200 บรรทัดแรก
COUR D'ASSISES DE LONDRES
Le journal, monsieur ? Le journal, madame ?
EVENING GLOBE LE PROCÈS DU LIVRE À SCANDALE
Le journal, monsieur ? Le journal, patron ?
Il y a un scandale. "Lady Wren va tout dire pour sa défense."
Le journal, patron ?
Ça suffit.
Voilà cette horrible Angèle !
Voilà cette horrible Sybil !
La voie est libre.
Encore une, s'il vous plaît.
Pouvez-vous nous le dédicacer ? Ma femme et moi l'adorons.
Encore une.
Silence dans la salle.
- Vous reprenez, Sir Percy ? - Absolument.
Je poursuivrai le contre-interrogatoire de Lady Wren.
Merci.
Lady Wren, vous êtes l'auteur de cette biographie,
intitulée Les Girls.
C'est exact.
Est-ce votre première œuvre "littéraire" ?
Littéraire ? Trop aimable à vous, Sir Percy.
Je n'ai voulu qu'écrire quelques anecdotes amusantes.
Vous écrivez qu'Angèle Ducros voulut se suicider
pour un amour malheureux. Est-ce là une anecdote
amusante ?
Elle m'a semblé valable. Et si cela vous intéresse,
c'est la vérité.
Ne vous souciez pas de ce qui m'intéresse. Répondez aux questions.
Lady Wren, savez-vous que si certaines de vos affirmations
sont fausses ou malveillantes,
Mme Ducros a été cruellement diffamée.
Elle peut demander des dommages.
L'histoire de ma vie peut sembler romanesque,
mais tout ce que j'ai écrit s'est passé comme je m'en souviens.
C'est au jury d'en décider.
Cette remarque était un commentaire et non une question, Sir Percy.
S'il plaît à Votre Honneur.
Je me réfère au Chapitre VII, que vous intitulez "Tout pour l'Amour".
Vous y dites que Mme Ducros voulut se suicider à cause d'un homme.
Cet homme, Lady Wren, n'était pas, et n'est pas, son mari.
Affirmez-vous sous serment que le fait est véridique ?
Je n'inventerais pas quelque chose
qui puisse nuire à Mme Ducros.
Si j'avais pensé qu'elle surgirait du passé
et intenterait un procès,
j'aurais omis l'incident. Mais il s'est produit.
Néanmoins, elle a tenté de se tuer.
- Au Chapitre VII, intitulé... - "Tout pour l'Amour".
Merci.
La première phrase est :
"Notre courageuse petite troupe avait décidé de conquérir Paris."
- "C'était le printemps." - Oui, le printemps.
C'est une vérité chronologique, il revient chaque année.
Je me rappelle ce que j'ai écrit. Nous étions à Paris,
au Music Hall Parisien.
Notre numéro s'appelait Barry Nichols et Les Girls.
C'est arrivé il y a quelques années.
C'était notre premier engagement à Paris. Je me rappelle notre joie
d'être dans cette ville gaie, dans le monde du théâtre.
Tout nous fascinait, à Paris.
L'odeur de Paris, le bruit, les taxis. Tout !
Je partageais un appartement
avec une danseuse américaine, Joy Henderson.
Sybil !
Barry veut que nous allions au théâtre !
- Pourquoi ? - J'ignore pourquoi.
Descends ! Je remplace Mimi.
Madame, pouvez-vous me tenir ça ?
Merci.
- Je remplace Mimi. - Pourquoi ?
- Assieds-toi. - Mais pourquoi ?
Je n'aime pas les complications.
Elle s'est affichée avec ce voyageur de commerce roumain.
Comment ça, "affichée" ? Il va l'épouser.
Ainsi, tu étais au courant ?
Tu ne m'as rien dit. Bravo pour la fidélité.
Barry, Mimi veut se marier. Ce n'est pas un crime.
Je ne suis pas une agence matrimoniale !
- Je vous en prie... - L'ingratitude !
Quand j'ai engagé Mimi, elle dansait comme si
son derrière était en plomb.
Tu sais que j'ai passé
des jours et des nuits à lui apprendre à danser.
- Surtout des nuits. - Je ne t'ai pas sonnée.
Je suis Angèle.
Eh bien, allez-y.
Mais je n'ai pas encore fini.
J'ai été mauvaise, j'étais nerveuse. Je peux recommencer ?
Venez ici, s'il vous plaît. Allons, ça va.
- Je sais, j'ai été mauvaise, mais... - Vous apprenez vite ?
- Oui, très vite. - Bon. Montrez-moi quelques enchaînés.
Venez, les enfants.
Pourquoi voulez-vous travailler avec moi ?
Je vous ai vu danser.
Alors, vous savez de quoi il s'agit.
- Venez, les filles. Vous pouvez voyager ? - Oui.
