İlk 200 satır.
- Tout d'abord, bonsoir à tous. - Salut. Ça va ?
On commence par les présentations ?
On vous connaît, mais le grand public, non.
- Joaquín. Je suis à la basse. - Juan, à la guitare.
Enrique, je chante.
Et moi, c'est Pedro.
On aimerait que Héroes del Silencio puisse être accessible à tous.
On n'aimerait pas attirer seulement les ados ou les quarantenaires,
ou la culture underground ou avant-gardiste.
On veut toucher tous les publics.
On ne veut pas s'enfermer dans une case.
Quel genre décrirait le mieux votre musique ?
On n'a pas encore choisi de style.
Et c'est un peu trop tôt, non ?
Quand on aura six ou sept LP, on saura plus ou moins ce qu'on veut.
On ne sait peut-être pas encore quel genre de groupe on est.
On n'a pas encore assez de recul sur nous-mêmes.
Comment s'est formé le groupe ?
Comme tous les groupes.
On s'est réunis, et c'est là qu'on a commencé à faire des démos
et à envoyer des vidéos aux maisons de disques de Madrid,
parce que c'est plus dur à Saragosse.
Vous considérez-vous comme des héros ?
HÉROES : SILENCE ET ROCK AND ROLL
Poussière, brouillard, vent et soleil
Et là où il y a de l'eau Il y a un verger
Au nord, les Pyrénées
Cette terre est l'Aragon
Au nord, les Pyrénées Au sud, les montagnes tranquilles
L'Èbre traverse au milieu
Cette terre est l'Aragon
SARAGOSSE, PRINTEMPS 1984
Poussière, brouillard, vent, soleil. Une ville entourée par le désert,
à l'écart du boum culturel des grandes villes d'Espagne.
Cela ne semble pas la ville propice pour percer.
Mais Saragosse s'agite,
où plus de 50 groupes aragonais se sont déjà inscrits
à un événement sans précédent dans la ville.
La première édition de I Muestra de Pop-Rock y Otros Rollos est lancée.
Cette fille polie
Ces trois derniers jours, plus de 25 000 jeunes ont participé
à ce que l'on appelle la Movida de Saragosse.
Je ne peux plus te donner mon cœur…
Une catharsis culturelle sur une terre hostile au rock,
où les jeunes rêvent de…
Ne m'approche plus
L'un des points forts du festival
est la vente de musique piratée et indépendante.
De nouveaux labels défient les labels multinationaux…
Bien sûr que je m'en souviens. En 1984, j'ai joué avec Proceso Entrópico.
Des cendres mortes sur ta peau
Des écailles d'or
Châtiment pour déloyauté…
Il y avait des affiches partout. On a vu : "Zumo de Vidrio".
Depuis que je t'ai vue Je ne peux pas penser…
Les membres de Héroes jouaient dans différents groupes.
Pendant quelques jours, j'ai joué avec Edición Fría et Tres de Ellos.
- Pedro a joué avec Los Modos. - Non.
Je n'y étais pas. J'étais tout jeune.
Jean-Paul II touche ma chatte !
Jean-Paul II Je veux être ta copine
Je veux que tu touches ma chatte !
Ça pourrait créer une scène à Saragosse. Il n'y aura pas que Madrid et Barcelone.
On verra ceux qui dureront.
L'important, c'est la passion, l'ambition et la diversité.
C'était la première fois
que quelque chose de fort se passait à Saragosse.
Tout le monde s'accorde à penser que le festival
n'aurait pas pu être plus réussi.
Matías Uribe a écrit dans le journal que Zumo de Vidrio avait bien joué.
ZUMO DE VIDRIO LA PERLE DU FESTIVAL
C'était incroyable de lire
qu'on était bons alors qu'on était merdiques.
On m'a présenté à Juan
dans un bar de Saragosse appelé Los Navarros.
Quelqu'un m'a dit :
"Juan joue dans un groupe appelé Zumo de Vidrio."
Vu qu'ils cherchaient un bassiste, je suis allé à leur répétition.
Je me suis pointé avec mon ampli et ma basse.
Quelques jours plus tard,
le chanteur, le cousin de Juan, n'est pas venu à la répétition.
Et pendant qu'on attendait,
j'ai commencé à jouer une chanson de David Bowie.
Je regardais et j'ai dit : "Ce type sait chanter."
Toujours dans les ténèbres
La voix n'a pas de sens…
C'était clair pour moi et j'ai dit :
"On doit créer un groupe, un vrai."
On était très jeunes et on avait beaucoup de projets,
parce qu'on pensait tous qu'on devait faire un peu de tout
pour trouver à la fois les musiciens et la musique.
Un jour, on a pris un lecteur enregistreur de cassettes,
on a mis une cassette et tout de suite…
PREMIÈRE DÉMO
Dans ses yeux fanés
On a apporté la cassette à Cachi à Radio Zaragoza.
"On est un groupe de Saragosse." Il m'a regardé et a fait…
Genre : "Je l'écouterai."
