.
Vous vivez au grand air...
et vous mangez des viandes maigres.
Je vis de I'air des marais et des poissons de vase.
Ah?
Mon Dieu, mes plans!
- Vous êtes ingénieur hydrographe? - Oui, Monsieur.
Je suis venu soumettre un projet d'assèchement des marais.
- La difficulté n'est pas d'être reçu mais écouté.
- Je ferai appel au bon sens. On dit Maurepas bon ministre.
- Vous ignorez tout des usages de Versailles!
Ah voilà!
Je vous ai saigné à blanc.
Il faut vous reposer.
Deux jours de lit et de diète avec un verre de vin, le soir.
La nuit est faite pour dormir. Vous peinez bien inutilement.
Merci.
"Mémoire pour servir au Régent...
"sur les épidémies dans les Dombes et le moyen d'y remédier",
par le marquis de Gora.
Pas même ouvert!
Votre mémoire aura-t-il un meilleur sort?
Merci, Monsieur, de m'éviter des déconvenues.
J'en ai tellement vu, des nobles de province!
Je plaiderai ma cause de vive voix.
Une écluse alimentera un bassin pour régulariser le débit.
- Sa Majesté s'intéresserait à un tel ouvrage hydrographique.
Le roi est friand des choses de la technique.
- Dites-lui que les fièvres déciment les Dombes. On le dit sensible.
C'est sa faiblesse.
C'est pourquoi je ne parlerai pas de vos plans à Sa Majesté.
De même que je lui cache ces projets...
de tunnel sous la Manche ou de voyage cartographique aux Indes.
Projets fort utiles...
mais coûteux.
Asséchons au moins les marais.
Ce sont les finances qu'on assèche.
Je tiens les comptes.
Vous connaissez la situation.
Quel est le prix de la vie?
Elle passe après le destin de la France.
Sauf pour les "philosophes".
Adieu, Monsieur, j'ai du travail.
J'alerterai le roi des misères qu'on lui cache.
Faites.
Ces messieurs de I'aile droite mèneront le royaume à la banqueroute.
Je m'occupe d'ouvrages militaires et de fortifications.
M. Maurepas est âgé et prudent.
Vous êtes jeune et ardent.
Ma lourde charge me rend insensible à la flatterie.
Dans I'aile gauche...
les passe-droits ne sont pas d'usage. Adieu, Monsieur.
Cependant, je vous donne un conseil:
Rédigez un mémoire je vous promets d'y faire écho.
Dans I'aile gauche du château, on travaille aux affaires du royaume.
L'aile droite accueille la cour.
On y travaille à ses propres affaires.
Je veux voir le roi. Nul autre.
"Nul autre"! Vous m'amusez.
On vous appelle les "solliciteurs".
Combien êtes-vous? Mille?
Certains y parviennent!
Aidez-moi.
Introduisez-moi à la cour.
Vous serez plus utile à vos paysans.
Versailles est ma dernière chance.
Tous les mêmes!
La tête pleine de titres, de pensions, de charges!
La cour! La cour!
Ce mot-là vous grise!
Je doute que vous puissiez vous y faire entendre.
Rentrez chez vous.
Et remerciez-moi.
Pardonnez-moi.
Oh oui, le secret!
Je le dis: Il n'y a pas de purgatoire!
Je crois reconnaître votre obligé.
La province doit aiguiser votre regard sur les ridiculités de la cour.
"Ne juge point, tu ne seras point jugé."
Si les Evangiles étaient utiles à Versailles, j'en serais informé.
Rejoignez-nous.
Nous jouons à dix sols le point.
Mes boucles sont ma seule richesse.
Mais...
vous les estimerez mieux, en vous courbant bien.
Que sollicitez-vous?
La charge d'assainir les marais de la Dombes.
Un paysan n'y vit pas 35 ans.
Pauvres gens!
Un malheur ne vient jamais seul: Parler d'eux nous ennuie.
Outre les moustiques...
...les paysans nourrissent aussi les aristocrates.
Moins sot qu'il ne paraît.
C'est ce qui nous différencie.
Sa Majesté la reine!
Ah, Blayac! Puis-je vous emprunter I'abbé?
Votre serviteur, Majesté.
J'ai une partie de piquet, mais il n'y a que des ennuyeux.
Un esprit vivace ne sera pas de trop.
Merci, ma tendre amie. Je vous le rendrai.
Mais... vous étiez occupé?
Aucune importance, Majesté.
Votre "assommé" semble bien remis.
Le doit-il à vos soins?
Permettez-moi de I'espérer.
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