İlk 200 satır.
LE JOUR DE LA VENGEANCE
Bon, les mecs, surtout, vous m'appelez, hein ?
- Ouais. - Ouais, c'est ça.
Sérieux, vous appelez, hein ? OK ?
- À la prochaine. Ciao ! - À plus tard.
- Quoi de neuf, Joe ? Comme d'hab ? - Ouais.
- Merci, Willie. - J'espère que la nuit a été bonne.
Oui, m'sieur.
Oh, ma grande, faut que je te laisse. Bisous.
- T'es en retard. - Le temps est relatif, chérie.
Y a M. Hardigan qui est furax,
et... M. Blumenthal qui menace de changer de crèmerie.
M. Hardigan... Il t'a dit ça ? Tu l'as eu en direct ?
Et Pat Vinelli... dit de pas emmerder sa sœur, sinon...
- Patricia. - Et aussi ton ex-femme.
Donna Hawthorne. Elle l'a hyper mauvaise.
- Elle l'a toujours mauvaise. - Et on se demande pourquoi.
- 8 octobre 1993, 15 h 12 - Putain...
- Il est dans son bureau. - Aïe, aïe, aïe...
- Le voilà ! - Hé, big boss.
- Ça roule, Joe ? - Nickel.
- Hop là ! - Oh, pardon.
Fais voir, deux secondes ?
- T'as regardé le match, hier ? - Non, j'ai bossé.
D'accord, parlons un peu de M. Newcombe.
Tu l'épingles, celui-là. Ça passe ou ça casse pour nous, Joe.
Oui, ce soir, je l'invite au Pinnacle.
- Pinnacle ? - Ouais.
- Oh ! Pas donné. - Ouf ! On a rien sans rien.
- D'accord. Tu me l'alpagues ! - Comme toujours.
- Si tu fais le con, on est baisé. - Je sais.
Disons, pour mettre les points sur les l : Tu fais le con, tu es baisé.
Je sais, je sais, je sais.
Bon, rafraîchis-toi un peu. La pêche, hein ?
Mets ton beau costard, de l'eau de Cologne, que tu sentes bon !
- Aramis ! T'as un ticket avec sa nana ! - Je sais.
Tu nous les mets KO, champion !
Ouais, chef ! Uppercut ! Uppercut ! Boxe !
Primate...
- Oui, Joe Doucett. - C'était un déjeuner à rallonges ?
- Qu'est-ce que tu veux, Donna ? - Est-ce que tu sais quel jour on est ?
Oui, on est très exactement le 8 octobre de l'an de grâce 1993,
autant dire que je suis en retard pour la pension comme très souvent.
Je ne téléphone pas pour cette raison et tu le sais !
Je t'ai demandé de venir à la fête de Mia
y a de ça trois semaines et tu m'as même pas rappelée.
- Eh bien, j'y serai pas, Donna. - En quel honneur ?
Parce que je dois manger avec un client, Donna.
Ah oui, c'est vrai que ça passe avant l'anniversaire de ta fille.
Attends, écoute-moi, la gosse a trois ans, d'accord ?
Pile... trois ans, OK ?
Est-ce que tu crois que ça la tracasse que je vienne ou pas, ce soir ?
Tu veux que je te dise ?
Autant comme mari que comme père,
tu es un putain... de loser !
Tu veux que je te dise ? T'es une pétasse, Donna !
- Quoi, redis ça ? - T'es une putain de pétasse !
- Va chier ! - Va chier !
Je fais pas de pub pour Joe Untel,
John Quelque chose, Pierre, Paul, Jacques, Monsieur Tout le monde.
Non, non, non, non, non.
On fait de la pub pour Daniel Newcombe.
On fait de la pub pour Joe Doucett. On satisfait l'élite.
La crème de la crème.
Célébrités, sportifs, artistes, rappeurs !
Ceux à qui Daniel Newcombe vend ses belles voitures.
- C'est ça que je vais faire pour vous ! - C'est une excellente idée.
Une excellente idée ! La demoiselle a raison.
D'accord, je veux bien faire un essai.
Voilà ! J'aime entendre ça !
- Appelez-moi lundi matin, au bureau. - Oui, m'sieur, à vos ordres.
J'ai un appel urgent. Je vous prie de m'excuser.
Toujours répondre aux priorités en priorité.
- Traîne pas trop. - Je me dépêche, ma belle.
- Vous faites un beau couple. - C'est le meilleur.
Vous serez ravi. Je vous le promets.
- Je vous félicite. - Merci, Judy.
- Aucune chance sans votre aide. - Oh, vous y seriez arrivé.
Non, vous riez à toutes mes vannes,
vous lui dites combien mes idées sont excellentes...
- Elles sont excellentes. - J'apprécie le geste. Vraiment.
D'un bonimenteur à un autre, je te le dis.
Écoute... Je pensais...
Qu'est-ce que tu dirais... qu'on se casse...
toi et moi, ce week-end ?
Tu largues le vieux. Une bonne bouteille.
Un petit rail de coke...
- Quelques cassettes pornos. - Excusez-moi...
