200 บรรทัดแรก
Ce film contient des images qui peuvent choquer.
Il s'adresse à un public averti.
On ne devrait pas se concentrer sur le terme "superstar".
C'est dangereux, de parler de ça.
- Je connais beaucoup de superstars. - Oui.
Et maintenant, elles ne font plus partie du paysage.
Ça pourrait nous arriver aussi.
Applaudissez Rob et Fab !
Le remarquable duo européen Milli Vanilli
rencontre un succès fou aux États-Unis.
Ils ont vendu six millions d'albums en 1989.
C'est une histoire étrange.
Une minute, ils étaient partout...
- Milli Vanilli. - Milli Vanilli.
- Milli... - Vanilli !
Et la minute d'après, plus rien.
LE CANULAR MILLI VANILLI
MILLI VANILLI EST UNE ARNAQUE
SCANDALE
Ce sont les filous du monde de la musique.
Tout le monde a participé,
mais ils ont tout pris.
Les maisons de disques sont étonnamment silencieuses.
Les gens ne comprennent pas
la machine qu'il y a derrière un groupe de pop.
Nous aimerions remercier notre producteur.
Autrement dit : le génie du mal.
Sans lui, rien de tout ça ne serait arrivé.
Vous réalisez un souhait,
mais vous faites un pacte avec le diable.
Imaginez tout avoir...
La célébrité... la fortune...
Ils vivaient un rêve.
Et le monde se retourne contre vous et vous perdez tout.
D'un coup.
Comment gérer ça ?
Ils ont tout perdu.
Il n'y a pas d'épisode semblable
dans l'histoire de la pop.
Ça fait un bail.
Qu'est-ce qu'on était jeunes et fringants.
C'est un marcel normal,
mais il avait tiré dessus.
Vous savez, on était à la pointe de la mode.
Gros concert en Allemagne.
Super ambiance.
Rob Pilatus n'est pas lui-même sur cette photo.
Je vois le déclin.
Ce n'est pas à ça que Rob ressemblait.
Qu'il était censé ressembler.
Il était extrêmement fort,
mais on peut voir que la vie lui en a fait baver.
Il était inévitable qu'on devienne amis.
J'ai grandi à Paris.
Quand j'ai eu 18 ans,
je suis parti pour Munich, en Allemagne.
Quand je n'ai plus eu d'argent,
je me suis retrouvé à la rue pendant quelques semaines.
Il faisait froid, donc je dormais à la gare,
mais j'arrivais à décrocher des petits boulots de prof
dans des écoles de danse.
C'est ce que je faisais à Paris.
Et un beau jour,
je suis allé à une fête à Munich et il était là :
monsieur Rob Pilatus.
Il faisait du break-dance.
Il faisait l'hélicoptère sur scène.
À la fin,
quand tout le monde le félicitait, il m'a vu et il a dit :
"D'où tu sors, toi ? Ici, c'est mon terrain à moi !"
Il n'y avait pas beaucoup de Noirs à Munich à l'époque.
Rob et moi étions les deux seuls Noirs.
Les seuls.
Rob avait deux ans de plus que moi.
Il avait un rire contagieux.
Très sonore, vous voyez ?
Moi, j'étais mal à l'aise en société,
j'étais timide et je ne parlais pas couramment l'allemand.
On était comme un grand frère et un petit frère.
C'est devenu mon meilleur ami.
Mais j'avais l'impression qu'il lui manquait quelque chose,
tout au fond de lui.
Mon père était un soldat américain.
Voix de Robert Pilatus
Ma mère est une strip-teaseuse que je n'ai jamais rencontrée.
J'ai commencé ma vie dans un orphelinat,
puis j'ai été adopté quand j'avais quatre ans.
J'ai aussi une sœur adoptive.
Au tout début, je ne crois pas qu'il se considérait comme différent.
CARMEN PILATUS SŒUR ADOPTIVE DE ROB
Je n'ai jamais compris pourquoi,
mais les gens lui lançaient des injures racistes.
Ils lui disaient "Tu es sale" ou "Retourne d'où tu viens".
Chez mes parents, j'étais puni physiquement
quand je faisais quelque chose de mal.
C'étaient des punitions corporelles.
Il recherchait l'attention
qu'il n'avait pas reçue durant son enfance.
Quand on évoquait cette période de sa vie,
c'était comme s'il y avait un tabou.
Mais je comprenais sa douleur.
J'ai grandi dans une famille dysfonctionnelle.
C'était un environnement violent,
et je m'en suis enfui.
Alors, tout comme moi, il était à la recherche d'une famille.
