முதல் 200 வரிகள்.
LA CHAMBRE D'À CÔTÉ
- Bonjour. Vous allez bien ? - Ça va, merci.
C'est pour qui ?
Bobbi, avec un "i".
Selon le prologue,
vous avez écrit ce livre pour comprendre et accepter la mort.
Elle est contre-nature, à mon sens.
Je refuse qu'une chose vivante meure.
Ingrid...
L'heure est écoulée. On a même débordé.
Il y a encore du monde qui attend.
On fait comme tu veux.
Vous me le dédicacez ?
Stella ! Je ne t'avais pas vue.
Il fallait venir directement.
Je n'ai pas osé. Tu attires les foules !
Plein de jeunes, et pas que des femmes.
Voici Anh. Mon amie Stella.
Enchantée.
Je reste, je veux tous les signer.
Je vais m'assurer que la file s'arrête.
Ça fait une éternité !
J'ai déménagé à Boston.
Je suis venue voir mon fils
et rendre visite à Martha à l'hôpital.
Tu sais qu'elle a un cancer ? Un méchant.
Martha ?
Martha Hunt ?
Elle est au Manhattan Memorial. Tu ne savais pas ?
Je ne l'ai pas vue depuis des années.
Martha est malade ? C'est inconcevable.
Va la voir, elle serait ravie.
Bien sûr.
Je n'y manquerai pas.
Un grand merci d'être venue, vraiment.
Félicitations.
À bientôt.
C'est pour qui ?
Frances.
C'est vous ?
Non, c'est ma copine. Elle vous admire beaucoup.
Moi aussi.
Vous pourriez écrire :
"Ça n'arrivera plus" ?
Oui, je peux.
Merci. Ça n'arrivera plus.
J'espère bien.
Je viens voir Martha Hunt.
Au 16e étage, je crois.
Une seconde.
Chambre 1614.
L'ascenseur est au bout du couloir, à gauche.
Martha ?
Ingrid !
Quelle surprise !
Comment tu l'as appris ?
J'ai croisé Stella et elle me l'a dit.
Je suis navrée. J'ignorais que tu étais malade.
Tu sais, toi avec ton travail, et moi avec le mien...
Le temps nous a échappé.
Oui. Et j'habitais à Paris.
C'est ce que j'ai appris. Je te suis.
Tu as publié un nouveau livre qui marche très bien.
Merci.
Comment tu vas ?
Tu dois en avoir assez de le raconter.
C'est un cancer du col de l'utérus,
stade trois.
Ce n'est plus opérable, mais je suis sous traitement.
Apparemment, je ne vais pas encore mourir.
Je sers de cobaye
pour un nouveau traitement,
et le résultat dépasse leurs attentes.
Super !
Je vois que tu as le moral.
J'oscille entre euphorie et dépression.
- Je suis navrée. - C'est normal.
Les médecins m'avaient prévenue
qu'il y aurait des hauts et des bas.
Ça peut sembler absurde,
mais après l'acceptation et la préparation pour affronter la fin,
la survie est presque décevante.
Arrête.
J'étais prête à partir.
D'ailleurs,
quand j'ai eu le diagnostic, j'ai hésité à subir des traitements.
Ravie que tu aies changé d'avis.
Parce que rien que l'idée que...
sans que je le sache...
Bref, je me suis rendu compte
que je n'étais pas prête à quitter la fête si tôt.
Mais je m'étais vraiment faite à l'idée.
C'est peut-être bien de se faire à l'idée,
mais sans baisser les bras.
Tu as vécu d'autres guerres.
Je vis avec tous les jours.
Ingrid,
je suis si heureuse de te voir !
J'ai failli t'appeler mille fois.
Moi, pareil.
C'est idiot qu'on ne se soit pas vues.
Je promets de venir jusqu'à t'en écœurer.
Vraiment ?
Tu le promets ?
Je te prends au mot.
Ta fille le sait, je suppose.