- Quoi ? - J'ai comme un léger doute.
Vous croyez que j'ai dit tout ça parce que je veux votre queue ?
- Oui. - Non.
Non ?
Non. Ce que je voudrais, c'est ficher le camp...
être aux antipodes de vous aussi vite qu'il est humainement possible.
Daniel vous apprécie, Dieu sait pourquoi.
- D'accord... - Mais, Joe ?
- Ouais ? - Vous êtes un connard.
Et à tout prendre, je préférerais la queue d'un mort.
Joe ? Vous cherchez à m'humilier ?
- Non... Non non, loin de là... - Pas de souci, pas de souci.
Il y a eu un malentendu.
Il m'en faut plus. Il m'en faut plus. Je survivrai.
- OK. - Mais aller humilier la femme que j'aime,
mon garçon, ça, c'est... c'est tout bonnement stupide.
Non, mais c'est juste un malentendu.
On y va, bébé.
Il n'en vaut pas la peine.
Oh ! J'ai soif !
- Quelqu'un a un coup à boire ? - Ferme ta gueule !
Quelqu'un a un coup à boire ?
Hé ! OK...
Je veux pas rentrer chez moi !
Hé ! T'en va pas !
L'Amérique ! L'Amérique !
C'est par où... C'est par là... L'Amérique...
C'est quoi, ça ?
C'est quoi, ça ? Je sais ce que c'est.
- Qu'est-ce t'as de beau ? - 5 $.
Quoi ? Hé, j'ai encore rien touché ! OK...
- Combien, ça ? - 5 $.
Pour ma fille. Elle va avoir trois ans.
C'est son anniv' !
- Donne-moi 5 $ ! - Elle a trois ans !
Trois ans tout rond !
Donne-moi 5 $ !
Donne-moi toi-même, ouais.
Qu'est-ce que c'est ?
Oh ! Arrête ça !
- Chucky ! Chucky ! - C'est fermé !
- Non ! C'est Joe ! - C'est fermé ! T'es sourdingue ?
Joe ! Ouvre !
Hé ! Allez !
- Juste un verre ! Un tout petit ! - Du café !
- Non ! Pas de café ! - Si ! Tu me promets !
- Non, tu promets ! - Tu promets !
- Tu promets ! - Allez !
- Sur sa tête ! - Sur la tête de rien du tout !
Reviens demain ! Tu verras, tu me remercieras !
Non, non, non, non ! Putain, non !
Merde ! T'as pas envie de t'amuser !
Les gens savent plus s'amuser. Merde !
Hé ! Qu'est-ce que tu fais ?
Bonsoir.
Hé, faut que je pisse un coup, d'accord ?
OK ?
Désolé pour les chiottes.
C'est pas que...
Hé, oh !
Hé, oh ?
Des slibards ? C'est quoi ce délire ?
Où ils ont foutu le téléphone ?
Hé, oh !
Quelqu'un m'entend ?
Y a quelqu'un ?
C'est quoi, ça ?
Putain de merde.
Y a quelqu'un ?
Personne m'entend, de l'autre côté ?
Je suis coincé dans une chambre d'hôtel ! Y a quelqu'un ? Bordel !
Hé, oh !
Hé ! Hé ! Hé ! Dis-moi ce que je fous ici.
S'il te plaît. Non, attends ! Dis-moi ce que je fous ici !
Non, non, non, non, non ! S'il te plaît, s'il te plaît, non !
Putain...
Putain !
Bienvenue !
Comment peut-on améliorer votre séjour ?
Des raviolis...
Toujours des raviolis...
S'il vous plaît...
S'il vous plaît, je peux avoir autre chose à manger ?
Doux Jésus, Marie, Joseph,
filez-moi autre chose que cette merde !
On va... serrer en deux temps et relâcher en deux temps.
Veillez à bien le retenir.
C'est un bon exercice pour raffermir et muscler l'intérieur des cuisses.
Une zone trop souvent négligée par nous toutes mesdames.
Alors, c'est le moment de me rejoindre, si ce n'est déjà fait.
Et... on sert... comme ceci... et on relâche.
- Bien, vous sentez comme ça chauffe ? - Ouais.
- Et on relâche. - Relâche...
Allons-y. Là... et on relâche.
Allez, on continue. On serre...
et on relâche.
On accélère un peu le rythme.
- Bien... Vous sentez ? - Je te dis pas.
Bien. Et on ouvre. Voilà, en douceur.
C'est bien. On serre... et on ouvre.
On serre... et on ouvre.
Merci, Michael. Le corps d'une mère célibataire,
identifiée comme Donna Hawthorne, a donc été trouvé ce matin,
à son domicile,
où elle a d'abord été violée puis sauvagement frappée,
et ce, jusqu'à ce que mort s'ensuive.
Quoi ?
La victime était maman d'une petite fille âgée de trois ans,
qui elle aussi était dans l'appartement lorsque le drame s'est déroulé.
Pour reprendre les termes de la police scientifique,
les preuves sont irréfutables.
Le principal suspect, Joseph Doucett,
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