200 บรรทัดแรก
Le jour se lève.
Il faut rentrer.
À quoi tu penses ?
À rien.
Si, tu as l'air ailleurs.
Mais non, je suis là.
Où veux-tu que je sois ?
Essaie de ne pas arriver trop tard. Je te ferai visiter.
Tu penses ?
Ma mère a prévu d'être là dès l'ouverture.
Attends que je sois loin d'elle avant de me rejoindre.
Il faudra qu'elle s'y fasse.
On habiterait dans la conserverie, comme ton père et toi ?
Tu verras, la maison est vraiment bien.
Sonia ?
On m'envisage
Comme une fille que je ne suis pas
Je m'exile
Mille et une nuits m'éloignent de toi
On m'envisage
Comme une fille que je ne suis pas
Je m'exile
Si fragile.
Mille et une nuits m'éloignent de toi
- Qu'est-ce que vous faites ? - Rien.
Allez, va-t'en de mon lit.
Va voir dans la cuisine, il y a une surprise.
On s'est décidés à la dernière minute.
Il ne manquait plus que ça.
Enlève le stérilisateur. Je vais changer la bouteille de gaz.
C'est dingue, ce qu'il a grandi en un an.
Tu as vu le portail ? Il est prêt à être posé.
Bonjour, Patrick. Vous pourriez m'aider pour le gaz ?
Pourquoi n'avez-vous pas téléphoné ?
Elle s'est décidée subitement hier. Elle voulait vous faire la surprise.
C'est réussi.
C'est l'inauguration du nouveau bâtiment
avec champagne et tout le tralala.
À la conserverie ?
Oui, nous sommes invités. Qu'est-ce qu'on va faire ?
Ne disons rien à Sonia.
Je compte sur vous. Je n'ai pas très envie d'y aller.
Vous nous mettez dans le pétrin, Patrick.
Sonia va beaucoup mieux.
Alors comme ça, Papa a eu une promotion ?
C'est juste un changement de poste.
Tu as entendu ?
Il y a une fête à la conserverie cet après-midi.
Je vais voir si Xavier s'est endormi.
Elle est bien, cette robe.
Tu ne la reconnais pas ? C'était une robe à toi.
Maman essayait de me la raccourcir, mais je la trouve encore trop longue.
Il est déjà parti, Papa ?
Oui.
Il va bien ?
Oui.
C'est qui, ce type avec Patrick ?
C'est Karim. Il habite dans la cabane
en échange de travaux pour la maison.
Bonjour.
Bonjour.
Bonjour, Monsieur. Xavier !
- Bonjour. - Dis bonjour.
Non, il n'a pas envie. Il y a trop de bruit.
C'est quoi, ça ?
On ne l'a pas vu tout à l'heure.
Ça t'amuse, ça fait du bruit ?
Regarde.
Qu'est-ce que tu fais ?
- Ça va pas, la tête ? - Quoi ?
Il aurait pu se blesser. Tu es inconsciente.
Je sais ce que je fais.
Tu sais ce que tu fais ?
Je me demande ce que tu as dans la tête.
- Où tu vas ? - Me promener.
- Et ton gosse ? - Garde-le.
C'est une grande année pour Julien.
Il a fait sa première communion.
Il entre en sixième.
Déjà ? Ça passe vite.
Françoise entre en première. Ça devient sérieux.
Le bac de français à la fin de l'année.
Tu veux faire quoi ?
Chanteuse.
Arrête tes bêtises.
Je n'en sais rien, ou être au chômage.
Elle ne veut pas faire de bac scientifique
alors qu'il y a plus de débouchés.
Dites-lui, Patrick.
Je n'ai pas le niveau.
C'est quoi, cette robe ?
Françoise me l'a prêtée.
Tu n'as plus l'âge de porter ça.
Qu'est-ce que tu racontes ? Elle me va bien.
Patrick, elle te plaît ?
Oui.
Je vais me permettre de retenir
votre attention un instant.
Comme vous le savez,
et comme vous le prouvez par votre présence,
c'est une journée importante pour la conserverie Périllat.
