İlk 200 satır.
Né le 2 juin 1740,
il passa 28 de ses 74 années dans des prisons et des asiles d'aliénés.
Une des grandes ironies de l'histoire fut que sur son lit de mort,
il proclama : "Je suis fier que tout souvenir
"de ma personne s'efface de l'esprit des hommes",
alors que son nom a donné un mot, sadisme.
Louis Alphonse Donatien de Sade.
Venez. Vite !
Louis Alphonse Donatien, marquis de Sade ?
Descendez de cheval, monsieur.
Descendez ou nous tirons !
Feu !
Vous.
Vieillard.
Arrêtez-vous quand je vous parle.
Louis.
Vous êtes ici.
Bien.
Mon oncle ?
Lui-même, mon neveu.
Tu t'es à nouveau échappé ?
Oui, je l'espère.
Que tu es intelligent !
Que faites-vous ici, mon oncle ?
Je t'attendais, mon neveu.
Mais il vous était impossible de savoir que je venais ce soir.
Je l'espérais.
Qui est le vieillard que j'ai vu dans le couloir il y a un instant ?
Un domestique.
Je ne me rappelle pas l'avoir jamais vu.
Tu sais bien
que les domestiques vont et viennent.
Je vais le renvoyer.
C'est cela.
Mais à présent, nous allons commencer.
Commencer quoi ?
Une pièce de théâtre !
Le divertissement ! Le plaisir !
Que tu apprécies d'une façon si unique.
Je doute que nous en ayons le temps.
Bien sûr que si.
Tu as toujours le temps de prendre du plaisir.
Seulement un moment.
On connaît ta faiblesse, n'est-ce pas ?
Voici un bien piètre public pour votre pièce.
C'est tout le public dont nous avons besoin.
Le lieu : le domaine de Montreuil, en-dehors de Paris.
Les personnages : le comte et la comtesse de Sade,
tes parents bien-aimés.
Et M. et Mme de Montreuil,
tes bienveillants futurs beaux-parents.
L'occasion : la signature d'un contrat de mariage
entre le marquis de Sade
et leur fille, Mlle Renée de Montreuil.
"Mais d'abord, nous devons tout régler !"
- "Silence !" - "Ma chère."
- "Pas de dispute." - "Non, pas de dispute."
"Jamais de dispute entre nous !"
"Nous logerons le jeune couple durant les trois premières années de..."
- "Sept ans !" - "Quatre ans."
- "Six." - "Cinq."
- "Cinq ans." - "Cinq ans."
"Et une pension."
"Disons, de 1000 par an."
- "5 000." - "2..."
"3 000 couronnes."
- "Livres." - "Livres ?"
"Très bien.
"3 000 livres."
"Quant à nous, nous habillerons la mariée,
"le marié ainsi que leur entourage, et fournirons un attelage de deux...
"Disons quatre chevaux.
"S'il m'est nécessaire d'hypothéquer le reste de vos biens à ces fins,
"c'est pour l'alliance de notre famille à la fortune des Montreuil.
"Mais d'abord, nous devons établir les faits.
"N'est-il pas vrai que votre fils, le marquis, est célibataire à cause de
- "sa réputation dout..." - "C'est faux !"
"Sa réputation douteuse ! Elle est bien connue !"
- "Silence !" - "Mon amour."
"Nous sommes prêts à fermer les yeux sur ses
"folies de jeunesse."
Un moment.
"Je suis prête à fermer les yeux sur tout pour rattacher ma famille au sang royal."
- "Quant à nous..." - Non !
"... nous ajouterons à la dot la collection
"de bijoux de ma femme.
- "Pas question !" - "Mais si, très chère."
"Jamais ! Vous ne pouvez pas !"
C'est grotesque !
"Ma chère !"
Arrêtez !
J'ai dit : "Arrêtez !"
Ceci est grotesque !
Les vraies négociations ne ressemblaient en rien à cette farce.
- Ils vont vous recevoir sous peu, monsieur. - Quoi ?
Mme de Montreuil a dit qu'ils vous recevraient sous peu, monsieur.
Si vous voulez bien attendre.
"Je m'assieds et j'attends ici
"Nuit et jour
"Où est-il, quand viendra-t-il ?
