200 บรรทัดแรก
L'HISTOIRE DE JEFF BECK
Une petite amie m'y a emmené, en tant que touriste.
1966, elle m'a emmené et je me suis aventuré sur la scène.
J'ai réalisé
que c'était l'endroit le plus célèbre de Hollywood.
J'ai pensé : "On ne jouera jamais ici.”
50 ans après, j'avais mon propre spectacle là-bas.
C'est un rebelle.
Un guitariste non-conformiste qui n'aime pas se répéter,
qui prend toujours de grands risques.
Il l'a fait pendant toute sa carrière.
Le guitariste qui construit des hot-rods…
les deux vont très bien ensemble.
J'ai eu beaucoup de coups de semonce
en regardant et en écoutant Jeff jouer,
et en travaillant avec lui.
C'est toujours intrigant.
Et c'est un excellent musicien.
Il a tellement à offrir
qu'il a pu creuser sa propre voie.
La musique rassemble les gens
et avec quelqu'un qui aime jouer,
ça fait tilt immédiatement.
Il vous fait vous sentir important,
ayant quelque chose de beau à offrir.
La plupart des guitaristes jouent,
mais Jeff fait chanter la guitare.
Jeff avait des effets quand il enregistrait.
Mais en concert, il montait à un autre niveau.
Une partie de la mystique de Jeff,
c'est qu'il aime être mystérieux.
C'est un peu un héros méconnu pour les masses.
C'est dû au fait que de nombreux albums n'ont pas de voix.
Je lui ai dit
qu'il était le Pablo Picasso de la guitare électrique.
Il m'a répondu :
"Je pensais que j'étais plutôt le Jackson Pollock."
Et moi : "Touché."
C'est instinctif et c'est excitant d'être avec lui
car on ne sait pas ce qui va se passer ensuite.
Ce n'est pas mécanique.
C'est la muse.
Et la muse va dire ce qu'elle va dire.
Il laisse ça arriver et il avance.
C'est un avant-gardiste et un innovateur.
Il trouve toujours de nouvelles choses.
Jeff est un artiste incroyable.
J'ai toujours eu une affinité pour les artistes masculins
qui trouvent des femmes géniales pour les accompagner.
Jeff est celui qui a exploré avec son instrument
les confins les plus lointains de l'univers de la guitare.
Et personne ne s'en est jamais même rapproché.
Tout le monde respecte Jeff.
C'est un musicien extraordinaire qui a développé une technique
très complexe.
C'est magnifique de le voir et de l'entendre jouer.
Il a une conversation avec vous quand il joue.
Il ne se contente pas de chanter.
Il a un son qu'aucun guitariste n'a.
Il plie les notes comme aucun autre guitariste.
Il était, et est toujours, le guitariste le plus original.
JEUNES ANNÉES ANGLETERRE
Ma mère jouait du piano.
Quand on était près d'elle, la musique était toujours là.
Elle jouait du piano
ou elle me mettait dans le salon avec la radio.
On écoutait ce qui passait à l'époque.
Elle avait des idées et espoirs très stricts
sur l'avenir qu'elle voulait pour moi.
J'aurais aimé jouer du piano mais c'était déjà fait.
Après avoir entendu Art Tatum, il y avait une bonne raison
de ne plus jamais s'asseoir au piano.
J'ai pensé qu'il n'y avait pas de place pour un autre pianiste.
Je ne sentais pas que c'était mon destin.
Pour la guitare, je n'ai pas eu à réfléchir.
Tant pis si ça avait été le pire gâchis de ma vie.
J'aurais quand même voulu être seul avec
et y déverser mes sentiments.
Ça répond immédiatement au toucher.
La radio était toujours allumée.
Je pense que ma mère l'allumait pour me faire taire.
L'influence de Les Paul venait du fait
qu'un programme passait "How High The Moon"
et chaque fois que ça passait à la radio,
je courais à la cuisine demander : "Maman, c'est quoi ?”
Elle répondait : "J'ai lu quelque chose sur lui,
c'est un trucage, c'est un imposteur.”
J'ai trouvé ça intéressant, guitare électrique, imposteur.
Pour un gamin, c'est intriguant.
Elle a dit :
"On a révélé qu'il ne pouvait pas jouer si vite.
C'est accéléré."
J'ai dit : "Jaime le son qu'il produit.
Peu importe si c'est accéléré.”
Je m'intéressais aux solos de guitare
sur les disques qu'achetait ma sœur.
