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เผยแพร่เมื่อ: 2026-04-24
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200 บรรทัดแรก

CONSERVATOIRE DE MUSIQUE ET D’ART LYRIQUE

- Tu la connais ? - Je l’ai vue deux fois.

Nous avions des cours communs de solfège et de classique.

- Celle-ci, je la connais beaucoup mieux. - Oh là là…

- Salut, mon amour ! - Salaud.

- Qu’est-ce qui se passe ? - « Gare Saint-Lazare, salle d’attente ».

- Mais je t’ai attendu à la maison toute la soirée. - Mais bien sûr !

Demande à Hervé, il y était. J’ai tout préparé :

caviar, champagne, bougies. Ça a mal tourné.

On s’est mal compris.

C’est vrai : on s’est mal compris.

Et toi, qu’est-ce que tu faisais là ? À tenir la chandelle ?

Hé, Hervé ?

- Quoi ? - À ta place, je ne sourirais pas !

- Et qu’est-ce que j’ai fait ? - Laisse tomber, viens, j’invite.

- Je peux pas, je suis déjà en retard à cause de toi. - J’arrive ! Il faut que je me remonte.

- Salut tout le monde ! - Stéphane !

- Salut, ma belle. - Hé, Stéphane ! Tu as vu Laurent ?

- Non, juste ta femme à l’« aquarium ». - Elle appelle maman, elle se plaint de la vie.

Elle ferait mieux d’appeler un avocat : à l’écouter, je ne dors jamais à la maison.

- Et pourquoi tu as besoin de Laurent ? - Des nouvelles de la comédie musicale : tout est prêt.

- Tu as trouvé du vaseline ? - Rie tant que tu veux.

Mais ce soir je rencontre deux directeurs artistiques.

- Tu l’as déjà dit la semaine dernière. - Non, ça n’avait pas marché.

Mais cette fois, ça devrait aller.

L’un m’a même dit : « Cher Olivier, votre pièce m’a beaucoup intéressé ».

Mon cher Olivier, quel plaisir de vous voir chez nous.

- Il faut promouvoir les jeunes. - Il est tellement talentueux.

Votre comédie musicale est promise au succès, mais malheureusement je suis très occupé.

Alors revenez dans un an, et encore bravo !

J’aimerais voir vos têtes quand vous verrez mon nom sur les affiches.

Et là, ne demandez pas de piston.

Tu sais, mon cher, à ta place je surveillerais ta femme.

Certains de tes amis ne seraient pas contre la draguer en ton absence.

On en parlera à la maison.

- Merci et au revoir. - Quand est-ce qu’on se voit ?

- Jamais. - Pourquoi ?

- Tu vois, Gérard… - Gérald.

Ah oui, Gérald… On a passé un très bon moment tous les deux, mais… je me connais…

J’ai peur de m’attacher à toi. Tu comprends ? Alors je préfère arrêter maintenant.

- Crois-moi, c’est mieux. - Mais Audrey, où vas-tu ?

- Mais… mais… arrête. - Continue !

- Encore un peu. - Père !

Quel père ?

- Merci les gars. À demain. - À demain !

- Hé, vous êtes nouvelle ? - Ne vous retournez pas !

Vous chantez ou vous dansez ?

- Regardez ces jambes ! - Quelles jambes, les gars !

Vous voulez un engagement ? Je peux arranger ça. Dix pour cent seulement.

On vous a déjà dit que vous ressemblez à Cyd Charisse ?

- Exact, comme sa fille. - Quelle beauté.

- Oui, c’est classe. - Quelle fille. Tout à fait mon genre.

BUREAU DE MADAME LA DIRECTRICE

Hé, Olivier !

Hier on a chanté à des enterrements et on a gagné seulement 120 pièces.

Je pensais que les enterrements payaient plus que les mariages.

Ça dépend de combien vous avez chanté. Et surtout comment vous avez chanté.

N’oublie pas : cassettes, partitions, tout. Pour éviter de refaire comme la dernière fois.

Ne me fais pas rire. Ton directeur artistique ne m’écoutait même pas, il pelotait la secrétaire.

Je te dis que cette fois le contrat est dans la poche.

Bon, voilà les formalités. Vous êtes admis.

Cependant l’année scolaire a déjà commencé et ce sera difficile au début.

Vous verrez, ce n’est pas comme en province.

- Je m’y ferai. - J’en suis sûr.

Où comptez-vous vivre à Paris ?

