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Allez !
Allez !
BAS LES CŒURS*
Le poisson, monsieur Merlin !
Le poisson !
Attrapez-le, monsieur Merlin. Allez !
- Il est beau. - Il est beau, hein ?
On le rejette à l'eau ?
- Il est beau. - Bonne pêche.
Mon cher Barbier, je vous ai fait venir
par cette belle journée
où notre armée part faire son devoir contre l'ennemi prussien.
Mme Moreau ici présente a rédigé son testament.
Dans un premier temps,
Mme Moreau octroie la somme de 50 000 francs
pour l'établissement de la dot de votre fille Louise.
Dans un second temps, Mme Moreau lègue un tiers
de sa fortune à votre fils Jean,
un tiers à votre fille Louise,
et le troisième tiers
aux Soeurs de la Charité de Saint-Jean-Pied-de-Port,
d'où elle est native.
Vous voulez bien signer, chère Hortense ?
Merci.
Merci.
VERSAILLES GRANDE PLACE DU MARCHÉ*
Allez-y ! Vive la nation ! Allez !
À Berlin !
Vive l'armée française !
Vive la France !
Vive la nation !
Vive l'armée !
Vive l'empereur !
Mon petit Jean, c'est la plus belle journée de ma vie.
La France part enfin en guerre !
Vive l'armée et la France !
Et ton avenir est assuré.
Vive l'empereur !
Monsieur Pion ! Monsieur Pion !
Vive l'empereur !
- Vive l'empereur ! Vive la France ! - À Berlin !
Jules, quelle chance, tu vas défendre la France !
Va-t'en !
Courage, Jules ! À Berlin !
À Berlin !
Tu sais,
il est juste parti faire son devoir.
Ma chérie, ne pleure pas.
J'ai ta dot.
Monsieur Merlin ?
Monsieur Merlin ?
Reste pas ici.
Vous venez pas au défilé ?
- Pour entendre tous ces crétins ? - Pourquoi des "crétins" ?
Parce qu'il faut être crétin, pour crier "Vive la guerre !"
Il faut bien défendre le pays.
Je te parle de la guerre, qui est une saloperie,
et des ordures qui la défendent.
Je croyais que vous étiez un patriote.
"Un patriote" !
Mais mon pauvre, le patriotisme, c'est une supercherie.
De la merde !
C'est pas vrai.
Allez, rentre chez toi.
Vous êtes un salaud d'anarchiste !
Au lieu de répéter bêtement ce que dit ton père,
écoute ce que je vais te dire.
Un jour, tu penseras comme moi, parce que t'es intelligent.
Jamais, monsieur Merlin. Jamais !
Vous êtes un mauvais Français.
Vous êtes un traître !
Vous voulez même pas qu'on gagne.
Allez, va rejoindre les tiens, mon petit.
Retourne au pays des tambours.
Et prie pour que ça dure.
Salaud !
Voilà ! Voilà ! J'arrive.
Allez me chercher votre patron.
Mon cher beau-père !
Parvenu.
Parfaitement. Vous êtes un filou, une canaille !
Vous n'avez jamais payé sa dot. Et maintenant que votre fille
est morte, vous voudriez... - Récupérer mon dû.
Mais ce n'est pas à vous.
- C'est à moi. - Voleur.
Vous êtes un voleur, Barbier. Vous l'avez toujours été.
Pas un voleur de grands chemins, non, pas un casseur de carreaux.
Mais une ordure.
- Une ordure en costume de bourgeois. - Fumier.
- Putois ! - Paysan !
Nouveau riche !
Mon petit Jean !
- Monte dans ta chambre. - Mais non. Reste avec nous.
Tu savais, ça ?
Ton père, l'hypocrite, le Judas,
dans mon dos, il a fait des choses terribles.
- Monte dans ta chambre ! - Mais non. Écoute ton grand-père.
Regarde et juge
ton papa.
Ton beau papa, c'est un traître, un comploteur.
