முதல் 200 வரிகள்.
- Vous souffrez beaucoup ? - Non.
Pour ne pas vous fatiguer en arrivant,
je vais préparer votre fiche d'admission.
- Votre nom, c'est ? - Louise Jarraud.
- Bonjour, mesdames. - Bonjour.
C'est celui de la nouvelle,
celle qui était si triste quand elle est arrivée.
L'infirmière en parlait ce matin. Il paraît qu'il ne pèse que 5 livres.
- La mienne pesait 9 livres. - Ça pousse si vite...
C'est votre petit garçon, madame.
Il faut que je lui donne à boire ?
Pas avant demain soir.
Monsieur est à l'eau sucrée pendant 24 heures.
Maintenant, il faut vous reposer, petite madame.
Il faut être bien forte pour pouvoir le nourrir.
Allons.
Doucement. Ça y est.
- Voulez-vous les classer ? - Oui, madame.
Qu'est-ce que c'est ?
Jarraud.
- Cette nuit ? - Il y a une heure à peine.
Mon Dieu...
Il va vous falloir beaucoup de courage.
Non.
- Je suis venue vous remercier. - Ma pauvre enfant... Asseyez-vous.
- Qu'allez-vous faire, maintenant ? - Je ne sais pas.
- Avez-vous un métier ? - Non, madame.
Avez-vous fait des études ?
J'ai mon brevet supérieur.
J'avais pensé à l'enseignement, mais je me suis mariée.
- Mon mari gagnait bien sa vie. - Oui, vous avez eu votre compte.
Mais tout ça, c'est le passé. Pensez à l'avenir.
- Vous allez travailler ? - Je ne sais pas, madame.
Ce petit était tout pour moi. C'était toute ma vie.
Évidemment.
Vous avez des ressources ?
J'ai une allocation militaire.
Alors, il faut prendre une décision. Vous pourriez vous placer comme nous.
M'occuper d'un enfant quand le mien...
Justement, ce sera pour vous un excellent remède.
Vous l'aimerez, cet enfant.
Tenez, voilà l'adresse de Mme Berger à Boulogne.
Une agence sérieuse. Dites que vous venez de ma part,
elle vous trouvera sûrement une place.
L'enfant d'un autre ?
- Un étranger ? - Mais oui.
Voyons, soyez courageuse.
Et puis il faut vivre, voyons.
On est arrivés.
Tenez.
Tenez, cocher. Gardez tout.
Qu'est-ce tu as ?
Je t'en prie, décide-toi.
Dans la famille, on est indépendant, mais on obéit aux parents.
Pardon, madame. Bonjour, mademoiselle.
- Il est mignon. - Oui.
- La personne est arrivée. - Merci, mademoiselle Eugénie.
Voilà.
Mademoiselle. Pardon, madame.
Ça ne fait rien.
On peut dire que vous étiez attendue.
D'abord par moi, et par le citoyen Frédéric.
Je suis allé tout à l'heure le reprendre à la pouponnière.
- Vous permettez ? - Mais oui.
Je l'avais laissé là-bas.
- Puis-je m'en occuper ? - Vous êtes bien bonne.
Vous vous entendrez bien.
Il a une bonne figure, une figure où je retrouve déjà...
Ce doit être de l'imagination.
Tenez. Si vous voulez venir par ici...
Entrez.
J'ai transformé le salon. Ce sera votre chambre à tous les deux.
Merci, monsieur. Mme Berger m'a mise au courant.
Vous avez eu le malheur de perdre votre femme.
Pour donner la vie à mon fils, elle a aussi donné la sienne.
Pendant dix ans,
nous avions espéré la joie qui nous viendrait.
Cette joie est subitement devenue un grand malheur.
Il faut m'appeler Louise et ne plus penser qu'à votre joie.
On va essayer.
Puisque vous vous occupez du petit, je me sauve.
J'ai ce soir une réunion importante
avec les chefs de service au ministère.
Très importante.
Monsieur Pons, je ne suis pas de votre avis. Vous m'entendez ?
Si vous vous étiez pris autrement, en faisant un rétro sur la rouge,
vous rassembliez les billes dans le coin.
Et ça, monsieur Pons, c'est indiscutable.
Bien. Alors ne discutez pas, monsieur Perrette, et jouez.
Voilà.
Et 51. Messieurs, j'ai fini,
et ceci grâce à l'erreur de M. Pons, qui joue au billard comme une savate.
Ça va.
Votre humeur est massacrante.
Oui, pas le moins du monde. Eugène, une autre.
Bonjour, monsieur Perrette.
Bonjour, mademoiselle Eugénie.
- Alors, cette recrue ? - Cette fois, je suis bien tombé.
