Made You Look: A True Story About Fake Art

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Made You Look A True Story About Fake Art 2020 1080p NF WEB-DL DDP5 1 x264-NWD
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CECI EST L'HISTOIRE VRAIE D'UN CHEF-D'ŒUVRE D'ARNAQUE

LES NOMS N'ONT PAS ÉTÉ MODIFIÉS POUR PROTÉGER LES VICTIMES,

PUISQUE CERTAINES SONT LOIN D'ÊTRE INNOCENTES

Personne n'aime se faire avoir.

Les gens se font avoir par des faux

bien plus qu'on ne pense.

On a demandé un jour au directeur

du Metropolitan Museum :

"À votre avis, combien de faux se trouvent sur vos murs ?"

Il a répondu : "Je n'en ai aucune idée."

C'est très gênant.

C'est pire que ça…

Personne n'a envie

d'admettre

qu'il s'est fait avoir.

Il y a quelque chose d'évident,

c'est que j'ai été

comme aveuglée

par la joie que provoquaient en moi ces œuvres.

Ils sont convaincus qu'elle était complice de l'escroquerie.

Ils en sont sûrs et certains.

Soit elle était complice,

soit c'est la femme la plus bête qui ait jamais travaillé dans une galerie.

Je n'avais pas conscience de vendre des faux.

J'ai cru vendre des œuvres normales.

Vraies, authentiques.

J'en étais persuadée.

Tout s'est enchaîné brusquement.

Au départ, il y a eu la fermeture de Knoedler.

On était sous le choc.

Knoedler était une institution dans le milieu.

Personne n'a vraiment su pourquoi ils fermaient...

jusqu'à ce que la presse révèle le trafic de contrefaçons.

C'est un scandale à 80 millions de dollars qui frappe le monde de l'art

et donne des sueurs froides aux collectionneurs.

C'est sûrement le plus grand trafic d'œuvres d'art jamais découvert

dans l'histoire des États-Unis.

Dans cette affaire, le faussaire a créé des copies

des œuvres de grands artistes américains.

L'arnaque a duré près de 20 ans.

L'escroc a eu le culot de se dire :

"Jackson Pollock, Robert Motherwell...

Je vais m'attaquer aux plus grands artistes du XXe siècle."

Les collectionneurs ont payé

des millions et des millions de dollars.

J'ai la chance incroyable de pouvoir acheter un Rothko ?

- Ça vaut rien. - Les gens ont cru à des chefs-d'œuvre.

Avant de découvrir l'arnaque,

les gens ont exposé ces œuvres dans des musées.

L'une des galeries les plus réputées du pays

s'est retrouvé au cœur de cette escroquerie.

La galerie Knoedler avait pignon sur rue à New York,

notamment pour son ancienneté.

Ils ont survécu à la guerre de Sécession et à deux guerres mondiales.

Ils ont commencé en vendant des toiles de maître

à des J.P. Morgan ou Henry Clay Frick.

Ils ont vendu au MET. Ils ont vendu au Louvre.

Au début des années 1970,

Armand Hammer, l'un des grands industriels

et philanthropes américains du XXe siècle,

avait acquis une participation.

Son petit-fils, Michael Hammer,

est devenu unique actionnaire vers 2001.

Michael Hammer a racheté la galerie et nommé Freedman directrice.

J'ai travaillé à Knoedler pendant…

Un peu moins de 32 ans.

Ann Freedman avait la réputation d'être une vendeuse efficace,

Elle connaissait les collectionneurs.

Je dois tout à la galerie. Je travaillais pour Knoedler.

Knoedler, c'était un incontournable, une institution.

C'était une galerie qui savait rester au goût du jour.

Non sans ironie, la seule époque qu'ils ont loupée,

c'est l'expressionnisme abstrait des années 50,

ce mouvement artistique qui a fini par les faire couler.

Le cerveau de l'escroquerie serait une New-Yorkaise,

Glafira Rosales,

qui se dit marchande d'art.

Glafira Rosales a débarqué un jour à Knoedler

avec de prétendus chefs-d'œuvre dans sa voiture.

Comme si on pouvait de nos jours posséder

des toiles jamais vues valant plusieurs millions de dollars.

Les œuvres provenaient toutes de chez la mystérieuse Glafira Rosales.

C'était un ouragan.

Comment une telle quantité de contrefaçons

ont-elles pu transiter par Knoedler et tromper tant de gens ?

LES DÉBUTS DE L'ESCROQUERIE

Je dirais...

Si je me souviens bien, en 1995,

il y avait Jimmy Andrade.

C'était l'assistant de la galerie.

Il s'occupait de pas mal de dossiers.

On lui faisait entièrement confiance.

Il m'a parlé d'une amie à lui,

une amie proche, qui voulait me montrer un Rothko.

Et Glafira Rosales a débarqué.

Je ne connaissais pas son nom.

J'avais jamais entendu parler d'elle.

Elle était polie,

bien habillée,

très éloquente.

Glafira Rosales n'inspirait pas du tout confiance.

