200 บรรทัดแรก
INSPIRÉ D'UNE HISTOIRE VRAIE
SOIR DE NOËL 1953 DUBLIN, IRLANDE
Evelyn, est-ce que Jésus avait une grande sœur ?
Non, Dermot. Il n'a pas eu ta chance.
Mais il avait deux papas. Dieu le Père et Joseph le charpentier.
Joseph faisait de la déco et de la peinture, comme papa ?
Ramène les petits à la maison, Evelyn. Je vais chercher ta mère.
- Bien, papa. - Tu es gentille.
Je veux le grand.
C'est le mien. C'est moi le plus grand. Allez.
Je t'ai dit que j'allais fêter Noël au pub.
Pourquoi en faire un plat ?
C'était qui ? T'étais toute serrée contre lui.
Ne dis pas de bêtises.
On dirait que papa et maman sont rentrés.
Et devant tous nos amis, en plus.
Bon sang.
Mes petites puces gelées.
Venez par là.
On se demandait si la cheminée était assez grande pour le père Noël.
On est au dernier étage, papa Noël peut laisser ses rennes sur le toit.
Oui. Il a toute la place pour atterrir. Dites bonne nuit à maman.
Quand vient-il, papa Noël ?
Très bientôt.
Allez, tout le monde au lit.
- Papa Noël va venir pendant que tu dors. - Je ne dormirai pas.
Mais si. Enlève ta robe et tes bottes. Pas debout sur le lit.
- Ça va ? - Oui, papa.
Bien. Bonne nuit.
Papa, où sont les wagons ?
Papa Noël n'est pas bien riche, cette année.
Ça coûte cher de nourrir les lutins.
Combien ?
Très, très cher.
Joyeux Noël.
Papy !
Mon petit ange de Noël. J'espère que tu as été sage. Alors ?
- C'est papy. - Joyeux Noël, tout le monde !
Bien. Voyons ce que nous avons là.
Merci, papy !
Papy !
Pas d'argent, pas de boulot.
Joyeux Noël.
Regarde le bon côté des choses.
Cette année, tu trouveras du travail.
Les enfants et toi serez tranquilles. Le monde t'appartiendra.
On a survécu à tous les hivers.
Tout l'argent
que j'ai gagné
Je l'ai dépensé en bonne compagnie
Et tout le mal que j'ai pu faire
Heidi, on va voir Angela.
C'est ma meilleure amie.
Elle aussi a une poupée.
Elle aimerait bien te connaître.
Maman va faire des courses, Heidi.
Tu aimes ses belles chaussures et son manteau ?
Mais c'est la Saint-Stéphane.
Maman, reviens. C'est la Saint-Stéphane. Les magasins sont fermés !
HÔTEL FATIMA
Papa !
Silence.
- Papa ! - Quoi ?
Maman est partie, bien habillée, dans une voiture, avec un type.
Jésus, aide-moi. Je t'en prie.
C'est ta fille. Et tu ne sais pas où elle est ?
C'est bien ta femme. Tu le sais, toi ?
J'avais bien dit que ça finirait mal.
Elle n'aurait pas dû épouser un minable comme toi.
C'est qui, son beau ?
Le salaud que j'ai vu avec elle au pub ?
- Quel langage affligeant. - C'est ta bon sang...
C'est ta fille qui est affligeante.
J'espère que tu ne parles pas comme ça devant ta fille.
Ne me dis pas comment élever ma fille.
Apparemment, t'y connais rien à rien.
Où l'a-t-elle rencontré ? Au pub ?
Non, c'est toi qui y passes tout ton temps. Pas étonnant qu'elle se soit lassée.
- Je la respectais. - Ah oui ?
Je n'ai jamais levé la main sur elle, même s'il y avait de quoi.
J'aurais peut-être dû.
Voilà.
Du lait chaud.
Du gâteau de Noël.
Tu en veux un peu ?
Il est très bon.
Pourquoi ? Tu dois mourir de faim.
C'est elle qui l'a fait.
Maurice, rends-lui la balle.
Il paraît que son beau est anglais.
Le salaud. J'aurais dû deviner.
Bonjour, messieurs.
Inspecteur Logan, Protection de l'Enfance.
Mme Daisley, votre belle-mère, nous a fait part de votre demande.
La P.E. ?
La Protection de l'Enfance ?
C'est exact.
Elle dit que j'ai maltraité mes enfants ?
Pas du tout, M. Doyle.
Nous ne pensons qu'au bien des enfants.
Perdre sa mère à leur âge peut avoir un effet traumatisant.
