முதல் 200 வரிகள்.
- Donne-lui huit Louis d'Or, Serge.
J'exige des excuses, Serge, Serge.
Petit pot de beurre, petit pot de beurre, petit pot de beurre.
Le plus original des originaux se sera "désoriginalisé"...
Petit pot de beurre...
Elle souffle.
- Mesdames et messieurs, merci d'accueillir Blanche Gardin.
Applaudissements
...
Merci.
Voilà, je suis contente... d'être là...
On va pas faire semblant.
Personne n'est content d'aller s'enfermer dans une salle
obscure...
le premier week-end de beau temps.
Je sais ce qui s'est passé.
Vous avez pris vos places y a trois semaines.
Ce matin,
vous avez vu la météo : "Putain...
Fait chier, y a théâtre ce soir". Je le sais,
que ça s'est passé comme ça.
Pour moi aussi, il fait beau dehors.
Et j'ai des collants, en plus.
On va essayer de passer
ce mauvais moment ensemble.
Je suis contente que vous soyez là, merci d'être là. Merci.
Merci d'être si nombreux.
J'ai aucune raison de vous remercier d'être nombreux.
Vous avez aucun mérite à retirer du fait que la salle soit pleine.
Bien sûr, vous, c'est...
C'est un acte égoïste qui vous a amenés.
Vous vous êtes dit : "Oh, ce monde me dégoûte,
est-ce que j'irais pas au théâtre plutôt que de me pendre ?"
C'est ça que vous vous êtes dit.
Mais votre but n'était pas que la salle soit pleine.
Il faut redescendre un peu. C'est surtout ça.
Si je veux remercier quelqu'un pour le fait que la salle soit remplie,
je remercie le Dieu des salles remplies.
Qui doit être le même que les actrices porno.
Mais... euh... Voilà.
Votre but n'était pas qu'elle soit pleine,
cette salle... Voilà...
Le fait est qu'elle est pleine.
Elle est pleine et c'est...
C'est super, c'est... Et...
C'est la magie du collectif.
Les gens agissent isolément, dans un calcul égoïste.
Ces actions s'additionnent et forment
un nouveau phénomène social dont la nature et les effets
sont différents des buts que vous poursuiviez.
C'est ça, hein ?
Le succès de Cyril Hanouna, c'est ça aussi.
Dans ce cadre-là, on parle pas de magie,
on parle plutôt de malédiction, mais c'est ça.
Ça me fascine de voir que le succès des émissions de merde
tient à des gens qui te disent :
"Moi, je regarde pour voir à quel point c'est de la merde."
Et vous êtes nombreux à faire ça, en fait ?
C'est un problème.
Le calcul de l'audimat ne prend pas en compte
le recul avec lequel on regarde.
Ou alors la merde t'intéresse vraiment.
T'es "merdologue", peut-être ?
Au restau, tu demandes un truc dégueulasse
parce que ça t'intéresse ?
Tu te lèches les babines en regardant le menu ?
"Qu'est-ce que je vais chier ?"
C'est ça, ton truc ? Mais c'est fascinant,
cette arnaque qu'on se fait au cerveau
pour regarder la télé.
C'est pas parce qu'on regarde une merde
avec du recul que ça rend moins con.
Ça rend con pareil.
On voit pas qu'on devient con. C'est la tragédie de l'existence.
J'ai plein d'amis devenus cons, sans s'en apercevoir.
Je leur dis :
"Michel, t'es devenu con, quand même."
"Non, je crois pas." "Si, t'es devenu con."
On ne se voit pas
devenir con. On ne se voit pas.
Le cerveau est un organe caché.
Il est sous le crâne, on le voit pas se modifier.
On se voit devenir gros.
Tu bouffes de la merde, tu te vois devenir gros.
Tu te vois pas devenir con.
C'est pas la stupeur devant ta glace :
"Oh putain, je suis en train devenir conne, moi.
Il faut que j'arrête de regarder Hanouna.
Ce soir, on regarde Arte, je te préviens.
Même si je te supplie, hein."
Ça se passe pas comme ça.
Voilà. Tout ça pour vous remercier d'être là ce soir.
Individuellement... Si nombreux... Hum...
Ça me remplit de joie.
Non, c'est vrai, ça me fait très plaisir.
Ça compense pas le manque de "je t'aime" de mes parents,
mais ça me fait plaisir.
Non, c'est vrai.
C'est bien, la reconnaissance dans le travail.
C'est important, ça pousse à continuer.