- C'est faux ! - Rends mes sous.
- Ce ne sont pas tes sous. - De ma soeur.
J'aurai rien de son immense fortune ?
Je regarderai passer les zéros sur les billets ?
Ça suffit, tout ça.
- Ordure ! - Tricheur !
Jamais tu ne mettras la main sur l'héritage.
Lâchez-moi !
Je te ferai rendre gorge. Tu le regretteras toute ta vie.
Lâchez-moi ! Catherine !
Mais vous êtes devenus fous, tous les deux. Lâchez-le.
Dehors !
Dehors !
Je m'en vais, Germain. Mais ne te fais pas trop d'illusions.
Tu n'auras rien.
Non, mais vous avez entendu ça ?
Me traiter de "voleur", moi !
Mon mari vient juste de partir.
Violette... Violette, j'ai besoin de vous.
Je suis désespéré.
Pauvre petit ange.
Que se passe-t-il ?
C'est Toussaint, mon beau-père.
- Il veut ma mort. - Votre "mort" ?
Il veut tout me prendre.
Mais je ne le laisserai pas faire.
Il veut ma ruine. Il veut m'assassiner.
Je lui enverrai mon mari, il le tuera.
Vous êtes bonne, Violette.
Vous êtes tout amour.
Votre coeur bat très vite, Germain.
Il peut battre encore plus vite, vous savez.
Mais où m'emmenez-vous, grande séductrice ?
- Adrien ! Que se passe-t-il ? - Ma soeur, c'est la guerre.
- Je m'installe ici. - Pourquoi ?
- Te protéger. - Personne ne m'attaque.
Ça viendra, et vite. Où sont les domestiques ?
Domestiques !
Qui êtes-vous ?
Germaine, la nouvelle bonne de Monsieur.
Tu couches avec ?
Mais je suis la bonne.
Menteuse.
C'est incroyable ! Personne !
Il est temps que je reprenne ça en main.
Vous étiez où, vous ? Hein ?
À l'écurie !
Et plus vite que ça !
Tu n'as plus à te faire de souci. Tes ennuis sont finis.
Qu'est-ce que ça veut dire ? Tu me fais peur.
Tu as mauvaise mine. Je vais m'occuper de toi,
de tes affaires, de ton patrimoine. On va se promener ?
- Mais j'ai besoin de personne. - Le grand air te fera du bien.
Tu me fais mal.
- Attends... - Rien de tel que le grand air.
- Attends. - Respire, ça fait du bien.
Mais si, ça fait du bien.
La victoire !
La victoire !
La victoire !
La victoire !
La victoire
En chantant
Nous ouvre la barrière
La liberté guide nos pas
La victoire en chantant
Messieurs, écoutez-moi !
Écoutez-moi, l'empereur est à Metz !
Sarrebruck est tombé.
Les Allemands reculent !
Nous gagnons. Nous gagnons partout. Nous sommes les plus forts.
À bas Thiers et les députés défaitistes !
À bas Thiers !
Monsieur Beaugrain !
Vous vous êtes déguisé ?
Je suis capitaine de réserve.
Quand la France a besoin de moi, je suis là.
Alors buvons !
- À la guerre ! - Ah non.
À la victoire.
La victoire en chantant
Le Figaro*
On perd partout.
Où ça ?
À Wissembourg, à Morsbronn.
À Borny, aussi.
Qu'est-ce que ça peut faire ? On sait pas où c'est.
À Saint-Privat.
On est écrasés.
Le journal de papa.
Il va être furieux.
On n'a même plus de clous. Tout part à l'armée.
Même le bois n'arrive plus.
Si ça continue, c'est la faillite.
L'armée prussienne marche sur Paris.
Ils vont massacrer tout le monde.
Ne parlez pas de malheur, monsieur Barbier.
Nous avons peut-être perdu la première manche...
Et la revanche aussi.
Oui. Mais il nous reste la belle.
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