Mais un ou deux jours après,
je mets El selector à quinze heures et le mec dit…
Nous terminons l'émission avec Héroes del Silencio.
Salutations de Cachi. Beaucoup d'amour, ciao et au revoir.
C'était le plus beau jour de ma vie.
Quand on a parlé à la radio pour la première fois,
on a décidé de s'appeler comme la chanson.
"Héroe de Leyenda" est un peu votre hymne, c'est ça ?
Incarne-t-il vraiment qui vous êtes ?
Oui, car au début, ça s'appelait "Héroes del Silencio".
Notre nom vient de là.
Les paroles décrivent ce que notre nom signifie.
Le silence est tout
Un héros dans son propre oubli…
Le chant m'est venu par hasard.
Mais avec ce changement, le fait de chanter et d'être à la basse,
j'ai commencé à prendre du plaisir à écrire les paroles.
Je sens la terre sous le patio
Quelqu'un entre par la fenêtre
Oublié…
J'ai découvert le rôle de leader.
Mais ça a été progressif parce que j'étais chanteur et bassiste,
donc j'étais un peu cloué au micro.
Et puis on a finalement décidé
de chercher un bassiste pour que je puisse être plus libre sur scène.
Et je vais trop vite
On répétait dans le même coin.
Tu ne peux pas m'attraper…
On se croisait pendant les répétitions, ou en buvant un café au bar du coin.
Ils avaient déjà un répertoire. Leurs chansons sonnaient mieux…
Edición Fría a joué plein de reprises de The Cure.
Nos chansons étaient bonnes, mais j'étais le chanteur alors ça n'allait pas loin.
Jouer avec des images
Quand quelqu'un pleure Elles tombent…
On réalise que c'est possible.
Enregistrer un album, faire de plus gros concerts.
Pedro, le frère de Juan, voulait décrocher son diplôme de médecine,
et il voulait y consacrer du temps, donc on a dû chercher un batteur.
Je les ai entendus dans l'émission radio de Cachi, El selector.
Peu après ça, ils cherchaient un batteur.
Je les ai vus répéter.
Ça m'a scié. Je jouais avec Los Modos à l'époque.
Au même endroit où je t'ai rencontrée…
"Hé, tu es batteur. Viens jouer."
Je me suis assis et j'ai fait : "Oh, mon Dieu.
"Sainte Mère de Dieu."
Et j'ai joué.
L'iguane
Ils y croyaient.
Ils avaient quitté l'école pour se consacrer à la musique.
Ils en voulaient.
En cet instant, Salamanque est la capitale de la pop.
La 26e édition du Radiocadena Festival a lieu ici.
Il est consacré, pour la première fois, à la musique pop.
Des groupes venaient de toute l'Espagne pour la compétition.
On est arrivés et on avait un hôtel. Il y avait des journalistes.
Juste avant d'aller jouer, j'ai dit à Cachi :
"Donne-moi tes vêtements. Tu ressembles à un martien."
Et j'y suis allé, j'avais l'air d'un… Je ne sais même pas.
Même si l'air ne sait pas ce qui se passe
Le vent
Il t'entraînera
Je ne peux pas entendre ta voix
Elle est tout le temps loin
Oh non Elle est si loin
Le festival était bondé, il y a eu 429 participants.
Et puis, toutes les villes ont voté.
On est arrivés en finale et on a fini deuxièmes.
Selon Matías, le concours était truqué.
Matías a écrit des articles incendiaires dans El Heraldo,
car on n'avait pas gagné.
J'étais dégoûté.
C'était truqué !
Ils ne regardaient pas les groupes. Ils étaient en train de manger et boire.
Ils étaient dans un restaurant avec un balcon
qui donnait sur la scène, de très loin.
C'est là qu'étaient les juges, ils s'en fichaient.
À l'époque, on a pris ça comme une défaite.
Mais on a fini deuxièmes.
C'est mieux que la plupart des artistes espagnols à l'Eurovision.
On n'a pas gagné, mais on s'est dit : "On gagnera la prochaine fois."
Ce n'est pas arrivé, mais l'intention était là.
On s'est améliorés parce qu'on en voulait plus.
Même si l'air ne sait pas ce qui se passe
Le vent emporte…
Était-ce difficile ?
Pour un groupe comme vous ? Car vous venez de l'Aragon ?
Oui, c'est difficile, car on ne vient pas d'une grande ville.
Ça a une incidence, parce qu'il n'y a pas de découvreur de talents.
On ne cherche pas de démos de groupes en dehors des grandes villes.
Personne ne cherche de nouveaux groupes ici.
La pop en Espagne était insipide.
Les paroles…
J'y ai contribué, c'est sûr, car je faisais partie de Olé Olé.
Je vais vite
Et je ne peux pas m'arrêter…
Je voulais diversifier un peu ma carrière.
J'ai suggéré à Roberto de collaborer.
J'ai demandé sur quoi, il m'a dit : "Produire."
J'ai dit : "Je n'y connais rien." "Idem, mais je suis chanceux."
Dis-moi quand…
"J'ai vu un groupe de Saragosse
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