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On arrive, oui. Bien.
Tu viens à sa soirée après ?
Il y a des chances. Et toi ?
Faut voir... Tu sais à quelle heure ça finit ?
Non, pas du tout.
On y est.
Ravis de vous rencontrer, Monsieur Darin !
On a une interview avec l'agence de presse demain.
- Demain ? Tu rigoles ? - Je sais bien. Ce sera pas long !
C'est ma soirée avec la famille ! Tu sais que c'est important pour nous !
- Je peux avoir un autographe ? - Voilà. Bonne soirée !
Je ne te demande pas plus que deux minutes !
C'est le seul soir où je ne veux pas avoir à faire ce genre de truc !
On fête mon anniversaire de mariage, je te rappelle !
C'est important ! Ils t'ont raté en Floride, on ne peut plus les éviter !
Bonne chance, Bobby !
Je te le rappellerai demain matin.
Salut Bobby ! Bonne soirée !
- Salut Charlie ! - Donne-moi tes lunettes. Parfait.
Et maintenant Mesdames et Messieurs,
ce soir, pour son dixième anniversaire dans le show-business
le Coconut Grove est fier d'accueillir le seul,
l'unique Bobby Darin !
Merci ! Trois suppositions. Faux !
Stop ! Stop ! Richie ! Stop ! Stop ! Arrêtez ! Arrêtez !
OK, on reprend du début, je veux la refaire.
Allons, tu plaisantes ! C'était parfait !
Non, je veux recommencer, je peux faire mieux.
Tu te rends compte du temps qu'il faudra pour tout remettre en place ?
Je ne sais pas si mes lèvres vont encore pouvoir tenir longtemps !
Quand tu joueras correctement, on s'arrêtera,
mais si tu continues à saloper le boulot
comme tu l'as fait toute cette après-midi,
on recommencera encore et encore jusqu'à ce que ce soit parfait !
Mais, Bobby, les gars sont crevés, c'est tout !
Et moi, alors ! Allez, préviens tout le monde.
Mesdames et Messieurs, vous pourrez partir dans quelques minutes, mais...
Attendez !
S'il vous plaît, restez assis jusqu'au départ de M. Darin, merci.
La sonnerie s'il vous plaît !
Bobby ! On ne peut pas recommencer cette prise, comme ça, sans arrêt !
Écoute, si Bobby dit qu'il peut faire mieux c'est que c'est vrai !
- Mais il agresse tout le monde ! - Laisse-le se détendre un peu.
Monsieur Darin, vous voulez tout reprendre du début ?
Bobby, tu sais que la presse est là, aujourd'hui.
Accorde leur une minute, tu veux !
On reprend dans dix minutes ! Que personne ne s'éloigne !
- Comment tu te sens ? - J'en sais rien, Charlie.
Allez, te fais pas de bile ! Viens. Il faut y retourner.
Assemble ces deux morceaux, je regarderai ça après le dîner.
Monsieur Darin ! David a dit que je peux vous parler aujourd'hui.
- On peut faire ça maintenant ? - Il est occupé, là !
M. Darin, personne n'a encore jamais fait un film sur sa propre vie.
Bien sûr que ça a déjà été fait ! C'est un autoportrait, mais en film !
Vous pensez vraiment pouvoir être objectif sur votre propre vie ?
Écoutez ! Quand il était petit, on lui a appris à ne jamais mentir,
- Et c'est ce qu'il fait ! - Excusez-moi, mais... qui êtes-vous ?
Son beau-frère ! Et si vous le cherchez, vous aurez affaire à moi !
Je ne cherche personne, Monsieur ! Mais honnêtement, admettez-le !
Il est trop vieux pour ce rôle !
Il est né pour interpréter ce rôle et vous le savez très bien !
Fichez le camp d'ici !
- Merci Charlie ! - Quelle connerie !
Tu serais trop âgé pour jouer ton propre rôle ?! Allez, viens, on y va.
OK tout le monde ! On change le début.
- Quoi ? Et pourquoi, Bobby ? - Commencer par Mackie, c'est risqué !