Quand j'hésitais à me soumettre à des traitements,
je le lui ai dit.
Elle m'a simplement répondu :
"C'est ton choix."
Point.
Comme si c'était sans importance,
que ça ne la concernait pas.
Comment ça va entre vous ?
Comme d'habitude. On garde à peine le contact.
Elle fait quoi ?
Elle se débrouille bien.
Elle est agente de musiciens classiques.
Ça peut paraître horrible,
mais je n'ai pas l'impression que c'est ma fille.
Parfois, je me dis qu'elle a été échangée à la naissance.
Tu plaisantes ? C'est ton portrait craché.
Elle a ton visage.
Je ne l'ai jamais intéressée en tant que mère.
Pourquoi ?
J'étais adolescente quand je l'ai eue.
Je ne savais pas quoi faire d'un bébé.
Et quand on a commencé à travailler pour le magazine,
on vivait pratiquement la nuit.
Tu te souviens du New York des années 80 ?
Ce qui comptait se passait la nuit.
Ensuite, j'ai débuté comme reporter de guerre.
Je voyageais sans arrêt,
et ça n'a pas aidé.
Mon travail a pris toute la place.
Je n'ai jamais été ce qu'une mère est censée être.
Mais Michelle avait commencé à me haïr
bien avant que je m'absente autant.
Je ressentais déjà sa rancune quand elle était petite.
Elle était on ne peut plus claire.
Elle ne supportait pas
de ne pas avoir de père.
Elle voyait les autres petites filles avec leur père
et elle posait des questions sur le sien.
Au début, je lui ai dit que j'ignorais qui il était,
mais ça n'a fait qu'aggraver les choses.
Je lui mentais.
Je savais très bien qui était son père.
Il s'appelait Fred.
On s'est fréquentés plusieurs mois, avant qu'il ne soit enrôlé.
Il est allé se battre au front,
à la fin de la guerre du Vietnam.
Quand il est revenu, un an plus tard,
c'était une autre personne.
Fred ! Qu'est-ce qui s'est passé ?
Comme un jouet cassé.
Tout va bien, je suis là.
C'est fini, maintenant, tu es revenu.
C'est pas fini pour moi.
La guerre est toujours dans ma tête.
J'arrive pas à m'en débarrasser.
J'ai des hallucinations tous les jours.
Là-bas, j'étais défoncé pratiquement en permanence.
Je sais pas ce que je vais devenir.
En tout cas, je reste pas ici.
D'accord.
Fais ce que tu veux.
Pense à ce qui est le mieux pour toi.
Merci.
Je peux t'embrasser ?
Michelle est au courant ?
Elle m'a questionnée sur son père dès qu'elle a su parler.
Mais on ne peut pas expliquer ça à un enfant.
À la puberté, elle avait déjà creusé un abîme entre nous.
Ça a forgé son adolescence.
Mais à l'époque, je n'étais plus là.
J'étais à New York avec toi, je menais ma vie.
J'ai revu Fred pour lui expliquer la situation.
J'ai suivi une formation de secouriste.
Comme je suis ex-combattant,
j'ai été engagé dans un hôpital à San Diego.
C'est une bonne nouvelle, non ?
Moi aussi, j'ai une nouvelle à t'annoncer.
Je suis enceinte.
T'es enceinte ?
Oui.
Je comptais déménager la semaine prochaine.
Qu'est-ce qu'on va faire ?
Quoi que je décide, mes parents me soutiendront.
Donc je ne suis pas seule.
Travailler dans un hôpital n'était pas l'idéal,
compte tenu de ses traumas.
C'est comme être à la guerre.
Il lui fallait un psy et un sevrage.
Ça aurait été plus sensé.
Mais il voulait se rendre utile,
pour soulager sa conscience.
Il pensait qu'aider ceux qui étaient entre la vie et la mort
était le meilleur moyen d'apaiser ses démons.
Je me devais de le décharger de toute responsabilité.
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