Mais ce serait inauthentique de vous dire
que tous vos applaudissements
m'empêcheront de m'envoyer de la glace ce soir
et de me faire vomir après.
Ça ne comblera pas le vide.
C'est facile de vomir la glace, c'est déjà liquide.
Ça rentre, ça sort, c'est...
un tuyau pour les boulimiques, si y en a.
Y en a toujours un peu.
En Europe, y en a.
Moi, je me fais plus vomir. J'ai arrêté cette pratique...
Parce que...
je suis une adulte et...
J'ai réalisé que c'était une aberration
de se faire vomir quand des gens ont faim.
Et...
J'ai jamais trouvé comment envoyer mon vomi en Afrique.
J'ai cessé de me faire vomir.
Je suis toujours dépressive, mais j'ai un gros cul.
C'est pas plus mal
d'avoir un gros cul quand on est dépressif,
je vais vous dire,
parce que ça donne un but : maigrir.
On sait pourquoi on se lève le matin.
Quand on a un but dans la vie, on se suicide moins.
Moi, je me suicide moins qu'avant.
C'est... Alors bon...
C'est aussi à cause de tout ce qu'il se passe :
le djihadisme, "Pray for Paris",
" Pray for toutes les capitales où ça se passe."
Je suis paumée
spirituellement, et je me dis :
le suicide, c'est risqué, peut-être, un peu.
C'est une belle idée en soi, le suicide.
Quand t'es au bout de ta vie,
que tu te dis que l'existence n'est pas pour toi...
Euh... Tu te dis :
"Au pire, si ça tourne mal, j'ai l'option suicide.
Je peux le faire." C'est une idée réconfortante.
S'il y a un doute spirituel,
c'est plus du tout réconfortant, on se dit :
"Tu te suicides et y a une vie après la mort ?
Euh...
Encore cette merde ?"
Non, c'était pas le projet.
T'as intérêt d'aimer la vie, si tu te suicides.
C'est peut-être pour toujours, après.
J'ai très peur de la vie éternelle.
Ils sont dessus, c'est le projet. Ils veulent supprimer la mort.
Pour de vrai, c'est une information.
Google investit des milliards dans la recherche contre la mort.
Mark Zuckerberg,
notre père à tous, investit sa fortune
dans la recherche pour la vie éternelle.
C'est fascinant.
Y a les trois quarts de cette planète
qui a l'espérance de vie d'un labrador cancéreux
et dans la Silicon Valley :
"Ça fait chier de mourir d'un cancer à 85 ans."
C'est fascinant. On est peut-être sur le point
d'éradiquer la mort.
C'est flippant.
Moi, j'ai peur que ma mère l'apprenne.
Peut-être qu'il faut pas le dire à tout le monde.
Il faut sélectionner les gens. Non, ce serait atroce.
Il ne faut pas supprimer la mort.
C'est important, la mort, pour la vie. C'est important.
C'est parce qu'on a l'idée de la fin, dans la tête,
qu'on peut supporter l'existence.
Si on devait se lever le matin
avec la certitude que nos emmerdes sont éternelles,
on aurait envie de se flinguer et on pourrait plus.
Non, je pense qu'il faut garder la mort.
C'est important. On va encore dire que je suis réac.
Ça fait partie des trucs qu'il faut garder, je pense.
Plus globalement, il faut faire attention avec le progrès.
Oui, j'ai dit cette phrase.
Je le pense, on commence à faire n'importe quoi.
Y a des gens riches qui meurent du cancer,
qui se font congeler avec un post-it sur le congélo :
"Foutez-moi deux minutes au micro-ondes."
Les gens font ça, là.
Ribéry a acheté un caisson de cryogénisation.
Tout le monde voit ce que c'est ?
Ribéry ? Tout le monde voit ce que c'est ?
Le mec pense qu'il doit être dans la team du futur.
Il faut faire attention.
Il faut garder son sang-froid, je pense, un peu. Vraiment.
Je ne juge pas le fait d'avoir envie de vivre à une autre époque.
Celle-ci n'est pas riante.
Euh... Moi-même, j'aurais voulu
être née dans une autre époque. Bien sûr.
Et dans une autre personne, aussi, d'ailleurs.
Je parle pas de ma mère, là, cette fois.
Je parle de moi. Non, la pauvre.
Je lui ai défoncé la chatte et gâché sa vie.
Je parle de moi.
J'aurais voulu naître dans une autre personne.
Moi, j'aurais voulu naître dans Leonardo DiCaprio.
Ça m'aurait plu. Être un artiste, comme ça,
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