Au contraire, commencer par celle-là, c'est courageux !
Le message c'est : vous voulez voir ce dont je suis capable ? Me voilà !
Non ! C'est une erreur !
Et si on faisait "Hello, young lovers" ?
Commence donc avec le début de ta maladie !
Nina, c'est son histoire, laisse-lui le temps d'y réfléchir !
Non ! N'essaie pas de me faire taire, je sais ce qui est important, moi !
Tout a commencé quand il est tombé malade.
Nina arrête, s'il te plaît !
On devrait commencer par la fois où je me suis fait huer sur scène.
Enfin ! Personne ne viendra te voir te faire huer et sortir de scène !
Restes-en à tes succès ! C'est ça qui qui se vend !
Comment tu sais ce que les gens viendront voir, Boum-Boum ?
Depuis quand es-tu expert ?
- Bien vu, Bobby ! - Nina !
Dis donc ! Je te connais depuis toujours, alors pour tes affaires,
je suis l'expert numéro 1 !
Foutaises !
- C'est qui celui-là ? - Le gamin qui joue Bobby enfant.
- Eh ! Descends de là, petit ! - Je vais le chercher !
On n'est pas prêts pour ta scène !
Attendez les gars. J'aimerais savoir ce qu'il a à nous dire.
Qu'est-ce que tu viens de dire ?
J'ai dit "foutaises !"
Qu'est-ce qui est des foutaises ?
Que vous le connaissez mieux que tout le monde !
Génial ! Un mini Bobby, acteur, en plus ! J'ai besoin d'un verre !
- Marrant, c'est Bobby tout craché ! - Oui, il lui ressemble vraiment !
Je reviens tout de suite !
Oh non, c'est reparti !
Alors c'est toi qui joues mon rôle !
Je ne joue pas, je suis toi !
Tu crois vraiment me connaître ?
Je te connais mieux qu'aucun d'entre eux !
Même en la refaisant cent fois, ce ne sera jamais assez bon pour lui !
Qu'il s'en prenne à moi, ça je peux l'admettre...
Mais qu'il crie sur les gars, non ! Ils bossent comme des fous pour lui !
Je n'ai jamais travaillé avec un enfoiré aussi arrogant !
Écoute-moi, petite merde !
Il y a quatre personnes, ici, qui ne peuvent pas être renvoyées !
Et toi, tu ne fais pas partie des quatre !
C'est peut-être bien un enfoiré,
mais c'est pour lui qu'on bosse !
Regardez ! Il s'est trouvé lui-même !
On devrait commencer par quoi alors ?
Tu veux de la vérité ? Je vais te donner de la vérité !
Attends ! Cours pas si vite !
Le gamin a raison. C'est là qu'il faut commencer.
Dans la rue où j'ai grandi avec ma sur Nina, mon beau-frère Charlie,
et la personne la plus importante à mes yeux, ma mère Polly.
Madame Cassotto, je suis désolé de devoir vous l'annoncer...
Votre fils souffre de rhumatisme articulaire.
- Qu'est-ce que c'est ? - Une sorte d'infection aiguë.
Pourquoi c'est si douloureux ?
Le rhumatisme articulaire endommage le cur.
Cela affecte aussi les articulations et les muscles.
Que peut-on faire pour le soulager, Docteur ?
Donnez-lui simplement tout le confort possible.
Dites-nous la vérité !
La vérité est toujours une bonne chose !
Même avec le meilleur traitement médical au monde,
il aura beaucoup de chance s'il atteint ses quinze ans !
Qu'est-ce que tu fais là, Bobby ?
Allons viens dans mes bras. Cet homme ne sait pas de quoi il parle.
Il faut te recoucher, viens !
Maman, parle-moi de mon père !
Allons, tu sais déjà tout à son sujet ! Dors, maintenant !
Mais j'adore quand tu me parles de lui !
Eh bien... Sam Cassotto était un homme très important.
C'était un excellent ébéniste !
Mais un jour il s'est mis à travailler pour un autre homme.