On a emménagé ensemble dans le grenier de l'un de ses amis.
Rob dormait sur le lit, et moi, dans le canapé.
Mais il y avait de quoi écouter de la musique,
et on faisait ça toute la journée.
La musique a toujours été un lien entre nous.
On aimait danser,
on était très sociables,
alors on a commencé à organiser des fêtes.
C'était noir de monde.
Les femmes étaient sublimes,
on avait un DJ et on mettait une sacrée ambiance.
Les gens se mettaient en cercle.
Rob faisait du break-danse et ensuite,
je faisais quelques mouvements aussi.
Ça attirait l'attention.
Alors on a commencé à se produire dans une boîte, le Piantz.
On adorait divertir les gens, les mettre dans tous leurs états.
On adorait cette énergie, ce rugissement,
et on en voulait plus.
On rêvait de faire pareil qu'au club :
chanter, danser, vivre la belle vie
pour devenir les plus grandes popstars du monde !
On a commencé à danser dans une émission télé.
On a dansé derrière des popstars des années 80.
On a aussi fait du mannequinat.
On a fait des catalogues.
On faisait pas mal de bruit à Munich à l'époque,
mais on se demandait comment passer au niveau supérieur.
Pour devenir des popstars, il nous fallait un look travaillé.
Alors on a dû étudier ce qui faisait une superstar.
Et une chose qu'on a remarquée, c'étaient les cheveux.
Je connais ceux d'Elvis.
Je connais ceux de Bob Marley.
De Marilyn Monroe.
De Michael Jackson. Même en ne gardant que la silhouette.
Alors on s'est dit : "Ouais, on va se lancer".
On a trouvé notre coupe comme ça.
Les réactions ont été géniales.
Dès qu'on allait en boîte,
les filles adoraient nos cheveux et nos vêtements.
Elles adoraient Rob et Fab.
On a monté un groupe qui s'appelait Empire Bizarre.
On a fait quelques concerts.
On a offert des cassettes aux gens. On savait qu'on aurait du succès.
Empire Bizarre de Munich, pouvez-vous vous présenter ?
Je m'appelle Robert Pilatus.
Fabrice.
Vous avez des modèles, des influences ?
En fait, nous sommes nos propres modèles.
On n'a jamais eu à se baser sur d'autres groupes.
Même jeunes, on n'accrochait pas de posters dans nos chambres.
On préfère avoir des posters de nous-mêmes.
Ça commençait à se savoir qu'on voulait travailler dans la musique,
et on a commencé à être approchés.
Un jour, un gars est venu dire à Rob :
"On va vous présenter Frank Farian".
FRANK FARIAN PRODUCTEUR
Rob a gardé son calme, mais devant moi, il s'est lâché.
"Frank Farian, tu te rends compte ?" Mais je ne savais pas qui c'était.
Rob m'a expliqué que Frank Farian avait créé Boney M.
et je me suis dit que c'était énorme.
Parce que Boney M. était un groupe couronné de succès.
Boney M. était le groupe de disco à la mode dans les années 70.
Boney M. !
- Ils cartonnaient partout. - Un carton !
Boney M. a vendu 80 millions d'albums
et ils ont eu plusieurs singles numéro un.
"Rivers of Babylon"...
- "Daddy Cool"... - "Sunny"...
J'adore le titre "Ma Baker".
Ra, Ra, Raspoutine.
Une chanson complètement perchée sur Raspoutine.
Une figure mystérieuse de la Russie des tsars.
Devant des vidéos de Boney M. et de Bobby Farrell,
on dit : "Il est génial" !
Ils passaient à la radio, aux fêtes...
Boney M. faisait de la musique pour danser, boire et s'amuser.
TOBY GAD AUTEUR-COMPOSITEUR & PRODUCTEUR
Comment vous vous êtes réunis pour former Boney M. ?
Eh bien, l'idée est venue de notre producteur, Frank Farian.
Travailler avec Frank Farian,
c'est déjà être au haut niveau.
On s'est rendu compte que c'était peut-être lui qu'on attendait,
alors on est allés à Francfort.
Les locaux où il travaillait étaient immenses.
Et quand il a ouvert la porte,
on a été accueillis par tous ces disques d'or au mur.
C'était incroyable !
On ne voyait ça que chez Quincy Jones.
Il y a avait du matériel de pointe, des consoles,
des micros...
C'était incroyable.
Frank et sa secrétaire, Ingrid Segieth, nous ont dit :
"On travaille sur un projet et vous pourriez convenir
"si vous êtes intéressés."
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