"Hound Dog", par exemple et "Rock Around The Clock".
C'était le paradis.
J'ai commencé à analyser le son en détail.
Eddie Cochrane utilisait un écho slapback,
Cliff Gallup utilisait un écho slapback.
C'était trop bon.
Ces disques ont encore un son excellent.
Quand j'ai commencé à connaître Jeff
et à parler de ses influences,
il aimait ce type qui a beaucoup joué avec Gene Vincent,
Cliff Gallup.
Ma sœur a vu ce film au Sutton Granada
et m'a dit : "Tu dois le voir,
c'est un merveilleux film en Technicolor
avec tout ce qu'on aime.”
J'y suis allé avec des amis
pour voir Vincent & His Blue Caps' en couleur.
C'était une révolution.
C'est le meilleur film de rock de fous les temps.
Tout ce que j'aimais venait d'Amérique.
Les voitures, la musique.
Je ne voyais aucun moyen d'y aller.
Je n'avais pas d'argent.
Ma sœur est rentrée un jour de l'école
et ma donné un papier avec un numéro de téléphone.
"Voilà le numéro d'un type de l'école
qui a une guitare bizarre comme la tienne.”
Elle a accepté d'aller en bus jusqu'à Epsom.
On a frappé à la porte
et ce gamin au visage poupin a ouvert
et nous a fait entrer.
Il est venu chez moi.
J'habitais chez mes parents bien sûr,
et Jeff est venu avec sa guitare faite à la main.
J'en avais une aussi.
Et on s'est tout de suite entendus.
On était presque comme deux frères.
C'était une joie
de trouver quelqu'un qui avait cet intérêt commun.
Il venait à la maison et je lui mettais des disques.
Il avait du matériel, un magnétophone,
et une super collection de disques.
Une collection alléchante.
J'avais un mélange éclectique de disques, même étant ado.
C'était une grande aventure,
de trouver des gens qui savaient jouer un accord différent
ou de trouver un disquaire
où ils importaient des disques Vee-Jay,
le mouvement de Chicago des années 50,
le mouvement Blues.
Plutôt que le catalogue Chess.
Il y avait beaucoup de pélerinages.
Tous les guitaristes à l'époque,
on apprenait avec des disques.
On écoutait et on réécoutait le solo,
quels que soient la chanson ou le chanteur.
"Qu'est-ce que c'est, ça ?"
"Comment obtient-il cet effet de ricochet ?"
"Pourquoi le son est si bon ?"
On voulait être capable de jouer ce qu'on entendait.
C'est une réussite d'entendre quelque chose
de vraiment épatant qui vous a ému
et de travailler pour pouvoir le jouer.
On a un complice,
quelqu'un avec qui partager des idées.
Quand on a appris quelque chose de relativement impressionnant,
on a envie d'avoir l'avis de quelqu'un.
On se passionnait pour exactement les mêmes choses,
avec les disques de Gene Vincent et Ricky Nelson.
Il y avait toujours de bons solos de guitare de James Burton
et on se demandait entre nous :
"C'est quoi, ta version de 'My Babe" ?"
"OK, et la tienne ?"
C'était un point commun
entre la plupart des guitaristes à cette époque.
Voir comment les autres pouvaient jouer tel solo.
J'adorais aller là-bas pour avoir quelque chose de si…
Cher à mon cœur.
Et à mes oreilles aussi. Ça cochait toutes les cases.
On aurait dit que tout le monde sortait d'une école d'art
dans les années 50, aux débuts du rock 'n' roll
venu d'Amérique jusqu'ici.
C'était un bon moyen d'échapper
à toute forme de travail, de boulot quotidien.
J'adorais.
J'adorais le fait d'avoir un endroit où aller
pour dessiner et apprendre les bases de l'art.
J'y ai passé du bon temps pendant deux ans,
mais la musique a pris le dessus.
En milieu de semaine, il y avait un concert en ville
pas loin d'où j'habitais.
Et ça me faisait continuer, juste ce concert.
Puis il y a eu deux concerts par semaine et ainsi de suite.
Et j'ai dû arrêter avant la fin du cours.
La musique était notre hobby.
Et on a fini par devenir professionnels.
Quand les Yardbirds ont commencé,
Eric était une force à prendre en compte.
Ils avaient Eric, alors pourquoi voulaient-ils de moi ?
Je ne comprends pas.
Ils cherchaient des tubes.
Et on ne faisait pas une musique de cette nature.
Son nom servait de remplacement.
Ils me disaient, dans un sens,
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