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PAYSAGE APRÈS LA BATAILLE
Scénario :
D'après les récits :
Avec :
Silence !
Le commandant comprend qu'après ce que vous avez vécu,
vous haïssiez vos bourreaux.
Mais nous, soldats américains et vous, peuple d'Europe,
nous nous sommes battus, pour que la justice triomphe sur le crime.
Nous devons respecter la loi.
Tous les coupables serons punis.
Soyez patients.
Le commandant vous donne sa parole, que les malfaiteurs serons jugés.
N'oubliez pas, que maintenant, vous êtes des gens libres...
c'est pourquoi vous devez respecter la loi.
Le commandant vous remercie d'avance pour votre aide...
et vous souhaite bonne chance.
Il est persuadé que vous retrouverez bientôt vos familles,
vos proches, vos femmes et vos fiancées.
Il est profondément convaincu, que le bonheur vous attend.
Ils arrivent !
Ils arrivent ! Ils viennent nous chercher !
Garde à vous !
La guerre était terminée, les mois passaient,
mais eux, ils étaient toujours derrière les barbelés.
Les vainqueurs avaient peur de ces gens, donc ils les surveillaient avec sollicitude,
de crainte qu'ils ne fassent mauvais usage de leur liberté.
On les transportait à travers l'Allemagne
et finalement ils ont atterris dans une ancienne caserne SS,
l'un des multiples camps américains pour réfugiés.
Vous savez monsieur l'officier...
les allemands c'est un peuple très pratique et ingénieux.
Les peaux lisses leurs servaient à fabriquer des couvertures de livres.
C'est résistant à l'humidité.
Et les peaux tatouées servaient...
à faire des abat-jour.
Monsieur l'officier : abat-jour !
Ne riez pas, parce que j'ai mal !
Arrêtez bon sang !
L'infanterie polonaise marche parfaitement bien
sous le commandement des officiers polonais.
Pendant 5 ans ils piétinaient en rang par cinq dans le camp.
Ils ont repris leur souffle et voilà qu'ils recommencent.
Mais par quatre et sous l'œil des officiers polonais.
Ils sont bons pour enseigner la marche,
mais ils feraient mieux de surveiller les cuistots, pour qu'ils ne pillent pas.
C'est à moi que vous faites allusion ?
Ceux qui font leur service à la cantine n'ont qu'à mieux surveiller.
Monsieur l'officier couvre le cuistot, qui remplit sa sacoche...
pour sa petite boche...
Ils font la cuisine sur du charbon !
Et pourtant ils ont des cuisinières électriques, les salauds !
- Qu'est-ce qu'ils mijotent ? - Le déjeuner pour les officiers.
Il paraît qu'on est tous égaux, mais seulement quand il s'agit de la messe,
et non de la gamelle.
Et que penses-tu du gardien qui est au courant de tout ?
Et toi ?
On parle de la bouffe et toi, tu n'arrêtes pas de lire !
C'est un lèche botte du colonel, il finira quand il aura eu ses galons.
Fous-moi la paix, espèce de bâtard bolchevik...
Si ça ne te plaît pas, tu n'as qu'à foutre le camp de l'armée !
Tu dis qu'on vole... Ferme-la si tu n'as rien vu.
Un bon chien n'aboie pas, mais il attrape et mord.
Ce salaud est en train d'écouter radio Varsovie !
Je leur ferai voir, moi !
Le monde est beau !
Tu restes dans un enclos, comme avec les bochs, c'est calme, c'est sûr,
on pille comme d'habitude, tout est en ordre.
On n'a pas droit de sortir...
Trois sous-marins polonais : Rys, Zbik et Sep
sont rentrés hier au port de Gdynia avec le voilier Dar Pomorza.
Il a ramené un groupe de rapatriés, surtout des femmes de Ravensbruck.
La majorité de l'équipage était sous ses drapeaux avant la guerre.
Nous vous demandons de les aider.
Le petit déjeuner ! Eh Gitan, tu veux du lard ?
Tu vas à la messe ?
Tu feras ta prière, tu écriras un article pour ton bulletin,
et le rédacteur, monsieur le curé te donnera du goulache.
Tu pourras te rincer l'œil. Il parait qu'il y a un transport de femmes.
Avec un peu d'effort tu réussiras.
Tu causeras avec l'archevêque en latin.
- Il parlera du patriotisme... - Et moi des poux et du goulache.
Mes expériences sont bien différentes, de celles de monsieur l'archevêque.
Lui, pendant la messe il pensera à Dieu et à la patrie,
et moi au goulache.
Nous ressentons envers nous un léger sentiment de mépris.
Monsieur l'officier est pressé de se rendre à la messe.
Non.
Je file à la cuisine pour vérifier.
Mais si je ne trouve rien...
Dommage que les allemands n'ont pas eu le temps de tuer tous ceux-là.
Ils aiment la patrie, mais avant tout le ventre plein !
J'étais vraiment idiot !
Je gardais cette populace au block,
je les nourrissais, je risquais ma vie,
je volais la bouffe aux Gitans !
Eh, toi gardien, arrête de te vanter,
Je connais la vérité. Le pain et le beurre c'était pour toi,
et pour eux la soupe.
