200 บรรทัดแรก
1, 2, 3.
Tu lis a voix haute ?
"Je promets de plus te faire peur.
"Je promets de plus etre insupportable avec toi.
"Je reste une fille impossible, mais pas pour toi."
Signe.
- Tu te souviens de moi ? - Ouais. Ca revient un peu.
Tu sais, je pense pas qu'on se soit rates.
On s'est pas loupes.
Pourquoi tu m'as telephone ?
Parce qu'avant, je pouvais pas.
Maintenant, tu me conjugues au passe, alors c'est possible ?
"Possible", c'est vite dit.
C'est pas bien, pour notre fille, que ses parents s'evitent.
- C'est nul, comme reponse. - N'empeche. C'est une raison, ca.
T'inquiete pas. Maintenant, une autre femme te protege.
Il faudrait une muraille de femmes, pour etre a l'abri de toi.
Moi aussi, je suis plus toute seule.
Grace a eux, on va pouvoir recommencer a se parler.
Et a se voir, maintenant qu'on est bien proteges.
- Je te demande pas si t'es heureux. - Non. Tu me demandes pas.
Tu me demandes pas si de mon cote...
Je te demande pas.
Il me baise bien.
Je te baisais mal, moi ?
Bon. On peut en rester la ?
Monsieur, on peut avoir une frite et deux coupes, s'il vous plait ?
Ca fait 3 ans jour pour jour qu'on s'est quittes.
T'es une fille pessimiste.
Tu lis que les pages necrologiques dans les canards.
On s'est connus un 26 juillet.
Toi, t'es qu'un type du commencement.
T'as signe.
- Merci. - Merci.
Tu lui as dit, a ton dentiste, qu'on se voyait ?
Non.
Moi, ouais.
Ce "moi, ouais" assez suffisant est vraiment cretin.
T'etais comment, en venant ? Un peu nerveux ?
Cette nuit, j'ai reve que je baisais une fille.
Enfin, pas vraiment.
En fait, un paquet d'obstacles m'en empechaient.
Rassure-toi, la fille, c'etait pas toi.
Je suis contente de savoir...
qu'a l'idee de me revoir, tu bandes pour d'autres filles.
T'as signe.
- C'est pour ca qu'on s'est quittes. - T'as signe. T'as signe.
Hier, j'ai pris un taxi qui m'a immediatement parle de cul.
Je lui ai dit que la monogamie etait une cruaute, et il m'a fait sortir.
Il sort aussi,
et il me montre sa boite de preservatifs dans le coffre.
"Vous comprenez, ce sont mes yeux", il me dit.
"Les femmes, quand elles me voient, elles comprennent que je les aime."
Et c'est vrai que le mec avait de beaux yeux.
J'esperais t'arracher un petit sourire de complaisance.
Sur la cruaute de la monogamie, t'esperes me faire sourire ?
Et toi,
avec tes beaux yeux, tu les planques ou, tes caoutchoucs ?
Avant, tu me parlais pas des filles qui te plaisaient.
Je suis pas ton copain.
Je serai jamais ton copain.
T'es plus ma copine, hein ?
Avant que t'arrives, je me suis mise a trembler.
J'arrivais pas a me controler.
Et puis c'est passe.
Pour une premiere fois en tete a tete, restons-en la.
Comme ca, on reste sur une note absolument positive.
J'ai ete parfaite, non ?
Impeccable.
Je file, je vais etre en retard.
Papa, il viendra a la fete de l'ecole ?
Quoi ? Encore ?
Les fetes de l'ecole, c'est pour moi.
Papa aime pas trop les beaux chants qu'on apprend aux enfants.
C'est pas trop son truc.
Et les cours de violoncelle ? Il vient jamais avec moi.
Il attend que tu sois une grande violoncelliste,
et la, il viendra t'ecouter. Je te promets.
J'ai un pere qui aime pas les enfants.
Ma pauvre petite !
Elle t'a bassine avec son mechant papa ?
Non.
- Ca va, toi ? - Oui.
J'ai rajeuni, ca fait du bien.
Ca se voit pas ?
- D'un coup d'un seul, comme ca ? - Oui.
J'ai fait le menage.
J'ai decide de garder que les heures a rire avec Lina,
les heures a ecouter la musique que j'aime,
les heures a me faire caresser dans les lits,
les heures a jouer au ping-pong,
les heures a me balader dans les rues au hasard.
Et de jeter tout ce qui compte pas.
Les heures sans la moindre petite grandeur.
Les heures d'arriere-boutique, si tu preferes.
Les heures d'emploi du temps trop charge
par panique du temps que je pourrais perdre joliment.
Et ces heures quand le coeur fatigue de battre pour rien.
