முதல் 200 வரிகள்.
- Au revoir, monsieur ! - Au revoir.
- Bonjour, Lionel. - Bonjour, Éva.
Merci.
- Bonne journée. - Merci.
Merci.
Je peux m'asseoir ?
Si tu veux.
Tu m'offres un chocolat chaud ?
- Pardon ? - S'il vous plaît.
D'accord. Un chocolat chaud, s'il vous plaît.
Hé, tu sors d'où, toi ?
De là-bas.
Ton nom ?
- Léon. Et toi ? - Éva.
Alors, c'est qui, ton père ?
Napoléon.
T'as l'imagination modeste.
Sérieusement.
Napoléon, il est mort il y a 200 ans.
Ça te ferait quel âge ?
- 11 ans. - Tu vois que ce n'est pas possible.
- Que j'aie 11 ans ? - Que ton père soit Napoléon !
Pourquoi ?
Il est mort avant ta naissance et il n'avait pas d'enfant.
Bien sûr que si.
Le fils de Napoléon, c'est l'Aiglon.
Doucement, petit prince !
Je suis nulle en enfants, mais ça, tu n'as pas le droit.
Allez, je t'invite.
Salut.
- Bonjour. - Bonjour.
Tu peux dormir sur le canapé.
Je vais me coucher, moi.
- T'as faim ? - Un peu.
J'ai des fraises.
Alors, d'où tu sors ?
T'es en cavale ?
T'as fait un hold-up ?
J'en étais sûre.
T'as une tête de gangster.
Je viens du foyer de la Garenne, à Saint-Martin-des-Champs.
C'est quoi, ça ? Un orphelinat ?
Oui.
T'es orphelin ?
Non. Je voulais juste vivre dans un orphelinat.
Tu te fous de moi ?
Donne-moi le numéro.
Je vais les prévenir que t'es avec moi.
Bonjour.
J'ai un petit garçon chez moi qui me dit qu'il vient de chez vous.
Un petit garçon ? Il s'appelle Léon, c'est ça ?
Il a fugué hier soir. Vous êtes dans quelle ville ?
- Paris. - Paris.
- Vous avez une voiture ? - Ah non.
Bon.
Amenez-le au commissariat. Expliquez-leur. Ils le ramèneront.
D'accord. Au revoir.
Je vais m'habiller, moi.
- C'est qui, John ? - C'est un soupirant.
C'est quoi, un soupirant ?
C'est quelqu'un qui soupire souvent.
Il a téléphoné.
Allez, viens.
Éva.
Il faut attendre notre numéro, pour se lever.
- Tu fugues souvent, toi ? - Oui.
Ça sent la fleur d'oranger.
Pourquoi tu changes tout le temps de lunettes ?
Pourquoi tu fugues ?
Pour prendre des petites vacances.
Tiens, essaye.
- Tu vois quoi, là ? - Ça fait mal.
- À part ça, tu vois quoi ? - Rien.
Rien ?
Et avec celles-là ?
- Multicolore ! - Et celles-là ?
- Là, je vois tout bien. - Tu veux voir comment ?
Je change de lunettes quand je veux voir autre chose.
Mais ça fait mal aux yeux !
Bon.
C'est beaucoup trop long. Excusez-moi, je n'ai pas le temps.
- Bonjour. - C'est pour un vol ?
J'ai trouvé un petit garçon dans la rue.
- Son foyer m'a dit de vous l'amener. - Il est dans un foyer ?
- Oui. - Vous n'êtes pas sa mère ?
Ben non. Je ne le connais pas.
Il a des papiers ? Carte d'identité, passeport ?
- Il est français ? - J'en sais rien.
- Mais il est où ? - Il est là !
Que fait-il, ce con ?
Léon !
- Tu fais quoi, là ? - J'ai des choses à faire.
Moi aussi. Je ne vais pas te laisser à la rue !
- Pourquoi pas ? - Il peut t'arriver des trucs moches.
- Du genre ? - Je ne veux pas te le raconter.
- Tu vas où, comme ça ? - Voir ma mère.
Quoi ? Hein ?
Tu veux tes lunettes, c'est ça ?