La grande, au milieu.
Voyons. Non. De l'autre côté. Et revenez.
Nous ferons une tournée en Europe, et je veux quelqu'un de stable.
- D'accord. - Ça vous va ?
- Vous êtes mariée ? - Non.
- Vous êtes fiancée ? - Oh, non.
Bon... vous faites partie des Girls.
- Oh là là ! - Voici Sybil et Joy.
- Bonjour. - Ça va ?
Il va falloir aller vite. Allez déjeuner et revenez répéter.
Il faut que je trouve à me loger.
Vous pouvez loger Angèle ?
Le logis est modeste, mais si Joy n'a pas d'objection...
J'aime partager mon loyer.
Bon, déjeunez en vitesse,
et revenez.
- Viens. - Tu peux te changer ici.
Écoutez, les filles.
Je n'insiste que sur une chose.
Pas de complications.
Elle a raison !
Je n'interviens pas dans la vie privée de mes girls.
Je n'admets pas qu'elle intervienne dans le travail.
J'ai trois principes. Je les appelle les "trois P".
Il faut être "Ponctuelle", "Persévérante" et "Parfaite" !
Tout le monde a deux jambes. Être bonne danseuse ne suffit pas.
- Elle est ici. - Ouvre la porte.
J'ai compris. Tu as réussi.
Bonjour. Bienvenue à Liberty Hall.
Où puis-je poser ces petites choses ?
Pousse quelque chose.
- J'ai encore quelques bagages. - Amène-les.
Enlève ces machins de là.
- Tu en as, des robes ! - C'est Maman qui les fait.
C'est trop mignon.
Ta maman fait aussi du parfum ?
C'est une de mes faiblesses, ça.
- Servez-vous si vous voulez. - Où as-tu travaillé, Angèle ?
J'ai dansé le Cocorico un ballet sur les poules.
- Tu as pondu un œuf ? - Je ne comprends pas.
Joy veut dire, on t'a renvoyée ?
Je suis partie !
On ne me voyait pas derrière toutes ces plumes.
Pour faire du chemin, il faut être vue.
Tu en feras. On t'a vue danser.
Vous êtes très gentilles.
- Tout le monde ne l'est pas autant. - Je vois ça.
- Ça, c'est vieux. - Oui, mais pas ça.
C'est mon fiancé, Pierre Ducros.
Tu l'as caché à Barry.
Pierre habite en province.
Il ne vient jamais à Paris ?
Pierre me croit infirmière.
Il m'a donné cette montre.
Son grand-père l'a payée 100 000 francs.
- Vous savez pourquoi ? - Pourquoi ?
Écoutez.
Trop mignon.
Ciel, voilà votre "bon-papa" !
Les filles !
- Faites vite, les filles ! Répétition ! - Oui.
Il habite ici ?
S'il apprend que tu es fiancée, tu es cuite.
Comment le saurait-il ? Pas par vous ?
Nous sommes amies, entre amies, on ne se trahit pas.
Non, on ne se trahit pas.
On est dans ton camp.
- Apporte la soupe. - Oui.
Tu veux du pain ?
Bon, faites vite, les filles.
Angèle, tu as un changement rapide.
Sentez mon cœur ! On l'entend battre !
- Il sonne l'heure ? - Tu exagères.
M. Barry a-t-il été content de moi ?
Je crois que ça lui a plu.
Sinon, tu le saurais.
Il est malheureux d'être loin de sa femme ?
Quelle femme ? Barry n'aime que lui-même
- et avec quelle constance ! - Ce n'est pas juste.
Joy veut dire que Barry est ambitieux. Son métier passe avant tout.
Tu aimes Barry ?
Tu plaisantes ?
- Alors, c'est qu'il est à toi. - Quelle question.
- Il me plaît, à moi. - Que fais-tu de Pierre ?
Pierre est loin.
Je ne dois pas sombrer dans la mélancolie.
On rentre souper légèrement chez nous.
- Tu viens ? - Vous payez vos propres repas ?
On ne les fait pas pousser.
Quand Paris est plein d'hommes, riches et affamés ?
Et ennuyeux ! Ça rend ta digestion pénible.
Sans parler du problème moral.
Une jolie fille qui dîne seule, c'est immoral.
Ce soir, je charme la solitude d'un pauvre banquier.
Remonte la montre de Pierre. Elle va s'arrêter.
Tu ne comprends pas.
Pierre m'aime. On se mariera un jour,
si ses parents le veulent. C'est pas pour demain.
- Alors, à ce soir ! - Ce sont tes affaires.
Va donc à ton rendez-vous et amuse-toi bien.
- J'en ai l'intention. - Tant mieux.
Tu ne frappes jamais avant d'entrer ?
Pourquoi ? Vous avez des secrets ?
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