Si je calcule bien, t'as a peine plus de 17, 18 ans maximum, la.
A peine.
Plus jeune, tu me trouves plus sexy ?
Oh, l'enorme piege !
T'as pas honte ?
T'as jamais ete aussi sexy.
T'es au sommet, depuis que je te connais.
Bonne reponse.
Et les heures avec moi, t'en fais quoi ?
Ca compte double, comme les allees Ikea.
Salope.
"Sexy" ?
- "Sexy" ? - Oui.
C'est quand une femelle guepard en chaleur
s'approche d'un male et qu'elle veut lui plaire.
Je sais ce que ca veut dire, "sexy".
Et les guepards, c'est pas sexy.
Ben, ca depend des guepards.
Augustin, je veux plus lui parler.
Il est trop triste.
Raphael, c'est pareil.
Et en plus, il est avec Lola, maintenant.
Je sais pas si je suis amoureuse de Raphael ou d'Augustin.
Ma mere, c'est pareil, et j'ai pas envie de ca.
Si ca continue comme ca, je vais plus parler aux garcons.
Voila.
On t'a vu dans un salon de the chicos avec une fille pas mal.
Toi. Tu faisais le charmant.
N'importe quoi. C'etait pas moi. Je sais pas faire ca.
Ah oui ?
Tu veux savoir ce qu'on me dit sur toi ?
- J'ai le choix ? - Non.
Des que je pense a une connerie, j'ai envie de te la dire.
C'est ce qui me manque le plus.
Tu rigoles pas assez, dans ta vie ?
C'est ce que t'as envie d'entendre ?
On peut installer un petit silence, pour eviter la mauvaise pente ?
Je l'ai vue, la fille.
Mais c'etait pas dans un salon de the.
Il est nul, ton informateur.
C'est drole, parce que rien n'a vraiment marche.
Fais un portrait de moi assez flatteur.
Ben, force-toi. Vas-y, tu vas voir.
Lache.
Et sincere.
Elle n'a pressenti que la lachete, uniquement. Continue.
Envie et voulu.
Elle a pas vu a quel point on pouvait me vouloir.
Egoiste !
Et d'un charme rare.
Je m'en fous, de cette fille.
Et si elle s'etait pamee, je serais reste de marbre.
Un jour, je t'avais menace de te quitter.
Je t'avais menace et t'as rien dit.
T'aurais du me dire que j'avais tort, mais t'es reste silencieux.
Comment veux-tu que je te prenne au serieux ?
Apres, t'as passe une heure a repeindre le plafond des chiottes.
Je t'ai regarde et j'ai compris que c'etait fini.
Et apres, t'as foutu le camp et t'es jamais revenu.
Ton sourire juvenile m'a fait perdre le sens de tes paroles.
J'ai entendu que la musique.
Tu peux repeter ?
Pauvre mec.
- Tu t'en fous, de mon histoire. - C'est toi qui t'en fous.
L'etat de guerre permanent, j'en pouvais plus.
La passion, c'est la guerre, mais c'est pas toujours la guerre.
T'es un mec frileux qui porte toujours des pulls.
Et puis j'ai reflechi.
Apres le demenagement, c'etait fini. Tu m'as aimee 6 mois.
C'est une connerie pour me faire marrer ?
T'es un mec qui se raconte des histoires a l'avance.
Et quand elles t'arrivent, ca t'amuse plus.
On s'egare. C'est ma faute.
Je t'ai envoyee la-bas juste pour faire le malin.
Et puis tu m'as placee trop haut.
Ou trop bas.
Jamais a ma place.
Quand ca a du sens, previens-moi, comme ca, j'essaie de reflechir.
Et c'etait quoi ? Trop haut ou trop bas ?
C'est moi qui t'ai surestime parce que tu me devinais tres bien.
J'aimais que tu te penches sur moi comme sur un bouquin. Ca me flattait.
Il y avait des choses formidables que personne n'avait vues avant toi.
Et puis ca me paniquait, aussi.
Il y a tant de choses que j'aime pas, chez moi.
- Il y avait plus rien a lire ? - Victor, il sait pas lire, lui ?
Victor, c'est un type gentil, drole, attentif.
Et vraiment curieux des autres. Et curieux de moi.
Pas comme toi.
Tu veux pas vraiment en parler avec moi ?
Pourquoi tu m'as telephone ?
Il y avait une raison ?
Qu'est-ce que t'arrives pas a me dire ?
Tu vas te marier ?
T'es enceinte ?
Je vais pas me marier.
Je suis pas enceinte.
Tu vois, j'arrive pas a te deviner.
Il veut un enfant.
Et avant, je voulais pas.
Et maintenant, je sais pas.
Si tu viens me voir, c'est que tu sais.
Ouais.
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