Notre production augmente lentement mais sûrement,
ce qui est promesse de stabilité et d'équilibre,
et ce qui est bon pour l'entreprise est bon pour notre ville.
Une entreprise dynamique est synonyme d'emplois.
Mais le progrès ne vaut que lorsqu'il est partagé par tous.
Notre entreprise grandit, et nos employés avec nous.
J'ai donc décidé de confier notre nouveau secteur d'activité
à Jean Bernimont.
Je sais qu'il en a les capacités et qu'il en a la volonté.
Voilà. Les discours sont mieux lorsqu'ils sont brefs.
Nous allons sabler le champagne. Jean, à toi l'honneur.
Mesdames et Messieurs, en avant pour la visite.
Allez-y.
Vous m'avez fait une surprise.
Je n'aurais pas voulu manquer ça.
Vous êtes des cachottiers.
C'est immense.
Mille mètres carrés.
Ce n'est pas la crise pour tous.
Je te reconnais bien, là.
- Bonjour, Sonia. - Bonjour.
- Patrick. - Bonjour.
C'est une fille ?
Non, un garçon. Il s'appelle Xavier.
Je vous présente Chantal.
Nous allons nous marier.
- Félicitations. - Merci.
Il faut que j'aille faire visiter.
Je viens avec toi.
C'est toi, là ?
Oui, avec ma mère et mon père.
Elle était belle.
Un jour, ça sera mon bureau.
À 16 ans, tu pourras être secrétaire ici.
On bossera ensemble.
Il y a ta belle-mère comme secrétaire.
Ce n'est pas ma belle-mère.
Elle ne mettra jamais les pieds à la maison.
Tu exagères toujours tout.
Ton père a l'air heureux.
Tu en sais quoi ?
Occupe-toi de ton père.
- Justement, j'y vais. - Je plaisante. Reste.
- Comment tu vas ? - Bien.
Tout va bien.
C'est avec Patrick que ça ne va pas ?
Non, je t'assure, tout va bien.
Tu te souviens
quand tu passais me chercher à midi
et qu'on allait boire le café ?
Tu te rappelles ?
Et quand, en sortant de l'usine,
on allait chercher Françoise à l'école ?
Merde, il y a le maire. Il faut que j'y aille.
Tu me diras tout ça ce soir, Sonia.
Vas-y.
Ne bois pas trop, Sonia, c'est ton troisième verre.
L'alcool avec tes médicaments, c'est mauvais.
On n'a qu'une vie.
Tu m'accompagnes ?
Je vais changer Xavier.
- J'y vais. - Non, laisse.
Va visiter l'usine avec Maman.
Je reviens. Je n'en ai pas pour longtemps.
Que fais-tu là ?
Les souvenirs.
Ça n'a pas tellement changé.
Tu viens ?
Non, attends, je voulais te parler.
J'ai quelque chose à te montrer.
Tu te souviens ?
C'est toi qui me l'avais offerte.
Ma bague de fiançailles.
Tiens.
- Pourquoi tu me la donnes ? - Je suis trop vieille pour ça.
Je l'ai retrouvée dans un carton.
Je me suis dit que ça t'amuserait de l'avoir
pour penser à moi de temps en temps, si ça ne t'est pas trop pénible.
Ne dis pas de bêtises.
Où est Sonia ?
Elle est là-haut. Elle va revenir.
Julien, viens, on y va.
S'il n'arrête pas de boire, je le fous à la porte.
Il ne tient même plus debout.
Voilà comment je suis remercié.
Laisse-moi rire. Remercié de quoi ?
C'est à toi de le remercier.
C'était un de mes meilleurs copains.
C'est devenu une vraie loque.
Tu aurais dû le quitter.
C'est toi que j'aurais dû quitter.
Tu fanfaronnes, tu donnes des leçons minables.
Tu t'es fait du fric sur son dos.
Sans la faillite de son père, tu n'aurais jamais eu ton usine.
Ça recommence. La conserverie, sans moi, elle serait foutue.
Je l'ai modernisée.
J'ai pris des risques.
Oui, avec l'hypothèque de la maison de Maman.
Tu délires, ma pauvre Martine.
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