- Tu vas où ? - Tiens, tes lunettes.
Je m'en fous ! On ne plante pas les gens comme ça !
- Tu vas où ? - Voir ma mère.
- Je croyais que t'étais orphelin ? - Je suis né sous X.
- Et tu connais ta mère ? - Non. Je sais où elle habite.
Et elle habite où ?
En face du café où on s'est rencontrés.
D'accord. Je t'accompagne.
- Ils sont orphelins, les autres ? - Qui ?
- Ceux avec qui t'habitent. - Non. Il y en a qui sont maltraités.
- Il n'y a personne. - Tu la verras la prochaine fois.
Je ne suis jamais à Paris.
Je te dépose au train.
- Allô ? - Éva, t'es où ?
- Je suis... - On t'attend pour le gâteau.
...en route. J'arrive.
Merde. J'ai oublié l'anniversaire de mon neveu.
Viens, on fait un détour.
- Je peux vous prendre une page ? - Oui.
Merci.
- Ce n'est pas trop tôt ! - Salut, Lulu !
Oh non ! Tu peux d'abstenir de m'appeler comme ça ?
Ça va, numéro 4 ? Coucou, chéri !
Qui est cet enfant qui t'accompagne ?
- C'est le fils d'une amie. - T'as des amis ?
Allez !
Allez ! On vous suit, les enfants !
Hé, Léon.
André.
Capucine.
Georges.
Jacques.
Regarde comme tu vas être beau !
- Je vais avoir l'air d'un bouffon ! - Oui, mais d'un bouffon propre.
- Alors... - Elle est mignonne.
Elle n'est pas à moi, celle-là.
Non ! J'ai dit non !
On ne commence pas à lancer des petites choses !
Voilà. Tu peux m'aider, s'il te plaît ?
Chérie, tu peux t'abstenir de fumer ici ?
On s'abstient beaucoup chez toi, quand même.
- Papa n'est pas venu ? - Non. Il n'est pas venu.
Ce n'est pas drôle, Éva.
Tu n'es plus drôle.
Tu bois trop.
Toi, tu ponds trop.
- Ça va ? - Oui.
Suivez cette voiture.
Comme dans les films américains.
Tu veux venir avec moi chez mon père ?
Changement de destination. On va à Marnes-la-Coquette.
- Très bien. - Merci.
- Je peux fumer ? - Non.
Tu viens ?
Boutonne ton gilet.
- Bonjour, Franck. - Bonjour, Éva.
- Bonjour. - Bonjour.
- Bonjour, Luc. - Bonjour, Éva.
Votre père prend le thé dans le grand salon.
Merci.
Ma petite chérie.
- Tu as ramené de la compagnie ? - Oui, daddy. Je te présente Léon.
Léon, bonjour.
Voulez-vous du thé ?
Mais si, il parle french. Là, il est impressionné, c'est tout.
Pourtant, il descend d'une grande lignée.
Entrez.
Prends ce que tu veux.
Léon.
Il m'aime bien.
Tu sais pourquoi ?
Parce que je le nourris.
Et parce qu'il ne connaît personne d'autre.
Éva,
tu nous joues quelque chose ?
Non.
Tu viens te promener avec nous ?
Je me sens bien, ici.
Ce n'est pas une vie, de ne jamais sortir.
Ils parlent des indépendantistes corses dans le New York Times.
Qu'est-ce que ça peut leur faire, la Corse, aux Américains ?
Arrête de t'agiter.
Écoute.
C'est beau. C'est quoi ?
La saudade.
C'est quoi, la saudade ?
La saudade...
ça ne s'explique pas.
Ça se vit.
Il n'a pas de parents. Il les cherche.
Comme Oliver Twist.
C'est romanesque.
Ou Peter Pan.
C'est charmant.
Pourquoi il coupe les pages des livres ?
Pour ne garder que celles qu'il aime.
Il fait quoi, dans la vie ?
Il attend qu'elle passe.
- On a le droit de faire ça ? - Oui.
- Et ta mère, elle est où ? - Elle est ailleurs.
- T'aimes jouer avec quoi ? - Des avions.
Bonjour.
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