"Je me languis au rayon de soleil
"Et au clair de lune
"Où est-il, quand viendra-t-il ?
"J'ai tellement attendu
"Que mon vrai amour devrait venir
"Où est-il, quand viendra-t-il ?
"Durant mon attente, un jour
"ll viendra sûrement
"Où est-il, quand viendra-t-il ?"
Mon fils.
Bien. Vous arrivez juste à temps.
Monsieur, nous sommes prêts à signer le contrat.
Vous ne connaissez pas M. Marais, notre préfet de police.
Il a eu la bonté d'accepter d'être le témoin des signatures.
- Monsieur. - Monseigneur.
Bien, je suis prêt.
Nous aussi, monsieur.
Que se passe-t-il, mon fils ?
Où est-elle ?
Je vous demande pardon ?
Votre fille, celle que je dois épouser.
La voici.
Mais ce n'est pas...
N'avez-vous pas une autre fille ?
Madame, n'avez-vous pas une autre fille ?
Ma fille Anne n'a rien à faire ici.
Vous ne comprenez pas. Ce n'est pas la bonne. Ce n'est pas elle.
Monsieur, le contrat a été signé entre vous et Mlle Renée,
qui vous aime tendrement.
- Il doit être refait. - Scandaleux !
Etes-vous fou ?
Votre fils a signé un contrat exécutoire.
Non, madame, c'est faux.
Mon fils, vous n'avez pas le choix.
Vous devez faire ce que l'on vous dit.
Madame, c'est impossible...
"Mon cher fils,
"je vous supplie de changer d'avis et de rentrer avec la calèche
"que j'ai louée pour votre voyage de retour.
"J'ai demandé à votre oncle, l'abbé, d'écrire à Mme de Montreuil
"que vous êtes allé à Avignon préparer un foyer pour votre future épouse,
"mais que malheureusement, une maladie vous y a retenu.
"- J'ai affirmé..." - Peu importe !
"J'ai affirmé à Madame
"que vous êtes au lit avec une forte fièvre."
Drôle de fièvre.
Ce n'est pas tout.
Ce n'est jamais tout.
"Ne comprenez-vous pas, mon fils, qu'un contrat de mariage est
"un document légal et exécutoire ?
"Et que sa rupture vous fait risquer la prison,
"une vengeance que cette chère Madame utilisera sans hésiter, elle me l'a promis.
"Je vous supplie de changer d'avis et de rejoindre sans tarder votre fiancée
"qui attend votre retour avec impatience."
La pensée de votre nouvelle épouse vous fait-elle hâter votre départ ?
Je hâte mon départ à cause de la prison dans laquelle sa catin de mère
serait ravie de m'envoyer.
"En attendant votre consentement, je reste votre père aimant
"et dévoué."
- Cette merde ! - Qu'avez-vous dit, Louis ?
J'ai dit "merde".
Merde, ma douce Laura.
Voici la vierge attendant son immolation en l'honneur du dieu païen.
- Monsieur, mon mari. - C'est exact, je suis votre mari.
Oui.
Je suis un être humain, comme vous. Je ne vais pas vous dévorer.
Non.
Je suis venu vous donner du plaisir,
pas vous arracher les membres.
Je le sais.
Alors, arrêtez de trembler.
Vous pouvez me regarder.
Vous êtes autorisé à regarder le visage du monstre.
Maintenant,
un sourire.
Délicieux.
Maintenant, un baiser.
Si je désirais embrasser une statue, j'irais dans un musée.
Détendez-vous.
Je vais faire mon devoir et vous accorder vos droits conjugaux.
Non.
Non, ma douce épouse.
Prenez un moment
pour modérer votre passion,
ou elle pourrait bien me consumer.
Assez !
Jamais, au grand jamais, vous ne devez me dire "assez".
Je vous ai achetée.
Vous comprenez cela ? Je vous ai achetée.
Je paie pour votre plaisir, et je le prendrai.
Faites ce que je dis,
ce dont j'ai besoin,
ou je vous punirai.
Si l'on peut qualifier un tel plaisir de punition.
- Mais ça fait mal. - Bien sûr que ça fait mal.
C'est ce qui me donne du plaisir.
Et c'est cela
qui est important.
Soi-même.
La nature ne pense qu'à elle-même,
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