- Qui était un gangster. - Walden Robert Cassotto !
C'était un homme d'affaires !
Je croyais que tu disais que la vérité était toujours bonne à dire !
OK, tu as raison. Mais pour notre famille, il n'a jamais rien fait !
Ton père, par contre, Sam Cassotto était un homme loyal et généreux.
Et il aurait été très fier de toi !
Et ne faites pas de bruit ! Je veux que ce soit une surprise.
Ne réveillez pas le gosse !
Ça va pas, non ? Que fichez-vous au milieu de la rue ! Imbéciles !
Si tu réveilles mon gosse, je te fous ton klaxon dans le cul !
Tu sais, avant la naissance de ta sur, je gagnais ma vie comme ça !
La musique m'a ouvert les portes d'un tout nouveau monde !
Même si je me sens mal, que je sois triste ou malade,
il suffit que je pose mes doigts sur ces touches et pouh !...
Comme par magie, tout de suite je me sens nettement mieux !
J'ai toujours su que tu avais du talent, Bobby ! Ce piano est à toi !
Charlie a travaillé dur pour l'acheter !
Dieu t'a fait souffrir, mais il comptait se rattraper plus tard !
Maman avait raison au sujet de la musique :
elle m'ouvrit les portes d'un monde nouveau,
extérieur au temps et à la maladie.
Un monde où je pouvais vivre.
Je savais que si j'atteignais les dix ans,
je pourrais peut-être atteindre les quinze, puis même les vingt ans !
De ce moment, la musique devint la chose la plus importante de ma vie.
Maman me montra les pas qu'elle avait appris dans les vaudevilles
qui faisaient se démarquer les grands artistes.
Je passais la plupart de mes journées cloué au lit par la fièvre,
mais dès que j'en avais la force, on s'exerçait encore et encore !
Jusqu'à ce que soit créé ce qu'elle appela "Le Plan !"
J'allais bientôt être assez grand pour aller à New York,
mais maman avait encore quelque chose à m'apprendre.
Quoi ?
Tu n'as pas dansé dans la rue comme ça !
Je le sais ! C'est de la fantaisie, de l'imaginaire !
- Mais ce n'est pas vrai ! - Oublie la réalité !
Écoute, gamin ! Les souvenirs sont comme des rayons de lune.
On en fait ce qu'on veut !
OK, dans ce cas, continue !
Je reste dans le coin si t'as besoin de moi !
Une partie du plan de ma mère, c'était de m'entourer des meilleurs !
Du coup, j'ai eu un manager qui n'avait jamais fait ça de sa vie :
Steve "Boum Boum" Blauner.
Un attaché aux relations publiques
qui n'avait jamais eu de relations avec le public : David Gershenson.
Dick Berke, qui n'avait jamais dirigé que l'orchestre du lycée,
et mon beau-frère Charlie, éboueur, comme serviteur.
Ce n'est plus l'orchestre du Lycée, hein Bobby !
Quand on vient de rien comme nous, ou lui, là,
on n'a pas d'autre choix que de se faire un nom.
C'est ce qu'on va faire, Richie. Et on y arrivera.
Va là-bas ! Va jusqu'à ces nanas là-bas ! Allez, va ! Va ! Va !
Hé les filles ! Vous voulez voir une vraie star ?
Et donc, pendant que Sinatra jouait à guichet fermé au Copa,
Walden Robert Cassotto se produisait partout où on l'engageait :
aux bar-mitsvah, mariages, et quelques rades de Long Island.
- Eh gamin ! T'es pas Sinatra. - Stop ! Stop !
Ce sont des paresseux ! Ils n'aiment pas répéter !!
Ils ne s'améliorent pas en répétant ! Je perds mon temps !
- Ce n'est que le Safari-Club ! - Peu importe !
Vire-les, Bobby ! Ils ne sont pas à ta hauteur !
Sur deux de nos trois chansons, ils ne tiennent même pas le rythme !
La semaine dernière, tu savais pas ce qu'était un fa dièse,
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