Et qui les a logé au block ?
Et les boxes propres, les couvertures, les matelas bien remplis, hein ?
Tu crois qu'ils survivraient au camp de travail ?
Tu te souviens du colonel et du moulin à café ?
On fête la fin de guerre,
l'alliance des peuples et lui, il moud, il fait ses galettes et court aux chiottes.
Et maintenant il fait le malin !
Colonel, battez la retraite, Avec votre moulin à galette.
Moulez, moulez votre farine, Vous aurez la Pologne avec la cantine.
C'est mon poème. Pas mal, vous ne trouvez pas ?
Vous n'avez pas honte ? Je vous croyez intelligent !
On nous a dit de nous assembler et de ne pas nous brouiller.
C'est la discorde qui nous perdra.
Vous avez lu trop de livres d'auteurs émigrés.
Maintenant vous savourez votre soupe et vous pelotez les femmes allemandes.
- Espèce de bâtard communiste... - Ça vous brûle tant, la nouvelle Pologne ?
Monsieur l'officier ne l'accepte pas, monsieur voudrais porter le drapeau ?
- Finis vos gouvernements ! - Tu préfères les leurs, alors vas-y !
Oui. Mais je vais rester encore un peu pour mieux retenir vos faces !
Et je vous attendrai.
Tu auras beau attendre, espèce de traître communiste.
Retire ça !
Je te dis : retire ça !
Maintenant c'est moi qui vais te faire un tatouage.
Écoutez-moi ça !
Il m'est inconnu le marché noir, autant que les cafés à la mode...
Laisse ça !
Rends-moi mon poème !
Mes vers, n'aspirent pas à la gloire, ils naissent dans mes pensées funèbres.
Mes amis sont morts, tombés à la bataille,
et moi, je parlais de Libert, de Staff, d'épithètes et rimes.
Mes vers et mon amour, autant que cette vie pale et ternie,
auraient peut-être une moindre excuse si j'avais tué un seul ennemi !
Il faut préparer la briffe, les gars.
Demi-tour !
Vous ne savez pas comment ça se fait ? En tournant à gauche !
Tirez-vous d'ici ! Éteignez-moi ce feu !
Vous allez brûler la caserne.
Il est interdit de cuisiner à la dérobée.
Un polonais ne se conduit pas de cette manière. Fous-moi le camp.
Donne-nous des rations plus généreuses, salaud et je ne ferai plus la cuisine.
Tu crois que j'aime ça ?
Vas-y, goûte !
Tu vois ?
Si tu ne piquais pas la bouffe, je n'aurais pas à cuisiner.
Tu avales notre beurre et tu me prives de quelques galettes ?
Arrête de m'offenser. Tu sais bien que tu as tort.
Tu ferais mieux de sortir un peu, prendre de l'air.
Ceux qui bouffent des rations doubles et nourrissent les filles allemandes
savent savourer l'air frais.
Je suis très bien ici.
Et ceux qui sont gênés par la fumée, n'ont qu'à partir, la voie est libre !
Peut-être tu seras mieux ailleurs.
Tu seras mis en retenue. Ça te changera les idées.
Avance !
- Salaud ! - Conduisez-le en cabane !
À vos ordres ! Je dirai au sergent,
qu'il a voulu battre un policier, et après je file...
chercher du saucisson, du pain et du papier à lettre.
Arrêtez ! Emmenez-le !
N'essaye pas de te sauver, sinon je te casse la figure !
Je suis en retenue dans ce cachot, pour avoir cuit des galettes.
Mon général, le groupement est prêt pour la messe.
Salut les soldats !
Camarade...
Quoi ?
Le livre.
Écoute-moi...
À quoi bon toutes ces démonstrations, je sais bien, que tu y étais déjà.
Tu peux toujours venir chez moi, je te donnerai quelques chose à manger.
Aujourd'hui il y a du goulache.
C'est écrit : "l'homme ne vit pas seulement de pain..."
Exactement. Et toi, tu ne penses qu'à la bouffe.
Tu reçois la même ration que les autres.
Il faut que tu comprennes, que tu es enfin libre.
Pourquoi cette obsession de camp ? Viens.
Je connais tes poèmes. J'apprécie.
Je suis curieux qui vous les a donnés ?
On me les a donnés. Partons d'ici. Je vais te faire libérer.
Vous me direz oui ou merde qui vous a donné mes poèmes !
Quel est ce fumier...
Regarde.
Pour eux cette rampe est une étape de leur voyage à l'Ouest.
Pour ceux, dont les os reposent dans l'étang,
c'était le terminus.
Notre Seigneur, Toi qui veillais...
des siècles entiers, sur notre patrie,
Toi, qui la couvrais...
d'un éclat de gloire,
Toi, qui la protégeais,
Avec ton défenseur écu,
Des épreuves douloureuses
Qui nous menaçaient...
Devant ton autel,
Nous venons te supplier
Restitue-nous, Seigneur...
Notre patrie libre.
Eh bien, vous prenez part quand même
à ce culte national et divin.
Des âmes des défunts, tu construis la hampe de l'étendard.
Le mystère est fini.
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