முதல் 200 வரிகள்.
L'hiver 1938.
Un an avant le début de la Seconde Guerre mondiale,
et Paris était encore un îlot de lumière dans l'obscurité de l'Europe.
Et partout, les hommes voyaient le nouveau citoyen européen...
le réfugié.
Et dans les rues,
les réfugiés politiques côtoyaient les réfugiés de la vie.
Et nul ne se souciait si ces hommes et ces femmes vivaient ou mouraient.
Ainsi l'histoire préparait la fin d'une époque
et le début de notre époque.
Votre ami s'est échappé.
Halte !
Sybil Fildorf.
Elle n'a rien à voir avec ça.
Sybil Fildorf.
Elle n'a jamais rien su.
- Sybil Fildorf. - Je la connais à peine.
Sybil Fildorf !
- Que s'est-il passé sur la route ? - Je ne sais pas.
Tu ne sais pas, tu ne sais pas. Dis-moi ce que tu sais.
Elle ne sait rien. Il n'y a rien à savoir.
Elle saura.
Le fouet !
- Tu sais. - Je ne sais pas.
- Une cigarette, Sybil ? - Oui.
Cigarettes Oziri. Elles sont à filtre doré.
Vous nous avez causé des ennuis inutiles.
Ja, elle est morte.
Vous aviez raison, elle ne savait rien.
C'est dommage.
Toutes mes excuses.
- Votre addition, monsieur. - Certainement.
Ce raid,
la police a arrêté ce Polyanski dans un bistrot.
Il leur a dit où il habitait.
Ils ont pris quelqu'un d'autre ?
Non, non.
Mme Favier a réussi à les faire descendre tous à la cave.
Ah, bonsoir, Colonel. Docteur Ravic.
Bonsoir.
Bonsoir.
Faisons une partie de billard, hein ?
La police sera sans doute occupée au-dessus un certain temps.
D'accord.
- Nom ? - Mueller. - Ne vous mêlez pas de ça.
- Nom ? - Polyanski.
Vladislav Polyanski ?
Vous ignoriez qu'il n'avait pas de papiers ?
Je n'étais pas là quand il s'est inscrit.
Alois, si tu laisses un autre s'inscrire sans papiers...
Peu importe..
Ce n'est pas votre premier délit.
Désolé, mais cette fois, vous aurez 6 mois avant dêtre expulsé.
La prochaine fois, ce sera pire.
C'est la loi.
J'ai vu Haake.
- Encore ? Tu es sûr ? - Oui.
- Il t'a vu ? - Non.
Tu crois qu'il te reconnaîtrait s'il te voyait ?
- Il me croit mort. - Heureusement pour tes amis chez toi.
Il a reconnu Krauss.
Krauss n'a plus d'amis.
Des fantômes...
Je pensais avoir dépassé ce stade maintenant.
On ne le dépasse jamais.
J'attends toujours trois franco-espagnols.
C'est mon rêve.
Tout le monde dans cette pièce a son rêve.
Rappaport, là-bas...
il rêve qu'ils lui arrachent ses ongles à nouveau.
Krings... rêve qu'ils le poursuivent sur Unter der Linden.
Il court et court, mais ils l'attrapent toujours.
Schultz...
ses amis l'appellent l'Oiseau de la Mort.
Il rêve de la prochaine catastrophe.
Il a quitté Berlin deux semaines avant l'arrivée d'Hitler au pouvoir.
Il a quitté Vienne trois jours avant l'arrivée des nazis.
Mon rêve est le visage de Sybil après qu'ils en aient fini avec elle.
Elle ne pouvait rien avouer, elle ne savait rien.
Elle n'était pas au courant, elle ne m'était rien de plus que...
qu'un beau tableau.
Ils croyaient qu'elle craquerait, mais elle n'a pas craqué.
Elle les a laissés la tuer, sous mes yeux.
Haake l'a tuée.
Elle avait un courage énorme, mais pas une grande force.
Elle a tenu très peu de temps.
Tu auras ta vengeance, Ravic. Ces crimes ne peuvent rester impunis.
Une vengeance ? Non. Pas la vengeance.
La vengeance est une chose personnelle, quelque chose de plus grand.
Le visage de Sybil est le symbole de milliers de visages battus.
Haake ne doit jamais quitter la France.
Chaque fois qu'il retourne à Berlin...
des innocents meurent. Ils meurent par centaines.
Laissez-moi.
Laissez-moi partir.
Partir où ?
Laissez-moi tranquille.
