141 บรรทัดแรก
Vous avez aimé le cercueil ?
J'aime pas les cercueils.
Fait dans le meilleur chêne.
Comme vous avez demandé.
J'ai remarqué.
Je l'ai vu sortir de chez elle.
Mais encore ?
Il est monté à cheval et a disparu. Il était ivre.
Comment tu sais que c'était lui ? La ruelle est sombre.
Il boitait.
C'est pas le seul boiteux de la ville.
C'est le seul boiteux gaucher. Il boitait de la jambe gauche.
Tu l'as dit à quelqu'un ?
Tout le monde le soupçonne, shérif.
Surtout, boucle-la.
M. Silva en personne !
Comment tu vas, Jake ?
Je vais bien.
Qu'est-ce qui t'amène ?
Mon dos me tue et vous avez un bon médecin, ici.
Pourtant, t'as l'air en forme.
C'est plutôt toi.
T'es impressionnant dans cet habit de shérif.
C'est pas qu'un habit,
je suis shérif.
Ça te va bien.
J'avais la dalle.
C'est toi qui as fait ça ?
J'ignorais que tu cuisinais.
Il y a un tas de choses que tu ignores sur moi, Silva.
Bien sûr. Vingt-cinq ans, c'est beaucoup.
À nos retrouvailles !
À ce que tu veux.
Chaque fois que je bois du vin,
je nous revois au Mexique,
dans cette cave avec des putes.
On était très jeunes et fous.
Une sacrée horde !
Les pires énergumènes.
Je crois qu'on est les seuls survivants.
Trinquons à ça.
Me regarde pas comme ça.
Comment veux-tu que je te regarde ?
Combien a duré cette folie ?
Deux mois.
C'était pas une folie.
Quand je bois,
je me rappelle chacun de ces 60 jours.
Je crois que tu bois trop.
Moi-même, j'ai arrêté l'alcool.
Même si, ce soir, je me contredis.
À tes contradictions, alors.
Jake ?
Je crois que tu m'as menti.
Tu te cachais dans la baignoire ?
Je me cachais pas.
T'aurais besoin d'un bain, toi aussi.
Tu m'invites à prendre un bain avec toi ?
Arrête.
Je sais m'essuyer tout seul.
Habille-toi.
Où j'ai mis mon caleçon ?
Prends l'un des miens.
Dans le tiroir de droite.
Tu m'as menti.
T'as pas mal au dos.
Comment ça ?
T'as pas besoin d'un médecin.
Je voulais boire des coups avec toi,
pendant que je peux encore bouger.
Et, crois-le ou non,
bosser avec des chevaux bousille le dos.
On dirait pas.
J'ai pas mal, ce matin.
T'as guéri tous mes maux.
Je m'étais pas senti aussi bien depuis longtemps.
Tu fais quoi, aujourd'hui ?
Allons à la rivière de Hot Mountain.
J'ai du travail, aujourd'hui.
Le travail peut attendre.
On traverse pas le désert tous les jours pour venir te voir.
On a assez fêté ça. J'ai des choses à faire.
Je peux t'aider ?
Peut-être.
Il y a trois jours,
une femme a été tuée dans cette ville.
Je dois retrouver l'assassin et le faire juger.
Quelqu'un peut pas le faire pour toi ? T'es le shérif.
C'est une question d'honneur.
La victime était la femme de mon frère.
Je représente la loi, je te rappelle.
Étrange, notre destin.
C'est-à-dire ?
Il a fallu que ta belle-sœur meure pour qu'on recouche ensemble.
- Hier soir... - Hier soir, on a trop bu.
De joie d'être ensemble !
Ça empêchera pas ton fils de payer pour son acte.
Il l'a pas fait.
Ils étaient amants, il la maltraitait.
Il t'a pas dit qu'il venait ici parfois ?
Non. Je lui aurais demandé de tes nouvelles.
T'en va pas, je te parle.
Quand mon frère est mort,
je lui ai promis de m'occuper d'elle.
Elle était difficile, mais j'ai promis.
Et avant ça, au chevet de mon père mourant,
j'ai juré de m'occuper de mon petit frère.
Je dois tenir parole.
T'as eu une liaison avec elle...
Il y a longtemps.
Ton frère était en vie ?
Peu importe.
Ce qui importe,
c'est qu'on a vu un boiteux de la jambe gauche
sortir de chez elle la nuit du crime.
Si ton fils boitait pas, il aurait rien à craindre.
T'as traversé le désert pour intercéder en sa faveur.
Peut-être qu'un faux boiteux veut le faire accuser.
Pourquoi t'es venu ?
Parce que j'avais envie de te voir depuis longtemps.
Conneries !
T'aurais pu venir bien avant.
J'y avais pensé, crois-moi,
mais j'appréhendais ton accueil.
Je me disais que t'étais parti loin de moi exprès.
Après avoir été mercenaires,
je voulais qu'on monte un ranch ensemble, mais t'as refusé !
Je suis parti pour rejoindre mon père souffrant !
Pour être enfin un bon fils.
Inutile d'être justicier pour être un bon fils !
Je voulais représenter la loi, arrêter d'être un mercenaire.
J'ai pas l'étoffe d'un fermier.
T'étais le meilleur tireur.
C'est toujours le cas.
Une fois, t'as raté ton coup.
De quoi tu parles ?
De rien...
On a beau être bon tireur, un jour, on rate son coup.
Ça nous arrive à tous.
Tu t'en souviens pas ?
Je vois pas de quoi tu parles.
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