200 บรรทัดแรก
Rudy, tu t'es gouré.
Mais non.
On va être en retard.
On va être en retard pour la danse. Dis-lui.
Moi, j'ai pas peur.
Maître, les choristes peuvent s'en aller ?
Vous pouvez partir.
J'ai les doigts gelés. Je ne vais pas pouvoir jouer.
Bon courage. À tout à l'heure.
Non, mes petits enfants, je ne sais rien du tout.
Rien du tout. Je ne peux rien dire. Les résultats, à midi. Pas avant.
Voilà M. Éric Walter.
M. le premier ténor, M. le directeur.
"Classe d'ensemble, histoire de la musique,
"piano... escrime."
C'est trop. C'est beaucoup trop.
Je sais, mon cher ami. Les programmes sont chargés.
Un élève, c'est comme une bouteille sans entonnoir.
À force d'en verser à côté, on la remplit.
Nos élèves n'ont pas le temps de vivre.
- Vous vous êtes fait mal ? - Non.
Vous voyez ? Trop de travail. Vous les affolez, ces petits.
Vous les affolez.
Ça va. Elle rit quand même.
- On m'a volé mon maillot. - C'est pas moi.
Quelle boîte. C'est la bande d'Ali Baba qui apprend la danse, ici.
Demande à Madeleine.
- Tu as pris mon maillot ? - Non. Tu peux me fouiller.
C'est ta soeur qui l'a pris.
Elle arrête pas de me voler mes affaires. Elle va m'entendre.
- Mon maillot. - C'est pas le mien ?
- Rends-le-moi. - Le cours finit dans 2 minutes.
- Rends-le-moi. - Marion, tu as fini ?
Tu ferais mieux de te mettre en tenue. Immédiatement.
C'est bien. C'est exactement ce que je pensais.
C'est très extraordinaire, à ton âge,
d'enregistrer une pareille intelligence des textes.
Tu as un phrasé comme j'en ai rarement entendu.
Tu devrais faire attention à certaines choses techniques.
Tu ne prends pas ton clavier suffisamment profondément.
Oui, je sais.
Quand j'ai les doigts sur le piano, je me laisse emporter.
J'en oublie de travailler.
Quand on a tes qualités, on ne doit pas faire ça.
Toi, tu ne dois pas le faire.
Merci, maître.
Au revoir, mon petit.
- Qu'as-tu travaillé ? - Les Danses de Schubert.
Très jolie idée.
- Fatiguée ? - Un peu.
- Croque. Il y a des vitamines. - Merci.
- Tu le trouves vraiment beau ? - Un peu grisonnant, peut-être.
- Il paraît qu'il est noceur. - Non ! Quelle horreur !
Tu comprends pourquoi toutes les femmes en sont amoureuses ?
- Oui. Et toi ? - Moi aussi.
Mais non. C'est ridicule. Chantez dans le ton original.
- Bien, maître. - Et faites-moi quelques arpèges.
Bien, maître.
Tu sais ce que j'ai appris sur le maître ?
- Éric Walter ? - Oui, Éric.
Sa femme l'a quitté parce qu'il la battait.
Non... Avec quoi ?
Je ne sais pas. Avec sa ceinture, peut-être.
Avec sa ceinture, sûrement. Quel homme.
Asseyez-vous. Prenez vos places.
Allez, pas mal, pas mal. Il faut soutenir, dans l'aigu.
Bon.
Alors, qui commence, aujourd'hui ?
Monsieur Prolog, qu'allez-vous nous donner ?
J'ai préparé le prologue de Paillasse.
On va voir ça.
Encore ? On commence à le connaître.
Il va lui dire de passer à la fin.
Ah, merci.
Bonjour
C'est moi
Nous le savons. Passe tout de suite à...
Tu sais.
Qu'est-ce que vous avez, vous ?
Messieurs
Non. Méfie-toi de ton "messieurs". Vas-y.
Messieurs
Messieurs
Messieurs
Messieurs
Mais non. Pas...
Monsieur
Messieurs
Messieurs
Si tu y tiens, alors vas-y.
Ça va. Reprends à la fin.
Tant pis
J'ai dit et pars soudain
Tu vois ?
J'ai dit et pars soudain
Si mon discours paraît peu folâtre
Tant pis
Place au théâtre
Oh là là... Bon. C'est bien, c'est bien.
Il va falloir retravailler ça.
- Mademoiselle Pascale. - Je ne peux pas, maître.
- Vous êtes enrhumée ? - J'ai une congestion, ici.
- Ça me dure depuis 8 jours. - Il ne fallait pas sortir.