Chez une amie d’école, mes parents la connaissent.

Vous la connaissez peut-être aussi. Elle s’appelle Jocelyn Dutour, elle étudie ici.

Dutour ?

Non, ce nom ne me dit rien.

Je dois y aller. Passez s’il y a un problème.

Merci, madame !

Qu’est-ce qui t’a pris ? Tu m’as sauté dessus en pleine rue.

Ici ce n’est pas la Californie. Tu crois que j’ai peu de problèmes avec les parents ?

Désolé. Mais il nous a déjà vus ensemble.

Tu te souviens, ils ont annulé son concert à Stockholm et il est rentré plus tôt ?

Je n’oublierai jamais sa tête quand il m’a vue dans ta chambre.

- C’était qui ce type ? - Lequel ?

- Celui en Porsche. - Ah, rien de spécial.

Trois semaines n’ont pas passé et tu t’es déjà recasée.

Je ne t’ai pas trompé pendant six mois.

Il est temps de rattraper le temps perdu.

Il te plaît ? Vas-y, dis.

Et toi, qu’est-ce que ça peut te faire ?

- Et au lit, il est comment ? - Pas terrible.

- Pourquoi ces bêtises ? - Je ne sais pas. J’apprends à vivre.

Essaie de ne rien oublier. Tu aimes changer de petits amis ?

Il faut en essayer beaucoup avant de trouver le meilleur.

Ça prendra du temps.

Je ne sais pas. J’apprends à vivre.

Essaie de ne rien oublier.

- J’étais un bon professeur ? - Oui, de français, mais pas d’amour.

- Peut-être que tu étais une mauvaise élève ? - Ou je n’étais pas la femme de tes rêves.

- Tu fais quoi ce soir ? - Je suis très occupée. J’apprends à vivre.

Essaie de ne rien oublier.

J’essaierai de ne pas oublier.

Laurent ! Laurent ! J’ai oublié : je t’ai trouvé du travail !

- Des cours de piano ? - Oui ! Chez moi !

Ah, d’accord. Salut !

- Pas à moi, idiot. À mon frère. - Et ta mère sera à la maison ?

Pourquoi ? Tu veux demander un autographe ?

Si tu as besoin de fric d'urgence, tu peux commencer dès aujourd'hui.

Demande plus : elle ne connaît pas les tarifs.

- Laurent ! On dîne ensemble ? - OK. Réserve une table pour toute la bande.

Je vous prie, Jocelyne Dutur.

Ne raccrochez pas. Je vais voir si mademoiselle est à la maison.

Attends, j'arrive.

Jocelyne ! Téléphone.

- Si c'est Larry, qu'il aille au diable. - Non, c'est une fille. Eliza, je crois.

Eliza ? J'arrive.

Salut. Sois gentille, dissous-moi deux aspirines.

Pourquoi donc ?

Allô, Eliza ? Comment ça va ?

C'est gentil d'avoir appelé. Comment va la vie au village ?

Ne m'en veux pas de ne pas t'appeler.

Je suis débordée ici !

J'ai déjà expliqué à mes parents : cocktails, puis le tailleur... pas une minute de libre.

- Au fait, tout va bien chez eux ? - Chez qui ?

- Chez mes parents. - Oui, oui, tout va bien. Au fait...

Devine où je travaille depuis trois mois ? Au Paradis Latin, ma vieille.

Tu as sûrement entendu parler ? Spectacle formidable, et le rôle aussi. Je chante et je danse.

- Vraiment génial. Passe me voir un de ces jours. - Justement, je voulais...

- Mais si, vraiment. Tu verras le spectacle. - Je serai bientôt chez toi.

- Vraiment ? - Tu n'as pas changé d'un poil.

Tu ne me laisses pas placer un mot. Je suis déjà à Paris.

Je t'appelle du café en face du conservatoire. Je suis allée là-bas tout de suite.

- Tes parents m'ont dit que tu y étais. - Non, je n'y suis pas.

Tu es surprise ? J'avais tellement envie de venir après tes récits. Alors je suis venue.

Hé, les gars, Cyd Charisse est de retour avec nous !

Désolée, on me presse. Je te raconterai la suite plus tard.

- Hé, Jocelyne ! L'avenue Foch est loin d'ici ? - À une quinzaine de minutes.

- Alors j'y serai tout de suite ! - D'accord.

Alors, vous avez rompu ? On se voit ce soir ?

