Live a Little, Love a Little
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LE GRAND FRISSON
Albert ! Albert !
Ne le laisse pas partir, Albert.
Hé, vieux.
Va-t'en. Va jouer dans l'eau !
Cours après le vent. Allez. Va-t'en. Il n'y a pas de place pour nous deux.
Bon, reste là où tu es.
Sors de la couverture, d'accord ? Je veux m'allonger.
Bonjour, madame. C'est votre cheval ?
C'est un chien et il s'appelle Albert.
Les choses nouvelles l'intéressent.
- Je ne suis pas une chose nouvelle. - Pour Albert, si.
Puis-je m'asseoir dans le sable ?
Ce n'est pas mon sable. Allez-y.
Merci.
Le sable est granuleux.
En général, oui.
Puis-je m'asseoir sur votre couverture ?
Je vous en prie.
Aujourd'hui, j'ai envie de m'appeler Alice.
C'est joli.
- Vous ? - Quoi ?
- Votre nom. - Greg Nolan.
- Marié ? - Non.
- Envie de l'être ? - Pas si je peux l'éviter.
Je parie que vous êtes un merveilleux amant.
Je représente les États-Unis aux Jeux olympiques,
mais je ne pense pas gagner.
Ah bon ? Pourquoi ?
C'est à Mexico, en altitude.
Voudriez-vous vous entraîner ?
- Pour les Jeux olympiques ? - Pour quoi d'autre ?
Vous ne manquez pas d'audace.
Non. Pas vraiment. C'est juste une question théorique.
- Mais répondez-moi. - Reformulez la question.
Voudriez-vous me faire l'amour ?
- Devant Albert ? - Ne me trouvez-vous pas attirante ?
- Trop. - Comment ça ?
Vous savez, c'est très dur d'être une belle femme.
Les hommes ne me laissent jamais tranquille.
Vous n'allez pas le croire, poupée, mais je vous laisse tranquille.
- Rendez-moi un service. - Lequel ?
Approchez-vous de moi.
Plus près.
- Alors ? - Alors quoi ?
Êtes-vous bouleversé ?
Le sang a-t-il afflué contre les rivages lointains de votre cœur ?
Non.
- Qu'avez-vous ressenti ? - Rien.
Rien ?
- R-I-E... - Attaque, Albert.
Attends. Attention, Albert.
- Du calme. Rappelez-le ! - Attaque, Albert !
On devrait peut-être s'entraîner plus.
- On pourrait s'arranger. - Attrape-le !
Dégage. Hé. Albert, ne mords pas.
Du calme.
Dites-lui d'arrêter.
Faites-le dégager. Attendez.
Tourne-toi un peu vers là, Albert. Je ne vois pas ta tête.
Souriez, Greg, chéri.
Je vous ferai sourire. Si j'arrive à vous coincer.
Allez. Dégage, Albert.
Venez, on rentre.
Dépêchez-vous, ou j'y vais sans vous.
On ne devrait pas autoriser les gens
à aller dans l'eau s'ils ne savent pas quand en sortir.
Allez. Viens, Albert.
Venez, on va vous débarrasser de ces habits mouillés.
Oh, non. Je peux me déshabiller tout seul.
Fais-le venir ici, Albert.
Attention, Albert.
Merci, Albert.
Voilà qui est mieux.
Greg, vous avez de la fièvre.
Vous devriez prendre soin de vous.
Si vous voulez vraiment m'aider, préparez-moi un grog.
Vous devez vous déshabiller, sinon vous allez geler.
Si vous sortez d'ici, je le ferai.
Comme vous voudrez.
Apportez-moi vos habits, je vais les faire sécher.
Dépêchez-vous. Vous mouillez mon carrelage.
D'accord, d'accord.
Voilà.
Tenez, mettez ça.
- Vous allez où ? - Je reviens tout de suite.
Hé.
Elle est dingue, complètement dingue.
Bonjour. Voilà vos courses.
- Merci. - Où est Suzie ?
- Qui ? - Suzie.
Qui est Suzie ? Tu es sûr d'être à la bonne adresse ?
Oui et vous ?
- Passez le bonjour à Suzie de ma part. - Suzie ?
Dites-lui que j'essaierai d'arriver un peu plus tôt la prochaine fois.
- Au revoir. - Au revoir.
Petit malin.
Venez.
Albert ? Tu veux un colocataire ?
Albert dit que vous pouvez dormir sur son canapé.
C'est très aimable de sa part.
Il y a un type qui vient de passer.
Greg, vous êtes bouillant. Vous le saviez ?