Bon. Mademoiselle Lukas.
Monstre !
Comment tiens-tu ton archet ? Tu vas l'avaler !
Pauvre Bach ! S'il t'entendait, il se retournerait dans sa tombe !
Assassin, assassin !
Vas-y, reprends.
1, 2, 3, 4.
1, 2, 3, 4.
1, 2, 3, 4.
1, 2, 3, 4.
1, 2.
1, 2, 3, 4.
1, 2, 3, 4.
Tu as joué avant ce miauleur ? Je t'ai reconnu.
- À quoi ? - Tu joues comme tu embrasses.
- Embrasse-moi. - On pourrait nous voir.
J'ai dit "embrasse-moi".
- Tu as eu froid dans le dos. - Oui.
Alors, embrasse-moi.
C'est très bien. Tu peux partir.
- Tu es gentille. Au revoir. - Au revoir.
- À ce soir, n'oublie pas. - Non.
Je cherche la classe de monsieur le premier ténor.
Au fond, 2e couloir à droite.
Monsieur ! Monsieur !
M. Walter ne veut pas être dérangé. Qui êtes-vous ?
Berger. Le valet de chambre de Monsieur.
- J'ai un télégramme pour lui. - C'est urgent ?
C'est de la femme de Monsieur. Elle chante à Salzbourg, ce soir.
La Koukowska ? Ils sont divorcés.
Nous ne sommes pas divorcés. Nous sommes seulement séparés.
C'est la même chose.
Ce qui est fâcheux, c'est qu'elle est devenue célèbre.
Deux vedettes dans un ménage, c'est trop.
Si c'est urgent, vous pouvez y aller.
Non. Sûr, non. Je ne suis pas sûr.
Ouvrez-le.
C'est déjà fait. Voilà. Elle dit :
"Ai besoin de te voir. Marie."
Oui... C'est bon ou mauvais, ça ? C'est court, pour se faire une idée.
Attendez la fin du cours. Il n'y en a pas pour longtemps.
C'est plus prudent.
Prends ton temps pour respirer. Attention, tu es sur une scène.
Ta voix doit porter jusqu'au poulailler.
La beauté d'une voix,
c'est qu'elle remplit seule une salle immense.
Une note devrait suspendre la respiration de 3 000 personnes.
Allez, continue.
Du Dieu d'amour
La voix magique et tendre
En ta faveur
S'est fait un jour entendre
Et tout mon coeur
S'en est si charmé
Bon. Merci. Meilleur, ton médium.
Quand le médium est placé, l'aigu sort tout seul.
Je suis content. C'est pas mal. Mais ne te presse pas.
- Prends ton temps pour respirer. - Je m'essouffle un peu.
Vas-y, respire.
Tu respires mal. Je te l'ai pourtant déjà dit.
Ne respire pas par le haut mais par le bas.
- Là, dans la boucle de ta ceinture. - Oui, maître.
Tu devrais faire de la gymnastique, tous les matins, pour te muscler ici
et développer ta cage thoracique. - Oui, maître.
Tu peux retourner à ta place. C'est pas mal.
Mademoiselle Petersen.
Vous aviez mon coeur
Moi, j'avais le vôtre
Un coeur pour un coeur
Bonheur pour bonheur
Le vôtre est rendu
Je n'en ai plus d'autre
Le vôtre est rendu
Le mien est perdu
Merci. On reprendra demain.
- Très bonne, l'attaque. Bravo. - Merci.
Ça va, merci. Pardon. Je n'aime pas qu'on m'habille.
- Au revoir, maître. - Au revoir.
- Au revoir, maître. - Au revoir.
Au revoir.
Je n'avais jamais remarqué cette Sophie Dimater.
Vous avez vu sa bouche ?
Enfantine mais terriblement sensuelle.
- Il ne m'a même pas écoutée. - Il t'écoutera la prochaine fois.
Couvrez-vous, vous allez vous enrhumer.
Encore 2 jours avant le prochain cours.
C'est une éternité.
Tu es plus folle de lui que moi.
Oui, je suis folle. Folle et heureuse. Heureuse !
Tu es idiote, mais tu me fais du bien.
- Vous donnez des leçons, ce soir ? - Obson, de l'Opéra de Munich.
Berger, qu'y a-t-il ?
Pardon, monsieur. Un télégramme urgent.
Qu'est-ce que c'est, un soulèvement ?
On affiche les élèves désignés
pour la représentation annuelle du Conservatoire.
- Mauvaise nouvelle ? - Je ne sais pas.
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