Tant mieux. Je peux voir votre fils ?
Oui, je laisse la porte ouverte. Au revoir, mademoiselle Eugénie.
Il faut que tu redormes, maintenant. D'accord ?
Entrez.
Je suis la voisine. Vous me reconnaissez ?
- Bonjour. - Bonjour, madame.
Mademoiselle.
Vous êtes installée ? C'est bien.
Depuis son malheur, c'est moi qui ai aidé ce brave M. Perrette.
Un homme seul, vous comprenez.
Eh bien... Tu es mignon.
Ce sera tout le portrait de son père.
À moins qu'il ne tienne de sa mère, ce qui serait dommage.
C'est dur, de quitter son enfant pour s'occuper d'un autre ?
Oui, mademoiselle.
Ici, vous serez bien tranquille. M. Perrette est une graine d'homme,
pas juponnier, ce qui est bien appréciable.
Et il a une belle situation.
Il vient d'être nommé sous-chef de bureau à son ministère.
Mais il manque de sens pratique.
Heureusement, j'étais là.
Ça ne me gênait pas de faire le marché pour deux
et d'accompagner M. Perrette en promenade le dimanche,
car nous nous promenons souvent le dimanche.
Avec le petit, naturellement.
Qu'est-ce qui lui ferait plaisir ? Un chemin de fer, des soldats ?
À son âge, il préférerait un hochet.
Alors un superbe,
parce que rien n'est trop beau pour Frédéric.
- Vous l'aimez bien, n'est-ce pas ? - Oui.
Ça ne vous chagrine pas, en pensant au vôtre ?
Je ne vous demande jamais de ses nouvelles.
C'est curieux comme les pères sont égoïstes.
Voilà le magasin.
Frédéric va venir avec nous. Son premier jouet, en somme,
c'est une date pour lui.
Oui, mon petit. Tu vas avoir de beaux jouets.
Voilà, madame, je vous en prie. Merci encore, madame.
Ne vous donnez pas la peine.
Quand vous voudrez. Merci.
- Bonjour, madame. - Bonjour.
Qu'il est mignon !
- N'est-ce pas ? - Adorable.
Tout gentil.
Vous désirez, madame ?
Que s'est-il passé, monsieur Perrette ?
Quelle histoire ! La voiture a roulé jusqu'en bas.
Heureusement que j'ai pu la rattraper.
Je pense bien.
Bonjour, monsieur.
Vous avez vu le nouveau client ?
C'est mon fils.
Je vous avertis que vous pouvez prévoir une augmentation
de votre chiffre d'affaires.
Voilà. Nous voudrions un hochet,
quelque chose qui l'amuse, quelque chose de rigolo.
Monsieur, si vous voulez patienter quelques secondes...
Oui.
J'ai un très joli choix.
Pas trop fatiguée ?
Pas du tout, monsieur Perrette.
Ça ne vous gêne pas que je vous appelle Louise ?
- Je ne vois pas le moyen... - Bien sûr,
et ça jette un froid sur notre intimité.
Alors, ce hochet ?
C'est ce que j'ai de plus beau. Et ils sont en argent, naturellement.
Vous allez choisir, Louise.
Celui-ci me semble bien.
N'est-ce pas ? C'est celui que j'aurais conseillé à Monsieur.
- Vendu. - Je vais vous remettre une épingle.
Ça se porte sur le voile bleu. Si vous le permettez, madame.
Voilà.
Donnez voir. Je vais essayer.
Et avec l'espoir, madame,
que vous n'oublierez pas le chemin de la maison.
- Combien je vous dois ? - 15 francs.
- 15 francs. - Oui.
Tenez. Voilà.
- Merci. - Et un sou pour l'épingle.
Merci bien.
C'est du verre blanc. Ça porte bonheur.
- Au revoir, monsieur. - Au revoir.
Monsieur, entrez donc un instant.
Mais c'est qu'il est midi et Frédéric va bientôt dormir.
- Un petit instant. - Elle est encore sur le palier.
Elle le guette.
Elle a de la suite dans les idées.
Mesdemoiselles, débarrassez-moi tout ça.
Préparez la livraison de Mme Dumontier.
Oui, mademoiselle.
Vous ne refuserez pas de boire un verre de muscat.
C'est aujourd'hui mon anniversaire.
Vous trouvez que ce sont des dates à fêter ?
À mon âge...
Ce doit être une question d'opinion.
Mettons. Merci beaucoup.
Ce que vous dites, c'est car vous avez l'humeur mélancolique.
Un homme si seul, c'est bien compréhensible.
Il ne faut pas exagérer.
Savez-vous que je pense très souvent à vous,
à votre pauvre existence sans joie, sans chaleur ?
Je vous jure que vous exagérez.
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