Oui et je pense que j'ai des hallucinations aussi.
- C'est à vous ? - Non.
- À Albert. - Ne soyez pas bête.
- Ouvrez la bouche. - Qu'est-ce que c'est ?
Du soulagement extrêmement rapide. Ouvrez grand.
C'est mieux. Asseyez-vous.
Allongez-vous et dormez.
Oui, oui.
N'oubliez pas de ranger les courses.
Quelles courses ?
Laissez tomber.
Bonne nuit.
Bonne nuit, Albert.
Comment allez-vous aujourd'hui ?
Très bien.
Que faites-vous là ?
Vous serez plus à l'aise sur le canapé.
Je me disais la même chose.
Allez.
On est quel jour ?
- On n'est que jeudi. - Jeudi ?
Et lundi, mardi et mercredi ?
Je vais retourner bosser.
Vous n'irez nulle part dans cet état.
Bonjour, Betty. Vous voulez des œufs ?
Non merci. Juste de la margarine.
Je vous ai gardé du pain perdu.
Merci, Betty, à samedi.
Au revoir.
- Lui ? - Ne soyez pas ridicule.
Je pense que vous avez encore de la fièvre.
Vous avez dit quoi ?
Je croyais que vous m'aviez dit que vous vous appeliez Alice.
Oui. Eh bien, vous pouvez m'appeler Mme Baby.
Mme Baby ?
Prenez ça et ne parlez pas,
je vais vous raconter comment j'ai rencontré mon mari, Harry Baby,
qui est malheureusement mort d'une maladie du foie.
Je roulais sur le boulevard Wilshire et Harry était sur la voie de gauche.
Il était là avec son truc gauche qui clignotait.
Son machin pour tourner, vous voyez.
Je venais de trouver le seul homme que j'aie aimé
et il allait sortir de ma vie par la voie de gauche.
- Que pouvais-je faire ? - Je ne sais pas.
J'ai tourné violemment vars la gauche
et je suis rentrée dans le... comment ça s'appelle ? Le truc pour l'essence,
et j'ai enfoncé sa portière droite. Très malin.
Et il est tombé amoureux de moi, on s'est mariés
et il a attrapé la coqueluche et il est mort.
La coqueluche ? Vous avez dit une maladie du foie.
Quelle est la différence ?
- C'est bien ce que je pensais. - Quoi ?
37 degrés ! Vous devez prendre vos médicaments.
- Mais c'est normal. - Vous voulez mourir comme Harry ?
- Vous ne savez rien de sa mort. - Lui non plus.
Donnez-moi votre main. Avalez.
Non. Pas avant que vous m'apportiez de l'eau.
D'accord.
Allez, Albert, ne fais pas ton rapporteur.
J'aime regarder les hommes le matin.
Vous utilisez toujours une lame ou Harry est mort comme ça ?
Allez savoir.
Betty, Suzie, Alice, quel que soit votre satané nom.
J'ai un nom pour chaque humeur.
Vous êtes de quelle humeur ?
Je n'ai pas encore décidé.
Puis-je m'asseoir ?
- Demandez à Albert. - Puis-je, Albert ?
Il dit que je peux.
Puis-je vous faire un bisou ?
Et si un de vos amis entre et nous voit ?
J'ai fermé la porte à clé.
Je veux juste un câlin d'ours.
- Un câlin d'ours ? - Oui, détendez-vous.
- J'entends des cloches. - Super. C'est bon signe.
- Bonjour, Bernice. - Bonjour.
Bernice ? Comment vous appelez-vous bon sang ?
Je m'appelle Bernice. Harry, voici Greg.
- Bonjour, Greg. - Harry Baby ?
Oui.
Vous ne m'aviez pas dit qu'il était mort ?
Vous a-t-elle aussi dit que j'étais son mari ?
Oui.
- Pas vraiment. - Je suis content de l'apprendre.
Je pense que je vous dérange.
- Mais non, Harry. - Pourquoi pas ?
Je suis juste venu récupérer mes embauchoirs.
Ça doit être votre pipe.
Je me demandais où elle était passée.
C'est ma robe de chambre. Merci infiniment.
Bon, j'y vais.
- Je te raccompagne... - Et vos trucs ?
Mes embauchoirs ?
- Au revoir, Greg. - Au revoir, Harry.
Merci, Bernice, de m'avoir laissé revenir chercher mes affaires.
Oh, pas de problèmes, Harry.
- Je vais essayer de ne plus te déranger. - Je suis toujours ravie de te voir.
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