En quoi ça vous regarde ?
Je suis venu vous aider.
Vous n'avez pas de revenus pour faire vivre la famille.
- C'est exact ? - Oui.
Y a-t-il des femmes qui vous aident dans la famille ?
Maureen, la mère de Des, est morte il y a longtemps.
Vous n'avez pas le choix, il vous faut l'aide des autorités.
Je vais demander aux sœurs de passer.
On se passe bien de votre charité.
Vous n'avez ni travail ni mère pour les enfants.
Il a raison.
D'accord.
Envoyez les sœurs.
Restez assis.
Mais j'aime pas le chou.
C'est très bon pour la santé. Mange. Je ne veux rien entendre.
Vous êtes peintre et décorateur. Mais vos efforts pour chercher du travail
depuis le départ de votre femme n'ont pas abouti.
Non, Votre Honneur.
Mais ça ne fait que deux semaines.
Un grand chantier va démarrer À la maison de Robert West,
mais pas avant la fin mars.
Vous n'avez pas d'autres sources de revenu ?
Mon père, Henry, ici présent, et moi-même
faisons la tournée des pubs de Dublin.
Ça vous coûte sûrement plus que ça ne vous rapporte.
Non, Votre Honneur.
On est payés pour jouer de la musique.
Mon père était musicien professionnel.
Il a joué à Radio Irlande jusqu'à la retraite.
Dessie a une belle voix.
Je n'en doute pas.
Mais cela ne vous suffira pas à faire vivre la famille, si ?
Peut-être pas.
Selon l'alinéa 10 de la Loi sur l'Enfance de 1941,
je déclare que jusqu'à la réelle amélioration
des conditions financières et domestiques de Desmond Doyle,
ses deux fils, Dermot et Maurice,
seront placés chez les Frères Chrétiens de Kilkenny
et que sa fille, Evelyn Doyle,
entrera à l'école Saint-Joseph de Dublin.
J'espère que vous ne les laisserez pas placés trop longtemps.
Papa !
Viens t'asseoir.
- Je veux rentrer à la maison. - Je le sais bien.
On va bientôt rentrer. Écoutez.
Je vous aime beaucoup. Je veux que vous le sachiez.
Papy, c'est saint Joseph, le papa de Jésus !
Je le prierai de nous ramener à la maison. Il comprendra.
C'est vrai, chéri, il comprendra.
M. Doyle, je suis le frère Eustace.
Regarde les rayons.
- Tu sais ce que c'est ? - Non, papy.
Les rayons des anges.
- Les rayons des anges ? - Oui.
Ils te disent que ton ange gardien est prêt à t'aider.
Il suffit de croire en lui.
Les rayons des anges.
Regarde, ce que tu préfères.
Il t'aide déjà.
Papy, ne me laisse pas ici, je t'en prie.
Je ne veux pas rester chez les sœurs. Je les déteste !
Ce sont les épouses du Christ.
Pourquoi portent-elles d'horribles robes noires ?
Les épouses portent des robes blanches !
Que se passe-t-il ? Tu t'enhardis, jeune fille ?
Ce n'est rien. J'ai juste renversé des gommes.
- Allez, viens. - Non.
Papy, ne pars pas, je t'en prie.
- Lâche-le. - Lâchez-moi !
Je t'en prie, papy !
Sois sage avec les sœurs. Je reviendrai bientôt te voir.
Quel comportement honteux.
Nous allons t'apprendre les bonnes manières ici.
Nous allons te nettoyer, sale petite coquine.
M. Doyle.
Ne lui coupez pas les cheveux, ma sœur.
C'est la fierté de son père.
Merci, sœur Brigid. Tout ira bien.
Une nonne suffira à frotter une petite fille.
Bien sûr, sœur Felicity.
Je voulais m'assurer qu'elle ne fasse pas d'autre colère.
Elle ne manque pas de volonté.
Le Seigneur n'en manquait pas non plus, non ?
Je suis sûre qu'elle se tiendra. N'est-ce pas ?
Merci, sœur Brigid.
N'aie pas l'air si inquiet.
C'est comme ça pour toutes les nouvelles.
Sinon, on serait envahies de puces, de poux et Dieu sait quoi.
Allez, enlève tes vêtements.
Ne sois pas timide.
Après tout,
Dieu a créé Adam et Ève nus.
C'est comme ça que le petit Jésus est venu au monde.
Bien.
Tu seras propre en un rien de temps.
Allez, assieds-toi.
Les chaussures.
Tu peux m'appeler Felicity.
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