Personne ne la connaissait. Elle n'avait pas de références.

C'était juste une femme de Long Island qui a débarqué un jour.

Rosales était parfaite dans ce rôle.

Elle a livré des informations, ni trop, ni trop peu,

juste assez pour intéresser Ann et faire perdurer la relation.

Elle avait apporté le Rothko,

empaqueté dans...

Entre deux cartons, je crois.

Je lui ai demandé si on pouvait le déballer.

Jimmy l'a déballé, comme souvent.

Je l'ai trouvé absolument magnifique.

Absolument magnifique.

Je sais pas si on peut aimer des objets.

J'ai le coup de cœur pour les œuvres.

Ce n'est pas comme aimer un humain,

il y a une limite, mais je m'anime

à la vue de ce genre d'œuvre.

Il y a une signature au dos et la date. Superbe.

Il était tout à fait normal dans ces circonstances

que je pose des questions.

"Dites-moi d'où vient la toile et à qui elle appartient."

Elle a répondu avoir signé une clause de confidentialité

et que le vendeur restait anonyme.

Peu à peu, d'autres détails ont émergé quant aux origines de la toile.

Dans la première version sur M. X...

L'histoire a évolué ensuite, mais au départ, il était question de M. X.

Une famille très aisée qui venait d'Europe.

Ils avaient émigré au Mexique comme beaucoup après la guerre.

Sa femme et lui vivaient à New York.

Ils avaient acheté des tableaux à un certain Alfonso Ossorio.

Alfonso Ossorio vivait à Long Island.

C'était une sorte de mécène de Jackson Pollock.

Il aurait mis en contact le collectionneur avec les artistes.

Ensemble, ils achètent plusieurs œuvres, puisqu'il y en a d'autres.

Le type du Mexique, même s'il n'est pas fan d'abstrait,

rapporte les tableaux au Mexique.

Comment ? Sur une diligence ?

Il rapporte les peintures au Mexique et les stocke,

bien emballées, dans sa cave.

Il aurait donné ces œuvres à son fils,

M. X Junior.

Et son fils veut les vendre

à bas prix car il se fiche de gagner de l'argent.

Les riches s'en fichent ?

Les riches se soucient bien plus d'argent que les pauvres.

Dans cette histoire, certains détails semblent véridiques,

ou du moins plausibles, je dirais,

assez pour qu'une personne crédule ne la gobe en tous points.

C'est le comble des escroqueries,

d'être juste assez plausibles pour qu'on y croie.

J'ai cru à une incroyable découverte.

Les enchères s'ouvrent à 35 millions de dollars.

J'ai 36 millions de dollars. 36 pour M. Stefan.

48 millions pour Charlie. 48.

L'expressionnisme abstrait a explosé à la toute fin des années 1990.

57 millions de dollars Elizabeth à 57 millions.

LOT 31 58 MILLIONS DE DOLLARS

Le marché, qui était raisonnable, a atteint des sommets.

Les œuvres s'y vendaient 10 fois plus chers qu'auparavant.

Les expressionnistes abstraits ont été le premier groupe d’artistes américains

à se forger une renommée internationale.

Dans ce groupe, il y avait Jackson Pollock, Mark Rothko,

Barnett Newman, Lee Krasner, Robert Motherwell

et Willem de Kooning.

Ils ne s'attendaient pas à trouver un public

ni des collectionneurs.

Pour 65 millions de dollars ?

Merci !

Vu les prix auxquels se vendent les expressionnistes abstraits,

la tentation de falsifier leurs œuvres est plus forte que jamais.

On m'avait raconté que les tableaux avaient été achetés

à la fin des années 50 pour de petites sommes.

Ça se tenait.

Les artistes avaient faim.

Ils voulaient absolument vendre.

Ils étaient dans le besoin.

Pollock avait échangé certains de ses tableaux

à l'épicerie locale ou chez le caviste.

Donc, l'idée qu'à cette époque-là,

quelqu'un ait acheté les toiles pour peu n'avait rien d'étonnant.

N'oublions pas

qu'à l'époque où ce M. X était censé avoir acheté les toiles,

elles avaient peu de valeur.

Peut-être 5 000 ou 10 000 dollars.

Ces tableaux n'ont jamais été exposés.

On ignore leur provenance. Il n'y a pas de documents officiels.

La provenance est cruciale.

Il faut savoir d'où vient un tableau.

Qu'est-ce qu'on appelle "provenance" ? Les propriétaires successifs d'une œuvre.

Dans l'idéal, on est censé pouvoir remonter du propriétaire actuel

jusqu'à l'atelier de l'artiste.

Au minimum, on réclame des documents qui indiquent

quand l'œuvre a été créée et qui l'a achetée.

Sa sœur avait gardé des reçus,

mais tout a été détruit.

Elle avait préparé une histoire. Ça ne fait aucun doute.

C'était bien trop opaque.

La galerie a eu tort de se satisfaire d'une provenance si floue.

Dans le pire des cas,

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