- Vous aimez la pizza ou la cuisine chinoise ? - Ne l'écoutez pas, il drague toutes les femmes.

Moi, au moins, je n'ai pas besoin d'aphrodisiaques.

Je vous dois combien pour le téléphone ?

Non, non, ne l'écoutez pas, il est marié. Regardez-moi. Je suis au bord de la crise de nerfs.

J'ai tellement besoin de compassion. Regardez mes mains.

- Hé, comment vous appelez-vous ? - Dites au moins un prénom !

- Peut-être Françoise ? - Attendez ! Prenons un verre !

Sur l'avenue Foch, s'il vous plaît.

Hé, Liza, viens ici. Où étais-tu, petite dévergondée ?

Eh bien, maintenant tu as tout vu. Liza et l'appartement.

Comme tu vois, ça n'a pas pris longtemps.

Et puis, j'étais heureuse d'avoir trouvé au moins quelque chose.

J'ai toujours rêvé de l'avenue Foch. Et quelle vue par la fenêtre !

- On t'a renvoyée du conservatoire ? - Non. Je n'ai pas été prise.

Mais je n'aurais sans doute pas aimé là-bas. Je n'ai jamais aimé étudier, tu le sais.

Et pourquoi n'es-tu pas rentrée ?

Pour reprendre des cours de danse classique chez mademoiselle Guiot ?

Non merci.

C'est peut-être bête, mais laisse les parents croire que tout va bien pour moi.

Et tout ira bien pour moi. Et pour toi aussi.

- Tu as faim ? - Non, merci.

Tu as de la chance : il y a de la saucisse et du pain-beurre. Tout comme chez papa Chignou.

- Chignou. - Eh bien, Chignou. "Petits chéris !

Allez donc embrasser papa Chignou".

- Il est encore vivant ? - Je crois qu'il est mort.

Enfin, étudier, c'est très bien, mais de quoi comptes-tu vivre ?

- Je ne peux t'offrir qu'un toit. - Non, voyons, je n'ai pas l'intention de...

Non, n'y pense même pas, à revenir. Prise dans le filet - maintenant tu n'en sortiras plus !

Le gérant du Paradis est un ami à moi. On lui demandera de te trouver quelque chose.

Au fait, pour le Paradis Latin, c'est vrai. Bien sûr, je n'ai pas un très grand rôle,

mais c'est absolument incroyable aussi ! C'est inimaginable !

C'est mieux que tout ce qu'on peut imaginer !

Jocelyne ! Téléphone ! Charles-Henri !

J'arrive !

Il n'est certainement pas Robert Redford,

mais il connaît tous les meilleurs restaurants de Paris. C'est utile.

Bonjour, Charles-Henri. Cela faisait si longtemps que vous n'étiez pas venu.

Je prenais mon bain. Avec de la mousse.

Bien sûr, vous pouvez venir me chercher après le spectacle.

D'accord, on pourra dîner ensemble.

Quoi ?

Non, à deux, malheureusement, ce ne sera pas possible.

Oui, moi aussi, je le regrette.

Le fait est que ma meilleure amie est venue me rendre visite.

D'où ? De New York. Oui.

Moi aussi, avec grand plaisir. À ce soir.

Il veut me présenter à ses parents. Les vieux auront une surprise.

Vous savez ce que je vous dis ? Nous, on est les plus cool.

Le rideau se lève. Imaginez la place Vendôme à l'aube.

Julien apparaît. Il rentre chez lui après le service de nuit.

Vous suivez ?

En face de lui, la jet society. Vous imaginez ? Ils ont passé la nuit dehors,

et avec eux une fille en robe du soir, légèrement pompette... Et à ce moment-là...

Colette ! Vous m'avez réservé une place en wagon-lit pour mardi ?

- Oui, monsieur. - Et au fait, le technicien du son est passé ?

Oui, à midi, monsieur.

Et dès qu'elle voit Julien, paf - le coup de foudre.

Et en même temps, au fond, le chœur entre en scène.

Attendez...

Vas-y. Vas-y...

Bien. Et après ?

Et après - le rideau.

Laurent ! Ne fais pas l'idiot ! Attends !

Rien de grave, il est crevé. Restons en contact, d'accord ?

Laurent ! Qu'est-ce qui te prend ?

Il a mordu à l'hameçon. Oh, merde !

Tiens. Prends. Tout est enregistré ici. Tu lui feras écouter. Salut.

Mais on a dans une demi-heure la prochaine audition !

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