Vous n'allez pas bien.
Je vous trouve un taxi pour rentrer chez vous.
- Quoi ? - Vous m'avez entendu ?
Je vous appelle un taxi et je vous envoie chez vous, votre hôtel...
Hôtel ?
- Ou bien là où vous habitez. - Non, pas mon hôtel.
Alors où ?
Ecoutez, si vous pensiez vous baigner, ne le faites pas.
C'est la mauvaise période de l'année, l'eau est trop froide.
Je n'y avais pas pensé.
Alors, je ne serai pas responsable de vous avoir mis des idées en tête.
Venez.
Je connais un petit endroit au coin de la rue.
Il vous faut un verre pour vous réchauffer.
Allez, venez.
Le pont sera toujours là.
Que voulez-vous boire ?
- N'importe quoi. - Deux Calvados.
- Et un paquet de Chesterfields. - Seulement français.
- Alors un paquet de Laurents. Vert. - Seulement bleu.
Très bien, bleu.
Il me reste peut-être du vert.
Vert. J'en ai trouvé un finalement.
- Vous étiez dans la marine ? - Non, le cirque.
Encore mieux.
Tenez. Buvez ça.
Buvez tout d'un coup.
Pendant un instant, vous aurez l'illusion
de vivre dans un pays chaud et sec.
Par où allez-vous ?
Je ne sais pas.
- Où habitez-vous ? - Je ne peux pas y aller, pas là.
Vous ne connaissez personne chez qui aller ?
Vous pourriez les appeler d'ici.
Non.
- Non, il n'y a personne. - Mais vous devez aller quelque part.
Vous n'avez pas d'argent pour une chambre ?
- Si, j'en ai. - Alors allez à l'hôtel.
Vous devez aller quelque part,
vous ne pouvez pas rester dehors sous cette pluie.
Oui, vous avez raison.
Vous avez tout à fait raison. Ne vous inquiétez plus pour moi.
Je vais trouver un endroit.
Merci pour tout.
Très bien.
Venez avec moi. On va vous trouver quelque chose.
Merci.
Cette pièce était vide hier.
Mme Favier a dû la verrouiller pour que les punaises ne s'échappent pas.
Asseyez-vous un instant. Je vais essayer par le balcon.
Impossible. La fenêtre est verrouillée aussi.
Je peux m'asseoir ici un moment ?
Vous pouvez dormir ici. C'est le plus simple.
- Vous auriez dû me laisser dans la rue. - Vous ne me gênerez pas.
Ce n'est pas la première fois que quelqu'un reste ici toute la nuit.
Parce qu'il n'avait nulle part ailleurs où aller.
C'est un hôtel pour les réfugiés,
des gens dont les têtes sont mises à prix,
des gens qui se pendent le lendemain matin
ou partent au Pérou.
Vous pouvez prendre le lit.
Je dormirai sur le canapé, j'ai l'habitude.
Non, je vais...
Je vais rester où je suis.
Si je peux seulement m'asseoir ici, ça ira.
Comme vous voulez.
Vous devriez enlever votre manteau.
Il est trempé. Votre chapeau aussi.
Maintenant, vos chaussures.
Enlevez vos bas.
Je vais vous trouver une paire de bas en laine.
"Dans les moments critiques, veille à ton confort."
C'est une vieille maxime de soldat.
Oh, oui, Veber.
J'arrive tout de suite.
Il faut que je sorte.
C'est bon. Vous pouvez rester ici.
- Je ne peux pas venir avec vous ? - Non, impossible.
Restez ici et prenez tout ce dont vous avez besoin.
Tenez.
Vous trouverez un pyjama dans le tiroir du bas.
S'il vous plaît, je peux laisser la lumière allumée ?
Je n'allais pas l'éteindre.
Je connais ce sentiment.
Lucien...
Où est mon Lucien ?
- Comment est-elle ? - Pouls, 100.
Tension, 110 - 80.
Le pouls est faible et filant, 140.
Tension, 70 - 40.
Je ne trouve pas sa tension.
Elle est partie ?
Oui.
Tu as fait tout ce que tu pouvais, Ravic.
On ne peut pas gagner contre les charlatans.
L'amour... ta formule magique est partout.
Le bracelet à sa cheville indique, "Toujours, Lucien."
Où est Lucien maintenant ?
21 ans, Veber.
21 ans...
La dignité de l'homme, la beauté de la femme...
L'innocence et la subtilité de l'amour...
un charlatan dans une cave sale...
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